§ 1. Lois de composition; associativité; commutativité
1. Lois de composition
Définition 1
Soit E un ensemble. On appelle loi de composition sur E une application f de E × E dans E. La valeur f(x, y) de f pour un couple (x, y) ∈ E × E s’appelle le composé de x et de y pour cette loi. Un ensemble muni d’une loi de composition est appelé un magma.
Le composé de x et de y se note le plus souvent en écrivant x et y dans un ordre déterminé et en les séparant par un signe caractéristique de la loi envisagée (signe qu’on pourra convenir d’omettre). Parmi les signes dont l’emploi est le plus fréquent, citons + et . , étant convenu en général que ce dernier peut s’omettre à volonté; avec ces signes, le composé de x et y s’écrira respectivement x + y, et x.y ou xy. Une loi notée par le signe + s’appelle le plus souvent addition (le composé x + y s’appelant alors la somme de x et de y) et on dit qu’elle est notée additivement; une loi notée par le signe . s’appelle le plus souvent multiplication (le composé x.y = xy s’appelant alors produit de x et de y), et on dit qu’elle est notée multiplicativement. Dans les raisonnements généraux des paragraphes 1 à 3 du présent chapitre, on se servira ordinairement des signes ⊔ et ⊓ pour noter des lois de composition quelconques.
On dit parfois, par abus de langage, qu’une application d’une partie de E × E dans E est une loi de composition non partout définie dans E.
Exemple 1
Les applications (X, Y) ↦ X ∪ Y et (X, Y) ↦ X ∩ Y sont des lois de composition sur l’ensemble des parties d’un ensemble E.
Exemple 2
Dans l’ensemble N des entiers naturels, l’addition, la multiplication, l’exponentiation sont des lois de composition (les composés de x ∈ N et de y ∈ N pour ces lois se notant respectivement x + y, xy ou x.y, et x^y) (E, III, p. 27–28).
Exemple 3
Soit E un ensemble ; l’application (X, Y) ↦ est une loi de composition sur l’ensemble des parties de E × E (E, II, p. 11, déf. 6) ; l’application (f, g) ↦ est une loi de composition sur l’ensemble des applications de E dans E (E, II, p. 31).
Exemple 4
Soit E un ensemble ordonné réticulé (E, III, p. 13) ; si on désigne par sup(x, y) la borne supérieure de l’ensemble {x, y}, l’application (x, y) ↦ sup(x, y) est une loi de composition sur E. De même pour la borne inférieure inf(x, y). L’exemple 1 ci-dessus est un cas particulier de celui-ci, en considérant comme ordonné par inclusion.
Exemple 5
Soit une famille de magmas. Notons la loi de composition sur . L’application
Soit une loi de composition sur un ensemble E. Etant données deux parties quelconques X, Y de E, on désignera par (pourvu que cette notation ne prête pas à confusion¹) l’ensemble des éléments de E, tels que (autrement dit, l’image de par l’application ).
Si , on écrit généralement au lieu de , et au lieu de . L’application est une loi de composition sur l’ensemble des parties de E.
Définition 2
Soit E un magma. Notons sa loi de composition. La loi de composition sur E est dite opposée à la précédente. L’ensemble E, muni de cette loi, est appelé magma opposé de E.
Soient E et E′ deux magmas; nous noterons leurs lois par le même signe . Conformément aux définitions générales (E, IV, p. 6), on appelle isomorphisme de E sur E′ une application bijective de E sur E′, telle que
Plus généralement:
Définition 3
On appelle homomorphisme, ou morphisme, de E dans E′ une application f de E dans E′ telle que la relation (1) soit vérifiée pour tout couple ; lorsque , on dit que f est un endomorphisme de E.
L’application identique d’un magma E est un homomorphisme, le composé de deux homomorphismes est un homomorphisme.
Pour qu’une application de E dans E′ soit un isomorphisme, il faut et il
¹ Voici un exemple où ce principe de notation prêterait à confusion et ne devra donc pas s’appliquer. Supposons qu’il s’agisse de la loi de composition entre parties d’un ensemble E ; on en déduit une loi de composition , entre parties de , étant l’ensemble des pour ; mais ne devra pas se noter , cette notation ayant déjà un sens différent (réunion de et considérées comme parties de ).
suffit que ce soit un homomorphisme bijectif, et est alors un isomorphisme de sur .
2. Composé d’une séquence d’éléments
Rappelons qu’une famille d’éléments d’un ensemble est une application d’un ensemble (dit ensemble d’indices) dans ; on dit qu’une famille est finie si l’ensemble d’indices est fini.
On appelle séquence d’éléments de une famille finie d’éléments de dont l’ensemble d’indices est totalement ordonné.
En particulier, toute suite finie , où est une partie finie de l’ensemble des entiers naturels, peut être considérée comme une séquence, en munissant de la relation d’ordre induite par la relation entre entiers naturels.
On dit que deux séquences et sont semblables s’il existe un isomorphisme d’ensembles ordonnés de sur tel que pour tout .
Toute séquence est semblable à une suite finie convenable. En effet, il existe une bijection croissante de sur un intervalle de .
Définition 4
Soit une séquence d’éléments d’un magma dont l’ensemble d’indices est non vide. On appelle composé (pour la loi ) de la séquence , et on note , l’élément de défini par récurrence sur le nombre d’éléments de , de la façon suivante:
1° si , alors ; 2° si a éléments, si est le plus petit élément de , et si , alors .
Il est immédiat (par récurrence sur le nombre d’éléments des ensembles d’indices) que les composés de deux séquences semblables sont égaux; en particulier, le composé d’une séquence quelconque est égal au composé d’une suite finie.
Si a trois éléments () le composé est .
Remarque
On notera qu’il y a un certain arbitraire dans la définition du composé d’une séquence; la récurrence que nous avons introduite procède « de droite à gauche ». Si on procédait « de gauche à droite », le composé de la séquence ci-dessus serait .
Quand on utilise d’autres notations, le composé d’une séquence s’écrit pour une loi notée ; pour une loi notée additivement, il est d’usage de le désigner par , et de l’appeler la somme de la séquence (les étant appelés les termes de la somme); pour une loi notée multiplicativement, on le désigne le plus souvent par la notation , et on l’appelle le produit de la séquence (les étant appelés les facteurs du produit)¹.
Lorsqu’il n’y a pas de confusion possible sur l’ensemble d’indices (ni sur sa structure d’ordre) on se dispense souvent de l’écrire dans la notation du composé d’une séquence et on écrit donc, par exemple pour une loi notée additivement, au lieu de ; de même pour les autres notations.
Pour une loi notée , le composé d’une suite , ayant pour ensemble d’indices un intervalle non vide de , se note , ou ; de même pour les lois notées par d’autres signes.
Soient E et F deux magmas, dont les lois sont notées , et un homomorphisme de E dans F. Pour toute séquence d’éléments de E, on a
(2)
3. Lois associatives
Définition 5
Une loi de composition* sur un ensemble E est dite associative si, quels que soient les éléments de E, on a
La loi opposée à une loi associative est associative.
Exemple 1
L’addition et la multiplication des entiers naturels sont des lois de composition associatives sur (E, III, p. 27, corollaire).
Exemple 2
Les lois citées aux exemples 1), 3) et 4) de I, p. 1–2 sont associatives.
Théorème 1 (Théorème d’associativité). — Soit E un magma associatif dont la loi est notée . Soit A un ensemble fini non vide, totalement ordonné, réunion d’une séquence de parties non vides telles que les relations entraînent ; soit une séquence d’éléments de E, ayant A pour ensemble d’indices. On a
(3)
¹ L’emploi de ce terme et de la notation devra être évité lorsqu’il risque de créer des confusions avec le produit des ensembles défini en théorie des ensembles (E, II, p. 32). Cependant, lorsque les sont des cardinaux, et que l’addition (resp. la multiplication) est la somme cardinale (resp. le produit cardinal), le cardinal désigné par (resp. ) avec la notation ci-dessus est la somme cardinale (resp. le produit cardinal) de la famille (E, III, p. 25–26).
Démontrons le théorème par récurrence sur le cardinal de . Soient le cardinal de et son plus petit élément; posons . Si , on a nécessairement , puisque les ne sont pas vides, et le théorème est évident. Sinon, le théorème étant supposé vrai pour un ensemble d’indices ayant au plus éléments, distinguons deux cas:
a) a un seul élément . Posons . Le premier membre de (3) est égal, par définition, à ; le second membre est égal, par définition, à
b) Sinon, soit le plus petit élément de (donc de ); soit , et soit pour ; on a pour . L’ensemble a éléments, et les conditions du théorème sont satisfaites par et ses parties ; on a donc par hypothèse:
Pour une loi associative notée , le composé d’une suite se note encore (lorsqu’aucune confusion n’est possible)
En particulier, si ,
et, si ,
Si est une partie de , on désigne parfois, conformément aux notations ci-dessus, par l’ensemble où
c’est donc l’ensemble de tous les composés , pour , .
Il importe de ne pas confondre cet ensemble avec l’ensemble des , où parcourt .
4. Parties stables. Lois induites
Définition 6
Une partie d’un ensemble est dite stable pour une loi de composition sur si le composé de deux éléments de appartient à . L’application de dans s’appelle alors la loi induite sur par la loi . L’ensemble , muni de la loi induite par , s’appelle un sous-magma de .
Autrement dit, pour que soit stable pour une loi , il faut et il suffit que . On identifie souvent une partie stable de et le sous-magma correspondant.
L’intersection d’une famille de parties stables de est stable; en particulier il existe une plus petite partie stable de contenant une partie donnée; elle est dite engendrée par et est appelé un système générateur de , ou ensemble générateur de . On dit aussi que le sous-magma est engendré par .
Proposition 1
Soient et deux magmas, et un homomorphisme de dans .
(i) L’image par d’une partie stable de est une partie stable de . (ii) L’image réciproque par d’une partie stable de est une partie stable de . (iii) Soit une partie de . L’image par de la partie stable de engendrée par est la partie stable de engendrée par . (iv) Si est un second homomorphisme de dans , l’ensemble des éléments de tels que est une partie stable de .
Les assertions (i), (ii) et (iv) sont évidentes; démontrons (iii). Soient la partie stable de engendrée par et la partie stable de engendrée par . D’après (i), on a , et d’après (ii), on a , d’où .
Proposition 2
Soient E un magma associatif et X une partie de E. Soit X' l’ensemble des , où et où pour . La partie stable engendrée par X est égale à X'.
Il est immédiat, par récurrence sur n, que le composé d’une séquence de n termes appartenant à X appartient à la partie stable engendrée par X ; il suffit donc de voir que X' est stable. Or, si u et v sont deux éléments de X', ils sont de la forme , avec pour ; donc (I, p. 4, th. 1) appartient à X'.
Exemple 1
Dans l’ensemble N des entiers naturels, la partie stable pour l’addition engendrée par {1} est l’ensemble des entiers ; pour la multiplication, l’ensemble {1} est stable.
Exemple 2
Etant donnée une loi sur un ensemble E, pour qu’une partie réduite à un seul élément soit stable pour la loi , il faut et il suffit que ; on dit alors que h est idempotent. Par exemple, tout élément d’un ensemble ordonné réticulé est idempotent pour chacune des lois sup et inf.
Exemple 3
Pour une loi associative sur un ensemble E, la partie stable engendrée par un ensemble réduit à un seul élément est l’ensemble des éléments , où n parcourt l’ensemble des entiers .
5. Eléments permutables. Lois commutatives
Définition 7
Soit E un magma dont la loi est notée . On dit que deux éléments x et y de E commutent (ou sont permutables) si .
Définition 8
Une loi de composition sur un ensemble E est dite commutative si deux éléments quelconques de E commutent pour cette loi. Un magma dont la loi de composition est commutative est appelé magma commutatif.
Une loi commutative est égale à son opposée.
Exemple 1
L’addition et la multiplication des entiers naturels sont des lois commutatives sur N (E, III, p. 27, corollaire).
Exemple 2
Dans un ensemble ordonné réticulé, les lois sup et inf sont commutatives; il en est ainsi, en particulier, des lois et entre parties d’un ensemble E.
Exemple 3
Soit E un ensemble, de cardinal . La loi entre applications de E dans E n’est pas commutative, comme on le voit en prenant pour f et g des applications constantes distinctes, mais l’application identique est permutable avec toute application.
Exemple 4
Soit une loi commutative sur E; la loi entre parties de E est commutative.
Définition 9
Soient E un magma et X une partie de E. On appelle commutant de X dans E l’ensemble des éléments de E qui commutent avec chacun des éléments de X.
Soient X et Y deux parties de E, X' et Y' leurs commutants respectifs. Si , on a . Soit une famille de parties de E, et pour tout soit le commutant de . Le commutant de est .
Soient X une partie de E, et X' le commutant de X. Le commutant X'' de X' est appelé le bicommuntant de X. On a X ⊂ X''. Le commutant X'' de X'' est égal à X'. En effet, X' est contenu dans son bicommuntant X'', et la relation X ⊂ X'' entraîne X'' ⊂ X'.
Proposition 3
Soit E un magma associatif dont la loi est notée . Si un élément x de E commute avec chacun des éléments y et z de E, il commute avec y z.
En effet, on a
Corollaire
Soit E un magma associatif. Le commutant d’une partie quelconque de E est une partie stable de E.
Définition 10
On appelle centre d’un magma E le commutant de E. Un élément du centre de E est appelé élément central de E.
Si E est un magma associatif, son centre est une partie stable d’après le cor. de la prop. 3, et la loi induite sur ce centre est commutative.
Proposition 4
Soient E un magma associatif, X et Y deux parties de E. Si tout élément de X commute avec tout élément de Y, tout élément de la partie stable engendrée par X commute avec tout élément de la partie stable engendrée par Y.
Soient X' et X'' le commutant et le bicommuntant de X. Ce sont des parties stables de E. On a X ⊂ X'' et Y ⊂ X', donc X'' (resp. X') contient la partie stable de E engendrée par X (resp. Y). Comme tout élément de X'' commute avec tout élément de X', la proposition en résulte.
Corollaire 1
Si x et y sont permutables pour la loi associative , il en est de même de et , quels que soient les entiers m > 0 et n > 0; en particulier, et sont permutables quels que soient x et les entiers m > 0, n > 0.
Corollaire 2
Si tous les couples d’éléments d’une partie X sont permutables pour une loi associative , la loi induite par sur la partie stable engendrée par X est associative et commutative.
Théorème 2 (théorème de commutativité). — Soit une loi de composition associative sur E; soit une famille finie non vide d’éléments de E, deux à deux permutables; soient B et C deux ensembles totalement ordonnés ayant A pour ensemble sous-jacent. Alors
Le théorème étant vrai si A a un seul élément β, raisonnons par récurrence sur le nombre p d’éléments de A. Soit p un entier > 1, supposons le théorème vrai lorsque Card A < p et démontrons-le pour Card A = p. On peut supposer que A est l’intervalle de ; le composé de la séquence définie par a relation d’ordre naturelle sur A est .
Ordonnons totalement d’une autre manière, et soient le plus petit élément de pour cet ordre, l’ensemble des autres éléments de (totalement ordonné par l’ordre induit). Supposons d’abord , et posons , et ; le théorème étant supposé vrai pour , on a, en appliquant de plus le théorème d’associativité (puisque )
d’où, en composant avec les deux membres, et par application répétée de la commutativité et de l’associativité de :
ce qui démontre le théorème dans ce cas. Si ou , on trouve le même résultat mais d’une manière plus simple, les termes relatifs à ou bien les termes relatifs à n’apparaissant pas dans les formules.
Pour une loi associative et commutative sur un ensemble , le composé d’une famille finie d’éléments de est par définition la valeur commune des composés de toutes les séquences obtenues en ordonnant totalement de toutes les manières possibles. Ce composé se note encore pour une loi notée ; de même pour les autres notations.
Théorème 3
Soient une loi associative sur , une famille finie non vide d’éléments de deux à deux permutables. Si est réunion d’une famille de parties non vides , deux à deux disjointes, on a
En effet, cela résulte du th. 2 (I, p. 8) en ordonnant totalement et de façon que les vérifient les conditions du th. 1 (I, p. 4).
Signalons deux cas particuliers importants de ce théorème:
1) Si est une famille finie d’éléments permutables d’un magma associatif dont l’ensemble d’indices est le produit de deux ensembles finis non vides (« famille double »), on a
comme il résulte du th. 3 en considérant comme réunion des ensembles d’une part, des ensembles de l’autre.
Par exemple, si B a n éléments, et si, pour chaque , tous les ont une même valeur , on a
(8)
Si B a deux éléments, on obtient le résultat suivant: soient , deux familles non vides d’éléments de E. Si les et les sont deux à deux permutables, on a
(9)
En raison de la formule (7), le composé d’une suite double , dont l’ensemble d’indices est le produit de deux intervalles et de , se note souvent, pour une loi associative et commutative écrite additivement
2) Soit un entier et soit A l’ensemble des couples d’entiers tels que et ; le composé d’une famille (pour une loi associative et commutative), se notera encore (ou simplement si aucune confusion n’en résulte); le th. 3 donne ici les formules
(10)
On a des formules analogues à (7) pour une famille dont l’ensemble d’indices est le produit de plus de deux ensembles, des formules analogues à (10) pour une famille dont l’ensemble d’indices est l’ensemble des suites strictement croissantes de entiers tels que (): dans ce dernier cas, le composé de la famille se note
Proposition 5
Soient E et F des magmas dont les lois sont notées , et soient f et g des homomorphismes de E dans F. Soit l’application de E dans F. Si F est associatif et commutatif, est un homomorphisme.
En effet, quels que soient les éléments et de E, on a:
6. Lois quotients
Définition 11
Soit E un ensemble. On dit qu’une loi de composition et une relation d’équivalence R dans E sont compatibles si les relations x ≡ x' (mod R) et y ≡ y' (mod R) (pour x, x', y, y' dans E) entraînent x ⊔ y ≡ x' ⊔ y' (mod R); la loi de composition sur l’ensemble quotient E/R qui, aux classes d’équivalence de x et de y, fait correspondre la classe d’équivalence de x ⊔ y, s’appelle la loi quotient de la loi ⊔ par R. L’ensemble E/R, muni de la loi quotient, s’appelle le magma quotient de E par R.
Dire qu’une relation d’équivalence R dans E est compatible avec la loi de composition f : E × E → E, signifie que l’application f est compatible (au sens de E, II, p. 44) avec les relations d’équivalence produit R × R dans E × E (E, II, p. 46) et R dans E. Cela signifie aussi que le graphe de R est un sous-magma de E × E.
Si la loi ⊔ est associative (resp. commutative), il en est de même de la loi quotient (on dit pour abréger que l’associativité, ou la commutativité, se conserve par passage au quotient).
L’application canonique du magma E dans le magma E/R est un homomorphisme.
Pour qu’une application g de E/R dans un magma F soit un homomorphisme, il faut et il suffit que le composé de g et de l’application canonique de E sur E/R soit un homomorphisme.
Les deux propositions suivantes se déduisent immédiatement des définitions:
Proposition 6
Soient E et F deux magmas et f un homomorphisme de E dans F. Notons R x, y la relation f(x) = f(y) entre éléments x, y de E. Alors R est une relation d’équivalence dans E compatible avec la loi de E et l’application de E/R sur f(E) déduite de f par passage au quotient est un isomorphisme du magma quotient E/R sur le sous-magma f(E) de F.
Proposition 7
Soient E un magma et R une relation d’équivalence dans E compatible avec la loi de E. Pour qu’une relation d’équivalence S dans E/R soit compatible avec la loi quotient, il faut et il suffit que S soit de la forme T/R, où T est une relation d’équivalence dans E, entraînée par R et compatible avec la loi de E. L’application canonique de E/T sur (E/R)/(T/R) (E, II, p. 46) est alors un isomorphisme de magmas.
Proposition 8
Soient E un magma, A une partie stable de E et R une relation d’équivalence dans E, compatible avec la loi de E. Le saturé B de A pour R (E, II, p. 44) est une partie stable. Les relations d’équivalence R_A et R_B induites par R dans A et B respectivement sont compatibles avec les lois induites et l’application déduite de l’injection canonique de A dans B par passage aux quotients est un isomorphisme de magmas de A/R_A sur B/R_B.
Notons ⊔ la loi de E. Si x et y sont deux éléments de B, il existe deux éléments x' et y' de A tels que x ≡ x' (mod R) et y ≡ y' (mod R); on a alors x ⊔ y ≡ x' ⊔ y' (mod R) et x' ⊔ y' ∈ A, d’où x ⊔ y ∈ B. Ainsi B est une partie stable de E, et les autres assertions sont évidentes.
Soient un magma, et une famille d’éléments de . Considérons toutes les relations d’équivalence dans qui sont compatibles avec la loi de , et telles que (mod. ) pour tout . L’intersection des graphes de ces relations est le graphe d’une relation d’équivalence , qui est compatible avec la loi de , et telle que (mod ). Donc est la plus fine (E, III, p. 4 et p. 8) des relations d’équivalence possédant ces deux propriétés. On l’appelle la relation d’équivalence compatible avec la loi de engendrée par les .
Proposition 9
On conserve les notations précédentes. Soit un homomorphisme de dans un magma tel que pour tout . Alors est compatible avec .
Soit la relation d’équivalence associée à . On a (mod ) pour tout , et est compatible avec la loi de , donc est moins fine que ; cela prouve la proposition.
Exercices
See the exercises for § 1.