Bourbaki

Exercice 2, § 7

Intégration, IV

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soient X un espace compact, P\mathscr{P} un ensemble de fonctions numériques semi-continues inférieurement dans X, prenant leurs valeurs dans ]−∞,+∞-\infty, +\infty]. On suppose que P\mathscr{P} contient les constantes finies ; pour toute fonction h∈Ph \in \mathscr{P}, et toute mesure positive μ\mu sur X, μ∗(h)\mu^*(h) est défini et >−∞> -\infty (§ 4, exerc. 5).

a) Pour deux mesures positives μ,ν\mu, \nu sur X, on pose μ<ν\mu < \nu si l’on a μ∗(h)≤ν∗(h)\mu^*(h) \leq \nu^*(h) pour toute fonction h∈Ph \in \mathscr{P}. Montrer que la relation μ<ν\mu < \nu est une relation de préordre sur M+(X)\mathscr{M}_+(X); elle entraîne μ(1)=ν(1),cμ<cν\mu(1) = \nu(1), c\mu < c\nu pour tout c>0c > 0 et μ+λ<ν+λ\mu + \lambda < \nu + \lambda pour toute mesure λ∈M+(X)\lambda \in \mathscr{M}_+(X).

b) On suppose que P+P⊂P\mathscr{P} + \mathscr{P} \subset \mathscr{P} et que c.P⊂Pc.\mathscr{P} \subset \mathscr{P} pour c>0c > 0. Soient μ\mu une mesure positive sur X, ff une fonction de C(X;R)\mathscr{C}(X; \mathbf{R}). On désigne par QfQ_f l’ensemble des fonctions h≥fh \geq f appartenant à P\mathscr{P}, par MμM_\mu l’ensemble des mesures λ∈M+(X)\lambda \in \mathscr{M}_+(X) telles que λ<μ\lambda < \mu. Montrer que l’on a

sup⁡λ∈Mμλ(f)=inf⁡h∈Qfμ∗(h). \sup_{\lambda \in M_\mu} \lambda(f) = \inf_{h \in Q_f} \mu^*(h).
(Pour toute fonction g∈C(X;R)g \in \mathscr{C}(X; \mathbf{R}), soit p(g)=inf⁡h∈Qgμ∗(h)p(g) = \inf_{h \in Q_g} \mu^*(h). Montrer que l’on a p(g+g′)≤p(g)+p(g′)p(g + g') \leq p(g) + p(g') et p(c.g)=c.p(g)p(c.g) = c.p(g) pour g,g′g, g' dans C(X;R)\mathscr{C}(X; \mathbf{R}) et c>0c > 0; prouver d’autre part que MμM_\mu est identique à l’ensemble des mesures λ∈M+(X)\lambda \in \mathscr{M}_+(X) telles que, pour toute fonction g∈C(X;R)g \in \mathscr{C}(X; \mathbf{R}), on ait λ(g)≤p(g)\lambda(g) \leq p(g), et terminer en appliquant le th. de Hahn–Banach). Si les fonctions de P\mathscr{P} sont continues, et si S0(f)S_0(f) est l’enveloppe inférieure de QfQ_f, on a aussi μ(S0(f))=sup⁡λ∈Mμλ(f)\mu(S_0(f)) = \sup_{\lambda \in M_\mu} \lambda(f).

c) Si l’ensemble P0\mathscr{P}_0 des fonctions de P\mathscr{P} qui sont continues et finies dans X est total dans C(X;R)\mathscr{C}(X; \mathbf{R}), la relation μ<ν\mu < \nu est une relation d’ordre sur M+(X)\mathscr{M}_+(X). Si une mesure ν∈M+(X)\nu \in \mathscr{M}_+(X) est maximale pour cette relation d’ordre, il en est de même de toute mesure ν′\nu' telle que 0≤ν′≤ν0 \leq \nu' \leq \nu (pour l’ordre usuel) (raisonner par l’absurde en utilisant a)). Si P0=P\mathscr{P}_0 = \mathscr{P} et si P\mathscr{P} est total, tout ensemble filtrant croissant pour la relation d’ordre μ<ν\mu < \nu admet une borne supérieure dans M+(X)\mathscr{M}_+(X) pour cette relation ; en particulier M+(X)\mathscr{M}_+(X) est inductif pour cette relation.

d) On suppose que les fonctions de P\mathscr{P} sont continues et finies, que P\mathscr{P} est total dans C(X;R)\mathscr{C}(X; \mathbf{R}) et que l’on a P+P⊂P\mathscr{P} + \mathscr{P} \subset \mathscr{P} et c.P⊂Pc.\mathscr{P} \subset \mathscr{P} pour tout c>0c > 0. Pour toute fonction f∈C(X;R)f \in \mathscr{C}(X; \mathbf{R}), on note S(f)S(f) l’enveloppe inférieure des fonctions h∈−Ph \in -\mathscr{P} telles que f≤hf \leq h; pour tout ε>0\varepsilon > 0, on note Kf,εK_{f,\varepsilon} l’ensemble des x∈Xx \in X tels que S(f)(x)≥f(x)+εS(f)(x) \geq f(x) + \varepsilon. Montrer que les conditions suivantes sont équivalentes :

α) La mesure μ∈M+(X)\mu \in \mathscr{M}_+(X) est maximale pour la relation d’ordre λ<λ′\lambda < \lambda'.

β) Pour toute fonction f∈C(X;R)f \in \mathscr{C}(X; \mathbf{R}), on a μ(S(f))=μ(f)\mu(S(f)) = \mu(f).

β′\beta' Pour toute fonction f∈Pf \in \mathscr{P}, on a μ(S(f))=μ(f)\mu(S(f)) = \mu(f). γ\gamma Pour toute fonction f∈C(X;R)f \in \mathscr{C}(X; \mathbf{R}) et tout ε>0\varepsilon > 0, on a μ(Kf,ε)=0\mu(K_{f,\varepsilon}) = 0. γ′\gamma' Pour toute fonction f∈Pf \in \mathscr{P} et tout ε>0\varepsilon > 0, on a μ(Kf,ε)=0\mu(K_{f,\varepsilon}) = 0. (Appliquer bb) à −P-\mathscr{P}.

e) Sous les hypothèses de dd), montrer que si μ\mu et μ′\mu' sont deux mesures positives sur XX, maximales pour la relation <<, il en est de même de μ+μ′\mu + \mu'. En déduire que l’ensemble des mesures positives maximales pour cette relation d’ordre est réticulé pour la relation d’ordre usuelle ⩽\leqslant.

Solution

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.