Bourbaki

Exercice 16, § 2

Groupes et algèbres de Lie, II

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

On suppose que KK est une Q\mathbf{Q}-algèbre. Si gg est une algèbre de Lie, on note U(g)U(g) son algèbre enveloppante, σ\sigma l’application canonique de gg dans U(g)U(g), et S(g)S(g) l’algèbre symétrique du KK-module gg. Il existe une application linéaire

η(g):S(g)→U(g) \eta(g): S(g) \to U(g)
et une seule telle que η(g)(xn)=σ(x)n\eta(g)(x^n) = \sigma(x)^n pour tout x∈gx \in g et tout n∈Nn \in \mathbf{N}. On a:
η(g)(x1…xn)=1n!∑s∈Snσ(xs(1))…σ(xs(n)),xi∈g. \eta(g)(x_1 \ldots x_n) = \frac{1}{n!} \sum_{s \in S_n} \sigma(x_{s(1)}) \ldots \sigma(x_{s(n)}), \quad x_i \in g.
On se propose de montrer que η(g)\eta(g) est bijective. a) Prouver que η(g)\eta(g) est surjective, et qu’elle est bijective lorsque le KK-module gg est libre (utiliser le théorème de Poincaré–Birkhoff–Witt). b) Soit h\mathfrak{h} un idéal de gg. On note shs_{\mathfrak{h}} (resp. uhu_{\mathfrak{h}}) l’idéal de S(g)S(g) (resp. l’idéal bilatère de U(g)U(g)) engendré par h\mathfrak{h} (resp. par σ(h)\sigma(\mathfrak{h})). Le diagramme
0→sh→S(g)→S(g/h)→0↓η(g)↓η(g/h)0→uh→U(g)→U(g/h)→0 \begin{array}{ccc} 0 & \to & s_{\mathfrak{h}} \to S(g) \to S(g/\mathfrak{h}) \to 0 \\ & & \downarrow \eta(g) \quad \downarrow \eta(g/\mathfrak{h}) \\ 0 & \to & u_{\mathfrak{h}} \to U(g) \to U(g/\mathfrak{h}) \to 0 \end{array}
est commutatif, et ses lignes sont exactes. En déduire que l’image u~h\tilde{u}_{\mathfrak{h}} de shs_{\mathfrak{h}} par η(g)\eta(g) est contenue dans uhu_{\mathfrak{h}} et que l’on a u~h=uh\tilde{u}_{\mathfrak{h}} = u_{\mathfrak{h}} lorsque η(g)\eta(g) et η(g/h)\eta(g/\mathfrak{h}) sont injectifs (en particulier lorsque les modules gg et g/hg/\mathfrak{h} sont libres). c) On prend pour gg une algèbre de Lie libre, de famille basique (X1,…,Xn,H)(X_1, \ldots, X_n, H), avec n≥0n \geq 0, et on prend pour h\mathfrak{h} l’idéal de gg engendré par HH. Montrer que gg et g/hg/\mathfrak{h} sont des modules libres. En déduire que, dans ce cas, on a u~h=uh\tilde{u}_{\mathfrak{h}} = u_{\mathfrak{h}}. En particulier, il existe x∈shx \in s_{\mathfrak{h}} tel que (η(g))(x)=σ(X1)…σ(Xn)σ(H)(\eta(g))(x) = \sigma(X_1) \ldots \sigma(X_n) \sigma(H). d) On revient au cas général. Montrer que uhu_{\mathfrak{h}} est engendré sur KK par les éléments de la forme σ(x1)…σ(xn)σ(h)\sigma(x_1) \ldots \sigma(x_n) \sigma(h), avec n≥0n \geq 0, xi∈gx_i \in g, et h∈hh \in \mathfrak{h} (remarquer que uhu_{\mathfrak{h}} coïncide avec l’idéal à gauche engendré par h\mathfrak{h}). Montrer, en utilisant c), qu’un tel élément appartient à u~h\tilde{u}_{\mathfrak{h}} (utiliser un homomorphisme convenable d’une algèbre de Lie libre dans gg). En déduire que u~h=uh\tilde{u}_{\mathfrak{h}} = u_{\mathfrak{h}}. e) Montrer que, si η(g)\eta(g) est bijectif, il en est de même de η(g/h)\eta(g/\mathfrak{h}). En déduire finalement que, pour toute algèbre de Lie gg, η(g)\eta(g) est bijectif (écrire gg comme quotient d’une algèbre de Lie libre), et que l’homomorphisme canonique
ω:S(g)→gr U(g)(cf. chap. I, § 2, n° 6) \omega: S(g) \to \mathrm{gr}\ U(g) \tag{cf. chap. I, § 2, n° 6}
est une isomorphisme (« théorème de Poincaré–Birkhoff–Witt » pour les algèbres de Lie sur les Q\mathbf{Q}-algèbres).

Solution

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.