Théorie des ensembles, III, p. 78
Étant donné un ordinal α0, on dit qu'un terme f(ξ) est un symbole fonctionnel ordinal (par rapport à ξ) défini pour ξ≥α0 si la relation « ξ est un ordinal et ξ≥α0 » entraîne la relation « f(ξ) est un ordinal »; f(ξ) est dit normal si la relation α0≤ξ<η entraîne f(ξ)<f(η) et si, pour toute famille (ξt)t∈I d'ordinaux ≥α0, on a supt∈If(ξt)=f(supt∈Iξt) (cf. III, p. 77, exerc. 14 d)). a) Montrer que pour tout ordinal α>0, α+ξ et αξ sont des symboles fonctionnels normaux définis pour ξ≥0 (utiliser l'exerc. 15 f)). b) Soit w(ξ) un symbole fonctionnel ordinal défini pour ξ≥α0, tel que w(ξ)≥ξ et que α0≤ξ<η entraîne w(ξ)<w(η). Soit d'autre part g(ξ,η) un terme tel que la relation « ξ et η sont des ordinaux ≥α0 » entraîne la relation « g(ξ,η) est un ordinal tel que g(ξ,η)>ξ ». Définir un terme f(ξ,η) ayant les deux propriétés suivantes: 1° pour tout ordinal ξ≥α0, f(ξ,1)=w(ξ); 2° pour tout ordinal ξ≥α0 et tout ordinal η>1, f(ξ,η)=sup0<ζ<ηg(f(ξ,ζ),ξ) (utiliser le critère C60 (III, p. 18)). Montrer que si f1(ξ,η) est un autre terme ayant ces propriétés, on a f(ξ,η)=f1(ξ,η) pour ξ≥α0 et η≥1. Prouver que pour tout ordinal ξ≥α0, f(ξ,η) est un symbole fonctionnel normal par rapport à η (défini pour η≥1). Montrer que l'on a f(ξ,η)≥ξ pour η≥1 et ξ≥α0, et f(ξ,η)≥η pour ξ≥sup(α0,1) et η≥1. En outre, pour tout couple (α,β) d'ordinaux tels que α>0,α≥α0 et β≥w(α), il existe un ordinal ξ et un seul tel que f(α,ξ)≤β<f(α,ξ+1), et on a ξ≤β. c) Si on prend α0=0,w(ξ)=ξ+1,g(ξ,η)=ξ+1, on a f(ξ,η)=ξ+η. Si on prend α0=1,w(ξ)=ξ,g(ξ,η)=ξ+η, on a f(ξ,η)=ξη. d) Montrer que, si les relations α0≤ξ≤ξ′,α0≤η≤η′ entraînent g(ξ,η)≤g(ξ′,η′), les relations α0≤ξ≤ξ′,1≤η≤η′ entraînent f(ξ,η)≤f(ξ′,η′). Si les relations α0≤ξ≤ξ′ et α0≤η<η′ entraînent g(ξ,η)<g(ξ,η′) et g(ξ,η)≤g(ξ′,η), alors les relations α0≤ξ<ξ′ et η≥0 entraînent f(ξ,η+1)<f(ξ′,η+1).
e) On suppose que w(ξ)=ξ et que les relations α0≤ξ≤ξ′ et α0≤η<η′ entraînent g(ξ,η)<g(ξ,η′) et g(ξ,η)≤g(ξ′,η). On suppose en outre que, pour tout ξ≥α0, g(ξ,η) soit un symbole fonctionnel normal par rapport à η (défini pour η≥α0) et que, pour ξ≥α0,η≥α0,ζ≥α0, on ait la relation d’associativité g(g(ξ,η),ζ)=g(ξ,g(η,ζ)). Montrer alors que pour ξ≥α0,η≥1,ζ≥1, on a g(f(ξ,η),f(ξ,ζ))=f(ξ,η+ζ) (« distributivité » de g par rapport à f) et f(f(ξ,η),ζ)=f(ξ,ηζ) (« associativité » de f).