Bourbaki marks this one as harder than the rest.
Soit Φ(t,u,v) une fonction numérique finie et continue pour 0≤t≤1, u≥0, v≥0. Pour toute fonction numérique f≥0 définie dans I={0,1}, mesurable pour la mesure de Lebesgue, on désigne par f∗ le réarrangement décroissant de f (exerc. 29). Afin que, pour tout couple de fonctions f≥0, g≥0, mesurables (pour la mesure de Lebesgue) et bornées dans I, on ait
∫01Φ(t,f(t),g(t))dt≤∫01Φ(t,f∗(t),g∗(t))dt
il faut et il suffit que la fonction Φ vérifie les trois conditions suivantes:
(2) Φ(t,u+h,v+h)−Φ(t,u+h,v)−Φ(t,u,v+h)+Φ(t,u,v)≥0
quels que soient t∈I, u≥0, v≥0 et h≥0;
(3) ∫0δ(Φ(a+δ+t,u,v)−Φ(a+δ+t,u+h,v)
+Φ(a+t,u+h,v)−Φ(a+t,u,v))dt≥0
(4) ∫0δ(Φ(a±δ+t,u,v)−Φ(a+δ+t,u,v+h)
+Φ(a+t,u,v+h)−Φ(a+t,u,v))dt≥0
quels que soient a,h,δ tels que 0≤a≤1−2δ,h≥0.
(Pour prouver que (3) et (4) sont nécessaires, prendre pour f et g des fonctions en escalier convenables; déduire ensuite (2) de (3) et (4). Pour prouver que les conditions sont suffisantes, déduire d’abord de (2), en utilisant la continuité de Φ, que l’on a
(5) Φ(t,u+h,v+k)−Φ(t,u+h,v)−Φ(t,u,v+k)+Φ(t,u,v)≥0
quels que soient t∈I, u≥0, v≥0, h≥0, k≥0. Utilisant ensuite (3) et (4), prouver (1) lorsque f et g sont des fonctions en escalier dont les points de discontinuité sont de la forme r/n (0≤r≤n) dans I, en comparant successivement les intégrales
∫01Φ(t,fi(t),gi(t))dt
et
∫01Φ(t,fj(t),gj(t))dt,
où fi et gi ne diffèrent de fj et gj que dans deux intervalles consécutifs [(r−1)/n,r/n] et [r/n,(r+1)/n]. Passer enfin à la limite de façon convenable pour prouver (1) dans le cas général).
Si Φ est deux fois continûment différentiable, les conditions (2), (3) et (4) équivalent respectivement à
∂u∂v∂2Φ≥0,∂t∂u∂2Φ≤0,∂t∂v∂2Φ≤0.
Généraliser à des fonctions Φ(t,u1,…,um) d’un nombre quelconque de variables.