Bourbaki

Exercice 12, § 10

Algèbre, II, p. 207

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soit E un espace vectoriel à droite le dimension ⩾1\geqslant 1 sur un corps K. On désigne par F(E) le sous-groupe distingué de GL(E)\mathbf{GL}(E) formé des automorphismes u tels que le noyau de 1E−u1_E - u soit de codimension finie (on a donc F(E)=GL(E)F(E) = \mathbf{GL}(E) si E est de dimension finie). On désigne par SL(E)\mathbf{SL}(E) le sous-groupe distingué de GL(E)\mathbf{GL}(E) engendré par toutes les transvections (exerc. 11); il est contenu dans F(E).

a) Si dim E ⩾2\geqslant 2, montrer que pour tout couple de vecteurs x, y non nuls de E, il existe une transvection, ou un produit de deux transvections, qui transforme x en y (autrement dit SL(E)\mathbf{SL}(E) opère transitivement dans E−{0}E - \{0\}).

b) Soient V, W deux hyperplans de E, x˙0=x0+V\dot{x}_0 = x_0 + V une classe mod. V distincte de V, y˙0=y0+W\dot{y}_0 = y_0 + W une classe mod. W distincte de W. Montrer que si dim E ⩾2\geqslant 2, il existe une transvection, ou un produit de deux transvections, qui transforme V en W et x˙0\dot{x}_0 en y˙0\dot{y}_0 (considérer d’abord le cas où V et W sont distincts).

c) Si dim E ⩾2\geqslant 2, montrer que deux transvections quelconques, distinctes de l’identité, sont conjuguées dans le groupe F(E).

d) Si dim E ⩾3\geqslant 3, montrer que deux transvections quelconques, distinctes de l’identité, sont conjuguées dans le groupe SL(E)\mathbf{SL}(E) (se ramener à l’aide de b) au cas où les hyperplans des deux transvections sont identiques, puis utiliser a)).

e) On suppose que dim E = 2. Pour que deux transvections quelconques soient conjuguées dans SL(E)\mathbf{SL}(E), il faut et il suffit que le sous-groupe Q de K* engendré par les carrés des éléments de K* soit identique à K*. (Si u est une transvection distincte de l’identité, a un vecteur de E non invariant par u et b=u(a)−ab = u(a) - a, montrer que pour toute transvection u′u' conjuguée de u dans SL(E)\mathbf{SL}(E), on a u′(a)−a=aλ+bμu'(a) - a = a\lambda + b\mu, avec μ=0\mu = 0 ou μ∈Q\mu \in Q; on utilisera pour cela le fait que dans un groupe G, tout produit sts−1tsts^{-1}t est un produit de carrés.)

f) On suppose que dim E ⩾2\geqslant 2. Pour que deux dilatations u, u′u' soient telles qu’il existe un v∈SL(E)v \in \mathbf{SL}(E) tel que u′=vuv−1u' = vuv^{-1}, il faut et il suffit que les classes (exerc. 11) de u et u′u' soient les mêmes (utiliser b)). En déduire que si la classe d’une dilatation est contenue dans le groupe des commutateurs de K*, cette dilatation appartient au groupe SL(E)\mathbf{SL}(E) (observer que (vuv−1)u−1=v(uv−1u−1)(vuv^{-1})u^{-1} = v(uv^{-1}u^{-1})).

Solution

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.