Bourbaki

Exercice 7, § 5

Groupes et algèbres de Lie, V

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soit RR un anneau local régulier (Alg. comm.*), d’idéal maximal mm et de corps résiduel kk. Soit GG un groupe fini d’automorphismes de RR, et soit R′=RGR' = R^G le sous-anneau de RR formé des éléments invariants par GG. C’est un anneau local d’idéal maximal m′=m∩R′m' = m \cap R'. On fait les hypothèses suivantes :

(i) R′R' est noethérien, et RR est un R′R'-module de type fini.

(ii) Le composé R′→R→kR' \to R \to k est surjectif. On pose V=m/m2V = m/m^2; c’est un kk-espace vectoriel. L’action de GG sur RR définit un homomorphisme ε:G→GL(V)\varepsilon : G \to \mathbf{GL}(V).

a) Soit p\mathfrak{p} un idéal premier de hauteur 1 de RR (Alg. comm., chap. VII, § 1, no 6) et soit s∈Gs \in G tel que s(p)=ps(\mathfrak{p}) = \mathfrak{p} et que ss opère trivialement dans R/pR/\mathfrak{p}. Montrer que ε(s)\varepsilon(s) est une pseudo-réflexion de VV. (Remarquer que l’image de p\mathfrak{p} dans m/m2m/m^2 est de dimension 0 ou 1.)

b) Montrer que, si R′R' est régulier, le sous-groupe ε(G)\varepsilon(G) de GL(V)\mathbf{GL}(V) est engendré par des pseudo-réflexions. (Soit HH le sous-groupe de GG engendré par les éléments dont l’image par ε\varepsilon est une pseudo-réflexion, et soit RHR^H le sous-anneau de RR formé des éléments invariants par HH. Montrer, grâce à a), qu’aucun idéal premier de hauteur 1 de R′R' n’est ramifié dans RHR^H; comme RHR^H est intégralement clos, en déduire au moyen du théorème de pureté (*) que R′=RHR' = R^H, d’où H=GH = G.)

c) On suppose maintenant que l’ordre de GG est premier à la caractéristique de kk. Montrer que ε\varepsilon est injectif.

(*) Cf. M. Auslander, On the purity of the branch locus, Amer. J. of Math., t. LXXXIV (1962), p. 116-125.

Soit (mn′)(m'_n) la filtration de R′R' induite par la filtration mm-adique (mn)(m^n) de RR, et soit

i:gr⁡(R′)→gr⁡(R) i : \operatorname{gr}(R') \to \operatorname{gr}(R)

l’homomorphisme canonique du gradué associé à R′R' dans celui associé à RR (Alg. comm., chap. III, § 2). Montrer que ii est injectif, et que son image est le sous-anneau gr⁡(R)G\operatorname{gr}(R)^G de gr⁡(R)\operatorname{gr}(R) formé des éléments invariants par GG.

d) On conserve les hypothèses et notations de cc), et l’on suppose en outre que ε(G)\varepsilon(G) est engendré par des pseudo-réflexions. Si l=dim⁡Vl = \dim V, soient P1,…,PlP_1, \ldots, P_l des générateurs homogènes algébriquement indépendants de la kk-algèbre gr⁡(R)G\operatorname{gr}(R)^G (de tels éléments existent, d’après le th. 4, et le fait que gr⁡(R)\operatorname{gr}(R) s’identifie à l’algèbre symétrique de VV); soient p1,…,plp_1, \ldots, p_l leurs degrés. D’après cc), on peut trouver des xi∈mpi′x_i \in m'_{p_i} tels que gr⁡(xi)=Pi\operatorname{gr}(x_i) = P_i. Montrer que les xix_i engendrent l’idéal m′m' et en déduire que R′R' est régulier.*

Solution

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.