Bourbaki

Exercice 13, § 2

Espaces vectoriels topologiques, I, p. 27

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

\* On garde les hypothèses générales et les notations de l’exerc. 12.

a) Soit LL un sous-A-module libre de EE de dimension n=dim⁡En = \dim E. Pour tout x∈E−{0}x \in E - \{0\}, l’ensemble des a∈Aa \in A tels que ax∈Lax \in L est un idéal fractionnaire de KK de la forme mhm^h (hh entier positif ou négatif) ; si l’on pose α(x)=qh\alpha(x) = q^h, et α(0)=0\alpha(0) = 0, montrer que α\alpha est une ultranorme sur EE, dite associée au A-module libre LL.

b) Inversement, si α\alpha est une ultranorme sur EE, l’ensemble LαL_\alpha des x∈Ex \in E tels que α(x)≤1\alpha(x) \leq 1 est un A-module libre de dimension nn. Si [α][\alpha] est la norme associée à LαL_\alpha, on a α≤[α]≤qα\alpha \leq [\alpha] \leq q \alpha, et [α][\alpha] est la borne inférieure des normes associées à des A-modules libres et qui sont ≥α\geq \alpha. On a [qα]=q.[α][q \alpha] = q.[\alpha], et α(x)=inf⁡(q−t[qtα](x))\alpha(x) = \inf(q^{-t}[q^t \alpha](x)) pour tout x∈Ex \in E, où tt varie dans l’intervalle [0,1][0, 1]. En outre, la fonction t↦[qtα](x)t \mapsto [q^t \alpha](x) est continue à gauche dans cet intervalle.

c) Avec les mêmes notations, montrer que pour 0≤t≤10 \leq t \leq 1, il y a au plus nn ultranormes distinctes parmi les [qtα][q^t \alpha]. Inversement, soit LL l’ensemble des ultranormes associées à des A-modules libres de dimension nn, et soit (αt)0≤t≤1(\alpha_t)_{0 \leq t \leq 1} une famille croissante d’ultranormes de LL telle que α1=qα0\alpha_1 = q \alpha_0. Montrer qu’il existe une base de EE par rapport à laquelle toutes les αt\alpha_t ont la forme standard (si u∈Au \in A est un élément de valuation 1, et LtL_t le A-module libre des x∈Ex \in E tels que αt(x)≤1\alpha_t(x) \leq 1, considérer les espaces vectoriels Lt/uL0L_t/uL_0 sur kk). En déduire que si en outre, pour tout x∈Ex \in E, t↦αt(x)t \mapsto \alpha_t(x) est continue à gauche dans [0,1][0, 1], alors il existe une ultranorme α\alpha et une seule telle que αt=[qtα]\alpha_t = [q^t \alpha] pour tout t∈[0,1]t \in [0, 1].

d) Le groupe linéaire GL(E)GL(E) opère continûment dans N0(E)\mathfrak{N}_0(E) ; montrer qu’il opère proprement. Pour tout α∈N0(E)\alpha \in \mathfrak{N}_0(E), le stabilisateur SαS_\alpha de α\alpha dans GL(E)GL(E) est l’intersection des stabilisateurs des [qtα][q^t \alpha] pour 0≤t≤10 \leq t \leq 1 ; en déduire que SαS_\alpha est un sous-groupe ouvert et compact de GL(E)GL(E), et par suite que l’orbite de tout α∈N0(E)\alpha \in \mathfrak{N}_0(E) est un sous-espace fermé discret de N0(E)\mathfrak{N}_0(E).

e) Pour toute ultranorme α∈N0(E)\alpha \in \mathfrak{N}_0(E), on considère la suite décroissante des dimensions des kk-espaces vectoriels Lt/uL0L_t/uL_0, où LtL_t est le A-module des x∈Ex \in E tels que [qtα](x)≤1[q^t \alpha](x) \leq 1, et tt varie de 0 à 1 ; on dit que cette suite est la suite des invariants de α\alpha. Pour que α\alpha et β\beta appartiennent à une même orbite dans N0(E)\mathfrak{N}_0(E), il faut et il suffit que Xα=XβX_\alpha = X_\beta (exerc. 12, e)) et que les suites des invariants de α\alpha et de β\beta soient les mêmes (utiliser l’exerc. 12, b)).

f) Déduire de e) que l’espace des orbites N0(E)/GL(E)\mathfrak{N}_0(E)/GL(E) est isomorphe à l’espace des orbites Tn/SnT^n/\mathscr{S}_n, où le groupe symétrique opère à droite sur TnT^n par (z1,…,zn)↦(zσ(1),…,zσ(n))(z_1, \ldots, z_n) \mapsto (z_{\sigma(1)}, \ldots, z_{\sigma(n)}). \*

1 Pour les exercices 12 et 13, voir O. Goldman and N. Iwahori, The space of pp-adic norms, Acta math., t. CIX (1963), pp. 137-177.

Solution

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