Bourbaki

Exercice 8, § 4

Algèbre commutative, VIII, p. 92

Soit E un ensemble. On pose M(E)=N(E)\mathscr{M}(E) = \mathbf{N}^{(E)} et on note multiplicativement la composition dans M(E)\mathscr{M}(E). Un idéal de M(E)\mathscr{M}(E) est une partie I de M(E)\mathscr{M}(E) telle que I⋅M(E)⊂II \cdot \mathscr{M}(E) \subset I. Un escalier de M(E)\mathscr{M}(E) est le complémentaire d’un idéal. On note d:M(E)→Nd : \mathscr{M}(E) \to \mathbf{N} l’unique homomorphisme de monoïdes tel que d(x)=1d(x) = 1, pour tout x∈Ex \in E. Soit A⊂M(E)A \subset \mathscr{M}(E). Pour tout l∈Nl \in \mathbf{N}, on note AlA_l l’ensemble A∩d−1(l)A \cap d^{-1}(l). On note de plus δA\delta A l’ensemble des m∈M(E)m \in \mathscr{M}(E) tels que, pour tout élément xx de EE qui divise mm, on ait m/x∈Am/x \in A et dAdA l’ensemble des mm tels qu’il existe un x∈Ex \in E avec mx∈Amx \in A. a) Montrer que pour toute partie AA de M(E)\mathscr{M}(E), on a dδA⊂Ad\delta A \subset A et A⊂δdAA \subset \delta dA; si AA et BB sont deux parties de M(E)\mathscr{M}(E), les relations dA⊂BdA \subset B et A⊂δBA \subset \delta B sont équivalentes. Montrer que les trois propriétés suivantes d’une partie Δ\Delta de M(E)\mathscr{M}(E) sont équivalentes : (i) Δ\Delta est un escalier ; (ii) Δ⊃dΔ\Delta \supset d\Delta; (iii) δΔ⊃Δ\delta \Delta \supset \Delta. b) Soit F une partie de E et identifions M(F)\mathscr{M}(F) à son image canonique dans M(E)\mathscr{M}(E). Montrer qu’une partie de M(F)\mathscr{M}(F) est un escalier de M(F)\mathscr{M}(F) si et seulement si elle est un escalier de M(E)\mathscr{M}(E). Montrer que, pour un escalier Δ\Delta de M(E)\mathscr{M}(E), les conditions suivantes sont équivalentes : (i) Δl\Delta_l est fini pour tout l∈Nl \in \mathbf{N}; (ii) Δ1\Delta_1 est fini ; (iii) il existe une partie finie F de E telle que Δ⊂M(F)\Delta \subset \mathscr{M}(F). Un tel escalier est dit de type fini. c) On suppose dorénavant que E=NE = \mathbf{N} et on pose M(E)=M\mathscr{M}(E) = \mathscr{M}. Soit k un corps. On note R l’algèbre graduée K(M)=K[(Xi)i∈N]K^{(\mathscr{M})} = K[(X_i)_{i \in \mathbf{N}}]. On identifie M\mathscr{M} à l’ensemble des monômes dans K[(Xi)i∈N]K[(X_i)_{i \in \mathbf{N}}] et, pour toute partie A de M\mathscr{M}, on note k(A)k(A) le sous-espace vectoriel de R engendré par A. Soit I un idéal de M\mathscr{M} et Δ\Delta l’escalier complémentaire. Alors k(I)k(I) est un idéal de R et k(Δ)k(\Delta) est un sous-espace supplémentaire de k(I)k(I). Soit J⊂RJ \subset R un idéal gradué de R. Montrer qu’il existe un escalier Δ⊂M\Delta \subset \mathscr{M} tel que k(Δ)k(\Delta) soit un supplémentaire de J. (Mettre sur M\mathscr{M} l’ordre lexicographique inverse pour lequel on a X1a1...Xnan<X1b1...XnbnX_1^{a_1} ... X_n^{a_n} < X_1^{b_1} ... X_n^{b_n} s’il existe 0≤p≤n0 \leq p \leq n tel que aj=bja_j = b_j pour j>pj > p, et ap<bpa_p < b_p. Définir par récurrence m1,...,mp,...m_1, ..., m_p, ... dans M\mathscr{M} de la manière suivante : pour tout pp, mpm_p est le plus petit monôme de M\mathscr{M} linéairement indépendant de m1,...,mp−1m_1, ..., m_{p-1} modulo J. Soit Δ\Delta l’ensemble des mim_i. Montrer que Δ\Delta est un escalier.) Montrer qu’un tel escalier est de type fini si et seulement si l’algèbre R/JR/J est de type fini sur k.

Solution

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