Bourbaki

§ 6. Algèbre symétrique

1. Définition de l’algèbre symétrique d’un module

Définition 1

Soient AA un anneau commutatif, MM un AA-module. On appelle algèbre symétrique de MM, et on note S(M)S(M) ou Sym(M)\mathrm{Sym}(M) ou SA(M)S_A(M), l’algèbre sur AA quotient de l’algèbre tensorielle T(M)T(M) par l’idéal bilatère J′\mathfrak{J}' (aussi noté JM\mathfrak{J}_M) engendré par les éléments xy−yx=x⊗y−y⊗xxy - yx = x \otimes y - y \otimes x de T(M)T(M), où xx et yy parcourent MM.

Cite 1 · Cité par 1

Cite Proposition 2, II § 11

Cité par LIE VIII § 1. The Lie algebra sl(2, k) and its representations

L’idéal J′\mathfrak{J}' étant engendré par des éléments homogènes de degré 2, est un idéal gradué (II, p. 167, prop. 2); on pose Jn′=J′∩Tn(M)\mathfrak{J}'_n = \mathfrak{J}' \cap T^n(M); l’algèbre S(M)S(M) est donc graduée par la graduation (dite canonique) formée des Sn(M)=Tn(M)/Jn′S^n(M) = T^n(M)/\mathfrak{J}'_n. On a J0′=J1′={0}\mathfrak{J}'_0 = \mathfrak{J}'_1 = \{0\}, donc S0(M)S^0(M) s’identifie canoniquement à AA et S1(M)S^1(M) à T1(M)=MT^1(M) = M; nous ferons toujours par la suite ces identifications, et nous noterons φ′\varphi' ou φM′\varphi'_M l’injection canonique M→S(M)M \to S(M).

Proposition 1

L’algèbre S(M)S(M) est commutative.

Cite 1

Cite III § 1. Algèbres

En effet, on a par définition φ′(x)φ′(y)=φ′(y)φ′(x)\varphi'(x)\varphi'(y) = \varphi'(y)\varphi'(x) pour x,yx, y dans MM, et comme les éléments φ′(x)\varphi'(x), où xx parcourt MM, engendrent S(M)S(M), la conclusion résulte de III, p. 11.

Proposition 2

Soient EE une AA-algèbre, f:M→Ef : M \to E une application AA-linéaire telle que

f(x)f(y)=f(y)f(x) quels que soient x,y dans M. f(x)f(y) = f(y)f(x) \text{ quels que soient } x, y \text{ dans } M.

Cite 2 · Cité par 3

Cite E IV § 3. Applications universelles, Proposition 1, III § 5

Cité par § 6. Algèbre symétrique, Proposition 3, Proposition 9

Il existe un homomorphisme et un seul de A-algèbres g:S(M)→Eg : S(M) \to E tel que f=g∘φ′f = g \circ \varphi'.

En d’autres termes, (S(M),φ′)(S(M), \varphi') est solution du problème d’application universelle (E, IV, p. 23), où Σ\Sigma est l’espèce de structure de A-algèbre, les α\alpha-applications étant les applications linéaires du A-module M dans une A-algèbre vérifiant (1).

L’unicité de gg résulte de ce que φ′(M)=M\varphi'(M) = M engendre S(M)S(M). Pour prouver l’existence de gg, notons qu’en vertu de III, p. 56, prop. 1, il existe un homomorphisme g1:T(M)→Eg_1 : T(M) \to E de A-algèbres tel que f=g1∘φf = g_1 \circ \varphi; tout revient à voir que g1g_1 s’annule dans l’idéal J′\mathfrak{J}', car alors, si p:T(M)→S(M)=T(M)/J′p : T(M) \to S(M) = T(M)/\mathfrak{J}' est l’homomorphisme canonique, on pourra écrire g1=g∘pg_1 = g \circ p, où g:S(M)→Eg : S(M) \to E est un homomorphisme d’algèbres, et la conclusion résultera de ce que p∘φ=φ′p \circ \varphi = \varphi'. Or le noyau de g1g_1 est un idéal bilatère qui, en vertu de (1) et de la relation g1∘φ=fg_1 \circ \varphi = f, contient les éléments x⊗y−y⊗xx \otimes y - y \otimes x pour x,yx, y dans M. Ceci termine la démonstration.

Remarque 1

Supposons que E soit une A-algèbre graduée de type Z\mathbf{Z}, de graduation (En)(E_n), et supposons en outre que l’application linéaire ff (supposée vérifier (1)) soit telle que

f(M)⊂E1. f(M) \subset E_1.
Alors la relation g(x1x2…xp)=f(x1)f(x2)…f(xp)g(x_1 x_2 \ldots x_p) = f(x_1) f(x_2) \ldots f(x_p) pour les xi∈Mx_i \in M montre que g(Sp(M))⊂Epg(S^p(M)) \subset E_p pour tout p≥0p \geq 0, donc gg est un homomorphisme d’algèbres graduées.

Cite 1

Cite Proposition 2, I § 8

Remarque 2

Tout élément de S(M)S(M) est somme de produits de la forme x1x2…xnx_1 x_2 \ldots x_n, où les xix_i appartiennent à M; on aura soin de ne pas confondre de tels produits pris dans S(M)S(M) et les produits analogues pris dans T(M)T(M).

Remarque 3

Si n!.1n! . 1 est inversible dans A, le A-module Sn(M)S^n(M) est engendré par les éléments de la forme xnx^n, où x∈Mx \in M; cela résulte de la remarque précédente et de (I, p. 95, prop. 2).

2. Propriétés fonctorielles de l’algèbre symétrique

Proposition 3

Soient A un anneau commutatif, M et N deux A-modules, u:M→Nu : M \to N une application A-linéaire. Il existe un homomorphisme de A-algèbres et un seul, u′:S(M)→S(N)u' : S(M) \to S(N), tel que le diagramme

M→uNφM′↓φN′↓S(M)→u′S(N) \begin{array}{ccc} M & \xrightarrow{u} & N \\ \varphi'_M \downarrow & & \varphi'_N \downarrow \\ S(M) & \xrightarrow{u'} & S(N) \end{array}

soit commutatif. En outre, u′u' est un homomorphisme d’algèbres graduées.

Cite 1 · Cité par 1

Cite Proposition 2

Cité par Exemple 1, III § 11

L’existence et l’unicité de u′u' résultent de III, p. 67, prop. 2, appliquée à l’algèbre commutative S(N)S(N) et à f=φN′∘u:M→S(N)f = \varphi'_N \circ u : M \to S(N); comme

f(M)⊂S1(N)=N, f(M) \subset S^1(N) = N,

le fait que u′u' soit un homomorphisme d’algèbres graduées résulte de III, p. 68, Remarque 1.

L’homomorphisme u′u' de la prop. 3 sera désormais noté S(u)S(u). Si P est un A-module et v:N→Pv : N \to P une application A-linéaire, on a

S(v∘u)=S(v)∘S(u) S(v \circ u) = S(v) \circ S(u)
car S(v)∘S(u)S(v) \circ S(u) est un homomorphisme d’algèbres qui rend commutatif le diagramme

M→v∘uP↓φM′↓φP′S(M)→S(v)∘S(u)S(P) \begin{array}{ccc} M & \xrightarrow{v \circ u} & P \\ \downarrow \varphi'_M & & \downarrow \varphi'_P \\ S(M) & \xrightarrow{S(v) \circ S(u)} & S(P) \end{array}

Comme S(M)S(M) contient M=S1(M)M = S^1(M), on dit parfois que S(u)S(u) est le prolongement canonique de uu à S(M)S(M). La restriction Sn(u):Sn(M)→Sn(N)S^n(u) : S^n(M) \to S^n(N) est telle que

Sn(u)(x1x2…xn)=u(x1)u(x2)…u(xn) S^n(u)(x_1 x_2 \ldots x_n) = u(x_1) u(x_2) \ldots u(x_n)
pour les xi∈Mx_i \in M, puisque S(u)S(u) est un homomorphisme d’algèbres et S1(u)=uS^1(u) = u; la restriction S0(u)S^0(u) à AA est l’application identique. On notera que Sn(u)S^n(u) provient de Tn(u):Tn(M)→Tn(N)T^n(u) : T^n(M) \to T^n(N) par passage aux quotients.

Proposition 4

Si u:M→Nu : M \to N est une application A-linéaire surjective, l’homomorphisme S(u):S(M)→S(N)S(u) : S(M) \to S(N) est surjectif, et son noyau est l’idéal de S(M)S(M) engendré par le noyau P⊂M⊂S(M)P \subset M \subset S(M) de uu.

Cite 3 · Cité par 1

Cite III § 5. Algèbre tensorielle, tenseurs, Proposition 3, III § 5, Exercice 1, § 6

Cité par Proposition 3, III § 7

Posons v=T(u):T(M)→T(N)v = T(u) : T(M) \to T(N); on sait (III, p. 57, prop. 3) que vv est surjective, donc il résulte des définitions que l’on a v(JM′)=JN′v(\mathfrak{J}'_M) = \mathfrak{J}'_N; si R\mathfrak{R} est le noyau de vv, on a par suite v−1(JN′)=R+JM′v^{-1}(\mathfrak{J}'_N) = \mathfrak{R} + \mathfrak{J}'_M. Comme S(u):T(M)/JM′→T(N)/JN′S(u) : T(M)/\mathfrak{J}'_M \to T(N)/\mathfrak{J}'_N se déduit de vv par passage aux quotients, c’est un homomorphisme surjectif dont le noyau est R′=(R+JM′)/JM′\mathfrak{R}' = (\mathfrak{R} + \mathfrak{J}'_M)/\mathfrak{J}'_M. Comme R\mathfrak{R} est engendré par le noyau PP de uu (III, p. 57), il en est de même de R′\mathfrak{R}'.

Si u:M→Nu : M \to N est une application linéaire injective, il n’est pas toujours vrai que S(u)S(u) soit une application injective (III, p. 187, exerc. 1). Toutefois il en est ainsi lorsque uu est une injection telle que u(M)u(M) soit facteur direct de NN, et alors l’image de S(u)S(u) (isomorphe à S(M)S(M)) est facteur direct de S(N)S(N); la démonstration est la même que celle des assertions analogues pour T(u)T(u) (III, p. 58) en remplaçant TT par SS.

Proposition 5

Soient NN et PP deux sous-modules d’un A-module MM, tels que leur somme N+PN + P soit facteur direct dans MM, et que leur intersection N∩PN \cap P soit facteur direct dans NN et dans PP. Alors les homomorphismes S(N)→S(M)S(N) \to S(M), S(P)→S(M)S(P) \to S(M) et S(N∩P)→S(M)S(N \cap P) \to S(M) prolongements canoniques des injections canoniques, sont injectifs; si l’on identifie S(N)S(N), S(P)S(P) et S(N∩P)S(N \cap P) à des sous-algèbres de S(M)S(M) au moyen de ces homomorphismes, on a*

S(N∩P)=S(N)∩S(P). S(N \cap P) = S(N) \cap S(P).

Cite 1

Cite Proposition 4, III § 5

La démonstration se déduit de celle de III, p. 58–59, prop. 4, en remplaçant partout TT par SS. Les hypothèses de la prop. 5 sont toujours vérifiées pour des sous-modules quelconques N,PN, P de MM lorsque AA est un corps.

Corollaire

Soient KK un corps commutatif, MM un espace vectoriel sur KK. Pour tout élément z∈S(M)z \in S(M), il existe un plus petit sous-espace vectoriel NN de MM tel que z∈S(N)z \in S(N), et NN est de dimension finie.

Cite 1

Cite Corollaire, III § 5

La démonstration se déduit de celle de III, p. 59, corollaire, en remplaçant partout TT par SS.

On dit que NN est le sous-espace vectoriel de MM associé à zz.

3. Puissance symétrique nn-ème d’un module et applications multilinéaires symétriques

Soient X,YX, Y deux ensembles, nn un entier ⩾1\geqslant 1. On appelle application symétrique de XnX^n dans YY toute application f:Xn→Yf : X^n \to Y telle que, pour toute permutation σ∈Sn\sigma \in \mathfrak{S}_n et tout élément (xi)∈Xn(x_i) \in X^n, on ait

f(xσ(1),xσ(2),…,xσ(n))=f(x1,x2,…,xn). f(x_{\sigma(1)}, x_{\sigma(2)}, \ldots, x_{\sigma(n)}) = f(x_1, x_2, \ldots, x_n).
Comme les transpositions échangeant deux entiers consécutifs engendrent le groupe Sn\mathfrak{S}_n (I, p. 61), il suffit que la condition (5) soit vérifiée lorsque σ\sigma est une telle transposition.

Lorsque YY est un module sur un anneau commutatif AA, il est clair que l’ensemble des applications symétriques de XnX^n dans YY est un sous-module du AA-module YXnY^{X^n} de toutes les applications de XnX^n dans YY.

Proposition 6

Soient AA un anneau commutatif, MM et NN deux AA-modules. Si, à toute application AA-linéaire g:Sn(M)→Ng : S^n(M) \to N (n⩾1n \geqslant 1) on associe l’application nn-linéaire

(x1,x2,…,xn)↦g(x1x2…xn) (x_1, x_2, \ldots, x_n) \mapsto g(x_1 x_2 \ldots x_n)
(où au second membre le produit est pris dans l’algèbre S(M)S(M)), on obtient une application AA-linéaire bijective du AA-module HomA(Sn(M),N)\mathrm{Hom}_A(S^n(M), N) sur le AA-module des applications nn-linéaires symétriques de MnM^n dans NN.

Cite 2

Cite II § 3. Produits tensoriels, Théorème 1, II § 2

Rappelons (II, p. 71) qu’on a une bijection canonique du AA-module HomA(Tn(M),N)\mathrm{Hom}_A(T^n(M), N) sur le AA-module Ln(M,…,M;N)\mathscr{L}_n(M, \ldots, M; N) de toutes les applications nn-linéaires de MnM^n dans NN, en associant à toute application AA-linéaire f:Tn(M)→Nf : T^n(M) \to N l’application nn-linéaire

fˉ:(x1,x2,…,xn)↦f(x1⊗x2⊗⋯⊗xn). \bar{f} : (x_1, x_2, \ldots, x_n) \mapsto f(x_1 \otimes x_2 \otimes \cdots \otimes x_n).

D’autre part, les applications AA-linéaires g:Sn(M)→Ng : S^n(M) \to N correspondent bi-univoquement aux applications AA-linéaires f:Tn(M)→Nf : T^n(M) \to N telles que ff s’annule dans Sn′\mathfrak{S}_n', en associant à gg l’application f=g∘pnf = g \circ p_n, où pn:Tn(M)→Sn(M)=Tn(M)/Sn′p_n : T^n(M) \to S^n(M) = T^n(M)/\mathfrak{S}_n' est l’homomorphisme canonique (II, p. 36, th. 1). Mais comme Sn′\mathfrak{S}_n' est combinaison linéaire d’éléments de la forme

(u1⊗u2⊗⋯⊗up)⊗(x⊗y−y⊗x)⊗(v1⊗⋯⊗vn−p−2) (u_1 \otimes u_2 \otimes \cdots \otimes u_p) \otimes (x \otimes y - y \otimes x) \otimes (v_1 \otimes \cdots \otimes v_{n-p-2})

(x, y, u_i, v_j dans M), dire que la fonction ff est de la forme g∘png \circ p_n signifie que la fonction nn-linéaire correspondante fˉ\bar{f} vérifie la relation

fˉ(u1,…,up,x,y,v1,…,vn−p−2)=fˉ(u1,…,up,y,x,v1,…,vn−p−2); \bar{f}(u_1, \ldots, u_p, x, y, v_1, \ldots, v_{n-p-2}) = \bar{f}(u_1, \ldots, u_p, y, x, v_1, \ldots, v_{n-p-2});

autrement dit, d’après ce qu’on a vu plus haut, cela signifie que fˉ\bar{f} est symétrique; d’où la proposition, compte tenu de ce que pn(x1⊗x2⊗⋯⊗xn)=x1x2⋯xnp_n(x_1 \otimes x_2 \otimes \cdots \otimes x_n) = x_1 x_2 \cdots x_n pour les xi∈Mx_i \in M.

On dit que le A-module Sn(M)S^n(M) est la puissance symétrique nn-ème de M. Pour tout homomorphisme de A-modules u:M→Nu : M \to N, l’application Sn(u):Sn(M)→Sn(N)S^n(u) : S^n(M) \to S^n(N) qui coïncide avec S(u)S(u) dans Sn(M)S^n(M) s’appelle la puissance symétrique nn-ème de uu.

Remarque

Soit σ\sigma une permutation de Sn\mathfrak{S}_n; comme l’application

(x1,x2,…,xn)↦xσ−1(1)⊗xσ−1(2)⊗⋯⊗xσ−1(n) (x_1, x_2, \ldots, x_n) \mapsto x_{\sigma^{-1}(1)} \otimes x_{\sigma^{-1}(2)} \otimes \cdots \otimes x_{\sigma^{-1}(n)}

de MnM^n dans Tn(M)T^n(M) est A-multilinéaire, elle s’écrit d’une seule manière

(x1,…,xn)↦uσ(x1⊗x2⊗⋯⊗xn), (x_1, \ldots, x_n) \mapsto u_\sigma(x_1 \otimes x_2 \otimes \cdots \otimes x_n),

où uσu_\sigma est un endomorphisme du A-module Tn(M)T^n(M), qu’on écrit aussi z↦σ.zz \mapsto \sigma . z. Il est clair que si σ\sigma est l’élément neutre de Sn\mathfrak{S}_n, uσu_\sigma est l’identité; d’autre part, lorsqu’on pose yi=xσ−1(i)y_i = x_{\sigma^{-1}(i)}, on a, pour toute permutation τ∈Sn\tau \in \mathfrak{S}_n, yτ−1(i)=xσ−1(τ−1(i))y_{\tau^{-1}(i)} = x_{\sigma^{-1}(\tau^{-1}(i))}, donc τ.(σ.z)=(τσ).z\tau . (\sigma . z) = (\tau \sigma) . z; autrement dit, le A-module Tn(M)T^n(M) est un Sn\mathfrak{S}_n-ensemble à gauche pour l’opération (σ,z)↦σ.z(\sigma, z) \mapsto \sigma . z (I, p. 50). Les éléments de Tn(M)T^n(M) tels que σ.z=z\sigma . z = z pour tout σ∈Sn\sigma \in \mathfrak{S}_n, sont appelés tenseurs symétriques (contravariants) d’ordre nn; ils forment un sous-A-module Sn′(M)S'_n(M) de Tn(M)T^n(M).

Pour tout z∈Tn(M)z \in T^n(M), on pose s.z=∑σ∈Snσ.zs . z = \sum_{\sigma \in \mathfrak{S}_n} \sigma . z, et on dit que s.zs . z est le symétrisé du tenseur zz; il est clair que s.zs . z est un tenseur symétrique, et par suite z↦s.zz \mapsto s . z est un endomorphisme de Tn(M)T^n(M) dont l’image Sn′′(M)S''_n(M) est contenue dans Sn′(M)S'_n(M); en général, on a Sn′′(M)≠Sn′(M)S''_n(M) \neq S'_n(M) (III, p. 188, exerc. 5). Si zz est un tenseur symétrique, on a s.z=n!zs . z = n! z; on en conclut que lorsque n!n! est inversible dans A, l’endomorphisme z↦(n!)−1s.zz \mapsto (n!)^{-1} s . z est un projecteur dans Tn(M)T^n(M) (II, p. 18), dont l’image est Sn′(M)=Sn′′(M)S'_n(M) = S''_n(M); en outre le noyau de ce projecteur n’est autre que Jn′\mathfrak{J}'_n. En effet, on a évidemment σ(Jn′)⊂Jn′\sigma(\mathfrak{J}'_n) \subset \mathfrak{J}'_n pour tout σ∈Sn\sigma \in \mathfrak{S}_n, et Jn′\mathfrak{J}'_n est par définition engendré par les tenseurs z−ρ.zz - \rho . z, où ρ\rho est une transposition échangeant deux nombres consécutifs dans {1,n}\{1, n\}; en outre, si σ,τ\sigma, \tau sont deux permutations de Sn\mathfrak{S}_n, on a z−(στ).z=z−σ.z+σ.(z−τ.z)z - (\sigma \tau) . z = z - \sigma . z + \sigma . (z - \tau . z), d’où l’on déduit (puisque toute permutation de Sn\mathfrak{S}_n est produit de transpositions échangeant deux nombres consécutifs) que z−σ.z∈Jn′z - \sigma . z \in \mathfrak{J}'_n quels que soient z∈Tn(M)z \in T^n(M) et σ∈Sn\sigma \in \mathfrak{S}_n. Par suite (toujours en supposant n!n! inversible dans A), on voit que z−(n!)−1s.z=∑σ∈Sn(n!)−1(z−σ.z)∈Jn′z - (n!)^{-1} s . z = \sum_{\sigma \in \mathfrak{S}_n} (n!)^{-1} (z - \sigma . z) \in \mathfrak{J}'_n pour tout z∈Tn(M)z \in T^n(M), ce qui démontre notre assertion.

Lorsque n!n! est inversible dans A, les sous-modules Sn′(M)S'_n(M) et Jn′\mathfrak{J}'_n de Tn(M)T^n(M) sont donc supplémentaires, et la restriction à Sn′(M)S'_n(M) de l’homomorphisme canonique Tn(M)→Sn(M)=Tn(M)/Jn′T^n(M) \to S^n(M) = T^n(M)/\mathfrak{J}'_n est un isomorphisme de AA-modules, qui permet dans le cas envisagé d’identifier les tenseurs symétriques d’ordre nn aux éléments de la puissance symétrique nn-ème de MM. On notera toutefois que cette identification n’est pas compatible avec la multiplication, le produit (dans T(M)T(M)) de deux tenseurs symétriques n’étant pas symétrique en général, et n’ayant donc pas pour image dans S(M)S(M) le produit des images des tenseurs symétriques considérés.

Cite 3 · Cité par 1

Cite I § 5. Groupes opérant sur un ensemble, II § 1. Modules, Exercice 5, § 6

Cité par Proposition 9

4. Extension de l’anneau des scalaires

Soient A,A′A, A' deux anneaux commutatifs, ρ:A→A′\rho : A \to A' un homomorphisme d’anneaux, MM un AA-module, M′M' un A′A'-module, f:M→M′f : M \to M' un AA-homomorphisme (relatif à ρ\rho) de MM dans M′M'. L’application composée M→fM′→φM′′SA′(M′)M \xrightarrow{f} M' \xrightarrow{\varphi'_{M'}} S_{A'}(M') est une application AA-linéaire de MM dans la AA-algèbre commutative ρ∗(SA′(M′))\rho_* (S_{A'}(M')); il existe donc (III, p. 67, prop. 2) un AA-homomorphisme d’algèbres et un seul f′:SA(M)→SA′(M′)f' : S_A(M) \to S_{A'}(M') rendant commutatif le diagramme

M→fM′φM′↓↓φM′′SA(M)→f′SA′(M′) \begin{array}{ccc} M & \xrightarrow{f} & M' \\ \varphi'_M \downarrow & & \downarrow \varphi'_{M'} \\ S_A(M) & \xrightarrow{f'} & S_{A'}(M') \end{array}

On en déduit aussitôt que si σ:A′→A′′\sigma : A' \to A'' est un second homomorphisme d’anneaux, M′′M'' un A′′A''-module, g:M′→M′′g : M' \to M'' un A′A'-homomorphisme (relatif à σ\sigma), g′:SA′(M′)→SA′′(M′′)g' : S_{A'}(M') \to S_{A''}(M'') le A′A'-homomorphisme d’algèbres correspondant, alors le AA-homomorphisme d’algèbres composé

SA(M)→f′SA′(M′)→g′SA′′(M′′) S_A(M) \xrightarrow{f'} S_{A'}(M') \xrightarrow{g'} S_{A''}(M'')

correspond au AA-homomorphisme composé g∘f:M→M′′g \circ f : M \to M'' (relatif à σ∘ρ\sigma \circ \rho).

Proposition 7

Soient A,BA, B deux anneaux commutatifs, ρ:A→B\rho : A \to B un homomorphisme d’anneaux, MM un AA-module. Le prolongement canonique

ψ:SB(B⊗AM)→B⊗ASA(M) \psi : S_B(B \otimes_A M) \to B \otimes_A S_A(M)

de l’application BB-linéaire 1B⊗φM′:B⊗AM→B⊗ASA(M)1_B \otimes \varphi'_M : B \otimes_A M \to B \otimes_A S_A(M), est un isomorphisme de BB-algèbres graduées.

Cite 1

Cite Proposition 5, III § 5

La démonstration se déduit de celle de III, p. 60, prop. 5 en y remplaçant TT par SS et φM\varphi_M par φM′\varphi'_M.

5. Limite inductive d’algèbres symétriques

Soient (Aα,φβα)(A_\alpha, \varphi_{\beta \alpha}) un système inductif filtrant d’anneaux commutatifs, (Mα,fβα)(M_\alpha, f_{\beta \alpha}) un système inductif de AαA_\alpha-modules, A=lim⁡→Aα,M=lim⁡→MαA = \lim \to A_\alpha, M = \lim \to M_\alpha. Pour α≤β\alpha \leq \beta, on déduit canoniquement du AαA_\alpha-homomorphisme fβα:Mα→Mβf_{\beta \alpha}: M_\alpha \to M_\beta un homomorphisme de AαA_\alpha-algèbres (III, p. 72, formule (8)), fβα′:SAα(Mα)→SAβ(Mβ)f'_{\beta \alpha}: S_{A_\alpha}(M_\alpha) \to S_{A_\beta}(M_\beta) et il résulte de (9) (III, p. 72) que (SAα(Mα),fβα′)(S_{A_\alpha}(M_\alpha), f'_{\beta \alpha}) est un système inductif de AαA_\alpha-algèbres. Soit d’autre part fα:Mα→Mf_\alpha: M_\alpha \to M le AαA_\alpha-homomorphisme canonique; on en déduit (III, p. 72, formule (8)) un homomorphisme de AαA_\alpha-algèbres, fα′:SAα(Mα)→SA(M)f'_\alpha: S_{A_\alpha}(M_\alpha) \to S_A(M), et il résulte encore de (9) que les fα′f'_\alpha constituent un système inductif de AαA_\alpha-homomorphismes.

Proposition 8

Le A-homomorphisme* f′=lim←⁡fα′:lim←⁡SAα(Mα)→SA(M)f' = \varprojlim f'_\alpha : \varprojlim S_{A_\alpha}(M_\alpha) \to S_A(M) est un isomorphisme d’algèbres graduées.

Cite 1

Cite Proposition 6, III § 5

La démonstration est la même que celle de III, p. 61, prop. 6, en y remplaçant partout TT par SS et φ\varphi et φ′\varphi', et tenant compte du fait qu’une limite inductive d’algèbres commutatives est commutative.

6. Algèbre symétrique d’une somme directe. Algèbre symétrique d’un module libre. Algèbre symétrique d’un module gradué.

Soient AA un anneau commutatif, M=⨁λ∈LMλM = \bigoplus_{\lambda \in L} M_\lambda la somme directe d’une famille de AA-modules, jλ:Mλ→Mj_\lambda: M_\lambda \to M l’injection canonique; on en déduit un AA-homomorphisme d’algèbres S(jλ):S(Mλ)→S(M)S(j_\lambda): S(M_\lambda) \to S(M). Puisque S(M)S(M) est commutative, on peut appliquer aux homomorphismes S(jλ)S(j_\lambda) la prop. 8 de III, p. 42, et il existe donc un unique homomorphisme d’algèbres

g:⨂λ∈LS(Mλ)→S(M), g : \bigotimes_{\lambda \in L} S(M_\lambda) \to S(M),

(aussi noté gMg_M) tel que S(jλ)=g∘fλS(j_\lambda) = g \circ f_\lambda pour tout λ∈L\lambda \in L, en désignant par

fλ:S(Mλ)→⨂λ∈LS(Mλ) f_\lambda : S(M_\lambda) \to \bigotimes_{\lambda \in L} S(M_\lambda)

l’homomorphisme canonique.

Proposition 9

L’homomorphisme canonique* gg (formule (10)) est un isomorphisme d’algèbres graduées (cf. III, p. 53, Remarque 1).

Cite 8 · Cité par 4

Cite III § 4. Produits tensoriels d’algèbres, Remarque, Proposition 2, Proposition 8, III § 4, Proposition 6, II § 1, Corollaire, III § 4, Proposition 10, III § 4, Proposition 5, II § 6

Cité par Proposition 2, III § 11, Théorème 1, Proposition 10, III § 7, IV § 1. Polynômes

Pour prouver que gg est bijectif, on va définir un homomorphisme d’algèbres

h:S(M)→⨂λ∈LS(Mλ) h : S(M) \to \bigotimes_{\lambda \in L} S(M_\lambda)

tel que g∘hg \circ h et h∘gh \circ g soient respectivement les applications identiques de S(M)S(M) et de ⨂λ∈LS(Mλ)\bigotimes_{\lambda \in L} S(M_\lambda). Pour chaque λ∈L\lambda \in L, soit uλu_\lambda l’application linéaire composée

Mλ→φMλ′S(Mλ)→fλ⨂λ∈LS(Mλ). M_\lambda \xrightarrow{\varphi'_{M_\lambda}} S(M_\lambda) \xrightarrow{f_\lambda} \bigotimes_{\lambda \in L} S(M_\lambda).

Il existe une application AA-linéaire et une seule u:M→⨂λ∈LS(Mλ)u: M \to \bigotimes_{\lambda \in L} S(M_\lambda) telle que u∘jλ=uλu \circ j_\lambda = u_\lambda pour tout λ∈L\lambda \in L. Comme les S(Mλ)S(M_\lambda) sont commutatives, il en est de même de leur produit tensoriel (III, p. 42), donc (III, p. 67, prop. 2) il existe un homomorphisme unique d’algèbres h:S(M)→⨂λ∈LS(Mλ)h : S(M) \to \bigotimes_{\lambda \in L} S(M_\lambda), tel que h∘φM′=uh \circ \varphi'_M = u; d’ailleurs, il est immédiat que u(M)u(M) est contenu dans le sous-module des éléments de degré 1 de l’algèbre graduée ⨂λ∈LS(Mλ)\bigotimes_{\lambda \in L} S(M_\lambda), donc hh est un homomorphisme d’algèbres graduées. Pour xλ∈Mλx_\lambda \in M_\lambda, on a h(g(uλ(xλ)))=h(g(fλ(φMλ′(xλ))))=h(S(jλ)(φMλ′(xλ)))=h(φM′(jλ(xλ)))=uλ(xλ)h(g(u_\lambda(x_\lambda))) = h(g(f_\lambda(\varphi'_{M_\lambda}(x_\lambda)))) = h(S(j_\lambda)(\varphi'_{M_\lambda}(x_\lambda))) = h(\varphi'_M(j_\lambda(x_\lambda))) = u_\lambda(x_\lambda); comme les uλ(xλ)u_\lambda(x_\lambda) engendrent l’algèbre ⨂λ∈LS(Mλ)\bigotimes_{\lambda \in L} S(M_\lambda) (III, p. 42, prop. 8), h∘gh \circ g est bien l’application identique. De même,

g(h(φM′(jλ(xλ))))=g(uλ(xλ))=g(fλ(φMλ′(xλ)))=S(jλ)(φMλ′(xλ))=φM′(jλ(xλ)), g(h(\varphi'_M(j_\lambda(x_\lambda)))) = g(u_\lambda(x_\lambda)) = g(f_\lambda(\varphi'_{M_\lambda}(x_\lambda))) = S(j_\lambda)(\varphi'_{M_\lambda}(x_\lambda)) = \varphi'_M(j_\lambda(x_\lambda)),

et comme les éléments φM′(jλ(xλ))\varphi'_M(j_\lambda(x_\lambda)) engendrent l’algèbre S(M)S(M), g∘hg \circ h est bien l’application identique.

Remarque 1). — Soit N=⨁λ∈LNλN = \bigoplus_{\lambda \in L} N_\lambda la somme directe d’une seconde famille de A-modules ayant LL pour ensemble d’indices, et, pour tout λ∈L\lambda \in L, soit vλ:Mλ→Nλv_\lambda : M_\lambda \to N_\lambda une application A-linéaire, d’où une application A-linéaire v=⨁λvλ:M→Nv = \bigoplus_{\lambda} v_\lambda : M \to N (II, p. 12, prop. 6). Alors le diagramme

⨂λ∈LS(Mλ)→gMS(M)↓↓S(v)⨂λ∈LS(Nλ)→gNS(N) \begin{array}{ccc} \bigotimes_{\lambda \in L} S(M_\lambda) & \xrightarrow{g_M} & S(M) \\ \downarrow & & \downarrow S(v) \\ \bigotimes_{\lambda \in L} S(N_\lambda) & \xrightarrow{g_N} & S(N) \end{array}

est commutatif, comme il résulte des définitions (III, p. 43, corollaire).

On peut décrire de façon plus précise le sous-A-module de ⨂λ∈LS(Mλ)\bigotimes_{\lambda \in L} S(M_\lambda) auquel Sn(M)S^n(M) s’identifie au moyen de l’isomorphisme gg. Pour toute partie finie JJ de LL, posons EJ=⨂λ∈JS(Mλ)E_J = \bigotimes_{\lambda \in J} S(M_\lambda), de sorte que ⨂λ∈LS(Mλ)=lim⁡⟶EJ\bigotimes_{\lambda \in L} S(M_\lambda) = \lim_{\longrightarrow} E_J suivant l’ensemble filtrant F(L)\mathscr{F}(L) des parties finies de LL, par définition (III, p. 42). Pour toute famille ν=(nλ)∈N(L)\nu = (n_\lambda) \in \mathbf{N}^{(L)} (ayant donc un support fini) telle que ∑λ∈Lnλ=n\sum_{\lambda \in L} n_\lambda = n, et toute partie finie JJ de LL contenant le support de la famille ν\nu, posons

SJ,ν(M)=⨂λ∈JSnλ(Mλ) S^{J,\nu}(M) = \bigotimes_{\lambda \in J} S^{n_\lambda}(M_\lambda)

de sorte que le sous-module EJ,nE_{J,n} des éléments de degré nn de EJE_J est la somme directe des SJ,ν(M)S^{J,\nu}(M) pour toutes les familles ν\nu de support contenu dans JJ et telles que ∑λ∈Lnλ=n\sum_{\lambda \in L} n_\lambda = n (III, p. 47, prop. 10 et III, p. 53). Posons par convention SJ,ν(M)={0}S^{J,\nu}(M) = \{0\} pour les familles ν\nu dont le support n’est pas contenu dans JJ; alors on peut encore dire que EJ,nE_{J,n} est somme directe de tous les SJ,ν(M)S^{J,\nu}(M), où ν\nu parcourt l’ensemble HnH_n de toutes les familles ν=(nλ)λ∈L\nu = (n_\lambda)_{\lambda \in L} telles que ∑λ∈Lnλ=n\sum_{\lambda \in L} n_\lambda = n. Puisque S0(Mλ)S^0(M_\lambda) s’identifie à AA, il est clair en outre que pour deux parties finies J⊂J′J \subset J' de LL et une famille ν\nu de support contenu dans JJ, l’application canonique SJ′,ν(M)→SJ′,ν(M)S^{J', \nu}(M) \to S^{J', \nu}(M) (restriction à SJ′,ν(M)S^{J', \nu}(M) de l’application canonique EJ→EJ′E_J \to E_{J'}) est bijective. Si l’on pose, pour tout ν∈Hn\nu \in H_n,

Sν(M)=lim⁡⟶SJ′,ν(M) S^\nu(M) = \lim_{\longrightarrow} S^{J', \nu}(M)
on voit donc que l’on a, compte tenu de II, p. 91, prop. 5:

Corollaire

Le A-module* Sn(M)S^n(M) est l’image par l’isomorphisme (10) (III, p. 74) du sous-module de ⨂λ∈LS(Mλ)\bigotimes_{\lambda \in L} S(M_\lambda) somme directe des sous-modules Sν(M)S^\nu(M) pour toutes les familles ν=(nλ)∈N(L)\nu = (n_\lambda) \in \mathbf{N}^{(L)} telles que ∑λ∈Lnλ=n\sum_{\lambda \in L} n_\lambda = n; si JJ est le support de ν\nu, Sν(M)S^\nu(M) est canoniquement isomorphe à ⨂λ∈JSnλ(Mλ)\bigotimes_{\lambda \in J} S^{n_\lambda}(M_\lambda).

Cité par 1

Cité par Proposition 10

On identifiera en général Sν(M)S^\nu(M), ⨂λ∈JSnλ(Mλ)\bigotimes_{\lambda \in J} S^{n_\lambda}(M_\lambda) et leur image dans Sn(M)S^n(M).

Théorème 1

Soient* AA un anneau commutatif, MM un A-module libre ayant une base (eλ)λ∈L(e_\lambda)_{\lambda \in L}. Pour toute application α:L→N\alpha : L \to N, de support fini, posons

eα=∏λ∈Leλα(λ) e^\alpha = \prod_{\lambda \in L} e_{\lambda}^{\alpha(\lambda)}
(produit dans l’algèbre commutative S(M)S(M)). Alors, lorsque α\alpha parcourt l’ensemble N(L)\mathbf{N}^{(L)} des applications de LL dans NN, de support fini, les eαe^\alpha forment une base du A-module S(M)S(M).

Cite 5 · Cité par 2

Cite Théorème 1, III § 5, Proposition 9, III § 2. Exemples d’algèbres, Proposition 7, III § 2, Corollaire 3, II § 1

Cité par III § 11. Cogèbres, produits de formes multilinéaires, produits intérieurs et dualité, Proposition 20, IV § 5

Comme MM est somme directe des Mλ=AeλM_\lambda = Ae_\lambda, il suffit de démontrer le théorème lorsque LL est réduit à un seul élément et d’appliquer ensuite III, p. 73, prop. 9. Mais lorsque M=AeM = Ae (e élément libre), on a x⊗y−y⊗x=0x \otimes y - y \otimes x = 0 quels que soient x,yx, y dans MM; l’idéal J′\mathfrak{J}' est donc nul, d’où T(Ae)=S(Ae)T(Ae) = S(Ae) et le théorème résulte alors de III, p. 62, th. 1.

La table de multiplication de la base (14) est donnée par

eαeβ=eα+β e^\alpha e^\beta = e^{\alpha + \beta}
où α+β\alpha + \beta est l’application λ↦α(λ)+β(λ)\lambda \mapsto \alpha(\lambda) + \beta(\lambda) de LL dans NN. En d’autres termes, la base (eα)(e^\alpha) de S(M)S(M), munie de la loi multiplicative (15), est canoniquement isomorphe au monoïde commutatif libre N(L)\mathbf{N}^{(L)} déduit de LL; on en conclut (III, p. 25) que l’algèbre symétrique S(M)S(M) d’un module libre MM ayant une base dont LL est l’ensemble d’indices, est canoniquement isomorphe à l’algèbre des polynômes A[(Xλ)λ∈L]A[(X_\lambda)_{\lambda \in L}], l’isomorphisme canonique s’obtenant en faisant correspondre XλX_\lambda à eλe_\lambda. En particulier (III, p. 22, prop. 7), pour toute application f:L→Ef : L \to E de LL dans une A-algèbre commutative EE, il existe un homomorphisme f:S(M)→Ef : S(M) \to E de A-algèbres et un seul tel que f(eλ)=f(λ)f(e_\lambda) = f(\lambda).

Remarque 2). — Les résultats précédents peuvent également s’obtenir comme conséquence des propriétés universelles des algèbres de polynômes et des algèbres symétriques, compte tenu de (II, p. 25, cor. 3).

Corollaire

Si MM est un AA-module projectif, S(M)S(M) est un AA-module projectif.

Cite 1

Cite Corollaire, III § 5

La démonstration est la même que celle de III, p. 62, corollaire, en remplaçant TT par SS.

Proposition 10

Soient Δ\Delta un monoïde commutatif à élément neutre, MM un AA-module gradué de type Δ\Delta, (Mα)α∈Δ(M_{\alpha})_{\alpha \in \Delta} sa graduation. Pour tout couple (α,n)∈Δ×N(\alpha, n) \in \Delta \times \mathbf{N}, soit Sα,n(M)S^{\alpha, n}(M) le sous-module de Sn(M)S^n(M) somme directe des sous-modules ⨂λ∈JSnλ(Mαλ)\bigotimes_{\lambda \in J} S^{n_{\lambda}}(M_{\alpha_{\lambda}}), où (nλ)λ∈L(n_{\lambda})_{\lambda \in L} parcourt l’ensemble des familles d’entiers ⩾0\geqslant 0 telles que ∑λ∈Lnλ=n\sum_{\lambda \in L} n_{\lambda} = n, JJ est son support et, pour chaque (nλ)(n_{\lambda}), (αλ)λ∈J(\alpha_{\lambda})_{\lambda \in J} parcourt l’ensemble des familles de ΔJ\Delta^J telles que ∑λ∈Jαλ=α\sum_{\lambda \in J} \alpha_{\lambda} = \alpha. Alors (Sα,n(M))(α,n)∈Δ×N(S^{\alpha, n}(M))_{(\alpha, n) \in \Delta \times \mathbf{N}} est la seule graduation de type Δ×N\Delta \times \mathbf{N} compatible avec la structure d’algèbre de S(M)S(M), et qui induise sur M=S1(M)M = S^1(M) la graduation donnée.

Cite 3

Cite Proposition 7, III § 5, Corollaire, II § 11. Modules et anneaux gradués

Le fait que S(M)S(M) soit somme directe des Sα,n(M)S^{\alpha, n}(M) résulte du cor. de la prop. 9; le reste de la démonstration est identique à la fin de la démonstration de III, p. 62, prop. 7.

Supposons plus particulièrement que Δ=Z\Delta = \mathbf{Z}, et munissons S(M)S(M) de la graduation totale (de type Z\mathbf{Z}) (II, p. 164) correspondant à la graduation de type Z×N\mathbf{Z} \times \mathbf{N} (donc aussi de type Z×Z\mathbf{Z} \times \mathbf{Z}) définie ci-dessus; les éléments homogènes de degré n∈Zn \in \mathbf{Z} pour cette graduation sont donc ceux de la somme directe des Sq,m(M)S^{q, m}(M) pour q+m=nq + m = n. Soit ff une application linéaire homogène de degré 0 du AA-module gradué MM dans une AA-algèbre graduée commutative FF de type Z\mathbf{Z}; alors l’homomorphisme d’algèbres g:S(M)→Fg : S(M) \to F tel que f=g∘φM′f = g \circ \varphi_M' est un homomorphisme d’algèbres graduées de type Z\mathbf{Z}, comme il résulte de la formule g(x1x2…xn)=f(x1)f(x2)…f(xn)g(x_1 x_2 \ldots x_n) = f(x_1) f(x_2) \ldots f(x_n) pour des xix_i homogènes dans MM, de l’hypothèse sur ff, et de la définition de la graduation de type Z\mathbf{Z} sur S(M)S(M).

Exercices

See the exercises for § 6.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.