Bourbaki marks this one as harder than the rest.
Soient T un espace métrique complet et de type dénombrable, et d sa distance. Pour toute partie fermée F de T et tout nombre réel a>0, on note Fa l’ensemble des x∈T tels que d(x,F)<a. Etant données deux mesures positives bornées λ et μ sur T, on note D(λ,μ) la borne inférieure de l’ensemble des nombres réels a>0 satisfaisant aux inégalités λ∗(F)≤μ∗(Fa)+a,μ∗(F)≤λ∗(Fa)+a pour toute partie fermée F de T. a) Montrer que D est une distance sur M+b et que l’on a D(εx,εy)=d(x,y) pour deux points x et y de T tels que d(x,y)<1. b) Soient f une application borélienne de T dans T (cf. Top. gén., chap. IX, § 6, n° 3) et λ une mesure positive bornée sur T. Montrer qu’il existe une mesure positive bornée μ sur T telle que l’on ait μ∗(A)=λ∗(f−1(A)) pour toute partie borélienne A de T. Soit a>0, et soit H l’ensemble des x∈T tels que d(x,f(x))≥a; montrer que H est borélien dans T et que l’on a D(λ,μ)≤sup(a,λ(H)) (pour toute partie fermée F de T, on a F∩(T−H)⊂f−1(Fa) et λ∗(F)≤λ∗(F∩(T−H))+λ∗(H)). c) Soient μ et μn (pour n≥1) des mesures positives bornées sur T telles que limn→∞D(μn,μ)=0. Montrer que la suite (μn) converge étroitement vers μ (montrer qu’on a limn→∞μn∗(T)=μ∗(T) et μ∗(F)≥limsupn→∞μn∗(F) pour toute partie fermée F de T; en déduire μ∗(f)≤liminfn→∞μn∗(f) pour toute fonction semi-continue inférieurement f≥0 par la méthode du lemme 3 du § 2, n° 6). d) Réciproquement, montrer que, pour toute suite de mesures positives bornées μn tendant étroitement vers μ dans M+b, on a limD(μn,μ)=0. On pourra procéder comme suit: soit ε>0, soit K une partie compacte de T telle que μ∗(T−K)<ε et supnμn∗(T−K)<ε; construire une famille finie (Bi)1≤i≤p d’ensembles de frontière μ-négligeable, de diamètre ≤ε/2, deux à deux disjoints, dont la réunion contient K (cf. exerc. 1). Soit f une application de T dans T, constante dans chacun des ensembles B1,…,Bp et C(B1∪…∪Bp) et telle que f(Bi)⊂Bi pour 1≤i≤p. Définir les mesures πn et π par πn∗(A)=μn∗(f−1(A)) et π∗(A)=μ∗(f−1(A)) pour toute partie borélienne A de T; déduire de b) les relations D(πn,μn)≤ε, D(π,μ)≤ε et montrer que l’on a limn→∞D(πn,π)=0.
e) La distance D sur M+b est compatible avec la topologie étroite (remarquer que M+b est métrisable pour la topologie étroite).