§ 2. Ensembles bien ordonnés
1. Segments d’un ensemble bien ordonné
On dit qu’une relation est une relation de bon ordre entre et si est une relation d’ordre entre et et si, pour tout ensemble non vide sur lequel induit une relation d’ordre (c’est-à-dire tel que entraîne ; cf. III, p. 2), , ordonné par cette relation, admet un plus petit élément.
On dit qu’un ensemble ordonné par un ordre est bien ordonné si la relation est une relation de bon ordre entre et ; on dit alors que est un bon ordre sur . Il revient au même de poser la définition suivante:
Définition 1 03JY
On dit qu’un ensemble est bien ordonné s’il est ordonné et si toute partie non vide de admet un plus petit élément.
Un ensemble bien ordonné est totalement ordonné, puisque toute partie de possède un plus petit élément. Toute partie de , majorée dans , admet une borne supérieure dans .
Exemple 1 03SX
Soit un ensemble dont les éléments sont distincts. On vérifie aussitôt que la partie de est le graphe d’un bon ordre sur .
Exemple 2 03SY
Toute partie d’un ensemble bien ordonné (en particulier la partie vide) est bien ordonnée par l’ordre induit.
Exemple 3 03SZ
L’existence d’ensembles totalement ordonnés et non bien ordonnés est équivalente à l’axiome de l’infini* (III, p. 34, cor. 1 et p. 80, exerc. 3).
Exemple 4 03T0
Si est un bon ordre sur , l’ordre opposé à n’est un bon ordre sur que si est fini* (III, p. 80, exerc. 3).
Exemple 5 03T1
Soit E un ensemble bien ordonné; l’ensemble obtenu en adjoignant à E un plus grand élément (III, p. 9) est bien ordonné, car pour toute partie H de non vide et non réduite à , le plus petit élément de est aussi le plus petit élément de H.
Remarque 03JZ
\* L’axiome de l’infini (III, p. 45) permet de montrer qu’il existe des ensembles bien ordonnés qui n’ont pas de plus grand élément, par exemple l’ensemble des entiers naturels.
Définition 2 03QN
Dans un ensemble ordonné E, on appelle segment de E toute partie S de E telle que les relations et entraînent .
Il est évident que toute intersection ou toute réunion de segments de E est un segment de E; si S est un segment de E, tout segment de S est aussi un segment de E. L’ensemble E lui-même et l’ensemble vide sont des segments de E.
Proposition 1 03QO
Dans un ensemble bien ordonné E, tout segment de E distinct de E est un intervalle , où .
En effet, soit S un segment de E distinct de E. Comme E — S n’est pas vide, il a un plus petit élément ; en vertu de la déf. 2, la relation entraîne , sinon l’on aurait , ce qui est absurde. Donc E — S est l’intervalle , et S l’intervalle .
Pour tout élément d’un ensemble totalement ordonné E, nous noterons le segment , et nous dirons que c’est le segment d’extrémité .
On notera que, si E est bien ordonné et n’est pas vide, il a un plus petit élément , et que par suite est aussi l’intervalle semi-ouvert .
Soit E un ensemble totalement ordonné. La réunion A des lorsque parcourt E est E si E n’a pas de plus grand élément; si E possède un plus grand élément , on a .
Proposition 2 03QP
L’ensemble des segments d’un ensemble bien ordonné E est bien ordonné par inclusion; l’application est un isomorphisme de l’ensemble bien ordonné E sur l’ensemble des segments de E distincts de E.
Il est clair que, si et , la relation entraîne et que entraîne ; l’application est donc un isomorphisme de E sur l’ensemble S(E) des segments de E distincts de E (III, p. 14, prop. 11), et par suite S(E) est bien ordonné. En outre, est isomorphe à l’ensemble bien ordonné déduit de S(E) par adjonction d’un plus grand élément.
Proposition 3 03QQ
Soit une famille d’ensembles bien ordonnés telle que, pour tout couple d’indices l’un des ensembles soit un segment de l’autre. Alors, sur l’ensemble , il existe un ordre et un seul qui induise sur chacun des l’ordre donné; muni de cet ordre, E est un ensemble bien ordonné. Tout segment de est un segment de E; pour tout , le segment d’extrémité dans est égal au segment d’extrémité dans E; tout segment de E est E ou un segment de l’un des .
La première assertion résulte du lemme général suivant:
Lemme 1 03QR
Soit une famille d’ensembles ordonnés, filtrante pour la relation (autrement dit, telle que pour tout couple d’indices il existe un indice tel que et ). On suppose que, pour tout couple d’indices tel que , l’ordre induit sur par celui de est identique à l’ordre donné sur . Dans ces conditions, sur l’ensemble , il existe un ordre et un seul qui induise sur chacun des l’ordre donné.
En effet, soit le graphe de l’ordre donné sur . Si est le graphe d’un ordre sur induisant sur chacun des l’ordre de graphe , on a nécessairement pour tout , donc contient la réunion . D’autre part, pour tout couple d’éléments de , il existe par hypothèse un indice tel que et ; si , on a nécessairement , d’où . Si l’ordre cherché existe sur , son graphe est donc nécessairement . Reste à montrer que cet ensemble répond à la question. Comme lorsque , on a pour tout ; d’autre part, il résulte de l’hypothèse que trois éléments quelconques de appartiennent à un même ; on en conclut aussitôt que est une relation d’ordre sur , qui répond à la question.
Ce lemme étant établi, montrons que, sous les hypothèses de la prop. 3, chaque est un segment de . En effet, si et , il existe un indice tel que et ; comme par hypothèse est un segment de , on a , d’où notre assertion. Le même raisonnement prouve que, pour tout , le segment d’extrémité dans est identique à l’intervalle dans . Prouvons ensuite que est bien ordonné: en effet, si est une partie non vide de , il y a un indice tel que ; si est le plus petit élément de dans , est aussi le plus petit élément de dans ; en effet, pour tout , il existe tel que et ; on ne peut avoir , puisque l’intervalle est contenu dans , et par suite on a , étant totalement ordonné.
Reste enfin à montrer qu’un segment de distinct de est un segment de l’un des ; cela résulte aussitôt de ce qui précède, puisqu’un tel segment est de la forme (III, p. 16, prop. 1) et que appartient à un .
2. Le principe de récurrence transfinie
Lemme 2 03K0
Soient un ensemble bien ordonné, un ensemble de segments de possédant les propriétés suivantes: 1° toute réunion de segments appartenant à appartient à ; 2° si , on a . Alors, tout segment de appartient à .
En effet, supposons qu’il y ait des segments de n’appartenant pas à , et soit le plus petit d’entre eux (III, p. 16, prop. 2). Si n’a pas de plus grand élément, S est réunion de segments de S distincts de S, et ces segments appartiennent à d’après la définition de S, donc , ce qui est absurde. Si au contraire S a un plus grand élément a, on a , et comme est un segment de S distinct de S, on a ; mais on a alors aussi , ce qui est absurde.
Pour plus de commodité, nous nous placerons dans une théorie où E est un ensemble bien ordonné par une relation notée . On a alors les critères suivants:
C59 (Principe de récurrence transfinie). Soit une relation de (x n’étant pas une constante de ), telle que la relation
soit un théorème de . Dans ces conditions, la relation est un théorème de .
En effet, soit l’ensemble des segments S de E tels que . Il est clair que toute réunion de segments appartenant à appartient à . D’autre part, si , on a d’après l’hypothèse du critère, donc d’après la méthode de disjonction des cas. Alors (lemme 2), , ce qui prouve le critère.
Dans les utilisations de C59, la relation
s’appelle généralement « l’hypothèse de récurrence ».
Pour toute application g d’un segment S de E dans un ensemble F, et pour tout , nous désignerons, dans ce qui suit, par l’application du segment de E sur qui coïncide avec g dans . Avec cette notation:
C60 (définition d’une application par récurrence transfinie). Soient u une lettre, T^{u} un terme de la théorie . Il existe un ensemble U et une application f de E sur U tels que, pour tout , on ait . En outre, l’ensemble U et l’application f sont déterminés de façon unique par ces conditions.
Prouvons d’abord la propriété d’unicité. Supposons que et satisfont aussi aux conditions du critère. Soit l’ensemble des segments S de E tels que et coïncident dans S. Il est clair que toute réunion de segments appartenant à appartient à . D’autre part, si , et coïncident dans , donc et par suite , ce qui montre que . Il en résulte que (lemme 2) et par suite et .
Désignons maintenant par l’ensemble des segments S de E pour lesquels il existe un ensemble et une application de S sur tels que, pour tout , on ait . Pour tout , et sont déterminés de façon unique en vertu de la première partie du raisonnement; en particulier, si et sont deux segments appartenant à et tels que , est l’application de sur qui coïncide avec dans . Il suit de cette remarque que toute réunion de segments appartenant à appartient à (II, p. 28, prop. 7). D’autre part, si , on définit sur une fonction prolongeant en posant (II, p. 29, prop. 8), et comme , il est immédiat que . Donc (lemme 2), on a , ce qui achève la démonstration.
Le plus souvent, on appliquera le critère précédent au cas où il existe un ensemble tel que, pour toute application h d’un segment de E sur une partie de F, on ait . Alors l’ensemble obtenu par application de C60 est une partie de F. En effet, avec les notations précédentes, soit la partie de formée des segments de tels que . On voit aussitôt que toute réunion de segments appartenant à appartient à ; d’autre part, l’hypothèse sur entraîne que, si , on a ; on conclut encore à l’aide du lemme 2.
3. Le théorème de Zermelo
Lemme 3 03K1
Soient E un ensemble, une partie de et p une application de dans E telle que pour tout . Il existe alors une partie M de E et un bon ordre sur M tels que* (en désignant par la relation dans M et par le segment ):
1° pour tout , on a et ; 2° .
Soit l’ensemble des parties G de satisfaisant aux conditions suivantes: a) G est le graphe d’un bon ordre sur ; b) si on note la relation dans U, pour tout le segment est tel que et .
Montrons que, si G, G’ sont deux éléments de , et si U et U’ désignent les premières projections de G et G’, l’un des deux ensembles U, U’ est contenu dans l’autre, et que si, par exemple, , on a (en d’autres termes, la relation d’ordre sur U est induite par la relation d’ordre sur U’) et U est un segment de U’.
Pour cela, considérons l’ensemble V des tels que les segments d’extrémité x soient les mêmes dans U et U’, et que les ordres induits sur ce segment par ceux de U et U’ soient identiques. Il est clair que V est un segment dans U et dans U’, et que les ordres induits sur V sont les mêmes; notre assertion sera prouvée si nous montrons que ou . Raisonnons par l’absurde en supposant et . Soit x le plus petit élément de dans U et le plus petit élément de dans U’; on a dans U, dans U’. Mais par hypothèse, on a et , d’où ; on aurait alors par définition , ce qui est absurde.
On peut alors appliquer à l’ensemble des (pour ) la prop. 3 de III, p. 16, et on obtient ainsi un ensemble bien ordonné ; en outre l’on voit aisément que le graphe de l’ordre sur M appartient à . Si on avait , en posant , on aurait ; on pourrait alors adjoindre à M l’élément a comme le plus grand élément, et l’ensemble serait bien ordonné. Comme dans , on aurait et ; le graphe de l’ordre sur appartiendrait donc à , ce qui est absurde.
On notera que si (et en particulier si est vide), l’ensemble M dont l’existence est affirmée par le lemme 3 est l’ensemble vide, comme le montre la condition 1° de l’énoncé.
Théorème 1 (Zermelo). — Sur tout ensemble E il existe un bon ordre.
Soit l’ensemble des parties de E distinctes de E; pour tout , posons ; comme la relation entraîne , elle entraîne par définition (I, p. 32), donc . On peut alors appliquer le lemme 3; il existe par suite un bon ordre sur une partie M de E telle que ; mais la seule partie de E n’appartenant pas à est E, d’où le théorème.
4. Ensembles inductifs
Définition 3 03K2
On dit qu’un ensemble ordonné E est inductif si toute partie totalement ordonnée de E possède un majorant dans E.
Exemple 1 03T2
Soit un ensemble de parties d’un ensemble A, ordonné par inclusion et tel que, pour tout sous-ensemble totalement ordonné de , la réunion des ensembles de appartienne à ; alors est inductif pour la relation , puisque la réunion des ensembles de est la borne supérieure de dans .
Exemple 2 03T3
Un exemple important d’ensemble de parties inductif pour la relation est l’ensemble des graphes d’applications de parties d’un ensemble A dans un ensemble B; en effet, est une partie de et dire qu’une partie de est totalement ordonnée par inclusion signifie que les éléments de sont des graphes d’applications telles que, de deux quelconques de ces applications, l’une prolonge l’autre. Il s’ensuit aussitôt que la réunion des ensembles de est un élément de (II, p. 28, prop. 7). On peut donc dire encore que l’ensemble des applications de parties de A dans B est inductif pour la relation d’ordre « v prolonge u » entre u et v.
Exemple 3 03T4
\* Il résulte de l’axiome de l’infini (III, p. 45) que l’ensemble bien ordonné des entiers naturels n’est pas inductif pour la relation .*.
Théorème 2 03QT
Tout ensemble ordonné inductif possède un élément maximal.
Ce théorème est un cas particulier du résultat suivant:
Proposition 4 03K3
Soit E un ensemble ordonné dont toute partie bien ordonné soit majorée; alors E admet un élément maximal.
Disons qu’un élément est un majorant strict d’une partie X de E si est un majorant de X et si . Soit l’ensemble des parties de E admettant un majorant strict, et pour tout , posons ; alors est un majorant strict de S. Appliquant à et à le lemme 3 (III, p. 19), on voit qu’il existe une partie M de E et un bon ordre sur satisfaisant aux conditions de ce lemme; en particulier, n’admet pas de majorant strict dans . En outre, l’ordre est identique à l’ordre induit sur par celui de . En effet, dans , la relation « et » équivaut à , et comme est un majorant de (pour l’ordre de ), elle entraîne dans . Mais cela signifie que l’injection de dans est une application strictement croissante (lorsque est muni de ) et comme est totalement ordonné, on en conclut que, dans , les relations et sont équivalentes (III, p. 14, prop. 11). Cela étant, il existe par hypothèse un majorant de dans ; mais comme n’admet pas de majorant strict, est nécessairement élément maximal dans .
Corollaire 1 03K4
Soient un ensemble ordonné inductif, et un élément de ; il existe un élément maximal de tel que .
En effet, il résulte de la déf. 3 que l’ensemble des éléments de est inductif, et un élément maximal de est aussi élément maximal de .
Corollaire 2 03K5
Soit un ensemble de parties d’un ensemble tel que, pour tout sous-ensemble de , totalement ordonné par inclusion, la réunion (resp. l’intersection) des ensembles de appartienne à ; alors possède un élément maximal (resp. minimal).
5. Isomorphismes d’ensembles bien ordonnés
Théorème 3 03K6
Soient et deux ensembles bien ordonnés; l’une au moins des deux propositions suivantes est vraie: 1) il existe un isomorphisme et un seul de sur un segment de ; 2) il existe un isomorphisme et un seul de sur un segment de .
Soit l’ensemble des applications de parties de dans dont chacune est définie dans un segment de et est un isomorphisme de ce segment sur un segment de . L’ensemble , ordonné par la relation « prolonge » entre et , est inductif. En effet, soit une partie totalement ordonnée de ; la réunion des ensembles de définition des est une réunion de segments de , donc un segment de ; si est la borne supérieure de dans (III, p. 10, Exemple 2), est réunion des ensembles de valeurs des , donc est un segment de ; enfin, pour tout couple d’éléments de , tel que , il existe un dont l’ensemble de définition contient et (puisque est totalement ordonnée), et comme , est un isomorphisme de sur , ce qui démontre notre assertion. Soit alors un élément maximal de (III, p. 20, th. 2), et soit le segment de qui est l’ensemble de définition de . Si nous prouvons que l’on a, soit , soit , l’existence de l’un des isomorphismes considérés dans l’énoncé sera démontrée. Raisonnons par l’absurde, en supposant et ; il existerait alors un élément et un élément tels que et (III, p. 16, prop. 1); prolongeons en une application du segment }←, a{ dans F, en posant ; comme est un isomorphisme de }←, a} sur le segment }←, b), cela contredit l’hypothèse que est maximal dans .
Les assertions d’unicité du th. 3 sont conséquences du lemme suivant:
Lemme 4 03K7
Soient E, F deux ensembles bien ordonnés, f, g deux applications croissantes de E dans F telles que f(E) soit un segment de F et que g soit strictement croissante; on a alors pour tout .
Raisonnons par l’absurde, en supposant que l’ensemble des tels que ne soit pas vide; cet ensemble aurait alors un plus petit élément a. Pour , on a, par définition de a, , g étant strictement croissante. Comme est un segment de F, il existe tel que ; f étant croissante, la relation entraîne , d’où
ce qui est absurde.
Corollaire 1 03K8
Le seul isomorphisme d’un ensemble bien ordonné E sur un segment de E est l’application identique de E sur lui-même.
Il suffit en effet de faire dans le th. 3.
Corollaire 2 03K9
Soient E et F deux ensembles bien ordonnés; s’il existe un isomorphisme f de E sur un segment T de F et un isomorphisme g de F sur un segment S de E, on a nécessairement et f et g sont réciproques l’un de l’autre.
En effet, est un isomorphisme de E sur le segment de E; en vertu du cor. 1, on a nécessairement et est l’application identique de E; on voit de même que est l’application identique de F, d’où le corollaire.
Corollaire 3 03KA
Tout sous-ensemble A d’un ensemble bien ordonné E est isomorphe à un segment de E.
En vertu du th. 3, il suffit de prouver qu’il n’existe pas d’isomorphisme g de E sur un segment de A de la forme ; mais g serait alors une application strictement croissante de E dans E, telle que , autrement dit ; or, cette inégalité contredit le lemme 4 (où on prend pour f l’application identique).
6. Produits lexicographiques
Soit une famille d’ensembles ordonnés, dont l’ensemble d’indices I soit bien ordonné. Considérons l’ensemble produit , et la relation
« et et pour le plus petit indice tel que , on a » que nous noterons . Il est immédiat que est équivalente à , que implique ( et ) et que ( et ) implique . On vérifie en outre que ( et ) implique (il suffit de considérer le plus petit indice pour lequel deux des trois éléments soient inégaux); la relation est donc une relation d’ordre sur l’ensemble produit . On dit que cette relation, et l’ordre qu’elle définit, sont la relation d’ordre lexicographique et l’*ordre lexicographique* sur (déduits des ordres donnés sur et sur les ); l’ensemble , ordonné par cette relation, est appelé le produit lexicographique de la famille d’ensembles ordonnés . Lorsque les sont totalement ordonnés, leur produit lexicographique est totalement ordonné.
Exercices
See the exercises for § 2.