Bourbaki

Exercice 32, § 2

Algèbre, VI, p. 42

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soit AA un corps algébriquement clos de caractéristique 0. a) Les seuls éléments d’ordre fini dans le groupe Aut(A)\mathrm{Aut}(A) des automorphismes de AA sont l’élément neutre et les éléments d’ordre 2 (involutions de AA); ces derniers correspondent bijectivement aux sous-corps ordonnables maximaux EE de AA tels que [A:E]=2[A : E] = 2, ou encore A=E(i)A = E(i) (cf. exerc. 31). Si σ\sigma est une involution de AA et EE le sous-corps des invariants de σ\sigma, le groupe Aut(E)\mathrm{Aut}(E) des automorphismes de EE est isomorphe au quotient Z(σ)/{e,σ}Z(\sigma)/\{e, \sigma\}, où Z(σ)Z(\sigma) est le centralisateur de σ\sigma dans Aut(A)\mathrm{Aut}(A). b) Si AA est algébrique sur son corps premier Q\mathbf{Q}, deux involutions quelconques de AA sont conjuguées dans Aut(A)\mathrm{Aut}(A) et le centralisateur d’une involution σ\sigma est réduit à {e,σ}\{e, \sigma\}; Aut(A)\mathrm{Aut}(A) et l’ensemble des involutions de AA ont la puissance du continu, et le centre de Aut(A)\mathrm{Aut}(A) est réduit à ee. c) Si AA a un degré de transcendance fini sur Q\mathbf{Q}, montrer que pour toute involution σ\sigma de AA, Z(σ)Z(\sigma) est dénombrable (observer que si EE est le sous-corps des invariants de σ\sigma, EE est dénombrable, et tout automorphisme de EE qui laisse invariants les éléments d’une base de transcendance de EE sur Q\mathbf{Q} est l’identité). Si deg⁡.trQA=n\deg.\mathrm{tr}_{\mathbf{Q}}A = n, montrer qu’il existe au moins n+1n + 1 classes de conjugaison d’involutions de AA (si E⊂AE \subset A est ordonnable maximal et tel que [A:E]=2[A : E] = 2, considérer le degré de transcendance sur Q\mathbf{Q} du sous-corps de EE formé des éléments invariants par Aut(E)\mathrm{Aut}(E), et utiliser l’exerc. 24). d) Si AA a un degré de transcendance infini mm sur Q\mathbf{Q}, montrer qu’il existe des involutions σ\sigma de AA telles que Card(Z(σ))=Card(Aut(A))=2m\mathrm{Card}(Z(\sigma)) = \mathrm{Card}(\mathrm{Aut}(A)) = 2^m (en utilisant l’exerc. 24, montrer qu’il existe des corps ordonnables maximaux EE tels que deg⁡.trQE=m\deg.\mathrm{tr}_{\mathbf{Q}}E = m, tels que si BB est une base de transcendance de EE sur Q\mathbf{Q}, pour toute partie MM de BB, il y a un automorphisme uMu_M de EE tel que uM(x)≠xu_M(x) \neq x pour x∈Mx \in M et uM(x)=xu_M(x) = x pour x∈B−Mx \in B - M. e) Si deg⁡.trQA=1\deg.\mathrm{tr}_{\mathbf{Q}}A = 1, montrer qu’il n’existe qu’une seule classe de conjugaison d’involutions de AA formée d’involutions σ\sigma telles que Z(σ)Z(\sigma) soit infini. (Si EE est une extension ordonnable maximale de Q\mathbf{Q} de degré de transcendance 1 telle que Aut(E)\mathrm{Aut}(E) ne soit pas réduit à l’élément neutre, montrer que EE ne peut être comparable à Q\mathbf{Q} en utilisant l’exerc. 24; si t∈Et \in E est infiniment grand par rapport à Q\mathbf{Q}, montrer que pour tout automorphisme uu de EE, u(t)u(t) est infiniment grand par rapport à Q\mathbf{Q} et que réciproquement, pour tout t′∈Et' \in E infiniment grand par rapport à Q\mathbf{Q}, il existe un automorphisme uu de EE tel que u(t)=t′u(t) = t', en utilisant l’exerc. 15 de VI, p. 38.) f) Soit uu un automorphisme de AA qui commute à toutes les involutions de AA. Montrer que si a∈Aa \in A est transcendant sur Q\mathbf{Q}, aa et u(a)u(a) sont algébriquement dépendants sur Q\mathbf{Q}. (Raisonner par l’absurde en considérant deux éléments b,cb, c de AA tels que b2=a, c2=−u(a)b^2 = a,\ c^2 = -u(a), et en observant qu’il existe une extension ordonnable maximale E⊂AE \subset A telle que [A:E]=2[A : E] = 2 et que b,cb, c soient dans EE; en remarquant que l’on doit avoir u(E)=Eu(E) = E, obtenir une contradiction.) g) Déduire de f) que pour tout élément a∈Aa \in A transcendant sur Q\mathbf{Q}, on a nécessairement u(a)=au(a) = a (considérer une extension ordonnée maximale EE de Q(a)\mathbf{Q}(a) contenue dans AA, algébrique

EXERCICES

sur Q(a)\mathbf{Q}(a) et comparable à Q\mathbf{Q}, en utilisant l’exerc. 24). Conclure que uu est nécessairement l’identité (observer que si aa est algébrique sur Q\mathbf{Q} et bb transcendant sur Q\mathbf{Q}, abab est transcendant sur Q\mathbf{Q}).

Solution

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.