Soient A un anneau commutatif, E un A-module. On définit par récurrence un A-module En en posant
E1=E,En=p+q=n⨁(Ep⊗AEq)pour n≥2.
On pose ME=⨁n=1∞En, et on définit sur ME une structure de A-algèbre en posant, pour xp∈Ep et xq∈Eq, xpxq=xp⊗xq∈Ep+q. a) Montrer que pour toute A-algèbre B et toute application A-linéaire f:E→B, il existe un A-homomorphisme d’algèbres ME→B et un seul qui prolonge f. On dit que ME est l’algèbre libre du A-module E. b) On définit par récurrence sur n un entier a(n) par les formules
a(1)=1,a(n)=p+q=n∑a(p)a(q)si n≥2.
Montrer que En est isomorphe à la somme directe de a(n) modules isomorphes à E⊗n. c) Soit f(T) la série formelle ∑n=1∞a(n)Tn. Montrer que f(T)=T+(f(T))2. \* En déduire les formules
f(T)=21−1−4Teta(n)=2n−1n!1.3.5...(2n−1).
d) Si I est un ensemble quelconque et E=A(I) montrer que LibA(I) s’identifie à ME. On a des homomorphismes canoniques M(I)ωN(I)lN, dont le composé est la longueur dans M(I); on dit que ω(m) est le multidegré de m∈M(I); l’application ω définit sur LibA(I) une graduation de type N(I). Montrer que l’ensemble (LibA(I))α des éléments homogènes de multidegré α∈N(I) pour cette graduation est un A-module libre de rang égal à
a(α)=a(n)α!n!=2n−1α!1.3.5...(2n−1)
où α!=∏i∈I(α(i))! et n=∑i∈Iα(i)=l(α) est la longueur de α.