Soit A un anneau commutatif. Pour tout polynôme f∈A[X], on pose dans l’anneau A[X,Y] des polynômes à deux indéterminées sur A,
f(X+Y)=m=0∑∞Δmf(X)Ym, Δm étant donc une application A-linéaire de
A[X] dans lui-même. a) Si Z est une indéterminée, et
τZ l’application A-linéaire de
A[X] dans
A[X,Z] telle que
τZf=f(X+Z), montrer que l’on a
τZ∘Δm=Δm∘τZ (où au second membre
Δm est l’application définie ci-dessus dans l’anneau
B[X], où
B=A[Z]). En déduire que, dans
A[X], on a
ΔmΔn=ΔnΔm=(mm+n)Δm+n pour
m,n entiers
≥0 (cf., IV, p. 7).
b) On suppose que A est un anneau de caractéristique p>0, et pour tout entier k⩾0, on pose Dk=Δpk. Montrer que, si f∈A[X] et g∈A[Xpk], on a Dk(fg)=g.Dkf+f.Dkg.
Tout polynôme f∈A[X] s’écrit d’une seule manière f(X)=∑m=0∞Xmpkgm(X), où deg(gm)<pk; montrer que l’on a
Dkf(X)=m=0∑∞mX(m−1)pkgm(X)
et en déduire que Dkp=0.
c) Pour tout entier m>0, soit m=α0+α1p+⋯+αkpk le développement de base p de m (E, III, p. 40), où l’on a donc 0≤αj<p pour 0≤j≤k; on suppose αk=0. Montrer que l’on a
Δm=(α0!1D0α0)(α1!1D1α1)⋯(αk!1Dkαk).
(Si Δm′ est le second membre de cette relation, remarquer que si l’on introduit le développement f(X+Y)=∑q=0∞fq(Y)Xq, on a Δm′f(X+Y)=∑q=0∞fq(Y)Δm′(Xq) et en déduire que l’on peut écrire Δm′f(X+Y)=fm(X)+Yg(X,Y), où g est un polynôme.)