Bourbaki marks this one as harder than the rest.
Soient X un espace compact, P un ensemble de fonctions numériques semi-continues inférieurement dans X, prenant leurs valeurs dans ]−∞,+∞]. On suppose que P contient les constantes finies ; pour toute fonction h∈P, et toute mesure positive μ sur X, μ∗(h) est défini et >−∞ (§ 4, exerc. 5).
a) Pour deux mesures positives μ,ν sur X, on pose μ<ν si l’on a μ∗(h)≤ν∗(h) pour toute fonction h∈P. Montrer que la relation μ<ν est une relation de préordre sur M+(X); elle entraîne μ(1)=ν(1),cμ<cν pour tout c>0 et μ+λ<ν+λ pour toute mesure λ∈M+(X).
b) On suppose que P+P⊂P et que c.P⊂P pour c>0. Soient μ une mesure positive sur X, f une fonction de C(X;R). On désigne par Qf l’ensemble des fonctions h≥f appartenant à P, par Mμ l’ensemble des mesures λ∈M+(X) telles que λ<μ. Montrer que l’on a
λ∈Mμsupλ(f)=h∈Qfinfμ∗(h). (Pour toute fonction
g∈C(X;R), soit
p(g)=infh∈Qgμ∗(h). Montrer que l’on a
p(g+g′)≤p(g)+p(g′) et
p(c.g)=c.p(g) pour
g,g′ dans
C(X;R) et
c>0; prouver d’autre part que
Mμ est identique à l’ensemble des mesures
λ∈M+(X) telles que, pour toute fonction
g∈C(X;R), on ait
λ(g)≤p(g), et terminer en appliquant le th. de Hahn–Banach). Si les fonctions de
P sont continues, et si
S0(f) est l’enveloppe inférieure de
Qf, on a aussi
μ(S0(f))=supλ∈Mμλ(f).
c) Si l’ensemble P0 des fonctions de P qui sont continues et finies dans X est total dans C(X;R), la relation μ<ν est une relation d’ordre sur M+(X). Si une mesure ν∈M+(X) est maximale pour cette relation d’ordre, il en est de même de toute mesure ν′ telle que 0≤ν′≤ν (pour l’ordre usuel) (raisonner par l’absurde en utilisant a)). Si P0=P et si P est total, tout ensemble filtrant croissant pour la relation d’ordre μ<ν admet une borne supérieure dans M+(X) pour cette relation ; en particulier M+(X) est inductif pour cette relation.
d) On suppose que les fonctions de P sont continues et finies, que P est total dans C(X;R) et que l’on a P+P⊂P et c.P⊂P pour tout c>0. Pour toute fonction f∈C(X;R), on note S(f) l’enveloppe inférieure des fonctions h∈−P telles que f≤h; pour tout ε>0, on note Kf,ε l’ensemble des x∈X tels que S(f)(x)≥f(x)+ε. Montrer que les conditions suivantes sont équivalentes :
α) La mesure μ∈M+(X) est maximale pour la relation d’ordre λ<λ′.
β) Pour toute fonction f∈C(X;R), on a μ(S(f))=μ(f).
β′ Pour toute fonction f∈P, on a μ(S(f))=μ(f). γ Pour toute fonction f∈C(X;R) et tout ε>0, on a μ(Kf,ε)=0. γ′ Pour toute fonction f∈P et tout ε>0, on a μ(Kf,ε)=0. (Appliquer b) à −P.
e) Sous les hypothèses de d), montrer que si μ et μ′ sont deux mesures positives sur X, maximales pour la relation <, il en est de même de μ+μ′. En déduire que l’ensemble des mesures positives maximales pour cette relation d’ordre est réticulé pour la relation d’ordre usuelle ⩽.