Algèbre, III, p. 188
Bourbaki marks this one as harder than the rest.
Soient A un anneau commutatif, a un idéal de A. On appelle algèbre de Rees de l’idéal a la sous-A-algèbre R(a) de l’algèbre de polynômes A[T] à une indéterminée, formée des polynômes c0+c1T+⋯+cnTn, où c0∈A et ck∈ak pour tout entier k≥1. a) Montrer qu’il existe un homomorphisme surjectif de A-algèbres et un seul r:S(a)→R(a) tel que la restriction de r à a soit l’application A-linéaire x↦xT. b) Supposons l’anneau A intègre. Soient a1,…,an des éléments de A, avec an=0; on considère l’homomorphisme u:A[X1,…,Xn]→A[T] de A-algèbres tel que u(Xi)=aiT. Le noyau r=Ker(u) est un idéal gradué, dont la composante homogène rm de degré m est formée des polynômes homogènes f de degré m tels que f(a1,…,an)=0. Si r′⊂r est l’idéal de A[X1,…,Xn] engendré par la composante homogène r1 de r, montrer que le A-module r/r′ est un A-module de torsion. (Pour voir que, pour tout f∈rm, il existe c=0 dans A tel que cf∈r′, raisonner par récurrence sur m, en posant
f(X1,…,Xn)=X1f1(X1,…,Xn)+X2f2(X2,…,Xn)+⋯+Xnfn(Xn) où les
fj sont homogènes de degré
m−1; considérer le polynôme
g(X1,…,Xn)=X1f1(a1,…,an)+X2f2(a2,…,an)+⋯+Xnfn(an), observer que
g∈r1⊂r′ et former
anm−1f−Xnm−1g.) c) Déduire de b) que lorsque
A est un anneau intègre, le noyau de l’homomorphisme
r de
a est le module de torsion de
S(a). En déduire que, pour que
S(a) soit intègre, il faut et il suffit que
S(a) soit un
A-module sans torsion. En particulier, si l’idéal
a est un
A-module projectif,
S(a) est intègre et isomorphe à
R(a).