Bourbaki

Exercice 10, § 4

Algèbre commutative, VII

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soit AA un anneau commutatif. Pour tout sous-module RR d’un AA-module libre de type fini L=AnL = A^n, on désigne par c1(R)\mathfrak{c}_1(R) l’idéal engendré par les ⟨x,x∗⟩\langle x, x^* \rangle, où xx parcourt RR et x∗x^* parcourt le dual L∗L^*; on pose ck(R)=c1(Im⁡(⋀kR))\mathfrak{c}_k(R) = \mathfrak{c}_1 \left( \operatorname{Im} \left( \bigwedge^k R \right) \right), Im⁡(⋀kR)\operatorname{Im} \left( \bigwedge^k R \right) étant l’image canonique de la puissance extérieure kk-ème de RR dans ⋀kL\bigwedge^k L. Si R1⊂R2R_1 \subset R_2 sont deux sous-modules de LL, on a ck(R1)⊂ck(R2)\mathfrak{c}_k(R_1) \subset \mathfrak{c}_k(R_2) pour tout kk.

a) Soit MM un AA-module de type fini; MM est isomorphe à un module quotient L/RL/R, où L=AnL = A^n pour un nn convenable. Montrer que la suite d’idéaux (ak)k⩾0(\mathfrak{a}_k)_{k \geqslant 0} telle que ak=cn−k(R)\mathfrak{a}_k = \mathfrak{c}_{n-k}(R) pour k⩽nk \leqslant n et ak=A\mathfrak{a}_k = A pour k>nk > n, est indépendante de l’expression de MM sous la forme L/RL/R. (Considérer d’abord le cas où L/RL/R et L/R′L/R' sont isomorphes; remarquer ensuite que An/RA^n/R est isomorphe à An+h/(R×Ah)A^{n+h}/(R \times A^h) pour tout h>0h > 0). On pose dk(M)=ak\mathfrak{d}_k(M) = \mathfrak{a}_k pour tout k⩾0k \geqslant 0, et on dit que ce sont les idéaux déterminantiels associés à MM. On a dk(M)⊂dk+1(M)\mathfrak{d}_k(M) \subset \mathfrak{d}_{k+1}(M) pour k⩾0k \geqslant 0.

b) Si AA est un anneau principal et M=L/RM = L/R où LL est libre de type fini, montrer que les idéaux ck+1(R)(ck(R))−1\mathfrak{c}_{k+1}(R)(\mathfrak{c}_k(R))^{-1} sont les facteurs invariants de RR dans LL.

c) Soit r=γ(M)r = \gamma(M) le plus petit des cardinaux des systèmes de générateurs de MM, et soit r0r_0 le plus petit entier hh tel que dh(M)=Ad_h(M) = A. Montrer que r0≤rr_0 \leq r et donner un exemple où r0<rr_0 < r (prendre pour AA un anneau de Dedekind).

d) Si aa est l’annulateur de MM, montrer que l’on a d0(M)⊂ad_0(M) \subset a et ar−k⊂dk(M)a^{r-k} \subset d_k(M) pour k≤r=γ(M)k \leq r = \gamma(M).

e) On suppose que MM est somme directe de sous-modules MiM_i (1≤i≤h1 \leq i \leq h). Montrer que l’on a:

dk(M)=∑dk1(M1)…dkh(Mh) d_k(M) = \sum d_{k_1}(M_1) \ldots d_{kh}(M_h)

où la somme est étendue aux suites finies (ki)1≤i≤h(k_i)_{1 \leq i \leq h} telles que ∑i=1hki=k\sum_{i=1}^h k_i = k.

f) Si NN est un sous-module de type fini de MM, on a dk(M/N)⊂dk(M)d_k(M/N) \subset d_k(M) pour tout k≥0k \geq 0. Montrer que l’on a:

∑j=0kdj(N)dk−j(M/N)⊂dk(M). \sum_{j=0}^k d_j(N) d_{k-j}(M/N) \subset d_k(M).

g) Soient KK un corps, AA l’anneau de polynômes K[X,Y,Z]K[X, Y, Z], m l’idéal maximal AX+AY+AZAX + AY + AZ, qq l’idéal de AA engendré par X,Y2,YZX, Y^2, YZ et Z2Z^2. On considère le AA-module M=A/qM = A/q et son sous-module N=m/qN = m/q. Montrer que l’on a d0(M)=q, d1(M)=A, d0(N)=m2, d1(N)=md_0(M) = q, \ d_1(M) = A, \ d_0(N) = m^2, \ d_1(N) = m.

Solution

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.