Bourbaki marks this one as harder than the rest.
a) Soient T,T′ deux espaces localement compacts; on suppose que T′ admet une base dénombrable. Soient μ une mesure positive sur T, μ′ une mesure positive sur T′. Soit f une fonction numérique ≥0 définie dans T×T′, bornée dans toute partie compacte de T×T′, et telle que: 1∘ pour presque tout t∈T, la fonction t′↦f(t,t′) soit μ′-mesurable; 2∘ pour toute fonction h∈H(T′), la fonction
t↦∫f(t,t′)h(t′)dμ′(t′), définie presque partout, soit
μ-mesurable. Montrer que, dans ces conditions, il existe une fonction
g, mesurable pour
μ⊗μ′, telle que, pour tout
t∈T, on ait
f(t,t′)=g(t,t′) sauf aux points d’un ensemble
μ′-négligeable
At (dépendant de
t). (Montrer que, pour toute fonction
φ∈H(T×T′), la fonction
t′↦f(t,t′)φ(t,t′) est
μ′-intégrable pour presque tout
t∈T, et que la fonction
t↦∫f(t,t′)φ(t,t′)dμ′(t′), définie presque partout, est
μ-intégrable; on utilisera le lemme 1 du chap. III, 2e éd., § 4, n° 1. Remarquer ensuite que
φ↦∫dμ(t)∫f(t,t′)φ(t,t′)dμ′(t′) est une mesure positive sur
T×T′, de base
μ⊗μ′, et appliquer le th. de Lebesgue-Nikodym; utiliser enfin le fait qu’il existe dans
H(T′) un ensemble dénombrable partout dense.)
b) On supposons en outre T métrisable. Montrer que les conditions de a) sont satisfaites si: 1∘ pour presque tout t′∈T′, la fonction t↦f(t,t′) est μ-mesurable; 2∘ pour presque tout t∈T, la fonction t′↦f(t,t′) est continue presque partout (pour μ′). (Utiliser l’exerc. 13 du chap. IV, § 5.)
c) On prend T=T′=[0,1]. Admettant l’hypothèse du continu (Ens., chap. III, § 6, n° 4), soit x<y une relation de bon ordre sur T, pour laquelle il n’y a pas de plus grand élément, et telle que, pour tout x∈T, l’ensemble des z<x soit dénombrable. Si on prend pour μ=μ′ la mesure de Lebesgue, montrer que la fonction caractéristique f de l’ensemble des couples (t,t′) tels que t<t′ satisfait aux conditions de a), mais que l’on a ∫f(t,t′)dμ(t)=0 pour tout t′∈T′, et ∫f(t,t′)dμ′(t′)=1 pour tout t∈T.