Bourbaki

Exercice 11, § 3

Étiquette 09K1, permanente. À citer comme [Bourbaki, Tag 09K1].

Intégration, VIII

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soit G un groupe localement compact ; sur M1(G)\mathscr{M}^1(G), désignons par TI\mathscr{T}_I la topologie σ(M1(G),K(G))\sigma(\mathscr{M}^1(G), \mathscr{K}(G)), par TIII\mathscr{T}_{III} la topologie σ(M1(G),C∞(G))\sigma(\mathscr{M}^1(G), C^\infty(G)), et notons MI,MIII\mathscr{M}_I, \mathscr{M}_{III} l’espace M1(G)\mathscr{M}^1(G) muni respectivement de TI\mathscr{T}_I et TIII\mathscr{T}_{III}.

a) Soient A une partie bornée de MI\mathscr{M}_I, B une partie relativement compacte de MIII\mathscr{M}_{III}. Montrer que la restriction à A×BA \times B de l’application (μ,ν)→μ∗ν(\mu, \nu) \to \mu * \nu de MI×MIII\mathscr{M}_I \times \mathscr{M}_{III} dans MI\mathscr{M}_I est continue (utiliser l’exerc. 10 pour se ramener à évaluer une intégrale ∫∫f(st)dμ(s)dν(t)\int \int f(st) d\mu(s) d\nu(t) lorsque f(st)=∑iui(s)vi(t)f(st) = \sum_i u_i(s)v_i(t), avec uiu_i et viv_i dans K(G)\mathscr{K}(G)).

b) Donner un exemple où G est compact (et par suite TI=TIII\mathscr{T}_I = \mathscr{T}_{III}) montrant que (μ,ν)→μ∗ν(\mu, \nu) \to \mu * \nu, considérée comme application de MI×MIII\mathscr{M}_I \times \mathscr{M}_{III} dans MI\mathscr{M}_I, n’est pas hypocontinue relativement aux parties relativement compactes de MI\mathscr{M}_I ni relativement aux parties relativement compactes de MIII\mathscr{M}_{III} (cf. exerc. 6).

c) Soient A, B deux parties relativement compactes de MIII\mathscr{M}_{III}. Montrer que la restriction à A×BA \times B de l’application (μ,ν)→μ∗ν(\mu, \nu) \to \mu * \nu de MIII×MIII\mathscr{M}_{III} \times \mathscr{M}_{III} dans MIII\mathscr{M}_{III} est continue (même méthode que dans a)).

d) On désigne par E le sous-espace de RG\mathbf{R}^G formé des combinaisons linéaires de fonctions caractéristiques de parties ouvertes de G, par TIV\mathscr{T}_{IV} la topologie σ(M1(G),E)\sigma(\mathscr{M}^1(G), E), par MIV\mathscr{M}_{IV} l’espace M1(G)\mathscr{M}^1(G) muni de TIV\mathscr{T}_{IV}. On rappelle que les topologies induites par TIII\mathscr{T}_{III} et TIV\mathscr{T}_{IV} sur une partie bornée de M1(G)\mathscr{M}^1(G) formée de mesures positives, sont en général distinctes (chap. V, § 5, exerc. 18 c)). On rappelle aussi que les parties compactes de MIV\mathscr{M}_{IV} sont les mêmes que celles de M1(G)\mathscr{M}^1(G) pour la topologie affaiblie σ(M1(G),(M1(G))′)\sigma(\mathscr{M}^1(G), (\mathscr{M}^1(G))') sur l’espace de Banach M1(G)\mathscr{M}^1(G) (chap. VI, § 2, exerc. 12). Montrer que si A, B sont deux parties relativement compactes de MIV\mathscr{M}_{IV}, la restriction à A×BA \times B de l’application (μ,ν)→μ∗ν(\mu, \nu) \to \mu * \nu de MIV×MIV\mathscr{M}_{IV} \times \mathscr{M}_{IV} dans MIV\mathscr{M}_{IV} est continue. (Se borner au cas où A et B sont compacts, et commencer par prouver qu’alors l’image de A×BA \times B par l’application précédente est compacte pour σ(M1(G),(M1(G))′)\sigma(\mathscr{M}^1(G), (\mathscr{M}^1(G))'); on appliquera pour cela les th. d’Eberlein et de Šmulian (Esp. vect. top., chap. IV, § 2, exerc. 15 et 13), et on se ramènera ainsi à prouver que si (μn),(νn)(\mu_n), (\nu_n) sont deux suites qui convergent vers 0 dans MIV\mathscr{M}_{IV}, il en est de même de la suite (μn∗νn)(\mu_n * \nu_n); utiliser la prop. 12 et l’exerc. 17 du chap. V, § 5. Pour prouver enfin que (μ,ν)→μ∗ν(\mu, \nu) \to \mu * \nu est continue pour TIV\mathscr{T}_{IV}, utiliser c) et le fait que TIII\mathscr{T}_{III} est moins fine que TIV\mathscr{T}_{IV}.

e) On prend G=R2G = \mathbf{R}^2; soient a,ba, b les vecteurs de la base canonique de GG sur R\mathbf{R}, ρn\rho_n la mesure sur I=[0,π]I = [0, \pi] dans R\mathbf{R} ayant pour densité par rapport à la mesure de Lebesgue la fonction sin⁡(2nx)\sin(2^n x), μn\mu_n la mesure ρn⊗ε0\rho_n \otimes \varepsilon_0 sur R×R\mathbf{R} \times \mathbf{R}; soit d'autre part νn=εb/2n−ε0\nu_n = \varepsilon_{b/2^n} - \varepsilon_0 sur GG. Montrer que la suite (μn)(\mu_n) tend vers 0 dans MIV\mathscr{M}_{IV} et que la suite (νn)(\nu_n) tend vers 0 dans MIII\mathscr{M}_{III}, mais que la suite (μn∗νn)(\mu_n * \nu_n) ne tend pas vers 0 dans MIV\mathscr{M}_{IV} (cf. chap. V, § 5, exerc. 18).

f) Donner un exemple où GG est compact et où (μ,ν)→μ∗ν(\mu, \nu) \to \mu * \nu considérée comme application de MIV×MIV\mathscr{M}_{IV} \times \mathscr{M}_{IV} dans MIV\mathscr{M}_{IV}, n'est pas hypocontinue relativement aux parties compactes de MIV\mathscr{M}_{IV} (même méthode que dans l'exerc. 6, en observant que pour un f∈Ef \in E donné il y a des parties compactes H⊂MIVH \subset \mathscr{M}_{IV} telles que l'ensemble des fonctions t→∫f(st)dμ(t)t \to \int f(st)d\mu(t), où μ\mu parcourt HH, soit de rang infini sur R\mathbf{R}).

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.