Algèbre, V, p. 150
Soient K un corps et F le corps de fractions rationnelles K(T). Le groupe GL2(K) opère sur F par la loi (γf)(T)=f(cT+daT+b) pour γ=(abcd)∈GL2(K) et f∈F. Le centre K∗.I de GL2(K) opère trivialement, d’où, par passage au quotient, un homomorphisme de PGL2(K)=GL2(K)/K∗.I dans le groupe des automorphismes de l’extension F de K. Cet homomorphisme est bijectif (V, p. 142, exerc. 11). a) Soit H un sous-groupe de PGL2(K) d’ordre fini h, et soit E le corps des invariants de H, de sorte que F=E(T) est une extension galoisienne de E de groupe de Galois H (V, p. 64, th. 3). Soit
H(X)=s∈H∏(X−s(T))=i=0∑h(−1)iSi(T)Xh−i le polynôme minimal de
T sur
E. Pour tout
i tel que
0≤i≤h, ou bien
Si(T)∈K, ou bien
E=K(Si(T)). (Utiliser l’exerc. 11, a) de V, p. 149.) b) Pour tout
s∈H, soit
(asbscsds) un représentant dans
GL2(K), et soit
H0 le sous-groupe de
H formé des
s tels que
cs=0 ; soit
h0=Card H0 et posons
RH(T)=Sh0(T). Montrer que
E=K(RH(T)) et que l’on a
RH(T)=P(T)/Q(T)h0 où
P est un polynôme de degré
h et
Q(T)=∏s(csT+ds) où
s parcourt un système de représentants des classes
H0s différentes de
H0 ; le degré de
Q est donc
(h/h0)−1. c) Supposons que
K∗ contienne un sous-groupe
μn d’ordre fini
n. Soit
Cn l’image dans
PGL2(K) du sous-groupe de
GL2(K) formé des matrices
(a001),a∈μn. Alors
Cn(X)=Xn−Tn et
RCn(T)=(−1)n+1Tn. d) Soit
w l’élément de
PGL2(K) représenté par
(0110). Alors
w2=1 et
wsw−1=s−1 si
s est représenté par une matrice diagonale. Le sous-groupe
Dn de
PGL2(K) engendré par
Cn et
w est donc d’ordre
2n. On a
Dn(X)=(Xn−Tn)(Xn−(T1)n)=X2n+(−1)nRDn(T)Xn+1 où
RDn(T)=−((−T)n+(−T)−n). e) Soit
S le groupe d’ordre 3 dans
PGL2(K) engendré par l’image
s de la matrice
(01−11). On a
S(X)=(X−T)(X−1−T1)(X−TT−1) et
RS(T)=T2−TT3−3T+1.
f) Supposons que K soit un corps fini à q éléments. Soit U l’image dans PGL_2(K) du groupe formé des matrices (1b01), b∈K. Alors
U(X)=(X−T)q−(X−T)=Xq−X−(Tq−T) et RU(T)=Tq−T. Soit B le groupe engendré par C_{q-1} et U ; il est d’ordre
q(q−1). On a
B(X)=(Xq−X)q−1−(Tq−T)q−1 et RH(T)=(Tq−T)q−1.