Bourbaki

§ 8. Types de formes quadratiques

Dans ce paragraphe on suppose que A est un corps commutatif.

1. Types de formes quadratiques.

Étant donnée une forme quadratique Q (§3,n°4§ 3, n° 4) sur un espace vectoriel E sur A, nous dirons que E est l’espace de défini-

(*) Ces résultats (inédits) nous ont été communiqués par I. Kaplansky.

tion de Q et que dim(E) est la dimension de Q. Étant données deux formes quadratiques Q, Q' sur des espaces vectoriels E, E' sur A, nous noterons Q ⊕ Q' leur somme directe (§ 3, no 4). Rappelons que la somme directe de deux formes neutres est neutre (§ 4, no 2).

Introduisons la relation suivante :

« Q et Q' sont des formes quadratiques non dégénérées de dimensions finies sur A, et il existe des formes quadratiques neutres, N, N' telles que Q ⊕ N soit équivalente à Q' ⊕ N' ».

Cette relation, que nous noterons Q ~ Q', est manifestement réflexive et symétrique. Elle est également transitive : en effet, si Q, Q', Q'' sont des formes quadratiques telles que Q ~ Q' et Q' ~ Q'', il existe des formes quadratiques neutres M, M', N, N' telles que Q ⊕ M soit équivalente à Q' ⊕ M' et Q' ⊕ N à Q'' ⊕ N' ; alors Q ⊕ (M ⊕ N) est équivalente à (Q ⊕ M) ⊕ N, donc à (Q' ⊕ M') ⊕ N, et aussi à (Q' ⊕ N) ⊕ M', donc encore à (Q'' ⊕ N') ⊕ M' et à Q'' ⊕ (N' ⊕ M') ; comme M ⊕ N et N' ⊕ M' sont neutres, on a bien Q ~ Q''. La relation Q ~ Q' est donc une relation d’équivalence entre Q et Q'. Il est clair que, si Q et Q' sont deux formes quadratiques non dégénérées de dimensions finies et équivalentes, on a Q ~ Q'.

Pour toute forme quadratique Q sur A, non dégénérée et de dimension finie, nous poserons

(1)

θ(Q)=τx(X∼Q), \theta(Q) = \tau_x(X \sim Q),
et nous dirons que θ(Q)\theta(Q) est le type de Q. Si Q et Q' sont deux formes quadratiques sur A, non dégénérées et de dimensions finies, les relations Q ~ Q' et θ(Q)=θ(Q′)\theta(Q) = \theta(Q') sont équivalentes.

Proposition 1

Soient Q et Q' deux formes quadratiques sur A, non dégénérées et de dimensions finies. Pour que Q et Q' soient équivalentes, il faut et il suffit qu’elles aient même dimension et même type.

La condition est évidemment nécessaire. Supposons-la satisfaite. Il existe alors des formes neutres N, N' telles que Q ⊕ N et Q' ⊕ N' soient équivalentes. Comme ces deux formes ont même dimension, il en est de même de N et N', qui sont par suite équivalentes (§ 4, no 2, cor. 2 de la prop. 2). Donc Q et Q' sont équivalentes en vertu du th. de Witt (§ 4, no 3, cor. 1 du th. 1).

Proposition 2

La relation « il existe une forme quadratique Q sur A, non dégénérée et de dimension finie, telle que X = θ(Q) » est collectivisante en X (Ens., chap. II, § 1, n° 4).

Soient en effet V un espace vectoriel de dimension infinie sur A, S\mathfrak{S} l’ensemble des formes quadratique non dégénérées définies sur les sous-espaces de dimensions finies de V, et W\mathfrak{W} l’ensemble des θ(Q)\theta(Q) pour Q∈SQ \in \mathfrak{S}. Il est clair que toute forme quadratique Q′Q' non dégénérée et de dimension finie sur A est équivalente à au moins un élément de S\mathfrak{S}; d’où θ(Q′)∈W\theta(Q') \in \mathfrak{W}, ce qui démontre notre assertion.

2. Groupe des types de formes quadratiques.

Nous allons munir l’ensemble W\mathfrak{W} des types de formes quadratiques non dégénérées de dimensions finies sur A d’une structure de groupe commutatif. Nous définirons une addition dans W\mathfrak{W} par la formule

T+T′=θ(TτT′)(2) T + T' = \theta(T \tau T') \tag{2}

Cette addition est commutative puisque T′τTT' \tau T est équivalente à TτT′T \tau T'. Elle est associative car, si T,T′T, T' et T′′T'' sont des éléments de W\mathfrak{W}, on a

(T+T′)+T′′∼(T+T′)τT′′∼(TτT′)τT′′ (T + T') + T'' \sim (T + T') \tau T'' \sim (T \tau T') \tau T''
∼Tτ(T′τT′′)∼Tτ(T′+T′′)∼T+(T′+T′′), \sim T \tau (T' \tau T'') \sim T \tau (T' + T'') \sim T + (T' + T''),
d’où (T+T′)+T′′=T+(T′+T′′)(T + T') + T'' = T + (T' + T'') puisque deux éléments de W\mathfrak{W} qui ont le même type sont égaux. De plus l’addition que l’on vient de définir possède un élément neutre : il est clair en effet que toutes les formes neutres ont le même type T0T_0, à savoir celui de la forme nulle de dimension nulle ; on voit aussitôt que T0T_0 est l’élément neutre cherché. Enfin l’existence, pour tout T∈WT \in \mathfrak{W}, d’un élément opposé à T résulte aussitôt de la proposition suivante :

Proposition 3

Soit Q une forme quadratique non dégénérée et de dimension finie sur un espace vectoriel V sur A. Notons – Q la forme quadratique sur V définie par (−Q)(x)=−Q(x)(-Q)(x) = -Q(x) (x∈Vx \in V). Alors la forme Qτ(−Q)Q \tau (-Q) est neutre.

En effet la restriction de Qτ(−Q)Q \tau (-Q) à la diagonale D de V×VV \times V est nulle. L’indice de cette forme est donc ⩾12dim⁡(V×V)\geqslant \frac{1}{2} \dim (V \times V) (§ 4, no 2, déf. 2), et par conséquent est égal à 12dim⁡(V×V)\frac{1}{2} \dim (V \times V) (ibid., formule (4)). Il en résulte que Qτ(−Q)Q \tau (-Q) est neutre (ibid.).

Ceci permet de poser la définition suivante :

Définition 1

L’ensemble des types de formes quadratiques non dégénérées et de dimensions finies sur AA, muni de l’addition définie par (2), s’appelle le groupe des types de formes quadratiques, ou groupe de Witt, de AA.

Remarques. — 1) Toute forme quadratique QQ non dégénérée et de dimension finie dont le type est nul (c’est-à-dire telle que θ(Q)=T0\theta(Q) = T_0 avec les notations ci-dessus) est une forme neutre. Il existe en effet des formes neutres N,N′N, N' telles que QτNQ \tau N soit équivalente à N′N'. Ceci montre que QQ est de dimension paire, donc qu’il existe une forme neutre N1N_1 de même dimension que QQ. Comme QQ et N1N_1 ont même type, il résulte de la prop. 1 qu’elles sont équivalentes, donc que QQ est neutre.

2) Pour toute forme quadratique QQ de dimension finie sur AA, notons δ(Q)\delta(Q) la classe modulo 2 de la dimension de QQ. On a

δ(QτQ′)=δ(Q)+δ(Q′). \delta(Q \tau Q') = \delta(Q) + \delta(Q').
Comme toute forme neutre NN est de dimension paire, on a δ(N)=0\delta(N) = 0; la relation Q∼Q′Q \sim Q' entraîne donc δ(Q)=δ(Q′)\delta(Q) = \delta(Q'). Ainsi la restriction de δ\delta au groupe W\mathfrak{W} des types de formes quadratiques sur AA est un homomorphisme de W\mathfrak{W} dans le groupe Z/(2)\mathbf{Z}/(2). Cet homomorphisme est surjectif lorsque AA est de caractéristique ≠2\neq 2, mais ne l’est pas si AA est de caractéristique 2 car une forme quadratique de dimension impaire est alors dégénérée puisque sa forme bilinéaire associée est alternée (cf. § 5).

3) Soit aa un élément ≠0\neq 0 de AA. Si NN est une forme neutre, il en est de même de aNaN. Il en résulte que la relation Q∼Q′Q \sim Q' entraîne aQ∼aQ′aQ \sim aQ'. Pour tout élément TT du groupe W\mathfrak{W}, nous poserons

a.T=θ(aT). a.T = \theta(aT).
Nous obtenons ainsi une loi de composition externe entre le groupe A∗A^* des éléments non nuls de AA et le groupe W\mathfrak{W}. Les formules suivantes résultent immédiatement de la définition :
a.(T+T′)=a.T+a.T′,ab.T=a.(b.T) a.(T + T') = a.T + a.T', \quad ab.T = a.(b.T)
(a,b dans A∗,T,T′ dans W). (a, b \text{ dans } A^*, \quad T, T' \text{ dans } \mathfrak{W}).

Par contre, si a,ba, b et a+ba + b sont dans A∗A^*, on n’a pas en général (a+b).T=a.T+b.T(a + b).T = a.T + b.T (T∈WT \in \mathfrak{W}).

Proposition 4

Soit Q une forme quadratique non dégénérée sur un espace vectoriel E de dimension finie sur A. Supposons A de caractéristique ≠2\neq 2, et soit (x1,…,xn)(x_1, \ldots, x_n) une base orthogonale de V. Notons T1T_1 le type de la forme quadratique Q1Q_1 définie sur l’espace vectoriel A et telle que Q1(1)=1Q_1(1) = 1. Le type de Q est alors ∑i=1nQ(xi)⋅T1\sum_{i=1}^n Q(x_i) \cdot T_1.

En effet la forme Q est équivalente à

(Q(x1)Q1)τ…τ(Q(xn)Q1)(Q(x_1)Q_1) \tau \ldots \tau (Q(x_n)Q_1)

Corollaire

Les hypothèses et notations étant celles de la prop. 3, les éléments a.T1a.T_1 (a∈A∗a \in A^*) forment un ensemble de générateurs du groupe des types de formes quadratiques sur A.

Chercher la structure du groupe des types de formes quadratiques sur A revient donc à chercher les relations Z\mathbf{Z}-linéaires qui existent entre les éléments de la forme a.T1a.T_1. Si b∈A∗b \in A^*, la forme Q1Q_1 définie dans la prop. 4 est manifestement équivalente à b2Q1b^2Q_1; on a donc a.T1=ab2.T1a.T_1 = ab^2.T_1, ce qui montre que a.T1a.T_1 ne dépend que de la classe de aa modulo le sous-groupe (A∗)2(A^*)^2 des carrés d’éléments de A∗A^*. Par ailleurs il résulte de la prop. 3 que l’on a (−a).T1=−a.T1(-a).T_1 = -a.T_1. Cependant il existe en général d’autres relations Z\mathbf{Z}-linéaires entre les a.T1a.T_1 que celles qui se déduisent des relations que nous venons d’indiquer.

Proposition 5

On suppose que A est un corps ordonné maximal. Soient Q une forme quadratique non dégénérée de dimension finie sur A, et (s,t)(s, t) sa signature (§7§ 7, no 2, déf. 2). Alors le type de Q est (s−t).T1(s - t).T_1, et le groupe W\mathfrak{W} des types de formes quadratiques sur A est un groupe monogène infini engendré par T1T_1.

En effet, comme A∗/(A∗)2A^*/(A^*)^2 est d’ordre 2 et que (−1).T1=−T1(-1).T_1 = -T_1, W\mathfrak{W} est engendré par T1T_1 et est par suite monogène. Pour tout n>0n > 0, n.T1n.T_1 est le type des formes quadratiques non dégénérées positives de dimension nn; comme ces formes ne sont pas neutres, on a n.T1≠0n.T_1 \neq 0, ce qui montre que W\mathfrak{W} est infini. Enfin une forme de signature (s,t)(s, t) est isomorphe, avec les notations de la prop. 4, à la somme directe de ss formes Q1Q_1 et de tt formes −Q1- Q_1 (§ 7, n° 2, th. 1); il en résulte que son type est (s−t).T1(s - t). T_1.

3. Anneau des types de formes quadratiques.

Nous supposerons, dans ce n°, que AA est un corps de caractéristique ≠2\neq 2.

Étant données deux formes quadratiques Q,Q′Q, Q' sur des espaces vectoriels V,V′V, V' sur AA, nous appellerons produit tensoriel de QQ et Q′Q', et nous noterons Q⊗Q′Q \otimes Q' la forme quadratique sur V⊗V′V \otimes V' dont la forme bilinéaire associée est le produit tensoriel (§ 1, n° 9, déf. 11) des formes bilinéaires associées à QQ et Q′Q'. On voit aisément que Q⊗Q′Q \otimes Q' vérifie la relation

(5)(5)
(Q⊗Q′)(x⊗x′)=Q(x)Q′(x′)(x∈V,x′∈V′).(Q \otimes Q')(x \otimes x') = Q(x)Q'(x') \quad (x \in V, x' \in V').

Si QQ et Q′Q' sont non dégénérées et de dimensions finies, il en est de même de Q⊗Q′Q \otimes Q' (§ 1, n° 9, prop. 9).

Soient Q,Q′,Q′′Q, Q', Q'' des formes quadratiques sur les espaces vectoriels V,V′,V′′V, V', V''. En faisant usage de l’isomorphisme canonique de V⊗V′V \otimes V' sur V′⊗VV' \otimes V (resp. de (V⊗V′)⊗V′′(V \otimes V') \otimes V'' sur V⊗(V′⊗V′′)V \otimes (V' \otimes V'')), de (V×V′)⊗V′′(V \times V') \otimes V'' sur (V⊗V′′)×(V′⊗V′′)(V \otimes V'') \times (V' \otimes V'')), on voit aussitôt que Q⊗Q′Q \otimes Q' est équivalente à Q′⊗QQ' \otimes Q (resp. (Q⊗Q′)⊗Q′′(Q \otimes Q') \otimes Q'' à Q⊗(Q′⊗Q′′)Q \otimes (Q' \otimes Q''), (QτQ′)⊗Q′′(Q \tau Q') \otimes Q'' à (Q⊗Q′′)τ(Q′⊗Q′′)(Q \otimes Q'') \tau (Q' \otimes Q'')).

Soient QQ et Q′Q' deux formes quadratiques non dégénérées de dimensions finies. Si QQ est neutre, il en est de même de Q⊗Q′Q \otimes Q'. Soient en effet V,V′V, V' les espaces de définition de Q,Q′Q, Q', 2n2n et n′n' leurs dimensions, et WW un sous-espace totalement singulier de dimension nn de VV (§ 4, n° 2); alors, W⊗V′W \otimes V' est un sous-espace totalement singulier, et sa dimension est la moitié de celle de V⊗V′V \otimes V'; on en déduit, comme dans la prop. 3, que Q⊗Q′Q \otimes Q' est neutre. De même Q⊗Q′Q \otimes Q' est neutre toutes les fois que Q′Q' est neutre.

On déduit de là que, si Q,Q′,Q1,Q1′Q, Q', Q_1, Q'_1 sont des formes quadratiques non dégénérées et de dimensions finies sur AA, et si l’on suppose que l’on a θ(Q1)=θ(Q)\theta(Q_1) = \theta(Q) et θ(Q1′)=θ(Q′)\theta(Q'_1) = \theta(Q'), alors on a θ(Q1⊗Q1′)=θ(Q⊗Q′)\theta(Q_1 \otimes Q'_1) = \theta(Q \otimes Q'). Il suffit en effet de vérifier ceci dans le cas où Q1=QτNQ_1 = Q \tau N et Q1′=Q′τN′Q'_1 = Q' \tau N', NN et N′N' étant des formes neutres ; dans ce cas Q1⊗Q1′Q_1 \otimes Q'_1 est équivalente à

(Q⊗Q′)τ(Q⊗N′τQ′⊗NτN⊗N′) (Q \otimes Q') \tau (Q \otimes N' \tau Q' \otimes N \tau N \otimes N')

et la seconde parenthèse désigne une forme neutre ; ceci démontre notre assertion.

Soit maintenant B\mathfrak{B} le groupe des types de formes quadratiques sur AA. Définissons, sur l’ensemble B\mathfrak{B}, une seconde loi de composition, notée multiplicativement, par la formule

(6)

TT′=θ(T⊗T′)(T,T′ dans B). TT' = \theta(T \otimes T') \qquad (T, T' \text{ dans } \mathfrak{B}).

Il résulte aussitôt de ce que nous venons de voir que cette loi de composition est commutative, associative et distributive par rapport à l’addition. Elle admet un élément unité, à savoir le type T1T_1 de la forme quadratique Q1Q_1 définie sur l’espace vectoriel AA et telle que Q1(1)=1Q_1(1) = 1 : on a en effet, d’après (5), Q1⊗Q=QQ_1 \otimes Q = Q pour toute forme quadratique QQ. Le groupe additif B\mathfrak{B}, muni de la multiplication que nous venons de définir, est donc un anneau commutatif à élément unité ; on l’appelle anneau des types de formes quadratiques de AA (ou anneau de Witt de AA, lorsqu’aucune confusion n’est à craindre).

Remarque 1

Il est clair que, si aa est un élément de A∗A^*, on a

(7)

a.(TT′)=(a.T)T′=T(a.T′) a . (TT') = (a . T)T' = T(a . T')

quels que soient les éléments T,T′T, T' de B\mathfrak{B}. On remarquera d’ailleurs que l’on a a.T=TaTa . T = T_a T, en notant TaT_a le type de la forme quadratique aQ1aQ_1 sur AA.

Remarque 2

Puisque AA est de caractéristique ≠2\neq 2, tout élément TT de B\mathfrak{B} se met sous la forme ∑i=1nai.T1\sum_{i=1}^n a_i . T_1 où ai∈A∗a_i \in A^* (no 2, prop. 4). On a

(8)

(∑i=1nai.T1)(∑j=1qbj.T1)=∑i,jaibj.T1(ai,bj dans A∗). (\sum_{i=1}^n a_i . T_1)(\sum_{j=1}^q b_j . T_1) = \sum_{i,j} a_i b_j . T_1 \qquad (a_i, b_j \text{ dans } A^*).

Remarque 3

Supposons que AA soit un corps ordonné maximal. Alors l’anneau B\mathfrak{B} est isomorphe à Z\mathbf{Z} (prop. 5), l’entier correspondant au type d’une forme de signature (s, t)(s,\ t) étant s−ts - t (ibid.). Comme le produit tensoriel de deux formes QQ, Q′Q' de signatures (s, t)(s,\ t), (s′, t′)(s',\ t') est une forme de dimension (s+t) (s′+t′)(s + t)\,(s' + t'), il en résulte, au moyen d’un calcul élémentaire, que la signature de Q⊗Q′Q \otimes Q' est (ss′+tt′, st′+ts′)(ss' + tt',\ st' + ts').

Transcribed from the printed volume. Not translated.