Bourbaki

Exercice 6, § 7

Intégration, IV

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soient X un espace compact non vide, H\mathscr{H} un sous-espace vectoriel de C(X;R)\mathscr{C}(X; \mathbf{R}) contenant les constantes et séparant les points de X. La relation λ<μ\lambda < \mu définie par H\mathscr{H} (exerc. 2) est alors une relation d’équivalence, et les points H\mathscr{H}-extrémaux au sens de l’exerc. 3 sont identiques aux points H\mathscr{H}-extrémaux au sens du n° 3.

Soit F une partie fermée de X contenant ChH(X)\mathrm{Ch}_\mathscr{H}(X); pour tout x∈Xx \in X, on désigne par MxF\mathscr{M}_x^F l’ensemble des mesures positives μ\mu sur X, de masse totale 1, telles que εx<μ\varepsilon_x < \mu et Supp(μ)⊂F\mathrm{Supp}(\mu) \subset F; pour que εx∈MxF\varepsilon_x \in \mathscr{M}_x^F, il faut et il suffit que x∈Fx \in F; la relation x∈ChH(X)x \in \mathrm{Ch}_\mathscr{H}(X) équivaut à MxF={εx}\mathscr{M}_x^F = \{ \varepsilon_x \}. Pour toute fonction numérique bornée ff définie dans F, et tout x∈Xx \in X, on pose

H‾xF(f)=inf⁡f≤h∣F,h∈Hh(x),H‾xF(f)=−H‾xF(−f)=sup⁡f≥h∣F,h∈Hh(x) \overline{H}_x^F(f) = \inf_{f \leq h|F, h \in \mathscr{H}} h(x), \quad \underline{H}_x^F(f) = -\overline{H}_x^F(-f) = \sup_{f \geq h|F, h \in \mathscr{H}} h(x)
qui sont des nombres finis.

a) Montrer que l’application f↦H‾xF(f)f \mapsto \overline{H}_x^F(f) de C(F;R)\mathscr{C}(F; \mathbf{R}) dans R\mathbf{R} est croissante, positivement homogène et convexe. Si h∈Hh \in \mathscr{H}, on a H‾xF(h)=h(x)\overline{H}_x^F(h) = h(x).

b) Pour tout x∈Xx \in X, toute mesure μ∈MxF\mu \in \mathscr{M}_x^F et toute fonction f∈C(F;R)f \in \mathscr{C}(F; \mathbf{R}), on a H‾xF(f)≤∫fdμ≤H‾xF(f)\underline{H}_x^F(f) \leq \int f d\mu \leq \overline{H}_x^F(f). Inversement, si, pour une fonction f0∈C(F;R)f_0 \in \mathscr{C}(F; \mathbf{R}), un nombre réel γ\gamma est tel que H‾xF(f0)≤γ≤H‾xF(f0)\underline{H}_x^F(f_0) \leq \gamma \leq \overline{H}_x^F(f_0), il existe une mesure μ∈MxF\mu \in \mathscr{M}_x^F telle que γ=∫f0dμ\gamma = \int f_0 d\mu.

c) Montrer que, pour une fonction g∈C(X;R)g \in \mathscr{C}(X; \mathbf{R}), les conditions suivantes sont équivalentes: α)\alpha) Pour tout x∈Xx \in X et toute mesure μ∈MxF\mu \in \mathscr{M}_x^F, on a g(x)=∫g dμg(x) = \int g \, d\mu. β)\beta) Pour tout x∈Xx \in X, on a H‾xF(g∣F)=H‾xF(g∣F)=g(x)\underline{H}_x^F(g|F) = \overline{H}_x^F(g|F) = g(x). γ)\gamma) Pour tout ε>0\varepsilon > 0, il existe deux suites finies, (hi′),(hj′′)(h_i'), (h_j'') de fonctions de H\mathscr{H} telles que, si l’on pose h′=sup⁡(hi′)h' = \sup(h_i'), h′′=inf⁡(hj′′)h'' = \inf(h_j''), on ait h′≤g≤h′′h' \leq g \leq h'' et h′′−h′≤εh'' - h' \leq \varepsilon.

(Pour voir que β\beta) entraîne γ\gamma), raisonner comme dans Top. gén., chap. X, 2e éd., § 4, n° 1, prop. 2.)

Lorsqu’une fonction g∈C(X;R)g \in \mathscr{C}(X ; \mathbf{R}) possède les propriétés équivalentes précédentes, on dit qu’elle est H\mathscr{H}-harmonique ; l’ensemble Hc\mathscr{H}^c des fonctions H\mathscr{H}-harmoniques est un sous-espace vectoriel fermé de C(X;R)\mathscr{C}(X ; \mathbf{R}) contenant H\mathscr{H}; il est indépendant de la partie fermée F⊃ChH(X)F \supset \mathrm{Ch}_{\mathscr{H}}(X) considérée. On a (Hc)c=Hc(\mathscr{H}^c)^c = \mathscr{H}^c, et la relation d’équivalence définie par Hc\mathscr{H}^c dans M+(X)\mathscr{M}_+(X) est identique à la relation λ<μ\lambda < \mu définie par H\mathscr{H}; on a par suite ChHc(X)=ChH(X)\mathrm{Ch}_{\mathscr{H}^c}(X) = \mathrm{Ch}_{\mathscr{H}}(X). L’application g↦g∣Fg \mapsto g|F est une isométrie strictement croissante de Hc\mathscr{H}^c sur son image dans C(F;R)\mathscr{C}(F ; \mathbf{R}) (qui est par suite un sous-espace fermé de C(F;R)\mathscr{C}(F ; \mathbf{R})).

d) On prend pour XX l’intervalle {0,1}\{0, 1\} de R\mathbf{R}, pour H\mathscr{H} l’espace vectoriel des restrictions à XX des polynômes du second degré sur R\mathbf{R}. Montrer que Hc\mathscr{H}^c est distinct de l’adhérence H‾\overline{\mathscr{H}} de H\mathscr{H} dans C(X;R)\mathscr{C}(X ; \mathbf{R}).

e) Montrer que pour que ChH(X)=X\mathrm{Ch}_{\mathscr{H}}(X) = X, il faut et il suffit que l’on ait Hc=C(X;R)\mathscr{H}^c = \mathscr{C}(X ; \mathbf{R}) (pour prouver que la condition est nécessaire, utiliser b)).

f) Montrer que si H\mathscr{H} est réticulé (autrement dit un espace de Riesz), on a Hc=H‾\mathscr{H}^c = \overline{\mathscr{H}}. Donner un exemple où H\mathscr{H} n’est pas réticulé et Hc=H\mathscr{H}^c = \mathscr{H}.

g) Soit EH\mathscr{E}_{\mathscr{H}} la plus petite partie fermée de C(X;R)\mathscr{C}(X ; \mathbf{R}) contenant H\mathscr{H} et telle que l’enveloppe inférieure inf⁡(u,v)\inf(u, v) de deux fonctions de EH\mathscr{E}_{\mathscr{H}} appartenne à EH\mathscr{E}_{\mathscr{H}}. Montrer que les propriétés suivantes sont équivalentes:

α)\alpha) f∈EHf \in \mathscr{E}_{\mathscr{H}}; β)\beta) pour tout x∈Xx \in X et toute mesure μ∈MxX\mu \in \mathscr{M}_x^X, ∫fdμ≤f(x)\int f d\mu \leq f(x); γ)\gamma) H‾xX(f)=f(x)\overline{H}_x^X(f) = f(x) pour tout x∈Xx \in X; δ)\delta) pour tout ε>0\varepsilon > 0, il existe une suite finie (hi)(h_i) de fonctions de H\mathscr{H} telle que f≤inf⁡(hi)≤f+εf \leq \inf(h_i) \leq f + \varepsilon. (Pour voir que β\beta) entraîne γ\gamma), utiliser b).)

En déduire que EH\mathscr{E}_{\mathscr{H}} est un cône convexe pointé, et que l’on a EH∩(−EH)=Hc\mathscr{E}_{\mathscr{H}} \cap (-\mathscr{E}_{\mathscr{H}}) = \mathscr{H}^c. Montrer que toute fonction de EH\mathscr{E}_{\mathscr{H}} atteint sa borne inférieure dans XX en un point au moins de ChH(X)\mathrm{Ch}_{\mathscr{H}}(X).

Solution

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.