*Soient n un entier ≥1, q une puissance d’un nombre premier, K=Fq, V=Kn, G=GL(n,K) et G1=SL(n,K). On identifie G au groupe GL(V). D’autre part, on note S l’algèbre S(V)=K[X1,…,Xn] et R (resp. R1) la sous-algèbre de S formée des éléments invariants par G (resp. par G1).
a) Soit e=(e1,…,en) une suite d’entiers ≥0. On pose :
Le=det(Xiqej).
C’est un élément de S. Montrer que
g.Le=det(g)Le pour tout g∈G.
(Remarquer que, si g.Xi=∑jaijXj, on a g.Xiqe=∑jaijXjqe.) En particulier, Le appartient à R1.
(*) On trouvera une étude détaillée d’une telle représentation dans H. Weber, Lehrbuch der Algebra, Bd. II, Abschn. 15.
b) Soit j∈{1,n}. Posons
Zj=(aij)∏(Xj+i>j∑aijXi), le produit étant étendu à toutes les familles
(aij)j<i≤n d’éléments de
K. Soit
T=j=1∏nZj. Montrer que
T divise tous les
Le. En déduire que
T=Len, avec
en=(0,1,…,n−1), et que
T est invariant par
G1.
c) On désigne par ei (1≤i≤n−1) la suite (0,1,…,i−1,i+1,…,n), et l’on pose Yi=Lei/T, cf. b). Montrer que les Yi appartiennent à R, et que l’on a deg(Yi)=qn−qi.
d) Soit S′=K(X1,…,Xn−1), et soient T′,Y1′,…,Yn−2′ les éléments de S′ définis comme T,Y1,…,Yn−1 (en remplaçant n par n−1). Soit f:S→S′ l’homomorphisme défini par :
f(Xi)=Xi(1≤i≤n−1),f(Xn)=0. Montrer que l’on a :
f(T)=0,f(Y1)=T′q(q−1),f(Yi)=Yi−1′q pour 2≤i≤n−1.
e) Montrer que la famille (T,Y1,…,Yn−1) vérifie la condition (iv) de l’exerc. 5. (Soit x=(x1,…,xn) un zéro du système (T,Y1,…,Yn−1) dans une extension K de K. Du fait que x annule T, les xi vérifient au moins une relation linéaire non triviale à coefficients dans K. Quitte à transformer x par un élément de G1, on peut donc supposer que xn=0. Conclure en appliquant d) et en raisonnant par récurrence sur n.)
f) Montrer que R1=K[T,Y1,…,Yn−1], et que T,Y1,…,Yn−1 sont algébriquement indépendants (« théorème de Dickson » — appliquer e) et l’exerc. 5 en remarquant que l’ordre de G1 est égal à deg(T)=∑ideg(Yi)).
g) Montrer que R=K[Tq−1,Y1,…,Yn−1].∗