Fonctions d’une variable réelle, II, p. 37
a) Si h,u,v′ sont des primitives de fonctions réglées numériques dans un intervalle ouvert ]a,b[ de R, v une primitive de v′, et si v(x)>0 dans cet intervalle, on a l’identité de Redheffer
hu′2=−hD(vhv′)+hv2(D(vu))2+D(vu2hv′)
aux points de ]a,b[ où les dérivées sont définies.
\* b) Soient v,w deux fonctions >0 dans ]a,b[, primitives de fonctions réglées v′>0, w′⩽0. Déduire de a) que pour toute fonction u primitive d’une fonction réglée u′ dans ]a,b[ et telle que liminfx→a,x>au(x)=0, l’hypothèse que l’intégrale ∫abv′(x)w′(x)u′2(x)dx est convergente entraîne que l’intégrale ∫abv′(x)w′(x)u′2(x)dx est convergente et que
x→b,x<blimsupu2(x)w(x)/v(x)
est finie, ainsi que l’inégalité
(*) ∫abv′(x)w(x)u′2(x)dx⩾−∫abv(x)w′(x)u2(x)dx+limsupx→b,x<bv(x)u2(x)w(x).
(Posant h=w/v′, observer d’abord que ∫cxdh/h(t)⩽v(x)/w(x) pour a<c<x<b et remarquer que l’on a par l’inégalité de Cauchy-Schwarz
(**) (u(x)−u(c))2⩽(∫cxh(t)u′2(t)dt)(∫cxh(t)dt),
en déduire que l’on a
x→a,x>aliminfu2(x)w(x)/v(x)=0,
puis intégrer l’identité de Redheffer.)
c) Déduire de (*) que si u est primitive d’une fonction réglée dans ]0,1], si
x→0,x>0liminfu(x)=0
et si l’intégrale ∫01u′2(t)dt est convergente, il en est de même de ∫01(u(t)/t)2dt et on a l’inégalité, pour tout α>0
∫01u′2(t)dt⩾α(1−α)∫01(tu(t))2dt+αu2(1).
d) Soient α un nombre >0, K une fonction >0, dérivable et décroissante dans ]0,+∞[ et telle que limx→+∞K(x)=0. Si u est la primitive d’une fonction réglée dans ]0,+∞[, telle que liminfx→0,x>0u(x)=0, et si l’intégrale ∫0+∞x1−αK(x)u′2(x)dx est convergente, la fonction x−αK(x)u2(x) tend vers 0 lorsque x tend vers 0 ou vers +∞, l’intégrale
∫0+∞x−αK′(x)u2(x)dx
est convergente et l’on a
∫0+∞x1−αK(x)u′2(x)dx⩾−α∫0+∞x−αK′(x)u2(x)dx
(prendre v(x)=xα, h(x)=x1−αK(x) dans l’identité de Redheffer).
En particulier, pour α=21 et K(x)=x−21, on a
4∫0+∞u′2(x)dx≥∫0+∞(xu(x))2dx (inégalité de Hardy-Littlewood).
e) Soient α≥−1, K une fonction ≥0, dérivable et croissante dans [0,+∞[. Supposons que les intégrales
∫0+∞x−αK(x)u′2(x)dxet∫0+∞xαK(x)u2(x)dx soient convergentes. Alors
K(x)u2(x) tend vers 0 lorsque
x tend vers
+∞, et l’on a
∫0+∞K′(x)u2(x)dx≤2(∫0+∞x−αK(x)u′2(x)dx)21(∫0+∞xαK(x)u2(x)dx)21 (prendre
v(x)=exp(−cxα) dans l’identité de Redheffer, avec une constante
c convenable). En particulier, si
a et
b sont des constantes telles que
b+1≥a et
a+b≥0, on a
(a+b)∫0+∞xa+b−1u′2(x)dx≤2(∫0+∞x2au′2(x)dx)21(∫0+∞x2bu2(x)dx)21 si les intégrales du second membre convergent (inégalité de H. Weyl généralisée).
f) Si 0<α<2 et u est primitive d’une fonction réglée dans [0,α] et u(0)=0, on a
∫0α(α−x)α−1x1−αu′(x)(u′(x)−2u(x))dx≥0 (inégalité d’Opial généralisée). (Appliquer convenablement (*) en remplaçant
u(x) par
e−xu(x).)
g) Si u est primitive d’une fonction réglée dans [0,b] et u(0)=0,
∫0be−2xu′2(x)dx≥∫0be−2xu(x)u′(x)dx+21u2(b)e−2b (inégalité de Hlawka) (même méthode que dans f)).
h) Si u est la primitive d’une fonction réglée dans R, on a, pour tout t∈R
∣u(t)∣≤(∫−∞+∞u′2(x)dx)41(∫−∞+∞u2(x)dx)41 si les deux intégrales du second membre sont convergentes (considérer les deux intervalles
]−∞,t] et
[t,+∞[; prendre
v(x)=eαx dans les deux intervalles,
h(x)=1/α dans le premier intervalle et
h(x)=−1/α dans le second, puis choisir
α>0 convenablement).