Bourbaki

Exercice 14, § 2

Algèbre, VII, p. 57

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soit MM un module π\pi-primaire réduit. Avec les notations de l’exerc. 13, pour tout ordinal α<τ\alpha < \tau, (M(π)∩M(α))/(M(π)∩M(α+1))(M(\pi) \cap M^{(\alpha)})/(M(\pi) \cap M^{(\alpha+1)}) peut être considéré comme espace vectoriel sur le corps Fπ=A/AπF_\pi = \mathbf{A}/\mathbf{A}\pi; on désigne par c(α)c(\alpha) la dimension de cet espace vectoriel et l’on dit que c(α)c(\alpha) est la multiplicité de l’ordinal α\alpha dans le module MM (cf.cf. VII, p. 24). a) Montrer que, si MM et NN sont deux modules π\pi-primaires dont chacun est somme directe de sous-modules monogènes (ce qui entraîne que τ≤ω\tau \leq \omega, plus petit ordinal infini), pour que MM et NN soient isomorphes, il faut et il suffit que MM et NN aient même ordinal ultime τ\tau et que la multiplicité de tout entier n<τn < \tau soit la même dans MM et dans NN. b) Donner un exemple de deux modules π\pi-primaires non isomorphes, sans élément de hauteur infinie, et pour lesquels tout entier nn a la même multiplicité dans chacun des deux π\pi-modules (cf.cf. exerc. 10, f)). c) Soient MM et NN deux modules réduits π\pi-primaires, admettant chacun un système infini dénombrable de générateurs. Montrer que, si MM et NN ont même ordinal ultime τ\tau, et si, pour tout ordinal α<τ\alpha < \tau, la multiplicité de α\alpha dans MM et dans NN est la même, MM et NN sont isomorphes (« théorème d’Ulm-Zippin »). (Étant donnés deux sous-modules S⊂MS \subset M, T⊂NT \subset N, on dit qu’un isomorphisme hh de SS sur TT est indiciel si, pour tout x∈Sx \in S, la hauteur de xx dans MM est égale à la hauteur de h(x)h(x) dans NN. On définira un isomorphisme indiciel de MM sur NN en procédant par récurrence et en alternant les rôles joués par MM et NN, de façon à se ramener au problème suivant : étant donnés deux sous-modules S⊂MS \subset M, T⊂NT \subset N, de type fini, un isomorphisme indiciel hh de SS sur TT, et un élément x∈M∩CSx \in M \cap \mathscr{C} S, prolonger hh en un isomorphisme indiciel de S+AxS + Ax sur un sous-module de NN contenant TT. Montrer qu’on peut se ramener au cas où πx∈S\pi x \in S; en utilisant l’exerc. 5, prendre dans (S+Ax)∩CS(S + Ax) \cap \mathscr{C} S un élément w1w_1 dont la hauteur α\alpha dans MM est la plus grande possible, puis prendre dans S∩M(α)S \cap M^{(\alpha)} un élément w2w_2 tel que la hauteur de π(w1+w2)\pi(w_1 + w_2) dans MM soit la plus grande possible; montrer que w=w1+w2w = w_1 + w_2 est propre par rapport à SS (exerc. 13, b)). Soit z=h(πw)∈Tz = h(\pi w) \in T; montrer que, s’il existe un élément t∈Nt \in N, de hauteur α\alpha dans NN, propre par rapport à TT et tel que πt=z\pi t = z, alors on obtient un prolongement hˉ\bar{h} de hh répondant à la question en posant hˉ(w)=t\bar{h}(w) = t. Reste à montrer l’existence de l’élément tt. Si

γ(z)=γ(πw)=α+1<τ, \gamma(z) = \gamma(\pi w) = \alpha + 1 < \tau ,

on montrera qu’il existe dans N(α)∩CTN^{(\alpha)} \cap \mathscr{C} T des éléments uu tels que z=πuz = \pi u, et qu’on peut prendre pour tt n’importe lequel de ces éléments. Si au contraire γ(z)=γ(πw)>α+1\gamma(z) = \gamma(\pi w) > \alpha + 1 ou bien si γ(z)=γ(πw)=α+1=τ\gamma(z) = \gamma(\pi w) = \alpha + 1 = \tau, utiliser l’exerc. 13, d) pour démontrer l’existence de l’élément tt, en remarquant (avec les notations de l’exerc. 13) que l’image par ψ\psi de S∩M~(α)S \cap \tilde{M}^{(\alpha)} dans (M(π)∩M(α))/(M(π)∩M(α+1))(M(\pi) \cap M^{(\alpha)})/(M(\pi) \cap M^{(\alpha+1)}) est de dimension finie par rapport au corps FπF_\pi d) Déduire de c) une nouvelle démonstration de l’exerc. 12, d) (on utilisera aussi le th. 1 de VII, p. 14). \*

Solution

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.