Algèbre commutative, VIII, p. 90
a) Soient l un entier ≥1 et n \in \mathbf{N}. Montrer qu’il existe une unique suite décroissante d’entiers : al,l(n)≥al,l−1(n)≥⋯≥al,1(n)≥0 telle que
n=i=1∑l(ial,i(n)+i−1).
Montrer que l’on a n≤m si et seulement si (al,l(n),al,l−1(n),...,al,1(n)) est inférieur à (al,l(m),...,al,1(m)) pour l’ordre lexicographique. On pose
∂l(n)=i=1∑l(i+1al,i(n)+i),
et pour l≥2, on note ∂l∗(n) le plus petit entier p tel que ∂l−1(p)≥n. Calculer al+1,i(∂l(n)),al−1,i(∂l∗(n)) en fonction des al,i(n). b) On dit qu’une application H : \mathbf{N} \to \mathbf{N} est une fonction de Macaulay si
{H(0)=1,H(l+1)≤∂l(H(l))pour tout l≥1.
Montrer qu’il revient au même de dire que
{H(0)=1,∂l∗H(l)≤H(l−1)pour tout l≥2.
Soit H:N→N une fonction de Macaulay. Montrer que deux cas seulement sont possibles : α) Il existe r∈N tel que H(j)=0 pour tout j≥r. β) Il existe r∈N et une suite finie d’entiers
b0≥b1≥⋯≥br≥0 tels que pour tout
j≥r, on ait
(∗)H(j)=n=0∑r(bnbn−n+j). Montrer que
r et la suite
b0≥b1≥⋯≥br≥0 sont uniquement déterminés par la fonction
H. On pose
d(H)=0 dans le cas α) et
d(H)=b0+1 dans le cas β) de sorte que
d(H)−1 est le degré du polynôme (
) en la variable j. Soit a(H)(d(H)−1)!jd(H)−1 le terme de plus haut degré du polynôme (). Montrer que
a(H) est un entier
>0. Montrer qu’un polynôme en une variable
j à coefficients dans
Q, qui prend des valeurs entières sur les entiers et qui est strictement positif pour
j assez grand, n’est pas nécessairement de la forme (*). c) Soit
H:N→N une fonction de Macaulay. On pose
SH(T)=n=0∑∞H(n)Tn, de sorte que
SH(T)∈Z[[T]]. Montrer que
SH(T)∈Z[T] ou bien qu’il existe une suite finie d’entiers
c0≥c1≥⋯≥cr>0 uniquement déterminée par
H, et un polynôme
P∈Z[T] tels qu’on ait
(∗∗)SH(T)=n=0∑r(1−T)cnTn+P. Montrer que
c0=d(H) et que
a(H) est le nombre d’entiers
ci tels que
ci=d(H). La fraction rationnelle
∑n=0r(1−T)cnTn est appelée le développement asymptotique de
H. Soient
A1,...,Ad des entiers, avec
Ad=0, tels que la fraction rationnelle
n=1∑d(1−T)nAn−SH(T) soit un polynôme. Montrer que la suite
(An)1≤n≤d détermine uniquement et est uniquement déterminée par le développement asymptotique de
H. En particulier on a
d=d(H),Ad=a(H). Examiner le cas
d(H)=2 plus en détail. d) Soit
H:N→N une fonction de Macaulay. Montrer que les conditions suivantes sont équivalentes : (i)
∂l∗H(l)=H(l−1) pour tout
l≥2, (ii)
H est la plus petite des fonctions de Macaulay qui possèdent le même développement asymptotique que
H. De telles fonctions de Macaulay sont dites extrémales. Soit
c0≥c1≥⋯≥cr>0 une suite d’entiers. Montrer qu’il existe une et une seule fonction de Macaulay extrémale ayant pour développement asymptotique
∑n=0r(1−T)cnTn. Montrer que, si
H est une fonction de Macaulay extrémale, on a
H(1)=d(H) ou bien
H(1)=d(H)+1. En déduire que pour toute fonction de Macaulay
H, on a
H(1)≥d(H). e) Soit
H:N→N une fonction de Macaulay. Montrer que les propriétés suivantes sont équivalentes : (i) on a
SH(T)=(1−T)d(H)1,
(ii) H(1)=d(H), (iii) ∂lH(l)=H(l+1) pour tout l⩾1. En particulier, toute fonction telle que H(1)=d(H) est extrémale.