Bourbaki

Exercice 30, § 5

Intégration, IV

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soit Φ(t,u,v)\Phi(t, u, v) une fonction numérique finie et continue pour 0≤t≤1, u≥0, v≥00 \leq t \leq 1,\ u \geq 0,\ v \geq 0. Pour toute fonction numérique f≥0f \geq 0 définie dans I={0,1}I = \{0, 1\}, mesurable pour la mesure de Lebesgue, on désigne par f∗f^* le réarrangement décroissant de ff (exerc. 29). Afin que, pour tout couple de fonctions f≥0, g≥0f \geq 0,\ g \geq 0, mesurables (pour la mesure de Lebesgue) et bornées dans I, on ait

∫01Φ(t,f(t),g(t)) dt≤∫01Φ(t,f∗(t),g∗(t)) dt \int_0^1 \Phi(t, f(t), g(t)) \, dt \leq \int_0^1 \Phi(t, f^*(t), g^*(t)) \, dt

il faut et il suffit que la fonction Φ\Phi vérifie les trois conditions suivantes:

(2) Φ(t,u+h,v+h)−Φ(t,u+h,v)−Φ(t,u,v+h)+Φ(t,u,v)≥0\Phi(t, u + h, v + h) - \Phi(t, u + h, v) - \Phi(t, u, v + h) + \Phi(t, u, v) \geq 0

quels que soient t∈I, u≥0, v≥0t \in I,\ u \geq 0,\ v \geq 0 et h≥0h \geq 0;

(3) ∫0δ(Φ(a+δ+t,u,v)−Φ(a+δ+t,u+h,v)\int_0^\delta (\Phi(a + \delta + t, u, v) - \Phi(a + \delta + t, u + h, v)

+Φ(a+t,u+h,v)−Φ(a+t,u,v)) dt≥0 + \Phi(a + t, u + h, v) - \Phi(a + t, u, v)) \, dt \geq 0

(4) ∫0δ(Φ(a±δ+t,u,v)−Φ(a+δ+t,u,v+h)\int_0^\delta (\Phi(a \pm \delta + t, u, v) - \Phi(a + \delta + t, u, v + h)

+Φ(a+t,u,v+h)−Φ(a+t,u,v)) dt≥0 + \Phi(a + t, u, v + h) - \Phi(a + t, u, v)) \, dt \geq 0

quels que soient a,h,δa, h, \delta tels que 0≤a≤1−2δ,h≥00 \leq a \leq 1 - 2\delta, h \geq 0.

(Pour prouver que (3) et (4) sont nécessaires, prendre pour ff et gg des fonctions en escalier convenables; déduire ensuite (2) de (3) et (4). Pour prouver que les conditions sont suffisantes, déduire d’abord de (2), en utilisant la continuité de Φ\Phi, que l’on a

(5) Φ(t,u+h,v+k)−Φ(t,u+h,v)−Φ(t,u,v+k)+Φ(t,u,v)≥0\Phi(t, u + h, v + k) - \Phi(t, u + h, v) - \Phi(t, u, v + k) + \Phi(t, u, v) \geq 0

quels que soient t∈I, u≥0, v≥0, h≥0, k≥0t \in I,\ u \geq 0,\ v \geq 0,\ h \geq 0,\ k \geq 0. Utilisant ensuite (3) et (4), prouver (1) lorsque ff et gg sont des fonctions en escalier dont les points de discontinuité sont de la forme r/nr/n (0≤r≤n0 \leq r \leq n) dans I, en comparant successivement les intégrales

∫01Φ(t,fi(t),gi(t)) dt \int_0^1 \Phi(t, f_i(t), g_i(t))\, dt

et

∫01Φ(t,fj(t),gj(t)) dt, \int_0^1 \Phi(t, f_j(t), g_j(t))\, dt,

où fif_i et gig_i ne diffèrent de fjf_j et gjg_j que dans deux intervalles consécutifs [(r−1)/n,r/n][ (r-1)/n, r/n ] et [r/n,(r+1)/n][ r/n, (r+1)/n ]. Passer enfin à la limite de façon convenable pour prouver (1) dans le cas général).

Si Φ\Phi est deux fois continûment différentiable, les conditions (2), (3) et (4) équivalent respectivement à

∂2Φ∂u∂v≥0,∂2Φ∂t∂u≤0,∂2Φ∂t∂v≤0. \frac{\partial^2 \Phi}{\partial u \partial v} \geq 0,\quad \frac{\partial^2 \Phi}{\partial t \partial u} \leq 0,\quad \frac{\partial^2 \Phi}{\partial t \partial v} \leq 0.

Généraliser à des fonctions Φ(t,u1,…,um)\Phi(t, u_1, \ldots, u_m) d’un nombre quelconque de variables.

Solution

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.