Algèbre, III, p. 185
Bourbaki marks this one as harder than the rest.
Soient K un corps commutatif, E, F deux K-algèbres ayant chacune un élément unité qu’on identifie à l’élément unité 1 de K. On considère la K-Algèbre T(E⊕F), où E⊕F est considéré comme espace vectoriel sur K; on identifie E (resp. F) à un sous-espace vectoriel de T(E⊕F) par l’injection canonique. Soit J l’idéal bilatère de T(E⊕F) engendré par les éléments x1⊗x2−(x1x2) et y1⊗y2−(y1y2), où xi∈E,yi∈F,i=1,2; on note E∗F l’algèbre quotient T(E⊕F)/J et on dit que c’est le produit libre des K-algèbres E et F; on note φ l’homomorphisme canonique de T(E⊕F) sur E∗F, par α et β les restrictions de φ à E et F; α et β sont des homomorphismes de K-algèbres. a) Montrer que pour tout couple de K-homomorphismes u:E→G,v:F→G dans une K-algèbre G, il existe un K-homomorphisme w:E∗F→G et un seul tel que u=w∘α,v=w∘β (ce qui justifie la terminologie). b) Soit Rn le sous-espace vectoriel de T(E⊕F) somme des Tk(E⊕F) pour 0≤k≤n, et posons Jn=J∩Rn. Montrer que si on considère une base de E formée de 1 et d’une famille (eλ)λ∈L et une base de F formée de 1 et d’une famille (fμ)μ∈M, alors on obtient dans Rn un supplémentaire de Jn+Rn−1 en considérant le sous-espace de Rn ayant pour base les éléments de la forme z1⊗z2⊗⋯⊗zn où l’on a, ou bien z2j+1 égal à un des eλ pour 2j+1≤n et z2j égal à un des fμ pour 2j≤n, ou bien z2j+1 égal à un des fμ pour 2j+1≤n et z2j égal à un des eλ pour 2j≤n (raisonner par récurrence sur n).
c) Soit Pn=φ(Rn)⊂E∗F; on a Pn⊂Pn+1, P0=K, PhPk⊂Ph+k et E∗F est réunion des Pn. Montrer que l’on a un isomorphisme canonique d’espaces vectoriels, pour n⩾1,
Pn/Pn−1→(G1⊗G2⊗⋯⊗Gn)⊕(G2⊗G3⊗⋯⊗Gn+1) où on pose
Gk=E/K pour
k impair,
Gk=F/K pour
k pair. En particulier les homomorphismes
α et
β sont injectifs, ce qui permet d’identifier
E et
F à des sous-K-algèbres de
E∗F. On note
Pn′ (resp.
Pn′′) l’image réciproque dans
Pn de
G1⊗G2⊗⋯⊗Gn (resp. de
G2⊗G3⊗⋯⊗Gn+1); on appelle
hauteur d’un élément
z∈E∗F et on note
h(z) le plus petit entier tel que
z∈Pn; si
h(z)=n et si
z∈Pn′ (resp.
z∈Pn′′), on dit que
z est
pur impair (resp.
pur pair). On a
Pn=Pn′+Pn′′ et
Pn′∩Pn′′=Pn−1 pour
n⩾1. d) Montrer que si
u,v sont deux éléments de
E∗F tels que
h(u)=r,h(v)=s, on a
h(uv)≤h(u)+h(v) et que l’on a
h(uv)=h(u)+h(v) sauf si
u et
v sont purs, et ou bien
r est
pair et
u,v ne sont
pas de même parité, ou bien
r est
impair et
u,v sont
de même parité. (Si par exemple
r est pair,
u∈Pr,v∈Ps, montrer qu’on ne peut avoir
uv∈Pr+s−1 que si
u∈Pr−1 ou
v∈Ps−1.) e) Supposons que
E soit sans diviseur de zéro, et avec les notations de
d), supposons que
r soit pair,
u pur pair,
v pur impair. Montrer que l’on a
h(uv)=r+s−1, sauf s’il existe deux éléments inversibles
x,y de
E tels que
uy∈Pr−1 et
xb∈Ps−1. (Soit
(ai) (resp.
(bj)) la base du supplémentaire de
Jr+Rr−1 dans
Rr (resp. du supplémentaire de
Js+Rs dans
Rs) considéré dans
b); écrire
u=∑iφ(ai)xi et
v=∑jyjφ(bj), où
xi et
yj sont dans
E, et montrer que si
uv∈Pr+s−2, on a nécessairement
xiyj∈K.) Traiter de même les autres cas où
h(uv)<h(u)+h(v) lorsqu’on suppose que
E et
F sont sans diviseur de zéro. f) Déduire de
d et
e que lorsque
E et
F sont sans diviseur de zéro, il en est de même de
E∗F. g) Généraliser les définitions et résultats précédents à un nombre fini quelconque de
K-algèbres unifères.
Rien.