§ 1. Polynômes
1. Définition des polynômes
Soit I un ensemble. Rappelons (III, p. 25) que l’algèbre commutative libre de I sur A se note ou . Les éléments de cette algèbre sont appelés polynômes par rapport aux indéterminées (ou en les indéterminées ) à coefficients dans A. Rappelons que l’indéterminée est l’image canonique de dans l’algèbre commutative libre de I sur A ; il est parfois commode de désigner cette image par une autre notation, telle que , , , etc. On annonce souvent cette convention par une phrase telle que : « Soit une famille d’indéterminées » ; lorsqu’il en est ainsi, on note l’algèbre de polynômes considérée. Pour , on écrit au lieu de .
Pour , posons
Alors est une base du A-module . Les s’appellent les monômes en les indéterminées . Pour , on obtient l’élément unité de . Tout polynôme s’écrit d’une façon et d’une seule sous la forme
avec et les nuls sauf pour un nombre fini d’indices ; les s’appellent les coefficients de ; les s’appellent les termes de (l’élément étant souvent appelé le terme en ) ; en particulier le terme , identifié à , s’appelle le terme constant de . Lorsque , on dit, par abus de langage, que ne contient pas de terme en ; en particulier, quand , on dit que est un polynôme sans terme constant (III, p. 26). On appelle polynôme constant tout multiple scalaire de 1.
Soient B un anneau commutatif, et un homomorphisme d’anneaux. Considérons comme une A-algèbre grâce à . Alors l’application de dans qui transforme en est un homomorphisme de A-algèbres ; si , on note parfois l’image de par cet homomorphisme. L’homomorphisme de dans défini canoniquement par transforme, pour tout , en ; c’est un isomorphisme de B-algèbres (III, p. 22).
Soit M un A-module libre de base . Il existe un homomorphisme unifère et un seul de l’algèbre symétrique dans l’algèbre tel que pour tout , et cet homomorphisme est un isomorphisme (III, p. 75). Cet isomorphisme est dit canonique. Cela permet d’appliquer aux algèbres de polynômes certaines propriétés des algèbres symétriques. Par exemple, soit une partition de I. Soit l’homomorphisme de dans qui transforme (considéré comme élément de ) en (considéré comme élément de P). Alors les définissent un homomorphisme de l’algèbre dans l’algèbre P, et cet homomorphisme est un isomorphisme (III, p. 73, prop. 9).
Soit E un A-module. On pose . Les éléments du A-module s’appellent polynômes en les indéterminées à coefficients dans E. Un tel polynôme s’écrit d’une façon et d’une seule , où et où les sont nuls sauf pour un nombre fini d’indices ; le plus souvent, on écrira pour .
2. Degrés
Soit une algèbre de polynômes. Pour tout entier , soit le sous-module de P engendré par les monômes tels que soit égal à . Alors est une graduation qui fait de une algèbre graduée de type (III, p. 31). Les éléments homogènes de degré de sont parfois appelés formes de degré par rapport aux indéterminées .
Lorsqu’il sera question de degré de polynômes non homogènes, nous conviendrons généralement d’adjoindre à l’ensemble des entiers naturels un élément noté et de prolonger à la relation d’ordre et l’addition de par les conventions suivantes, où ,
Soit un polynôme. La composante homogène de degré de (pour la graduation de type définie ci-dessus) est égale à , et l’on a évidemment . Lorsque , les ne sont pas tous nuls, et l’on appelle degré (ou degré total) de , et l’on note , le plus grand des entiers tels que ; autrement dit (III, p. 26), le degré de est le plus grand des entiers pour les multiindices tels que . Lorsque , le degré de est égal par convention à . Pour tout entier , la relation équivaut donc à « pour tout multiindice tel que » ; l’ensemble des polynômes tels que est donc un sous-A-module de , égal à avec les notations ci-dessus.
Soit E un A-module. La famille est une graduation de type du module des polynômes à coefficients dans E. On étend à ce cas les conventions adoptées plus haut pour le degré des polynômes non homogènes.
Proposition 1
Soient u et v deux polynômes.
(i) Si , on a
Si , on a .
(ii) On a .
Les démonstrations sont immédiates.
Soient et . Identifions à (III, p. 26). Le degré de , considéré comme élément de , s’appelle le degré de par rapport aux d’indice (III, p. 27).
Soit un polynôme non nul en une indéterminée, de degré . Le coefficient , qui est par hypothèse , s’appelle le coefficient dominant de . Un polynôme dont le coefficient dominant est égal à 1 s’appelle un polynôme unitaire.
Dans , le nombre de monômes de degré total est égal au nombre d’éléments de tels que , c’est-à-dire à (E, III, p. 44, prop. 15).
Plus généralement, soient un monoïde commutatif et une famille d’éléments de . Il existe une unique graduation de type de l’algèbre telle que chaque monôme soit de degré (III, p. 31, exemple 3). Le cas considéré ci-dessus est celui où et . Dans le cas général, pour éviter des confusions, nous utiliserons le mot « poids » au lieu de « degré », et le mot « isobare » au lieu de « homogène ». Par exemple, il existe une unique graduation de type de l’algèbre telle que soit de poids pour tout entier . Les éléments isobares de poids sont les polynômes de la forme avec lorsque .
3. Substitutions
Soient E une algèbre associative unifère sur A, une famille d’éléments de E deux à deux permutables. Soit une famille d’indéterminées. D’après III, p. 22, prop. 7, il existe un unique homomorphisme unifère de dans E tel que pour tout . L’image d’un élément de par se note et s’appelle l’élément de E déduit par substitution des aux dans , ou la valeur de pour les valeurs des , ou encore la valeur de pour . En particulier, . Si , on écrit au lieu de . Plus généralement, si M est un A-module et si est un élément de
on note l’image de dans par l’application .
Si l’homomorphisme de dans E est injectif, on dit que la famille x est algébriquement libre sur A, ou que les sont algébriquement indépendants sur A. Cela signifie aussi que les monômes () sont linéairement indépendants sur A.
Si est un homomorphisme unifère de E dans une A-algèbre associative unifère , on a
(1)
Soit . Si E est commutative, l’application de dans E s’appelle la fonction polynomiale définie par (et l’algèbre E) ; on la note parfois (ou même simplement ).
Soit une autre famille d’indéterminées. Prenons pour E l’algèbre de polynômes . Soit ; pour , soit et posons ; soit le polynôme obtenu par substitution des polynômes aux dans le polynôme . Soit une famille d’éléments deux à deux permutables d’une A-algèbre associative unifère ; appliquons (1) en prenant pour l’homomorphisme de E dans ; on obtient :
(2)
Si et , on note , ou , la famille de polynômes . Si l’on désigne par l’application de dans (où est une A-algèbre unifère associative et commutative), la relation (2) entraîne
(3)
Si , il résulte de (2) que :
(4)
Proposition 2
Soit une famille d’éléments de et soit . Soit le polynôme obtenu par substitution de à pour tout . Le terme constant de est égal à .
Cité par 1
Cité par Corollaire 1
Le terme constant de est obtenu par la substitution de 0 à dans pour tout . La proposition résulte donc de la formule (2).
Corollaire 1
Soit l’idéal des polynômes tels que . Alors est engendré par les polynômes (pour ).
Il est clair qu’on a pour tout . Soit et soit comme dans la proposition 2. Comme est sans terme constant, il existe une famille à support fini de polynômes dans telle que
Corollaire 2
Soient et deux familles d’indéterminées. L’ensemble des polynômes tels que est l’idéal de engendré par les polynômes (pour ).
Cite 1
Cite Corollaire 1
Ce corollaire résulte immédiatement du cor. 1 où l’on remplace par et par , en interprétant comme l’anneau des polynômes en les à coefficients dans .
Proposition 3
Soient et la famille d’éléments de l’anneau de polynômes . Le coefficient de dans est la composante homogène de degré de , pour tout entier positif .
Il suffit de démontrer la prop. lorsque est un monôme, auquel cas c’est immédiat.
Corollaire
Pour qu’un polynôme soit homogène de degré , il faut et il suffit que l’on ait :
Remarque
Soit . Soit l’application de dans . Soit un -module. Considérons l’homomorphisme de dans . Pour tout , on a . Si , on a .
4. Différentielles et dérivations
Soit . D’après III, p. 134, il existe, pour tout , une A-dérivation de B et une seule telle que
Le polynôme s’appelle la dérivée partielle de par rapport à ; on le note aussi , ou , ou . D’après III, p. 123, formule (21), on a, si ,
On déduit de (6) que quels que soient . Pour , on pose et . Munissons de l’ordre produit. On a
Lorsque est un polynôme en une seule indéterminée , l’unique dérivée partielle de se note ou ou , et s’appelle simplement la dérivée de .
Soit à nouveau . D’après III, p. 134, le B-module des A-différentielles de B admet pour base la famille des différentielles des . Soit la forme coordonnée d’indice relativement à cette base sur . Alors l’application de B dans B est une dérivation de B qui transforme en 1 et en 0 pour , donc est ; autrement dit, on a
pour tout . Si I est fini, est une base du B-module des dérivations de B.
Proposition 4
Soient E une A-algèbre associative, commutative et unifère, une famille d’éléments de E, un élément de , et . Pour toute dérivation D de E dans un E-module, on a
Il suffit de prouver la proposition quand est un monôme, et elle résulte alors de (6) et de III, p. 123, prop. 6.
Corollaire
Soient et pour . Posons . Alors, pour , on a
Cite 2
C’est le cas particulier , et de la prop. 4.
Soient , deux familles disjointes d’indéterminées. Notons la famille . Soit . Considérons l’élément de . Pour , on note le coefficient de dans , considéré comme polynôme en les à coefficients dans . On a par définition et
(Ici et dans la suite de ce numéro, les sommations portent sur l’ensemble d’indices , sauf mention du contraire.)
Soit . En substituant à et à dans (9), on obtient
En particulier, on a
Si , on a
donc
Soit une autre famille d’indéterminées. On a :
donc, d’après I, p. 94, corollaire 2 :
Supposons d’abord que soit de longueur 1 ; il existe alors un élément de tel que , c’est-à-dire et pour tout dans . La formule (12) montre que est une dérivation de la -algèbre , qui annule évidemment pour et prend la valeur 1 sur . On a donc pour tout .
D’après la formule (13), on a
dans l’algèbre des endomorphismes du -module . On en déduit par récurrence sur la longueur de .
Si est une -algèbre, les formules (9), (10), (11) peuvent donc s’écrire
Les formules (15), (16), (17) s’appellent toutes trois « formule de Taylor ».
Proposition 6 (« identité d’Euler »)
Soit un polynôme homogène de degré . On a
Cite 1
Cite Exemple 6, III § 10
Soit l’application -linéaire de dans lui-même telle que quand est homogène de degré . On sait (III, p. 119, exemple 6) que est une dérivation de . La prop. 6 est donc un corollaire de la prop. 4 (IV, p. 6).
5. Diviseurs de zéro dans un anneau de polynômes
Proposition 7
Soient un polynôme non nul en une indéterminée, son coefficient dominant. Si est simplifiable dans (en particulier si est unitaire), on a, pour tout élément non nul de ,
Cité par 4
Cité par Proposition 11, AC V § 1, Corollaire 1, AC V § 1, § 1. Polynômes, Proposition 8
Soient un polynôme non nul, son coefficient dominant, , . Alors le coefficient de dans est donc est non nul, d’où la proposition.
Proposition 8
Si est intègre, est intègre.
Soient deux éléments non nuls de . Il s’agit de prouver la relation . Or et appartiennent à un même anneau où est une partie finie de . On peut donc se borner au cas où est fini et égal à . D’autre part, l’anneau est isomorphe à l’anneau des polynômes en à coefficients dans . Par récurrence sur , on est donc ramené à démontrer la proposition pour , et il suffit alors d’appliquer la proposition 7.
Corollaire 1
Si est intègre, et si sont des éléments de , on a .
On peut se limiter au cas où et sont non nuls. Soient . On a
où (resp. ) est la composante homogène de degré de (resp. ). Comme et , on a (prop. 8). Or avec , d’où le corollaire.
Corollaire 2
Si est intègre, les éléments inversibles de sont les éléments inversibles de .
Cite 1
Cite Corollaire 1
Cela résulte aussitôt du cor. 1.
Proposition 9
Soit . Pour que soit nilpotent dans l’anneau , il faut et il suffit que tous ses coefficients soient nilpotents dans l’anneau .
Cite 2
Comme dans la démonstration de la prop. 8, on se ramène au cas des polynômes en une variable . Si tous les coefficients de sont nilpotents, est nilpotent (I, p. 95, cor. 3). Supposons nilpotent non nul, et soit son degré. Nous raisonnons par récurrence sur . Soit le coefficient dominant de . Il existe un entier tel que . Le coefficient dominant de est , donc . Alors est nilpotent (I, loc. cit.), et l’hypothèse de récurrence prouve que tous les coefficients de sont nilpotents. Ainsi, tous les coefficients de sont nilpotents.
Remarque
Soient et des éléments de . On suppose que est intègre, que est multiple non nul de , et que est homogène. Alors est homogène. En effet, soit tel que ; on a ; soient
les décompositions de et en composantes homogènes, avec . Alors et est homogène non nul de degré , est homogène non nul de degré (prop. 8). Comme est homogène, on a , d’où .
Cite 1
Cite Proposition 8
6. Division euclidienne des polynômes à une indéterminée
Proposition 10
Soient et des éléments non nuls de de degrés respectifs et . Soient le coefficient dominant de , et . Il existe tels que
Cité par 1
Cité par Corollaire (« division euclidienne des polynômes »)
Si est simplifiable dans , et sont déterminés de manière unique par ces propriétés.
L’existence de et est évidente quand puisqu’on peut alors prendre et . Pour , démontrons-la par récurrence sur . Soit le coefficient dominant de . Si , on peut écrire , où et . D’après l’hypothèse de récurrence, il existe tels que et . Donc
et il suffit de poser .
Supposons que soit simplifiable dans , et prouvons l’unicité de et . Soient tels que
On a et , donc (IV, p. 8, prop. 7) et par suite .
Corollaire (« division euclidienne des polynômes »)
Soient un élément non nul de dont le coefficient dominant est inversible, et .
Cite 1
Cite Proposition 10
(i) Pour tout , il existe tels que
En outre, ces conditions déterminent et de manière unique.
(ii) Les sous--modules et de sont supplémentaires dans .
(iii) Supposons non constant et considérons comme un -module au moyen de l’homomorphisme de dans . Alors est un -module libre de base .
Les assertions (i) et (ii) sont des conséquences immédiates de la prop. 10.
Prouvons (iii). Soit l’homomorphisme de dans . Considérons d’abord comme l’anneau des polynômes en à coefficients dans ; le cor. 1 de IV, p. 5, montre que le noyau de est l’idéal de . Considérons maintenant comme l’anneau des polynômes en X à coefficients dans A[T] ; alors est une application A[T]-linéaire de A[T][X] dans A[X]. L’assertion (ii) ci-dessus (appliquée au polynôme en X à coefficients dans A[T]) montre que (1, X, ..., ) est une base d’un A[T]-sous-module de A[T, X] supplémentaire de a. Comme on a pour tout entier , on en déduit aussitôt (iii).
Avec les notations de (i), on dit que u est le quotient et v le reste de la division euclidienne de g par f ; pour que le reste soit nul, il faut et il suffit que f divise g.
7. Divisibilité des polynômes à une indéterminée¹
(i) Pour tout idéal non nul a de K[X], il existe un polynôme unitaire f dans K[X], et un seul, tel que a = (f).
(ii) Soient et dans K[X]. Pour que , il faut et il suffit qu’il existe un élément non nul de K tel que .
Prouvons (ii), la suffisance de la condition énoncée étant claire. Le cas où et engendrent l’idéal nul est trivial. Supposons donc que les polynômes non nuls et engendrent le même idéal de K[X]. Il existe donc des polynômes et tels que et ; on en déduit , d’où , et par suite . On a donc prouvé que est un élément non nul de K.
Prouvons (i). Soit dans a un polynôme unitaire f de degré le plus petit possible. Étant donné g dans a, soient u et v le quotient et le reste de la division euclidienne de g par f ; alors appartient à a et l’on a ; si v était non nul, il existerait un élément non nul de K tel que soit unitaire, et comme appartiendrait à a, ceci contredirait la définition de f. On a donc a = (f). L’unicité d’un polynôme unitaire f tel que a = (f) résulte de (ii).
Proposition 12
Soient K un corps commutatif et f, g deux éléments de K[X]. Pour tout polynôme d dans K[X], les propriétés suivantes sont équivalentes :
(i) Le polynôme d divise f et g, et tout polynôme qui divise à la fois f et g divise d.
(ii) Le polynôme d divise f et g, et il existe deux polynômes u et v tels que .
(iii) On a la relation entre idéaux de K[X].
Le polynôme d est déterminé par ces propriétés, à la multiplication près par un élément non nul de K. Si f et g ne sont pas tous deux nuls, on a et le degré de d majore le degré de tout polynôme divisant à la fois f et g.
Lorsque f et g sont nuls, chacune des propriétés (i) à (iii) est satisfaite dans le seul cas où , donc elles sont équivalentes. Nous supposerons désormais que f et g ne sont pas tous deux nuls, et nous noterons a l’idéal de K[X].
¹ Le lecteur notera l’analogie entre les résultats de ce numéro et du suivant et les propriétés de divisibilité dans l’anneau Z des entiers (I, p. 106). Ils dépendent essentiellement du fait que, dans les anneaux Z et K[X], tout idéal est principal, comme nous le verrons au chapitre VII, § 1.
Remarquons que, quels que soient les polynômes et dans , les propriétés et « divise » sont équivalentes. L’assertion (ii) équivaut donc à « et et », c’est-à-dire à (iii). Il est clair que (ii) entraîne (i). Supposons enfin (i) satisfaite ; on a et , d’où ; par ailleurs, d’après la prop. 11 (IV, p. 11), il existe un polynôme tel que ; comme le polynôme divise à la fois et , il divise par hypothèse, d’où ; finalement, on a , c’est-à-dire (iii).
Les autres assertions de la prop. 12 sont des conséquences immédiates de la prop. 11 appliquée à l’idéal .
Définition 1
Avec les notations de la prop. 12, on dit que est un plus grand commun diviseur (en abrégé ) de et . On dit que et sont étrangers, ou premiers entre eux, ou que est étranger à , ou premier à , lorsque 1 est un de et .
Cite 1
Cite Proposition 12
Dire que et sont étrangers signifie donc qu’il existe des polynômes et dans tels que .
Corollaire 1
Soient un de et , un corps commutatif contenant comme sous-corps. Alors est un de et considérés comme éléments de .
Cite 1
Cite Proposition 12
Cela résulte de la prop. 12, (iii).
Corollaire 2
Soit un de et . (i) Si , est un de et . (ii) Si est un diviseur non nul de et , est un de et .
Cela résulte de la prop. 12, (ii).
Corollaire 3
Soit un diviseur commun de et . Pour que soit un de et , il faut et il suffit que et soient étrangers.
Cite 1
Cite Corollaire 2
Cela résulte du cor. 2.
En effet, divise et ; donc divise tout de et , en particulier (cor. 2, (i)).
Corollaire 5
Soient . Pour que et soient étrangers, il faut et il suffit que l’image canonique de dans soit inversible.
En effet, cette condition signifie qu’il existe tels que .
\* Corollaire 7. — Pour que et soient étrangers, il faut et il suffit qu’ils n’aient de racines communes dans aucune extension de .
En effet, si est un de et , les racines communes à et dans une extension de sont les racines de dans . Le corollaire résulte donc de V, p. 21, prop. 4. \*
8. Polynômes irréductibles
Définition 2
Soit un corps commutatif. On dit que est irréductible si , et si n’est divisible par aucun polynôme tel que .
Cite 1
Cite I § 8. Anneaux
Il revient au même de dire que et que les seuls diviseurs de dans sont les scalaires et les produits de par les scalaires . Comme la relation signifie que divise , on voit que les polynômes irréductibles de peuvent encore être définis comme les polynômes tels que l’idéal soit maximal (I, p. 99).
Soient . Si est irréductible, il est clair que ou bien et sont étrangers ou bien divise . Si et sont irréductibles, ou bien et sont étrangers, ou bien chacun est le produit de l’autre par un scalaire . En particulier, deux polynômes unitaires irréductibles distincts sont étrangers.
Proposition 13
Soit l’ensemble des polynômes unitaires irréductibles de . Soient un élément non nul de , son coefficient dominant. Il existe une famille à support fini d’entiers positifs, et une seule, telle que l’on ait la décomposition
Il suffit de prouver la proposition lorsque est unitaire, c’est-à-dire lorsque . Nous raisonnons par récurrence sur le degré de , le cas étant trivial. Supposons donc et la proposition établie pour tous les polynômes de degré .
Soit l’ensemble des polynômes unitaires qui divisent ; on a , donc n’est pas vide, et il existe dans un polynôme de degré minimum. Il est clair que est irréductible et qu’il existe un polynôme unitaire de degré tel que ; d’après l’hypothèse de récurrence, est produit d’une famille finie de polynômes unitaires irréductibles, donc a la même propriété. Ceci prouve l’existence de la décomposition (18).
Prouvons maintenant l’unicité de la décomposition (18). Soit une famille à support fini d’entiers positifs, telle que . Comme est de degré , il existe dans tel que ; si l’on avait , alors serait produit d’une famille finie d’éléments de distincts de , donc serait étranger à (IV, p. 12, cor. 6) contrairement au fait que divise . Par l’hypothèse de récurrence, le polynôme admet une unique décomposition du type (18); on en déduit aussitôt l’égalité pour tout .
Soit un polynôme non nul dans . On dit que est sans facteur multiple si les exposants de la décomposition (18) sont tous ; il revient au même de dire que est le produit d’une suite finie de polynômes irréductibles deux à deux distincts, ou encore que n’est pas divisible par le carré d’un polynôme non constant de .
Exercices
See the exercises for § 1.