Bourbaki

Exercice 14, § 6

Algèbre, IV, p. 94

Soit LL un ensemble ordonné fini et soit AA un anneau commutatif. Dans l’anneau MM des matrices carrées sur AA, ayant LL comme ensemble d’indices, l’ensemble des matrices m=(muv)m = (m_{uv}) telles que muv=0m_{uv} = 0 sauf si u≤vu \leq v, est un sous-anneau BB. a) Un élément m=(muv)m = (m_{uv}) de BB est inversible dans BB si et seulement si muum_{uu} est inversible dans AA pour tout u∈Lu \in L. b) Supposons désormais que AA soit égal à Z\mathbf{Z}. Soit ζ\zeta l’élément de BB défini par ζ(u,v)=1\zeta(u, v) = 1 si u≤vu \leq v et ζ(u,v)=0\zeta(u, v) = 0 sinon. Montrer que ζ\zeta a un inverse μ\mu (noté aussi μL\mu_L) dans BB (appelé la fonction de Möbius de LL). Soient ff et gg deux applications de LL dans Z\mathbf{Z}. Montrer que les relations « f(x)=∑y≥xg(y)f(x) = \sum_{y \geq x} g(y) pour tout x∈Lx \in L » et « g(x)=∑y≥xμ(x,y)f(y)g(x) = \sum_{y \geq x} \mu(x, y) f(y) pour tout x∈Lx \in L » sont équivalentes. c) Supposons que LL soit le produit d’une famille finie d’ensembles ordonnés L1,…,LnL_1, \ldots, L_n.

Montrer qu’on a μL(x,y)=∏i=1nμLi(xi,yi)\mu_L(x, y) = \prod_{i=1}^n \mu_{L_i}(x_i, y_i) pour x=(x1,...,xn)x = (x_1, ..., x_n) et y=(y1,...,yn)y = (y_1, ..., y_n) tels que x≤yx \leq y.

d) Soit m≥1m \geq 1 un entier et soit DD l’ensemble des diviseurs de mm, muni de la relation d’ordre « xx divise yy ». Montrer que l’on a μD(x,y)=(−1)s\mu_D(x, y) = (-1)^s où ss est le cardinal de l’ensemble des nombres premiers pp divisant y/xy/x, lorsque y/xy/x n’est pas divisible par le carré d’un entier, et μD(x,y)=0\mu_D(x, y) = 0 sinon. (On pourra se ramener au cas où mm est une puissance d’un nombre premier, par application de c.)

e) Supposons que l’ensemble ordonné LL soit réticulé. Soient a,b,ca, b, c des éléments distincts de LL tels que a≤b≤ca \leq b \leq c. Soient Φ\Phi l’ensemble des x∈Lx \in L tels que a≤xa \leq x et sup⁡(x,b)=c\sup(x, b) = c et Ψ\Psi l’ensemble analogue défini par y≤cy \leq c et inf⁡(y,b)=a\inf(y, b) = a. Montrer que l’on a la relation ∑x∈Φμ(a,x)=∑y∈Ψμ(y,c)=0\sum_{x \in \Phi} \mu(a, x) = \sum_{y \in \Psi} \mu(y, c) = 0.

f) Soit TT un ensemble fini et soit R(T)\mathscr{R}(T) l’ensemble des relations d’équivalence dans TT, ordonné par la relation « RR est plus fine que SS », notée R≤SR \leq S. Montrer que R(T)\mathscr{R}(T) est réticulé. Soient RR et SS dans R\mathscr{R} tels que R≤SR \leq S; soient U1,...,UkU_1, ..., U_k les classes d’équivalence suivant SS, et pour 1≤i≤k1 \leq i \leq k, soit αi\alpha_i le nombre de classes d’équivalence suivant RR contenues dans UiU_i. Montrer que l’on a μR(T)(R,S)=∏i=1k(−1)αi−1(αi−1)!\mu_{\mathscr{R}(T)}(R, S) = \prod_{i=1}^k (-1)^{\alpha_i - 1} (\alpha_i - 1)! (si AiA_i est l’ensemble des classes d’équivalence suivant RR contenues dans UiU_i, remarquer que l’intervalle [R,S][R, S] de R(T)\mathscr{R}(T) est isomorphe à R(A1)×⋯×R(Ak)\mathscr{R}(A_1) \times \cdots \times \mathscr{R}(A_k), appliquer c) et se ramener au cas où RR est le plus petit élément de R(T)\mathscr{R}(T) et SS le plus grand ; traiter ce dernier cas au moyen de e)).

Solution

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.