Soit G un groupe, soit K[G] son algèbre sur K, et soit I son idéal d’augmentation (§4, exerc. 6). On note ε l’homomorphisme canonique de K[G] sur K; on a Ker(ε)=I. a) Soit M un K[G]-module à gauche, et soit Z(G,M) le groupe des homomorphismes croisés de G dans M (A, I, p. 135, exerc. 7). Si f∈HomK[G](I,M), soit f1 l’application g↦f(g−1) de G dans M. Montrer que f1 est un homomorphisme croisé (utiliser l’identité gg′−1=g(g′−1)+g−1 pour montrer que f1(gg′)=g.f1(g′)+f1(g)), et que f↦f1 est un isomorphisme de HomK[G](I,M) sur Z(G,M). b) On prend pour G le groupe libre F=F(X). Montrer que, pour toute application θ:X→M, il existe un élément fθ de Z(F,M) et un seul qui prolonge θ. (Utiliser l’interprétation de Z(F,M) en termes de produit semi-direct de F par M, cf. A, I, loc. cit.) En déduire, grâce à a), que la famille (x−1)x∈X est une base de I comme K[F]-module à gauche. c) D’après b), tout élément u∈K[F] s’écrit de manière unique sous la forme
u=ε(u)+x∈X∑Dx(u)(x−1), avec
Dx(u)∈K[F], les
Dx(u) étant nuls sauf un nombre fini d’entre eux. L’application
u↦Dx(u) s’appelle la dérivée partielle par rapport à x. Elle est caractérisée par les propriétés suivantes: (i)
Dx est une application K-linéaire de
K[F] dans
K[F]. (ii)
Dx(uv)=u.Dx(v)+ε(v).Dx(u) pour
u,v dans
K[F]. (iii)
Dx(x)=1 et
Dx(y)=0 si
y∈X−{x}.
EXERCICES
Si n⩾1, on a
Dx(xn)Dx(x−n)=1+x+⋯+xn−1=−x−n−x−n+1−⋯−x−1.
d) Soit εA l’homomorphisme canonique de A(X) sur K. Montrer que tout élément u de A(X) s’écrit de façon unique sous la forme
u=εA(u)+x∈X∑dx(u)⋅x,
avec dx(u)∈A(X), les dx(u) étant nuls sauf un nombre fini d’entre eux. Montrer que dx:u↦dx(u) est un endomorphisme de A(X) qui se prolonge par continuité à A^(X), et jouit de propriétés analogues à (i), (ii), (iii) ci-dessus. Montrer que dx∘g~=g~∘Dx, où g~ est l’homomorphisme de K[F] dans A^(X) qui prolonge g (cf. exerc. 1).1