Algèbre, IV, p. 92
Bourbaki marks this one as harder than the rest.
Soient K un corps commutatif et f∈K[X1,…,Xn,Y1,…,Yn]; pour toute permutation σ∈Sn, on désigne par σf la fraction rationnelle
σf(X1,…,Xn,Y1,…,Yn)=f(Xσ(1),…,Xσ(n),Yσ(1),…,Yσ(n)). On dit que
f est symétrique par rapport aux couples
(Xi,Yi) si
σf=f pour tout
σ∈Sn. a) Pour tout élément
ν=(λ1,…,λn,μ1,…,μn) de
N2n, et toute permutation
σ∈Sn, on pose
σ−1(ν)=(λσ(1),…,λσ(n),μσ(1),…,μσ(n)),
le groupe Sn étant ainsi considéré comme groupe d’opérateurs sur N2n. Soit γ une quelconque des orbites de Sn dans N2n; on désigne par uγ le polynôme symétrique
∑X1λ1X2λ2…XnλnY1μ1…Ynμn où
(λ1,…,λn,μ1,…,μn) parcourt l’ensemble
γ. Montrer que les polynômes
uγ forment une base sur
K de l’espace vectoriel des polynômes symétriques par rapport aux
(Xi,Yi). \* b) On suppose que
K est de caractéristique 0. Montrer que tout polynôme
uγ est égal à un polynôme à coefficients rationnels par rapport aux fonctions symétriques
vλμ=i=1∑nXiλiYiμi (raisonner par récurrence sur le nombre de couples
(λi,μi) qui ne sont pas égaux à
(0,0) dans
v=(λ1,…,λn,μ1,…,μn), en considérant les produits
uγvλμ). c) On appelle fonctions symétriques élémentaires des
(Xi,Yi) les
n(n+3)/2 polynômes
whk=uγ correspondant aux orbites
γ des éléments
(λ1,…,λn,μ1,…,μn) autres que
(0,…,0) et tels que
h des couples
(λi,μi) soient égaux à
(1,0),
k autres à
(0,1) et les
n−h−k derniers à
(0,0). Montrer que si
K est de caractéristique 0, tout polynôme symétrique par rapport aux
(Xi,Yi) est égal à un polynôme, à coefficients dans
K, par rapport aux fonctions symétriques élémentaires (considérer les sommes
∑i=1n(UXi+VYi)k, où U et V sont deux indéterminées, et utiliser b)). d) Si
K est un corps de caractéristique 3, et si
n⩾4, montrer que
∑i=1nXi2Yi2 n’est égal à aucun polynôme par rapport aux fonctions symétriques
whk, à coefficients dans
K).