Bourbaki

Exercice 6, § 5

Étiquette 0621, permanente. À citer comme [Bourbaki, Tag 0621].

Algèbre, III, p. 185

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soient K un corps commutatif, E, F deux K-algèbres ayant chacune un élément unité qu’on identifie à l’élément unité 1 de K. On considère la K-Algèbre T(E⊕F)\mathbf{T}(E \oplus F), où E⊕FE \oplus F est considéré comme espace vectoriel sur K; on identifie E (resp. F) à un sous-espace vectoriel de T(E⊕F)\mathbf{T}(E \oplus F) par l’injection canonique. Soit J\mathfrak{J} l’idéal bilatère de T(E⊕F)\mathbf{T}(E \oplus F) engendré par les éléments x1⊗x2−(x1x2)x_1 \otimes x_2 - (x_1x_2) et y1⊗y2−(y1y2)y_1 \otimes y_2 - (y_1y_2), où xi∈E,yi∈F,i=1,2x_i \in E, y_i \in F, i = 1, 2; on note E∗FE*F l’algèbre quotient T(E⊕F)/J\mathbf{T}(E \oplus F)/\mathfrak{J} et on dit que c’est le produit libre des K-algèbres E et F; on note φ\varphi l’homomorphisme canonique de T(E⊕F)\mathbf{T}(E \oplus F) sur E∗FE*F, par α\alpha et β\beta les restrictions de φ\varphi à E et F; α\alpha et β\beta sont des homomorphismes de K-algèbres. a) Montrer que pour tout couple de K-homomorphismes u:E→G,v:F→Gu : E \to G, v : F \to G dans une K-algèbre G, il existe un K-homomorphisme w:E∗F→Gw : E*F \to G et un seul tel que u=w∘α,v=w∘βu = w \circ \alpha, v = w \circ \beta (ce qui justifie la terminologie). b) Soit RnR_n le sous-espace vectoriel de T(E⊕F)\mathbf{T}(E \oplus F) somme des Tk(E⊕F)T^k(E \oplus F) pour 0≤k≤n0 \leq k \leq n, et posons Jn=J∩Rn\mathfrak{J}_n = \mathfrak{J} \cap R_n. Montrer que si on considère une base de E formée de 1 et d’une famille (eλ)λ∈L(e_\lambda)_{\lambda \in L} et une base de F formée de 1 et d’une famille (fμ)μ∈M(f_\mu)_{\mu \in M}, alors on obtient dans RnR_n un supplémentaire de Jn+Rn−1\mathfrak{J}_n + R_{n-1} en considérant le sous-espace de RnR_n ayant pour base les éléments de la forme z1⊗z2⊗⋯⊗znz_1 \otimes z_2 \otimes \cdots \otimes z_n où l’on a, ou bien z2j+1z_{2j+1} égal à un des eλe_\lambda pour 2j+1≤n2j+1 \leq n et z2jz_{2j} égal à un des fμf_\mu pour 2j≤n2j \leq n, ou bien z2j+1z_{2j+1} égal à un des fμf_\mu pour 2j+1≤n2j+1 \leq n et z2jz_{2j} égal à un des eλe_\lambda pour 2j≤n2j \leq n (raisonner par récurrence sur nn).

c) Soit Pn=φ(Rn)⊂E∗FP_n = \varphi(R_n) \subset E*F; on a Pn⊂Pn+1P_n \subset P_{n+1}, P0=KP_0 = K, PhPk⊂Ph+kP_h P_k \subset P_{h+k} et E∗FE*F est réunion des PnP_n. Montrer que l’on a un isomorphisme canonique d’espaces vectoriels, pour n⩾1n \geqslant 1,

Pn/Pn−1→(G1⊗G2⊗⋯⊗Gn)⊕(G2⊗G3⊗⋯⊗Gn+1) P_n / P_{n-1} \to (G_1 \otimes G_2 \otimes \cdots \otimes G_n) \oplus (G_2 \otimes G_3 \otimes \cdots \otimes G_{n+1})
où on pose Gk=E/KG_k = E/K pour kk impair, Gk=F/KG_k = F/K pour kk pair. En particulier les homomorphismes α\alpha et β\beta sont injectifs, ce qui permet d’identifier EE et FF à des sous-K-algèbres de E∗FE*F. On note Pn′P'_n (resp. Pn′′P''_n) l’image réciproque dans PnP_n de G1⊗G2⊗⋯⊗GnG_1 \otimes G_2 \otimes \cdots \otimes G_n (resp. de G2⊗G3⊗⋯⊗Gn+1G_2 \otimes G_3 \otimes \cdots \otimes G_{n+1}); on appelle hauteur d’un élément z∈E∗Fz \in E*F et on note h(z)h(z) le plus petit entier tel que z∈Pnz \in P_n; si h(z)=nh(z) = n et si z∈Pn′z \in P'_n (resp. z∈Pn′′z \in P''_n), on dit que zz est pur impair (resp. pur pair). On a Pn=Pn′+Pn′′P_n = P'_n + P''_n et Pn′∩Pn′′=Pn−1P'_n \cap P''_n = P_{n-1} pour n⩾1n \geqslant 1. d) Montrer que si u,vu, v sont deux éléments de E∗FE*F tels que h(u)=r,h(v)=sh(u) = r, h(v) = s, on a h(uv)≤h(u)+h(v)h(uv) \leq h(u) + h(v) et que l’on a h(uv)=h(u)+h(v)h(uv) = h(u) + h(v) sauf si uu et vv sont purs, et ou bien rr est pair et u,vu, v ne sont pas de même parité, ou bien rr est impair et u,vu, v sont de même parité. (Si par exemple rr est pair, u∈Pr,v∈Psu \in P_r, v \in P_s, montrer qu’on ne peut avoir uv∈Pr+s−1uv \in P_{r+s-1} que si u∈Pr−1u \in P_{r-1} ou v∈Ps−1v \in P_{s-1}.) e) Supposons que EE soit sans diviseur de zéro, et avec les notations de dd), supposons que rr soit pair, uu pur pair, vv pur impair. Montrer que l’on a h(uv)=r+s−1h(uv) = r + s - 1, sauf s’il existe deux éléments inversibles x,yx, y de EE tels que uy∈Pr−1uy \in P_{r-1} et xb∈Ps−1xb \in P_{s-1}. (Soit (ai)(a_i) (resp. (bj)(b_j)) la base du supplémentaire de Jr+Rr−1\mathfrak{J}_r + R_{r-1} dans RrR_r (resp. du supplémentaire de Js+Rs\mathfrak{J}_s + R_s dans RsR_s) considéré dans bb); écrire u=∑iφ(ai)xiu = \sum_i \varphi(a_i)x_i et v=∑jyjφ(bj)v = \sum_j y_j \varphi(b_j), où xix_i et yjy_j sont dans EE, et montrer que si uv∈Pr+s−2uv \in P_{r+s-2}, on a nécessairement xiyj∈Kx_i y_j \in K.) Traiter de même les autres cas où h(uv)<h(u)+h(v)h(uv) < h(u) + h(v) lorsqu’on suppose que EE et FF sont sans diviseur de zéro. f) Déduire de dd et ee que lorsque EE et FF sont sans diviseur de zéro, il en est de même de E∗FE*F. g) Généraliser les définitions et résultats précédents à un nombre fini quelconque de KK-algèbres unifères.

Solution

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.