Bourbaki

Exercice 2, § 5

Groupes et algèbres de Lie, II

Soit G un groupe, soit K[G]K[G] son algèbre sur K, et soit I son idéal d’augmentation (§4§ 4, exerc. 6). On note ε\varepsilon l’homomorphisme canonique de K[G]K[G] sur K; on a Ker(ε)=I\mathrm{Ker}(\varepsilon) = I. a) Soit M un K[G]K[G]-module à gauche, et soit Z(G,M)Z(G, M) le groupe des homomorphismes croisés de G dans M (A, I, p. 135, exerc. 7). Si f∈HomK[G](I,M)f \in \mathrm{Hom}_{K[G]}(I, M), soit f1f_1 l’application g↦f(g−1)g \mapsto f(g - 1) de G dans M. Montrer que f1f_1 est un homomorphisme croisé (utiliser l’identité gg′−1=g(g′−1)+g−1gg' - 1 = g(g' - 1) + g - 1 pour montrer que f1(gg′)=g.f1(g′)+f1(g)f_1(gg') = g.f_1(g') + f_1(g)), et que f↦f1f \mapsto f_1 est un isomorphisme de HomK[G](I,M)\mathrm{Hom}_{K[G]}(I, M) sur Z(G,M)Z(G, M). b) On prend pour G le groupe libre F=F(X)F = F(X). Montrer que, pour toute application θ:X→M\theta: X \to M, il existe un élément fθf_\theta de Z(F,M)Z(F, M) et un seul qui prolonge θ\theta. (Utiliser l’interprétation de Z(F,M)Z(F, M) en termes de produit semi-direct de F par M, cf. A, I, loc. cit.) En déduire, grâce à a), que la famille (x−1)x∈X(x - 1)_{x \in X} est une base de I comme K[F]K[F]-module à gauche. c) D’après b), tout élément u∈K[F]u \in K[F] s’écrit de manière unique sous la forme

u=ε(u)+∑x∈XDx(u)(x−1), u = \varepsilon(u) + \sum_{x \in X} D_x(u)(x - 1),
avec Dx(u)∈K[F]D_x(u) \in K[F], les Dx(u)D_x(u) étant nuls sauf un nombre fini d’entre eux. L’application u↦Dx(u)u \mapsto D_x(u) s’appelle la dérivée partielle par rapport à x. Elle est caractérisée par les propriétés suivantes: (i) DxD_x est une application K-linéaire de K[F]K[F] dans K[F]K[F]. (ii) Dx(uv)=u.Dx(v)+ε(v).Dx(u)D_x(uv) = u.D_x(v) + \varepsilon(v).D_x(u) pour u,vu, v dans K[F]K[F]. (iii) Dx(x)=1D_x(x) = 1 et Dx(y)=0D_x(y) = 0 si y∈X−{x}y \in X - \{x\}.

EXERCICES

Si n⩾1n \geqslant 1, on a

Dx(xn)=1+x+⋯+xn−1Dx(x−n)=−x−n−x−n+1−⋯−x−1. \begin{align*} D_x(x^n) &= 1 + x + \cdots + x^{n-1} \\ D_x(x^{-n}) &= -x^{-n} - x^{-n+1} - \cdots - x^{-1}. \end{align*}

d) Soit εA\varepsilon_A l’homomorphisme canonique de A(X)A(X) sur KK. Montrer que tout élément uu de A(X)A(X) s’écrit de façon unique sous la forme

u=εA(u)+∑x∈Xdx(u)⋅x, u = \varepsilon_A(u) + \sum_{x \in X} d_x(u) \cdot x,

avec dx(u)∈A(X)d_x(u) \in A(X), les dx(u)d_x(u) étant nuls sauf un nombre fini d’entre eux. Montrer que dx:u↦dx(u)d_x : u \mapsto d_x(u) est un endomorphisme de A(X)A(X) qui se prolonge par continuité à A^(X)\hat{A}(X), et jouit de propriétés analogues à (i), (ii), (iii) ci-dessus. Montrer que dx∘g~=g~∘Dxd_x \circ \tilde{g} = \tilde{g} \circ D_x, où g~\tilde{g} est l’homomorphisme de K[F]K[F] dans A^(X)\hat{A}(X) qui prolonge gg (cf. exerc. 1).1^1

Solution

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