Bourbaki marks this one as harder than the rest.
On suppose que la forme x.y=BM(x,y) est \emph{non dégénérée} et que W est \emph{infini}. On identifie E à son dual E∗ au moyen de BM; en particulier, on désigne par (es∗) la base de E duale de la base (es), et par C l’intérieur du cône simplicial C engendré par les es∗. Soit G le groupe orthogonal de BM, et soit μ une mesure de Haar sur G; le groupe G est unimodulaire, et contient W. a) Montrer que, si ν(W∣G)<∞ (où ν est une mesure invariante par G), la forme BM est de signature (n−1,1), avec
n=dim(E)=Card(S), et que l’on a
x.x<0 pour tout
x∈C. (Soit
x∈C tel que
x.x=0, et soit
Lx l’hyperplan orthogonal à
x. Montrer, en utilisant l’exerc. 10, que la restriction de
BM à
Lx est, soit positive, soit négative; le second cas entraînerait que la forme
BM soit de signature
(1,n−1), et l’on montrera que c’est impossible. En déduire que
x.x≤0 pour tout
x∈C, d’où
x.x<0, puisque
C est ouvert.) b) Réciproquement, supposons
BM de signature
(n−1,1) et
x.x<0 pour tout
x∈C (auquel cas on dit que
W, ou
(W,S), ou le graphe de Coxeter correspondant, est \emph{de type hyperbolique}). Soit
H l’ensemble des
x∈E tels que
x.x<0, et soit
H+ la composante connexe de
H contenant
C. Montrer que
H est réunion disjointe de
H+ et de
H−=−H+, et que
H− est contenu dans le cône simplicial engendré par
(es)s∈S (utiliser le fait que
H− est le polaire de
H+). Montrer que
H+ et
H− sont stables par
W. c) On conserve les notations et hypothèses de b). Soit
f la forme linéaire sur
E définie par
f(es)=1 pour tout
s∈S. Si
x∈H, posons
φ(x)=f(x)2/(x.x). Si
PH désigne l’image du cône
H dans l’espace projectif
P(E), la fonction
φ définit une fonction
φ~ sur
PH. Montrer que l’application
φ~:PH→]−∞,0]
EXERCICES
est propre. En déduire que, pour tout x∈H+, les fonctions w↦φ(w.x) et w↦f(w.x) atteignent leur maximum pour une valeur w1 de W (utiliser le fait que G opère proprement sur PH, cf. exerc. 11, et que W est discret dans G); montrer que ces propriétés équivalent à w1(x)∈C. En déduire que C∩H+ est un domaine fondamental pour l’action de W dans H+, et que l’image de ce domaine fondamental dans PH a une mesure finie pour la mesure invariante ν de PH (utiliser l’exerc. 11). En conclure que l’on a ν(W∣G)<∞. Montrer que W∣G est compact si et seulement si C est contenu dans H+, i.e. si es∗.es∗<0 pour tout s∈S (on dit alors que W, ou (W,S), ou le graphe de Coxeter correspondant, est de type hyperbolique compact).