Bourbaki

§ 10. Le groupe des automorphismes d’un groupe de Lie

Dans ce paragraphe, on suppose que K est de caractéristique zéro.

1. Automorphismes infinitésimaux

Lemme 1

Soient G un groupe de Lie, α un champ de vecteurs sur G. Pour tout g ∈ G, soit β(g) = α(g)g⁻¹ ∈ L(G). Les conditions suivantes sont équivalentes: (i) α est un homomorphisme du groupe G dans le groupe T(G); (ii) quels que soient g, g′ dans G, on a α(gg′) = α(g)g′ + gα(g′); (iii) quels que soient g, g′ dans G on a β(gg′) = β(g) + (Ad g)β(g′).

La condition (i) signifie que, quels que soient g, g′ dans G, on a dans le groupe T(G):

β(g)gβ(g′)g′=β(gg′)gg′ \beta(g)g\beta(g')g' = \beta(gg')gg'
ou
β(g)((Ad g)β(g′))gg′=β(gg′)gg′. \beta(g)((\mathrm{Ad}\ g)\beta(g'))gg' = \beta(gg')gg'.
Or le produit de β(g) et de (Ad g)β(g′) dans T(G) n’est autre que la somme de β(g) et de (Ad g)β(g′) dans L(G) (§ 2, n° 1, prop. 2). Donc (i) ⇔ (iii). D’autre part, la condition (ii) s’écrit β(gg′)gg′ = β(g)gg′ + gβ(g′)g′, ou
β(gg′)=β(g)+(Ad g)β(g′), \beta(gg') = \beta(g) + (\mathrm{Ad}\ g)\beta(g'),
donc (ii) ⇔ (iii).

Définition 1

Soit G un groupe de Lie. On appelle automorphisme infinitésimal de G tout champ de vecteurs analytique sur G vérifiant les conditions du lemme 1.

Lemme 2

Soient K′ un sous-corps fermé non discret de K, A une K′-variété, B et C des K-variétés, f une application K′-analytique de A × B dans C. On suppose que, pour tout a ∈ A, l’application b ↦ f(a, b) de B dans C est K-analytique. Alors, pour tout t ∈ TA, l’application u ↦ (Tf)(t, u) de TB dans TC est K-analytique.

Fixons t ∈ TA, et posons g(u) = (Tf)(t, u). Il est clair que g est K′-analytique. D’après VAR, R, 5.14.6, il suffit de prouver que les applications tangentes à g sont K-linéaires. On peut supposer que A, B, C sont des voisinages ouverts de 0 dans des espaces normables complets E, F, G sur K′, K, K, et que t est tangent à A en 0. Identifions TA, TB, TC, à A × E, B × F, C × G et t à un élément de E. Alors pour tout (x, y) ∈ TB = B × F, on a

g(x,y)=(f(0,x),(D1f)(0,x)(t)+(D2f)(0,x)(y)). g(x, y) = (f(0, x), (D_1f)(0, x)(t) + (D_2f)(0, x)(y)).
Identifions T(B × F) à (B × F) × (F × F) et T(C × G) à (C × G) × (G × G).

Alors, pour tout ((x,y),(h,k))∈T(B×F)=(B×F)×(F×F)((x, y), (h, k)) \in T(B \times F) = (B \times F) \times (F \times F), on a (Tg)((x,y),(h,k))=((a,b),(c,d))(Tg)((x, y), (h, k)) = ((a, b), (c, d)), avec

a=(f(0,x)),b=(D1f)(0,x)(t)+(D2f)(0,x)(y),c=(D2f)(0,x)(h),d=(D2D1f)(0,x)(t,h)+(D2D2f)(0,x)(y,h)+(D2f)(0,x)(k). a = (f(0, x)), b = (D_1 f)(0, x)(t) + (D_2 f)(0, x)(y), \quad c = (D_2 f)(0, x)(h), d = (D_2 D_1 f)(0, x)(t, h) + (D_2 D_2 f)(0, x)(y, h) + (D_2 f)(0, x)(k).
Fixons maintenant (x,y)∈B×F(x, y) \in B \times F. Il s’agit de prouver que l’application (h,k)↦(c,d)(h, k) \mapsto (c, d) de F×FF \times F dans G×GG \times G est K-linéaire. Comme l’application x↦f(0,x)x \mapsto f(0, x) de B dans C est K-analytique, les applications
(h,k)↦(D2f)(0,x)(h),(h,k)↦(D2D2f)(0,x)(y,h),(h,k)↦(D2f)(0,x)(k) (h, k) \mapsto (D_2 f)(0, x)(h), \quad (h, k) \mapsto (D_2 D_2 f)(0, x)(y, h), (h, k) \mapsto (D_2 f)(0, x)(k)
sont K-linéaires. D’autre part
(D2D1f)(0,x)(t,h)=lim⁡λ∈K′,λ→0λ−1((D2f)(λt,x)(h)−(D2f)(0,x)(h)) (D_2 D_1 f)(0, x)(t, h) = \lim_{\lambda \in K', \lambda \to 0} \lambda^{-1}((D_2 f)(\lambda t, x)(h) - (D_2 f)(0, x)(h))
et, pour λ\lambda fixé, l’application x↦f(λt,x)x \mapsto f(\lambda t, x) est K-analytique, de sorte que l’application h↦(D2f)(λt,x)(h)h \mapsto (D_2 f)(\lambda t, x)(h) est K-linéaire.

Proposition 1

Soient K' un sous-corps fermé non discret de K, G un groupe de Lie sur K, V une variété sur K' et (v,g)↦vg(v, g) \mapsto vg une application K'-analytique de V×GV \times G dans G. On suppose que, pour tout v∈Vv \in V, l’application g↦vgg \mapsto vg de G dans G soit un automorphisme de G. Soient ee un élément de V tel que eg=geg = g pour tout g∈Gg \in G, et a∈Te(V)a \in T_e(V). Alors le champ de vecteurs g↦agg \mapsto ag sur G est un automorphisme infinitésimal de G.

Pour v∈Vv \in V, g1∈Gg_1 \in G, g2∈Gg_2 \in G, on a v(g1g2)=(vg1)(vg2)v(g_1 g_2) = (vg_1)(vg_2). Donc, pour u1∈TGu_1 \in TG, u2∈TGu_2 \in TG, on a a(u1u2)=(au1)(au2)a(u_1 u_2) = (au_1)(au_2) (§ 2, n° 1, prop. 3). En particulier, l’application g↦agg \mapsto ag de G dans TG est un homomorphisme de groupes. D’autre part, cette application est analytique d’après le lemme 2.

Proposition 2

Soient G un groupe de Lie réel ou complexe, α\alpha un automorphisme infinitésimal de G. Il existe une loi d’opération analytique (λ,g)↦φλ(g)(\lambda, g) \mapsto \varphi_\lambda(g) de K dans G possédant les propriétés suivantes: 1) si D est la loi d’opération infinitésimale associée, on a D(1)=α;D(1) = \alpha; 2) pour tout λ∈K\lambda \in K, on a φλ∈Aut G\varphi_\lambda \in \mathrm{Aut}\ G. a) Pour tout μ>0\mu > 0, soit KμK_\mu la boule ouverte de centre 0 et de rayon μ\mu dans K. Pour tout g∈Gg \in G, soit Fg\mathscr{F}_g l’ensemble des courbes intégrales analytiques ff de α\alpha définies dans une boule KμK_\mu, et telles que f(0)=gf(0) = g. D’après VAR, R, 9.1.3 et 9.1.5, Fg\mathscr{F}_g est non vide, et deux éléments de Fg\mathscr{F}_g coïncident dans l’intersection de leurs domaines de définition; soit μ(g)\mu(g) la borne supérieure des nombres μ\mu tels qu’il existe un élément de Fg\mathscr{F}_g défini dans KμK_\mu; il existe un élément unique de Fg\mathscr{F}_g défini dans Kμ(g)K_{\mu(g)}; nous le noterons fgf_g.

b) Soient g1,g2g_1, g_2 dans GG, f1∈Fg1,f2∈Fg2f_1 \in \mathscr{F}_{g_1}, f_2 \in \mathscr{F}_{g_2}, avec f1f_1 et f2f_2 définies dans une même boule KμK_\mu. Alors f1f2:Kμ→Gf_1 f_2 : K_\mu \to G est analytique, et (f1f2)(0)=g1g2(f_1 f_2)(0) = g_1 g_2. D’autre part, pour tout λ∈Kμ\lambda \in K_\mu, on a

(Tλ(f1f2))1=(Tλf1)1⋅f2(λ)+f1(λ)⋅(Tλf2)1(§2,prop. 7) (T_\lambda(f_1 f_2))1 = (T_\lambda f_1)1 \cdot f_2(\lambda) + f_1(\lambda) \cdot (T_\lambda f_2)1 \quad (§ 2, \text{prop. 7})
=α(f1(λ))f2(λ)+f1(λ)α(f2(λ)) = \alpha(f_1(\lambda)) f_2(\lambda) + f_1(\lambda) \alpha(f_2(\lambda))
=α((f1f2)(λ))(lemme 1) = \alpha((f_1 f_2)(\lambda)) \tag{\text{lemme 1}}
donc f1f2∈Fg1g2f_1 f_2 \in \mathscr{F}_{g_1 g_2}. Cela prouve que μ(g1g2)≥inf⁡(μ(g1),μ(g2))\mu(g_1 g_2) \geq \inf (\mu(g_1), \mu(g_2)).

c) D’après VAR, R, 9.1.4 et 9.1.5, il existe un voisinage VV de ee dans GG tel que σ=inf⁡g∈Vμ(g)>0\sigma = \inf_{g \in V} \mu(g) > 0. Soient h∈Gh \in G et CC sa composante connexe. Pour tout h′∈Ch' \in C, on a μ(h′)≥inf⁡(σ,μ(h))>0\mu(h') \geq \inf (\sigma, \mu(h)) > 0 d’après b). D’autre part, les fonctions fh′f_{h'}, pour h′∈Ch' \in C, prennent leurs valeurs dans CC. D’après VAR, R 9.1.4 et 9.1.5, on a μ=+∞\mu = +\infty dans CC, et finalement μ=+∞\mu = +\infty dans GG. Posons alors fg(λ)=φλ(g)f_g(\lambda) = \varphi_\lambda(g) pour tout g∈Gg \in G et tout λ∈K\lambda \in K. D’après VAR, R, 9.1.4 et 9.1.5, l’application (λ,g)↦φλ(g)(\lambda, g) \mapsto \varphi_\lambda(g) est une loi d’opération analytique de KK dans GG. Il est clair que, si DD est la loi d’opération infinitésimale associée, on a D(1)=αD(1) = \alpha. D’après b), on a

φλ(g1g2)=φλ(g1)φλ(g2) \varphi_\lambda(g_1 g_2) = \varphi_\lambda(g_1) \varphi_\lambda(g_2)
quels que soient λ∈K,g1∈G,g2∈G\lambda \in K, g_1 \in G, g_2 \in G.

Proposition 3

On suppose K ultramétrique. Soient G un groupe de Lie compact, α\alpha un automorphisme infinitésimal de G. Il existe un sous-groupe ouvert I de K et une loi d’opération analytique (λ,g)↦φλ(g)(\lambda, g) \mapsto \varphi_\lambda(g) de I dans G possédant les propriétés suivantes: 1) *si D est la loi d’opération infinitésimale associée, on a D(1)=αD(1) = \alpha; 2) *pour tout λ∈I\lambda \in I, on a φλ∈Aut G\varphi_\lambda \in \mathrm{Aut}\, G. Comme G est compact, il existe un sous-groupe ouvert I’ de K et une loi d’opération analytique (λ,g)↦φλ(g)(\lambda, g) \mapsto \varphi_\lambda(g) de I’ dans G possédant la propriété 1 de la proposition (§ 4, n° 7, cor. 2 du th. 6). Posons φλ(g)=fg(λ)\varphi_\lambda(g) = f_g(\lambda) pour λ∈I′\lambda \in I' et g∈Gg \in G. On a, pour g1,g2g_1, g_2 dans GG et λ∈I′\lambda \in I',

(Tλ(fg1fg2))1=(Tλfg1)1⋅fg2(λ)+fg1(λ)⋅(Tλfg2)1 (T_\lambda(f_{g_1} f_{g_2}))1 = (T_\lambda f_{g_1})1 \cdot f_{g_2}(\lambda) + f_{g_1}(\lambda) \cdot (T_\lambda f_{g_2})1
=α(fg1(λ))fg2(λ)+fg1(λ)α(fg2(λ)) = \alpha(f_{g_1}(\lambda)) f_{g_2}(\lambda) + f_{g_1}(\lambda) \alpha(f_{g_2}(\lambda))
=α(fg1(λ)fg2(λ)) = \alpha(f_{g_1}(\lambda) f_{g_2}(\lambda))
et (fg1fg2)(0)=g1g2=fg1g2(0)(f_{g_1} f_{g_2})(0) = g_1 g_2 = f_{g_1 g_2}(0). Donc fg1′g2′(λ)=fg1′(λ)fg2′(λ)f_{g'_1 g'_2}(\lambda) = f_{g'_1}(\lambda) f_{g'_2}(\lambda) pour (g1′,g2′,λ)(g'_1, g'_2, \lambda) dans un voisinage de (g1,g2,0)(g_1, g_2, 0) (VAR, R, 9.1.8). Comme G est compact, il existe un sous-groupe ouvert I de I’ tel que fg1g2(λ)=fg1(λ)fg2(λ)f_{g_1 g_2}(\lambda) = f_{g_1}(\lambda) f_{g_2}(\lambda) quels que soient g1∈G,g2∈G,λ∈Ig_1 \in G, g_2 \in G, \lambda \in I. Autrement dit, φλ∈Aut G\varphi_\lambda \in \mathrm{Aut}\, G pour λ∈I\lambda \in I.

Lemme 3

Soient G et G’ des groupes de Lie, φ\varphi un homomorphisme de G dans Aut (G’). Posons f(g,g′)=(φ(g))(g′)f(g, g') = (\varphi(g))(g') pour g∈G,g′∈G′g \in G, g' \in G'. Considérons les conditions suivantes:

(i) ff est analytique ; (ii) ff est analytique dans un voisinage de (eG,eG′)(e_G, e_{G'}); (iii) pour tout g′∈G′g' \in G', l’application g↦f(g,g′)g \mapsto f(g, g') est analytique. Alors (i) ⇔((ii) et (iii))\Leftrightarrow ((\text{ii}) \text{ et } (\text{iii})). Si G′G' est connexe, on a (i) ⇔\Leftrightarrow (ii). Il est clair que (i) implique (ii) et (iii). Soient g0∈G,g0′∈G′g_0 \in G, g'_0 \in G'. Quels que soient g∈G,g′∈G′g \in G, g' \in G', on a

f(gg0,g′g0′)=(φ(g)φ(g0))(g′g0′)=φ(g)(φ(g0)g′)⋅φ(g)(φ(g0)g0′). f(gg_0, g'g'_0) = (\varphi(g)\varphi(g_0))(g'g'_0) = \varphi(g)(\varphi(g_0)g') \cdot \varphi(g)(\varphi(g_0)g'_0).
Cela prouve l’implication ((ii) et (iii)) ⇒\Rightarrow (i). Enfin, si G′G' est connexe, G′G' est engendré par tout voisinage de eG′e_{G'}, donc (ii) ⇒\Rightarrow (iii).

2. Le groupe des automorphismes d’un groupe de Lie (cas réel ou complexe)

Dans ce n°, on suppose K=RK = \mathbf{R} ou C\mathbf{C}.

Lemme 4

Soit HH un groupe de Lie simplement connexe de dimension finie. (i) Pour tout u∈Aut L(H)u \in \mathrm{Aut}\ L(H), soit θ(u)\theta(u) l’unique automorphisme de HH tel que L(θ(u))=uL(\theta(u)) = u. Alors l’application (u,g)↦θ(u)g(u, g) \mapsto \theta(u)g de (Aut L(H))×H(\mathrm{Aut}\ L(H)) \times H dans HH est analytique. (ii) Soient NN un sous-groupe de Lie de HH, et Aut(H,N)\mathrm{Aut}(H, N) l’ensemble des v∈Aut Hv \in \mathrm{Aut}\ H tels que v(N)=Nv(N) = N. Alors θ−1(Aut(H,N))\theta^{-1}(\mathrm{Aut}(H, N)) est un sous-groupe de Lie de Aut L(H)\mathrm{Aut}\ L(H). (iii) Supposons NN distingué discret, de sorte que l’algèbre de Lie de G=H/NG = H/N s’identifie à L(H)L(H). Pour tout w∈Aut Gw \in \mathrm{Aut}\ G, soit η(w)\eta(w) l’unique automorphisme de HH tel que L(η(w))=L(w)L(\eta(w)) = L(w). Alors l’application η\eta est un isomorphisme du groupe Aut G\mathrm{Aut}\ G sur le groupe Aut(H,N)\mathrm{Aut}(H, N).

Pour prouver (i), il suffit, d’après le lemme 3 du n° 1, de vérifier que l’application (u,g)↦θ(u)g(u, g) \mapsto \theta(u)g est analytique dans un voisinage de (IdL(H),e)(\mathrm{Id}_{L(H)}, e). Il existe un voisinage ouvert BB de 0 dans L(H)L(H) tel que ψ=exp⁡H∣B\psi = \exp_H|B soit un isomorphisme analytique de BB sur un voisinage ouvert de ee dans HH. Il existe un voisinage ouvert UU de IdL(H)\mathrm{Id}_{L(H)} dans Aut L(H)\mathrm{Aut}\ L(H), et un voisinage ouvert B′B' de 0 dans L(H)L(H), tels que U(B′)⊂BU(B') \subset B. Alors l’application (u,g)↦θ(u)g(u, g) \mapsto \theta(u)g de U×ψ(B′)U \times \psi(B') dans HH est composée des applications suivantes: l’application(u,g)↦(u,ψ−1(g))(u, g) \mapsto (u, \psi^{-1}(g)) de U×ψ(B′)U \times \psi(B') dans U×B′U \times B'; l’application (u,x)↦u(x)(u, x) \mapsto u(x) de U×B′U \times B' dans BB; l’application y↦ψ(y)y \mapsto \psi(y) de BB dans GG.

Donc cette application est analytique.

Soit pp l’application canonique de HH dans l’espace homogène H/NH/N. Alors θ−1(Aut (H,N))\theta^{-1}(\mathrm{Aut}\ (H, N)) est l’ensemble des u∈Aut L(H)u \in \mathrm{Aut}\ L(H) tels que

p(θ(u)g)=p(e),p(θ(u−1)g)=p(e) p(\theta(u)g) = p(e), \qquad p(\theta(u^{-1})g) = p(e)
pour tout g∈Ng \in N. Compte tenu du § 8, n° 2, th. 2 et cor. 2 du th. 2, cela prouve (ii).

Supposons N distingué discret. Soit w∈Aut Gw \in \mathrm{Aut}\ G. On a

L(p∘η(w))=L(η(w))=L(w)=L(w∘p) L(p \circ \eta(w)) = L(\eta(w)) = L(w) = L(w \circ p)
donc p∘η(w)=w∘pp \circ \eta(w) = w \circ p et par suite η(w)∈Aut(H,N)\eta(w) \in \mathrm{Aut}(H, N). Il est clair que l’application η\eta de Aut G\mathrm{Aut}\ G dans Aut(H,N)\mathrm{Aut}(H, N) est un homomorphisme injectif. Cet homomorphisme est surjectif parce que p:H→Gp : H \to G est une submersion. C.Q.F.D.

Soient G un groupe localement compact, Γ\Gamma le groupe des automorphismes de G. Rappelons qu’on a défini sur Γ\Gamma la topologie Tβ\mathscr{T}_\beta (TG, X, § 3, no 5). C’est la topologie la moins fine rendant continues les applications v↦vv \mapsto v et v↦v−1v \mapsto v^{-1} de Γ\Gamma dans Cc(G;G)\mathscr{C}_c(G;G) (espace des applications continues de G dans G muni de la topologie de la convergence compacte). La topologie Tβ\mathscr{T}_\beta est compatible avec la structure de groupe de Γ\Gamma (loc. cit.). Pour toute partie compacte L de G et tout voisinage U de eGe_G dans G, soit N(L,U)N(L, U) l’ensemble des φ∈Γ\varphi \in \Gamma tels que φ(g)∈gU\varphi(g) \in gU et φ−1(g)∈gU\varphi^{-1}(g) \in gU pour tout g∈Lg \in L; alors les N(L,U)N(L, U) forment un système fondamental de voisinages de eΓe_\Gamma. Si G est engendré par une partie compacte C, la topologie Tβ\mathscr{T}_\beta est aussi la topologie la moins fine pour laquelle les applications v↦v∣Cv \mapsto v|C et v↦v−1∣Cv \mapsto v^{-1}|C de Γ\Gamma dans Cu(C;G)\mathscr{C}_u(C;G) soient continues (car toute partie compacte de G est contenue dans (C∪C−1)n(C \cup C^{-1})^n pour n assez grand). Si K est localement compact et si V est un espace vectoriel de dimension finie sur K, la topologie Tβ\mathscr{T}_\beta sur GL(V)\mathbf{GL}(V) n’est autre que la topologie usuelle.

Théorème 1

Soient G un groupe de Lie de dimension finie, G0G_0 sa composante neutre. On suppose que G est engendré par G0G_0 et par un nombre fini d’éléments.* (i) Il existe sur Aut G une structure de variété analytique et une seule vérifiant la condition suivante: (AUT) pour toute variété analytique M et toute application f de M dans Aut G, f est analytique si et seulement si l’application (m,g)↦f(m)g(m, g) \mapsto f(m)g de M×GM \times G dans G est analytique. On suppose dans la suite de l’énoncé Aut G muni de cette structure. (ii) Aut G est un groupe de Lie de dimension finie. (iii) Le morphisme φ:u↦L(u)\varphi : u \mapsto L(u) de Aut G dans Aut L(G) est analytique. (iv) Si G est connexe, φ\varphi est un isomorphisme du groupe de Lie Aut G sur un sous-groupe de Lie de Aut L(G); ce sous-groupe de Lie est égal à Aut L(G) si G est simplement connexe. (v) Soit a l’ensemble des automorphismes infinitésimaux de G. Alors a est une algèbre de Lie de champs de vecteurs, et la loi d’opération infinitésimale associée à l’application (u,g)↦u(g)(u, g) \mapsto u(g) de (Aut G)×G(\mathrm{Aut}\ G) \times G dans G est un isomorphisme de L(Aut G)L(\mathrm{Aut}\ G) sur a. (vi) La topologie du groupe de Lie Aut G est la topologie Tβ\mathscr{T}_\beta. a) L’unicité de la structure analytique envisagée dans (i) est évidente. b) Supposons G connexe. Soient H le revêtement universel de G, pp le morphisme canonique de H sur G, et N=Ker pN = \mathrm{Ker}\ p. Introduisons les notations θ,η\theta, \eta et

Aut(H, N) du lemme 4. Transportons à Aut H, grâce à θ, la structure de groupe de Lie de Aut L(G). Alors Aut H devient un groupe de Lie de dimension finie, et Aut(H, N) un sous-groupe de Lie de Aut H (lemme 4 (ii)). Transportons à Aut G, grâce à η⁻¹, la structure de groupe de Lie de Aut(H, N). Alors Aut G devient un groupe de Lie de dimension finie. Les propriétés (ii), (iii), (iv) du théorème sont vérifiées, et l’application (u, g) ↦ u(g) de (Aut G) × G dans G est analytique (lemme 4 (i)). Soient M une variété analytique, f une application de M dans Aut G, et φ l’application (m, g) ↦ f(m)g de M × G dans G. Il est clair que, si f est analytique, φ est analytique. Supposons φ analytique. Alors l’application Tφ : TM × TG → TG est analytique; sa restriction à M × L(G), c’est-à-dire l’application (m, x) ↦ L(f(m))x de M × L(G) dans L(G), est donc analytique; comme L(G) est de dimension finie, il en résulte que l’application m ↦ L(f(m)) de M dans Aut L(G) est analytique, donc que f est analytique. Ainsi, (i) est vérifié.

Munissons L(G) d’une norme. Pour tout λ > 0, soit B_λ la boule ouverte de centre 0 et de rayon λ dans L(G). Choisissons λ > 0 assez petit pour que ψ = exp_G|B_λ soit un isomorphisme de la variété analytique B_λ sur la sous-variété ouverte ψ(B_λ) de G. Soit Φ un filtre sur Aut G. Pour que Φ converge vers Id_G dans Aut G, il faut et il suffit que L(Φ) converge vers Id_{L(G)} dans Aut L(G), donc que L(Φ)|B_{λ/2} et L(Φ)⁻¹|B_{λ/2} convergent uniformément vers Id_{B_{λ/2}}. Cette condition entraîne que Φ|ψ(B_{λ/2}) et Φ⁻¹|ψ(B_{λ/2}) convergent uniformément vers Id_{ψ(B_{λ/2})}. Réciproquement, supposons que Φ|ψ(B_{λ/2}) converge uniformément vers Id_{ψ(B_{λ/2})}. Il existe un M ∈ Φ tel que, si u ∈ M, on ait u(ψ(B_{λ/2})) ⊂ ψ(B_{2λ/3}); alors L(u)(B_{λ/2}) est une partie connexe de L(G) dont l’image par exp_G est contenue dans ψ(B_{2λ/3}), donc L(u)(B_{λ/2}) ne rencontre pas B_λ − B_{2λ/3}, et par suite L(u)(B_{λ/2}) ⊂ B_λ; alors l’hypothèse que Φ|ψ(B_{λ/2}) converge uniformément vers Id_{ψ(B_{λ/2})} entraîne que L(Φ)|B_{λ/2} converge uniformément vers Id_{B_{λ/2}}. On déduit de là que:

(Φ converge vers Id_G dans Aut G) ⇔ (Φ converge vers Id_G pour T\mathscr{T}_β).

Cela prouve (vi).

Soit D la loi d’opération infinitésimale associée à la loi d’opération à gauche de Aut(G) dans G. D’après les prop. 1 et 2 du n° 1, on a D(L(Aut G)) = a. Donc a est une algèbre de Lie de champs de vecteurs et D est un morphisme de L(Aut G) sur a. Soient x₁ et x₂ des éléments de L(Aut G) tels que D(x₁) = D(x₂). Alors les lois d’opération (λ, g) ↦ (exp λx₁)g et (λ, g) ↦ (exp λx₂)g de K dans G ont même loi d’opération infinitésimale associée; donc, pour |λ| assez petit, exp λx₁ et exp λx₂ coïncident dans un voisinage de e (§ 4, n° 7, th. 6), d’où exp λx₁ = exp λx₂. On en déduit que x₁ = x₂, donc que D est un isomorphisme de L(Aut G) sur a.

Le théorème est ainsi entièrement démontré pour G connexe.

c) Passons au cas général. Par hypothèse, G est engendré par G₀ et un nombre fini d’éléments x₁, x₂, ..., xₙ. Tout u ∈ Aut G laisse stable G₀. Soit Aut₁ G l’ensemble des u ∈ Aut G qui, par passage au quotient, donnent l’automorphisme identique de G/G0G/G_0. C’est un sous-groupe distingué de Aut GG. D’après la partie b) de la démonstration, Aut G0G_0 est canoniquement muni d’une structure de groupe de Lie, et l’application (g1,g2,…,gn,u)↦(ug1,ug2,…,ugn)(g_1, g_2, \ldots, g_n, u) \mapsto (u g_1, u g_2, \ldots, u g_n) de G0n×Aut G0G_0^n \times \mathrm{Aut}\ G_0 dans G0nG_0^n est analytique. Soit PP le produit semi-direct correspondant de Aut G0G_0 par G0nG_0^n; c’est un groupe de Lie (§1§ 1, n° 4, prop. 7), de dimension finie.

Si w∈Aut1Gw \in \mathrm{Aut}_1 G, nous poserons

w0=w∣G0∈Aut G0wi=xi−1w(xi)∈G0(1≤i≤n)ζ(w)=((w1,…,wn),w0)∈P. w_0 = w|_{G_0} \in \mathrm{Aut}\ G_0 \\ w_i = x_i^{-1} w(x_i) \in G_0 \qquad (1 \leq i \leq n) \\ \zeta(w) = ((w_1, \ldots, w_n), w_0) \in P.
Quels que soient w,w′w, w' dans Aut1G\mathrm{Aut}_1 G, on a
ζ(w)ζ(w′)=((w1,…,wn)(w0(w1′),…,w0(wn′)),w0w0′)=((w1w0(w1′),…,wnw0(wn′)),w0w0′)=((x1−1w(x1)w(x1−1w′(x1)),…,xn−1w(xn)w(xn−1w′(xn))),w0w0′)=(((www′)1,…,(www′)n),(www′)0)=ζ(www′), \begin{align*} \zeta(w) \zeta(w') &= ((w_1, \ldots, w_n)(w_0(w'_1), \ldots, w_0(w'_n)), w_0 w'_0) \\ &= ((w_1 w_0(w'_1), \ldots, w_n w_0(w'_n)), w_0 w'_0) \\ &= ((x_1^{-1} w(x_1) w(x_1^{-1} w'(x_1)), \ldots, x_n^{-1} w(x_n) w(x_n^{-1} w'(x_n))), w_0 w'_0) \\ &= (((w w w')_1, \ldots, (w w w')_n), (w w w')_0) \\ &= \zeta(w w w'), \end{align*}
donc ζ\zeta est un homomorphisme de Aut1G\mathrm{Aut}_1 G dans PP. Cet homomorphisme est évidemment injectif.

Montrons que ζ(Aut1G)\zeta(\mathrm{Aut}_1 G) est fermé dans PP. Soit Φ\Phi un filtre sur Aut1G\mathrm{Aut}_1 G tel que ζ(Φ)\zeta(\Phi) converge vers un point ((w1,…,wn),w0)((w_1, \ldots, w_n), w_0) de PP. Alors Φ\Phi converge simplement vers une application vv de GG dans GG. Il est clair que vv est un endomorphisme du groupe GG. En outre, vv laisse stable chaque classe suivant G0G_0, et v∣G0=w0v|_{G_0} = w_0. Il en résulte que v∈Aut1Gv \in \mathrm{Aut}_1 G. Comme ζ(v)=((w1,…,wn),w0)\zeta(v) = ((w_1, \ldots, w_n), w_0), on a bien montré que ζ(Aut1G)\zeta(\mathrm{Aut}_1 G) est fermé dans PP.

d) Dans la partie d) de la démonstration, on suppose que K=RK = \mathbf{R}. D’après le §8§ 8, n° 2, th. 2, ζ(Aut1G)\zeta(\mathrm{Aut}_1 G) est un sous-groupe de Lie de PP. Transportons la structure de groupe de Lie réel de ζ(Aut1G)\zeta(\mathrm{Aut}_1 G) à Aut1G\mathrm{Aut}_1 G grâce à ζ−1\zeta^{-1}. Ainsi, Aut1G\mathrm{Aut}_1 G devient un groupe de Lie de dimension finie.

Soient MM une variété analytique, ff une application de MM dans Aut1G\mathrm{Aut}_1 G, et φ\varphi l’application (m,g)↦f(m)g(m, g) \mapsto f(m) g de M×GM \times G dans GG. On a les équivalences suivantes: ff analytique

⇔les applications m↦(f(m))i,ouˋ 0≤i≤n, sont analytiques⇔{les applications m↦f(m)xi de M dans G, pour 1≤i≤n, sont analytiquesetl’application (m,g)↦f(m)g de M×G0 dans G est analytique⇔φ est analytique. \Leftrightarrow \text{les applications } m \mapsto (f(m))_i, \text{où } 0 \leq i \leq n, \text{ sont analytiques} \Leftrightarrow \left\{\begin{array}{l} \text{les applications } m \mapsto f(m)x_i \text{ de } M \text{ dans } G, \text{ pour } 1 \leq i \leq n, \text{ sont analytiques} \\ \text{et} \\ \text{l'application } (m, g) \mapsto f(m)g \text{ de } M \times G_0 \text{ dans } G \text{ est analytique} \end{array}\right. \Leftrightarrow \varphi \text{ est analytique.}
Pour w∈Aut1Gw \in \mathrm{Aut}_1 G, on a L(w)=L(w0)L(w) = L(w_0), donc le morphisme w↦L(w)w \mapsto L(w) de Aut1G\mathrm{Aut}_1 G dans Aut L(G)\mathrm{Aut}\ L(G) est analytique. On voit comme dans b) que la loi d’opération infinitésimale associée à la loi d’opération de Aut1G\mathrm{Aut}_1 G dans GG est un isomorphisme de L(Aut1G)L(\mathrm{Aut}_1 G) sur aa.

Soit C une partie compacte de G_0 engendrant G_0. Pour qu’un filtre Φ converge vers Id_G dans Aut_1 G, il faut et il suffit que Φ|(C ∪ {x_1} ∪ … ∪ {x_n}) et Φ^{-1}|(C ∪ {x_1} ∪ … ∪ {x_n}) convergent uniformément vers

IdG∣(C∪{x1}∪…∪{xn}). \mathrm{Id}_G|(C \cup \{x_1\} \cup \ldots \cup \{x_n\}).

La topologie de Aut_1 G est donc la topologie Tβ\mathscr{T}_\beta.

Il est clair que Aut_1 G est ouvert dans Aut G pour la topologie Tβ\mathscr{T}_\beta. Il existe sur Aut G une structure de groupe de Lie compatible avec cette topologie et induisant sur Aut_1 G la structure précédemment construite (§ 8, n° 1, cor. 2 du th. 1). Le fait que le groupe de Lie Aut G possède les propriétés du théorème résulte des propriétés correspondantes de Aut_1 G.

e) Dans la partie e) de la démonstration, on suppose que K = C. D’après c) et le th. 2 du § 8, n° 2, il existe sur Aut_1 G une structure de groupe de Lie réel telle que ζ\zeta soit un isomorphisme de Aut_1 G sur un sous-groupe de Lie réel de P.

La loi d’opération (w,g)↦wg(w, g) \mapsto wg de (Aut1G)×G(\mathrm{Aut}_1 G) \times G dans G est analytique réelle. Soit D la loi d’opération infinitésimale associée. D’après les prop. 1 et 2 du n° 1, on a D(L(Aut1G))=αD(\mathrm{L}(\mathrm{Aut}_1 G)) = \alpha.

Pour tout α∈α\alpha \in \alpha, notons α0\alpha_0 la restriction de α\alpha à G0G_0; c’est un automorphisme infinitésimal de G0G_0 que nous identifions, grâce à la partie b) de la démonstration, à un élément de L(Aut G0)\mathrm{L}(\mathrm{Aut}\ G_0). Pour 1≤i≤n1 \leq i \leq n, posons

αi=xi−1α(xi)∈L(G)=L(G0). \alpha_i = x_i^{-1} \alpha(x_i) \in \mathrm{L}(G) = \mathrm{L}(G_0).

Enfin, posons f(α)=((α1,…,αn),α0)∈L(P)f(\alpha) = ((\alpha_1, \ldots, \alpha_n), \alpha_0) \in \mathrm{L}(P). Alors ff est une application C\mathbf{C}-linéaire de α\alpha dans L(P)\mathrm{L}(P).

D’autre part, il est clair que L(ζ)=f∘D\mathrm{L}(\zeta) = f \circ D. Donc L(ζ)(L(Aut1G))=f(α)\mathrm{L}(\zeta)(\mathrm{L}(\mathrm{Aut}_1 G)) = f(\alpha) est un sous-espace vectoriel complexe de L(P)\mathrm{L}(P). D’après la prop. 2 du § 4, n° 2, ζ(Aut1G)\zeta(\mathrm{Aut}_1 G) est un sous-groupe de Lie complexe de P, et on peut alors procéder exactement comme dans d) : on transporte la structure de groupe de Lie complexe de ζ(Aut1G)\zeta(\mathrm{Aut}_1 G) à Aut1G\mathrm{Aut}_1 G grâce à ζ−1\zeta^{-1}, et on voit comme dans d) que Aut1G\mathrm{Aut}_1 G possède les propriétés analogues aux propriétés (i), (ii), (iii), (v), (vi) du théorème.

Il est clair que Aut1G\mathrm{Aut}_1 G est ouvert dans Aut G pour la topologie Tβ\mathscr{T}_\beta. Soit w∈Aut Gw \in \mathrm{Aut}\ G. Soit σ\sigma l’automorphisme v↦wvw−1v \mapsto wvw^{-1} de Aut1G\mathrm{Aut}_1 G. Il est analytique réel (§ 8, n° 1, th. 1), L(σ)\mathrm{L}(\sigma) est un R\mathbf{R}-automorphisme de L(Aut1G)\mathrm{L}(\mathrm{Aut}_1 G), et D∘L(Aut1G)∘D−1D \circ \mathrm{L}(\mathrm{Aut}_1 G) \circ D^{-1} est un R\mathbf{R}-automorphisme de α\alpha. Cet automorphisme est aussi l’automorphisme de α\alpha déduit de ww par transport de structure; comme ww est K-analytique, on voit que L(σ)\mathrm{L}(\sigma) est K-linéaire. Donc σ\sigma est K-analytique (§ 3, n° 8, prop. 32). D’après le § 1, n° 9, prop. 18, il existe sur Aut G une structure de K-groupe de Lie et une seule telle que Aut1G\mathrm{Aut}_1 G soit un sous-groupe de Lie ouvert de Aut G. Le fait que cette structure possède les propriétés du théorème résulte des propriétés correspondantes de Aut1G\mathrm{Aut}_1 G.

Corollaire 1

Soient G un groupe de Lie réel de dimension finie, G0G_0 sa composante neutre. On suppose que G est engendré par G0G_0 et par un nombre fini d’éléments. Alors Aut G, muni de la topologie Tβ\mathscr{T}_\beta, est un groupe de Lie réel de dimension finie.

Corollaire 2

Soit G un groupe de Lie réel ou complexe connexe semi-simple. Le groupe Int G est la composante neutre de Aut G.

L’application u↦L(u)u \mapsto L(u) est un isomorphisme de Aut G sur un sous-groupe de Lie de Aut L(G) (th. 1). L’image de Int G par cet isomorphisme est Ad G. Or Ad G est la composante neutre de Aut L(G) (§ 9, n° 8, prop. 30 (ii)).

3. Le groupe des automorphismes d’un groupe de Lie (cas ultramétrique)

Théorème 2

Lorsque K est ultramétrique localement compact et que G est un groupe de Lie compact, les assertions (i), (ii), (iii), (v), (vi) du th. 1 sont vraies.

a) L’unicité de la structure analytique envisagée dans (i) est évidente.

b) Supposons que G soit le groupe de Lie défini par une algèbre de Lie normée L. Ainsi, G est une boule ouverte et fermée dans L. Soit w∈Aut Gw \in \mathrm{Aut}\, G. Alors L(w)L(w) coïncide avec ww au voisinage de 0. Soit x∈Gx \in G. Soit pp la caractéristique du corps résiduel. Alors pnxp^n x tend vers 0 quand nn tend vers +∞+\infty. Il existe donc nn tel que w(pnx)=L(w)(pnx)w(p^n x) = L(w)(p^n x). Par suite

pnw(x)=w(x)pn=w(xpn)=w(pnx)=L(w)(pnx)=pnL(w)(x) p^n w(x) = w(x)^{p^n} = w(x^{p^n}) = w(p^n x) = L(w)(p^n x) = p^n L(w)(x)
d’où w(x)=L(w)(x)w(x) = L(w)(x). Ainsi, w=L(w)∣Gw = L(w)|G.

Soit Γ\Gamma l’ensemble des γ∈Aut L(G)\gamma \in \mathrm{Aut}\, L(G) tels que γ(G)=G\gamma(G) = G. Comme G est ouvert et compact dans L(G)L(G), Γ\Gamma est un sous-groupe ouvert de Aut L(G)\mathrm{Aut}\, L(G). D’après ce qui précède, Aut G s’identifie à Γ\Gamma, d’où une structure de groupe de Lie sur Aut G, pour laquelle les propriétés (i), (ii), (iii), (vi) du th. 1 sont évidentes. La propriété (v) résulte des prop. 1 et 3 du n° 1.

c) Passons au cas général. D’après le § 7, n° 1, prop. 1, il existe un sous-groupe ouvert et compact G0G_0 de G qui est du type envisagé en b). Alors G est engendré par G0G_0 et un nombre fini d’éléments x1,x2,…,xnx_1, x_2, \ldots, x_n. Soit Aut1 G\mathrm{Aut}_1\, G l’ensemble des u∈Aut Gu \in \mathrm{Aut}\, G tels que u(G0)=G0, u(xiG0)=xiG0u(G_0) = G_0,\ u(x_i G_0) = x_i G_0 pour 1≤i≤n1 \leq i \leq n. On définit, comme dans la démonstration du th. 1, partie c), un produit semi-direct P de Aut G0\mathrm{Aut}\, G_0 par G0nG_0^n, et un homomorphisme injectif ζ\zeta de Aut1 G\mathrm{Aut}_1\, G dans P, dont l’image est fermée dans P.

d), e) : on raisonne exactement comme dans les parties d), e) de la démonstration du th. 1, en remplaçant R\mathbf{R} par Qp\mathbf{Q}_p et en utilisant la prop. 3 au lieu de la prop. 2.

Remarque

Si K=QpK = \mathbf{Q}_p, et si le groupe de Lie G est engendré par une partie compacte (cf. exerc. 2), les assertions (i), (ii), (iii), (vi) du th. 1 sont encore vraies, mais non (v) (exerc. 3).

Exercices

See the exercises for § 10.

Transcribed from the printed volume. Not translated.