Soient V un espace vectoriel de dimension 2 sur un corps K, a, b, c, d quatre points distincts de la droite projective P(V). On appelle birapport du quadruplet (a,b,c,d) et on note
[adbc] l’ensemble des éléments
ξ∈K tels qu’il existe deux vecteurs
u,v dans V pour lesquels on a (avec les notations de II, p. 133)
a=π(u),
b=π(v),
c=π(u+v),
d=π(u+ξv). Cette définition s’étend aussitôt à tout quadruplet de points distincts d’un ensemble muni d’une structure de droite projective (II, p. 138). a) Montrer que
[adbc] est l’ensemble des conjugués d’un élément
=1 du groupe multiplicatif
K∗, et réciproquement que, lorsque a, b, c sont des points distincts de
P(V), et
ρ l’ensemble des conjugués d’un élément
=1 de
K∗, il existe un point
d∈P(V) tel que
[adbc]=ρ. Pour que d soit unique, il faut et il suffit que
ρ soit réduit à un seul élément. b) Montrer que l’on a
[acbd]=[bdac]=[adbc]−1 et
[dcab]=1−[adbc] (en désignant par
ρ−1 (resp.
1−ρ) l’ensemble des conjugués
λξ−1λ−1=(λξλ−1)−1 (resp.
1−λξλ−1=λ(1−ξ)λ−1), où
ξ est un élément de
ρ).
c) Soient (a,b,c,d),(a′,b′,c′,d′) deux quadruplets de points distincts de P(V). Pour qu’il existe une application semi-linéaire bijective de V sur lui-même telle que l’application bijective f de P(V) sur elle-même, obtenue par passage aux quotients, satisfasse aux conditions f(a)=a′,f(b)=b′,f(c)=c′,f(d)=d′, il faut et il suffit qu’il existe un automorphisme σ de K tel que
[a′d′b′c′]=[adbc]σ. Pour qu’il existe une transformation
f du groupe projectif
PGL(V) satisfaisant aux conditions précédentes, il faut et il suffit que
[a′d′b′c′]=[adbc].