Bourbaki

Exercice 2, § 1

Tag 03JW, permanent. Cite it as [Bourbaki, Tag 03JW].

Théorie des ensembles, III

a) Soient E un ensemble préordonné, S{x,y}\{x, y\} une relation d’équivalence dans E. On note R{X,Y}\{X, Y\} la relation

« X∈E/SX \in E/S et Y∈E/SY \in E/S et pour tout x∈Xx \in X, il existe y∈Yy \in Y tel que x≤yx \leq y ».

Montrer que R est une relation de préordre dans E/S, dite quotient de x≤yx \leq y par S ; E/S, muni de cette relation de préordre, est appelé (par abus de langage ; cf. IV, p. 21) l’ensemble préordonné quotient de E par S.

b) Soit φ\varphi l’application canonique de E sur E/S. Montrer que toute application g de l’ensemble préordonné quotient E/S dans un ensemble préordonné F telle que g∘φg \circ \varphi soit croissante, est une application croissante de E/S dans F. Pour que φ\varphi soit croissante, il faut et il suffit que S satisfasse à la condition suivante: (C) Les relations x≤yx \leq y et x≡x′x \equiv x' (mod. S) dans E entraînent qu’il existe y′∈Ey' \in E tel que y≡y′y \equiv y' (mod. S) et x′≤y′x' \leq y'.

Lorsqu’il en est ainsi, on dit que la relation d’équivalence S est faiblement compatible (en x et y) avec la relation de préordre x≤yx \leq y. Toute relation d’équivalence S compatible (en x) avec la relation de préordre x≤yx \leq y (II, p. 42) est a fortiori faiblement compatible (en x et y) avec cette relation.

c) Soient E1,E2E_1, E_2 deux ensembles préordonnés. Montrer que si S1S_1 est la relation d’équivalence pr1z=pr1z′pr_1 z = pr_1 z' dans E1×E2E_1 \times E_2, S1S_1 est faiblement compatible en z et t avec la relation de préordre produit z≤tz \leq t sur E1×E2E_1 \times E_2 (mais en général elle n’est pas compatible avec cette relation ni en z ni en t) ; en outre, si φ1\varphi_1 est l’application canonique de E1×E2E_1 \times E_2 sur (E1×E2)/S1(E_1 \times E_2)/S_1, et si pr1=f1∘φ1pr_1 = f_1 \circ \varphi_1 est la décomposition canonique de pr_1 pour la relation d’équivalence S1S_1, montrer que f1f_1 est un isomorphisme de (E1×E2)/S1(E_1 \times E_2)/S_1 sur E1E_1.

d) Sous les hypothèses de a), on suppose que E soit un ensemble ordonné, et que la condition suivante soit vérifiée: (C') Les relations x≤y≤zx \leq y \leq z et x≡zx \equiv z (mod. S) dans E impliquent x≡yx \equiv y (mod. S). Montrer alors que R{X,Y}\{X, Y\} est une relation d’ordre entre X et Y dans E/S.

e) Donner un exemple d’un ensemble totalement ordonné E ayant 4 éléments et d’une relation d’équivalence S dans E telle que ni la condition (C) ni la condition (C’) ne soient vérifiées, bien que E/S soit un ensemble ordonné.

f) Soient E un ensemble ordonné, f une application croissante de E dans un ensemble ordonné F, et S{x,y}\{x, y\} la relation d’équivalence f(x)=f(y)f(x) = f(y) dans E. La condition (C’) est alors vérifiée. Pour que la condition (C) le soit, il faut et il suffit que les relations x≤yx \leq y et f(x)=f(x′)f(x) = f(x') entraînent qu’il existe y′∈Ey' \in E tel que x′≤y′x' \leq y' et f(y)=f(y′)f(y) = f(y'). Soit f=g∘φf = g \circ \varphi la décomposition canonique de f ; pour que g soit un isomorphisme de E/S sur f(E)f(E), il faut et il suffit que la condition précédente soit vérifiée et en outre que la relation f(x)≤f(y)f(x) \leq f(y) entraîne qu’il existe x′,y′x', y' tels que f(x)=f(x′),f(y)=f(y′)f(x) = f(x'), f(y) = f(y') et x′≤y′x' \leq y'.

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Transcribed from the printed volume. Not translated.