Bourbaki

Exercice 9, § 5

Étiquette 0624, permanente. À citer comme [Bourbaki, Tag 0624].

Algèbre, III, p. 186

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soient AA un anneau commutatif, FF l’algèbre associative libre sur AA de l’ensemble d’entiers I={1,n}I = \{1, n\} où n≥2n \geq 2, XiX_i (1≤i≤n1 \leq i \leq n) les indéterminées correspondantes, de sorte qu’une base canonique de F sur A est formée des produits Xi1Xi2…XirX_{i_1} X_{i_2} \ldots X_{i_r}, où (i1,…,ir)(i_1, \ldots, i_r) est une suite finie arbitraire d’éléments de I.

a) On désigne par C2C_2 l’ensemble des commutateurs [Xi,Xj]=XiXj−XjXi[X_i, X_j] = X_i X_j - X_j X_i pour 1≤i≤j≤n1 \leq i \leq j \leq n. Supposant défini Cm−1C_{m-1}, on désigne par CmC_m l’ensemble des éléments [Xi,P]=XiP−PXi[X_i, P] = X_i P - P X_i, où 1≤i≤n1 \leq i \leq n et P parcourt Cm−1C_{m-1}. Soit U la sous-algèbre graduée de F engendrée par 1 et la réunion des CmC_m pour m≥2m \geq 2. Montrer que pour 1≤i≤n1 \leq i \leq n, on a [Xi,P]∈U[X_i, P] \in U pour tout P∈UP \in U (se borner au cas où P est un produit d’éléments de ⋃mCm\bigcup_m C_m, et raisonner par récurrence sur le nombre de facteurs).

b) On suppose désormais que A est un corps. Pour tout entier m≥0m \geq 0, soit UmU_m le A-espace vectoriel des éléments homogènes de degré mm dans U (de sorte que U0=A,U1={0}U_0 = A, U_1 = \{0\}); on choisit une base Rm,1,…,Rm,dmR_{m,1}, \ldots, R_{m,d_m} dans chaque UmU_m, formée de produits d’éléments de ⋃k≤mCk\bigcup_{k \leq m} C_k. Pour tout couple d’entiers (m,k)(m, k) tel que m≥2,1≤k≤dmm \geq 2, 1 \leq k \leq d_m, soit Em,kE_{m,k} le sous-A-espace vectoriel de U engendré par les Rp,jR_{p,j} tels que p>mp > m ou p=mp = m et j≥kj \geq k; montrer que Em,kE_{m,k} est un idéal bilatère de U, et que si Lm,kL_{m,k} est l’idéal à gauche de F engendré par Em,kE_{m,k}, Lm,kL_{m,k} est un idéal bilatère de F.

c) Pour tout multiindice α=(α1,…,αn)∈Nn\alpha = (\alpha_1, \ldots, \alpha_n) \in \mathbf{N}^n, on pose Xα=X1α1X2α2…XnαnX^\alpha = X_1^{\alpha_1} X_2^{\alpha_2} \ldots X_n^{\alpha_n}. Montrer que les éléments XαRm,kX^\alpha R_{m,k} (m>0,1≤k≤dmm > 0, 1 \leq k \leq d_m) forment une base de F sur K. (Pour prouver que ces éléments forment un système générateur de l’espace vectoriel F, prouver que tout élément Xi1…XirX_{i_1} \ldots X_{i_r} en est une combinaison linéaire en procédant par récurrence sur le degré r. Pour voir que les XαRm,kX^\alpha R_{m,k} sont linéairement indépendants, raisonner par l’absurde en considérant le degré maximum par rapport à un des XiX_i des monômes XαX^\alpha qui figureraient dans une relation linéaire entre les XαRm,kX^\alpha R_{m,k} et procéder par récurrence sur ce degré maximum; pour cela, se ramener au cas où K est infini (en considérant au besoin F⊗KK′F \otimes_K K' pour un surcorps K′K' de K), et observer que lorsque dans un Rm,kR_{m,k} on substitue Xi+λX_i + \lambda à XiX_i, pour un λ∈K′\lambda \in K', l’élément Rm,kR_{m,k} ne change pas.)

d) Montrer que l’idéal bilatère J(F)\mathfrak{J}(F) de F engendré par les commutateurs [u,v]=uv−vu[u, v] = uv - vu d’éléments de F est la somme des UmU_m pour m≥2m \geq 2; F/J(F)F/\mathfrak{J}(F) est isomorphe à A[X1,…,Xn]A[X_1, \ldots, X_n], donc est un anneau intègre.

e) Montrer que l’algèbre U n’est pas une algèbre associative libre en prouvant que le quotient U/J(U)U/\mathfrak{J}(U), où J(U)\mathfrak{J}(U) est engendré par les commutateurs des éléments de U, admet des éléments ≠0\neq 0 nilpotents. (Considérer l’image z′z' dans U/J(U)U/\mathfrak{J}(U) de l’élément z=[Xi,Xj]z = [X_i, X_j] de U; on a z′≠0z' \neq 0 mais z′4=0{z'}^4 = 0.)

Solution

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Rien.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.