Bourbaki marks this one as harder than the rest.
Dans cet exercice, l désigne un nombre premier =2. Si a est un entier =0, on note vl(a) la valuation l-adique de a, i.e. le plus grand entier e tel que a≡0(modle).
a) Soit m un entier ⩾1. On pose
ε(l,m)=0si m≡0(mod(l−1)) ε(l,m)=vl(l−1m)+1si m≡0(mod(l−1)).
Montrer que, si x est un entier premier à l, on a
vl(xm−1)⩾ε(l,m) et qu’il y a égalité si l’image de
x dans le groupe cyclique
(Z/l2Z)∗ est un générateur de ce groupe.
b) Soit n un entier ⩾1. On pose
r(l,n)=m=1∑nε(l,m).
Montrer que
r(l,n)=⌊l−1n⌋+⌊l(l−1)n⌋+⌊l2(l−1)n⌋+⋯ où le symbole
[α] désigne la partie entière du nombre réel
α.
Montrer que, si x est un entier premier à l, on a
vl((xn−1)(xn−1−1)…(x−1))⩾r(l,n) et qu’il y a égalité si l’image de
x dans
(Z/l2Z)∗ est un générateur de ce groupe.
c) Les notations étant celles de l’exerc. 5 c), montrer que lr(l,n) est la plus grande puissance de l qui divise tous les an(p), pour p premier =l (ou pour tout p assez grand, cela revient au même). (Utiliser b), appliqué à x=p; choisir ensuite p tel que son image dans (Z/l2Z)∗ soit un générateur de ce groupe, ce qui est possible d’après le théorème de la progression arithmétique.1
d) Soit Γ un sous-groupe fini de GL(n,Q), et soit le la plus grande puissance de l divisant l’ordre de Γ. Montrer que l’on a e⩽r(l,n). (Utiliser l’exerc. 5 pour prouver que le divise tous les an(p), puis appliquer c) ci-dessus.)
e) Inversement, montrer qu’il existe un l-sous-groupe fini Γl,n de GL(n,Q) dont l’ordre est lr(l,n). (Se ramener au cas où n est de la forme la(l−1), avec a⩾0. Décomposer Qn en somme de la copies de Ql−1, et utiliser cette décomposition pour faire opérer sur Qn le produit semi-direct Hl,n du groupe symétrique Sla et du groupe (Z/lZ)la. Prendre pour Γl,n un l-groupe de Sylow de Hl,n.)
Montrer que, si n est pair, Γl,n est contenu dans un conjugué du groupe symplectique Sp(n,Z).
f) Soit Γ un sous-groupe fini de GL(n,Q) qui soit un l-groupe. Montrer que Γ est conjugué d’un sous-groupe de Γl,n. (Montrer d’abord, en utilisant une réduction modulo p convenable, que la réduction de Γ est un sous-groupe fini de la réduction d’un conjugué de Γl,n; puis utiliser le caractère de la représentation de Γ dans Qn.) En particulier, tout sous-groupe de GL(n,Q) d’ordre lr(l,n) est conjugué de Γl,n
1 Pour une démonstration de ce théorème, voir par exemple A. SELBERG, Ann. of Math., t. L (1949), p. 297–304.