Bourbaki

§ 2. Groupe de Weyl affine

Dans ce paragraphe (n° 5 excepté), on désigne par R un système de racines réduit dans un espace vectoriel réel V. On désigne par W le groupe de Weyl de R ; on l’identifie à un groupe d’automorphismes du dual V* de V (§ 1, n° 1), et l’on munit V* d’un produit scalaire invariant par W. Soit E l’espace affine sous-jacent à V* ; pour v∈V∗v \in V^*, on désigne par t(v)t(v) la translation de E de vecteur v. Enfin, on désigne par P (resp. Q ) le groupe des translations t(v)t(v) dont le vecteur v appartient au groupe des poids P(R∨^\vee) (resp. au groupe des poids radiciels Q (R∨^\vee)) du système de racines R∨^\vee inverse de R.

1. Groupe de Weyl affine.

Pour α∈R\alpha \in R et k∈Zk \in \mathbf{Z}, soit Lα,kL_{\alpha, k} l’hyperplan de E défini par :

Lα,k={x∈E∣⟨α,x⟩=k} L_{\alpha, k} = \{ x \in E | \langle \alpha, x \rangle = k \}

et soit sα,ks_{\alpha, k} la réflexion orthogonale par rapport à Lα,kL_{\alpha, k}. On a :

sα,k(x)=x−(⟨α,x⟩−k)α∨=sα,0(x)+kα∨ s_{\alpha, k}(x) = x - (\langle \alpha, x \rangle - k) \alpha^\vee = s_{\alpha, 0}(x) + k \alpha^\vee

pour tout x∈Ex \in E. Autrement dit, on a :

(1)

sα,k=t(kα∨)∘sα, s_{\alpha, k} = t(k \alpha^\vee) \circ s_\alpha,

où sαs_\alpha est la réflexion orthogonale par rapport à l’hyperplan Lα=Lα,0L_\alpha = L_{\alpha, 0}, c’est-à-dire la réflexion associée à la racine α\alpha.

La formule (1) montre que sα,ks_{\alpha, k} ne dépend pas du produit scalaire choisi.

Définition 1

On appelle groupe de Weyl affine du système de racines R et on note Wa(R)W_a(R) (ou simplement WaW_a) le groupe de transformations affines de E engendré par les réflexions sα,ks_{\alpha, k} pour α∈R\alpha \in R et k∈Zk \in \mathbf{Z}.

Proposition 1

Le groupe WaW_a est produit semi-direct de W par Q .

Comme W est engendré par les réflexions sαs_\alpha, il est contenu dans WaW_a. D’autre part, on a t(α∨)=sα,1∘sαt(\alpha^\vee) = s_{\alpha, 1} \circ s_\alpha si α∈R\alpha \in R, ce qui montre que Q⊂WaQ \subset W_a.

Comme W laisse stable Q(R∨)Q(R^\vee) (§ 1, no 9), le groupe de transformations affines G engendré par W et Q est le produit semi-direct de W par Q. On a G⊂WaG \subset W_a d’après ce qui précède et sα,k∈Gs_{\alpha, k} \in G quels que soient α∈R\alpha \in \mathbf{R} et k∈Zk \in \mathbf{Z} d’après (1). On en conclut que Wa=GW_a = G.

Proposition 2

Le groupe WaW_a, muni de la topologie discrète, opère proprement sur E et permutte entre eux les hyperplans Lα,kL_{\alpha, k} (pour α∈R\alpha \in \mathbf{R} et k∈Zk \in \mathbf{Z}).

Comme Q(R∨)Q(R^\vee) est un sous-groupe discret de V∗V^*, le groupe Q opère proprement sur E. Il en est donc de même de Wa=W.QW_a = W.Q, puisque W est fini. De plus, on a, pour α,β∈R\alpha, \beta \in \mathbf{R} et k∈Zk \in \mathbf{Z}:

sβ(Lα,k)=Lγ,kavecγ=sβ(α)∈R s_\beta(L_{\alpha, k}) = L_{\gamma, k} \quad \text{avec} \quad \gamma = s_\beta(\alpha) \in \mathbf{R}
t(β∨)(Lα,k)=Lα,k+n(α,β), t(\beta^\vee)(L_{\alpha, k}) = L_{\alpha, k + n(\alpha, \beta)},

où n(α,β)=⟨β∨,α⟩n(\alpha, \beta) = \langle \beta^\vee, \alpha \rangle est un entier, d’où la deuxième assertion.

On peut donc appliquer à WaW_a opérant sur E les résultats du chapitre V, § 3. Pour éviter toute confusion avec les chambres du groupe de Weyl W dans V∗V^*, nous appellerons alcôves les chambres déterminées par le système des hyperplans Lα,kL_{\alpha, k} (pour α∈R\alpha \in \mathbf{R} et k∈Zk \in \mathbf{Z}) dans E. Le groupe WaW_a opère donc de façon simplement transitive sur l’ensemble des alcôves et l’adhérence d’une alcôve est un domaine fondamental pour WaW_a opérant sur E (chap. V, § 3, no 2, th. 1 et no 3, th. 2). Il est clair que le groupe de Weyl W s’identifie à l’image canonique U(Wa)U(W_a) de WaW_a dans le groupe orthogonal de V∗V^* (cf. chap. V, § 3, no 6). Il en résulte que WaW_a est essentiel (chap. V, § 3, no 7) et que WaW_a est irréductible si et seulement si le système de racines R l’est (§ 1, no 2, cor. de la prop. 5). Si R est irréductible, chaque alcôve est un simplexe ouvert (chap. V, § 3, no 9, prop. 8). Dans le cas général, la décomposition canonique de l’espace affine E en produit (chap. V, § 3, no 8) correspond à la décomposition de R en composants irréductibles. En particulier, les alcôves sont des produits de simplexés ouverts.

Notons encore que le cor. du th. 1 du chap. V, § 3, no 2 montre que les sα,ks_{\alpha, k} sont les seules réflexions appartenant à WaW_a.

2. Poids et points spéciaux

Proposition 3

Les points spéciaux* (chap. V, § 3, no 10, déf. 1) de WaW_a sont les poids de R∨R^\vee.

Soit x0∈Ex_0 \in E et soit α∈R\alpha \in \mathbf{R}. L’hyperplan L parallèle à Ker α\alpha et passant par x0x_0 a pour équation ⟨α,x⟩=⟨α,x0⟩\langle \alpha, x \rangle = \langle \alpha, x_0 \rangle. Pour qu’il soit égal à Lβ,kL_{\beta, k}, il faut d’une part que α\alpha et β\beta soient proportionnelles, ou encore, puisque R est réduit, que β=±α\beta = \pm \alpha, et d’autre part que ⟨α,x0⟩\langle \alpha, x_0 \rangle soit entier. On en déduit aussitôt que x0x_0 est un point spécial de WaW_a si et seulement si ⟨α,x0⟩∈Z\langle \alpha, x_0 \rangle \in \mathbf{Z} pour tout α∈R\alpha \in \mathbf{R}, c’est-à-dire si et seulement si x0∈P(R∨)x_0 \in P(R^\vee) (§ 1, no 9).

Corollaire

(i) *Si ϖ∈P(R∨)\varpi \in P(R^\vee), il existe une alcôve C telle que ϖ\varpi soit point extrémal de C‾\overline{C}.

(ii) Si CC est une alcôve, C‾∩Q(R∨)\overline{C} \cap Q(R^\vee) se réduit à un point et ce point est point extrémal de C‾\overline{C}.

Cela résulte de la prop. 3, compte tenu du cor. de la prop. 11 du chap. V, § 3, no 10 et de la prop. 12 du chap. V, § 3, no 10.

Proposition 4

Soit C′C' une chambre de R∨R^\vee. (i) Il existe une alcôve CC et une seule contenue dans C′C' et telle que 0∈C‾0 \in \overline{C}. (ii) La réunion des w(C‾)w(\overline{C}) pour w∈Ww \in W est un voisinage de 00 dans EE. (iii) Tout mur de C′C' est un mur de CC.

Cela résulte de la prop. 11 du chap. V, § 3, no 10.

Supposons maintenant RR irréductible. Soit (αi)i∈I(\alpha_i)_{i \in I} une base de RR (§ 1, no 5, déf. 3), et soit (ωi)i∈I(\omega_i)_{i \in I} la base duale. Les ωi\omega_i sont les poids fondamentaux de R∨R^\vee pour la chambre C′C' de R∨R^\vee correspondant à la base (αi)(\alpha_i). Soit

α~=∑i∈Iniαi \tilde{\alpha} = \sum_{i \in I} n_i \alpha_i

la plus grande racine de RR (§ 1, no 8), et soit JJ l’ensemble des i∈Ii \in I tels que ni=1n_i = 1.

Proposition 5

Soit CC l’alcôve contenue dans C′C' à laquelle 00 est adhérent (prop. 4). (i) CC est l’ensemble des x∈Ex \in E tels que ⟨αi,x⟩>0\langle \alpha_i, x \rangle > 0 pour tout i∈Ii \in I et que ⟨α~,x⟩<1\langle \tilde{\alpha}, x \rangle < 1. (ii) L’ensemble C‾∩P(R∨)\overline{C} \cap P(R^\vee) se compose de 00 et des ωi\omega_i pour i∈Ji \in J.

Soit DD l’ensemble des x∈Ex \in E tels que ⟨α~,x⟩<1\langle \tilde{\alpha}, x \rangle < 1 et posons C1=C′∩DC_1 = C' \cap D. Comme 0∈C‾0 \in \overline{C}, on a C⊂DC \subset D, d’où C⊂C1C \subset C_1. Nous allons montrer que, pour tout α∈R\alpha \in R et tout k∈Zk \in \mathbf{Z}, les ensembles CC et C1C_1 sont du même côté de l’hyperplan Lα,kL_{\alpha, k}. Ceci prouvera que C1⊂CC_1 \subset C et établira l’assertion (i). Si k=0k = 0, la chambre C′C' est toute entière d’un même côté de Lα,0L_{\alpha, 0}, ce qui établit notre assertion dans ce cas. Si k≠0k \neq 0, on peut, quitte à changer α\alpha en −α-\alpha, supposer que k>0k > 0. On a alors ⟨α,x⟩<k\langle \alpha, x \rangle < k sur CC, puisque 0∈C‾0 \in \overline{C}. D’autre part, α~−α\tilde{\alpha} - \alpha est positive sur C′C' (§ 1, no 8, prop. 25). Pour y∈C1y \in C_1, on a donc ⟨α,y⟩≤⟨α~,y⟩<1≤k\langle \alpha, y \rangle \leq \langle \tilde{\alpha}, y \rangle < 1 \leq k. Par suite, CC et C1C_1 sont bien du même côté de Lα,kL_{\alpha, k}.

Soit maintenant ω∈P(R∨)\omega \in P(R^\vee). On a ω=∑ipiωi\omega = \sum_i p_i \omega_i, avec pi∈Zp_i \in \mathbf{Z} (§ 1, no 10). Pour que ω∈C‾′\omega \in \overline{C}', il faut et il suffit que les entiers pip_i soient tous positifs. Si ω∈C‾′\omega \in \overline{C}', pour que ω∈C‾\omega \in \overline{C} il faut et il suffit que ⟨α~,ω⟩=∑inipi\langle \tilde{\alpha}, \omega \rangle = \sum_i n_i p_i soit ≤1\leq 1, d’où (ii).

Corollaire

L’alcôve CC est un simplexe ouvert de sommets 00 et les ωi/ni,i∈I\omega_i / n_i, i \in I. Cela résulte de (i).

3. Le normalisateur de WaW_a

Dans ce no, nous supposons le produit scalaire choisi sur VV invariant non seulement par WW, mais par le groupe A(R)A(R) tout entier. Nous identifierons A(R)A(R) et A(R∨)A(R^\vee).

Soit G le normalisateur de WaW_a dans le groupe des déplacements de l’espace affine euclidien E. Si gg est un déplacement de E, et ss la réflexion orthogonale par rapport à un hyperplan L, le déplacement gsg−1g s g^{-1} est la réflexion orthogonale par rapport à l’hyperplan g(L)g(L). Il en résulte que G est l’ensemble des déplacements de E qui permutent entre eux les hyperplans Lα,kL_{\alpha, k} (pour α∈R\alpha \in \mathbf{R} et k∈Zk \in \mathbf{Z}).

Or, le groupe des automorphismes de E est le produit semi-direct du groupe orthogonal U de V* et du groupe T des translations. Si u∈Uu \in U et v∈V∗v \in V^*, le transformé de l’hyperplan Lα,kL_{\alpha, k} par g=u∘t(v)g = u \circ t(v) est l’hyperplan défini par l’équation

⟨tu−1(α),x⟩=k+⟨α,v⟩. \langle t u^{-1}(\alpha), x \rangle = k + \langle \alpha, v \rangle.
Par suite, on a g∈Gg \in G si et seulement si d’une part tut u permutte entre elles les racines, c’est-à-dire appartient à A(R)A(\mathbf{R}), d’autre part ⟨α,v⟩∈Z\langle \alpha, v \rangle \in \mathbf{Z} pour tout α∈R\alpha \in \mathbf{R}, c’est-à-dire si v∈P(R∨)v \in P(R^\vee). Autrement dit, le groupe G est produit semi-direct de A(R)A(\mathbf{R}) par P. Comme Q⊂PQ \subset P et W⊂A(R)W \subset A(\mathbf{R}), on voit que le groupe quotient G/WaG/W_a est produit semi-direct de A(R)/WA(\mathbf{R})/W par P(R∨)/Q(R∨)P(R^\vee)/Q(R^\vee); l’action correspondante de A(R)/WA(\mathbf{R})/W sur P(R∨)/Q(R∨)P(R^\vee)/Q(R^\vee) est l’action canonique (§ 1, no 9), comme on le vérifie immédiatement.

Nous désignerons par Wa′W'_a le sous-groupe de G produit semi-direct de W par P. C’est un sous-groupe distingué de G, et G/Wa′G/W'_a est canoniquement isomorphe à A(R)/WA(\mathbf{R})/W; de plus, l’application canonique de P(R∨)P(R^\vee) dans Wa′/WaW'_a/W_a donne par passage au quotient un isomorphisme de P(R∨)/Q(R∨)P(R^\vee)/Q(R^\vee) sur Wa′/WaW'_a/W_a.

Soit maintenant C une alcôve de E, et soit GCG_C le sous-groupe formé des éléments g∈Gg \in G tels que g(C)=Cg(C) = C. Comme WaW_a est simplement transitif sur les alcôves, le groupe G est produit semi-direct de GCG_C et de WaW_a. L’isomorphisme correspondant de G/WaG/W_a sur GCG_C fournit en particulier un isomorphisme canonique de P(R∨)/Q(R∨)P(R^\vee)/Q(R^\vee) sur le groupe ΓC=GC∩Wa′\Gamma_C = G_C \cap W'_a.

Supposons que R soit irréductible, et reprenons les notations de la prop. 5 du no 2. Posons R0=RR_0 = R, et soit RiR_i (i∈Ii \in I) le système de racines engendré par les αj\alpha_j, pour j≠ij \neq i. Pour i=0i = 0 (resp. i∈Ii \in I), soit wiw_i l’unique élément de W(Ri)W(R_i) (identifié à un sous-groupe de W) qui transforme les racines positives de RiR_i relativement à la base (αj)j≠i(\alpha_j)_{j \neq i} en racines négatives (§ 1, no 6, cor. 3 de la prop. 17).

Proposition 6

Pour tout i∈Ji \in J, l’élément γi=t(ω‾i)wiw0\gamma_i = t(\overline{\omega}_i) w_i w_0 appartient à ΓC\Gamma_C et l’application i↦γii \mapsto \gamma_i est une bijection de J sur ΓC−{1}\Gamma_C - \{1\}.

Remarquons tout d’abord que la racine wi(α~)w_i(\tilde{\alpha}) est de la forme

niα+∑j≠ibijαj, n_i \alpha + \sum_{j \neq i} b_{ij} \alpha_j,
donc est positive.

Montrons que, si i∈Ji \in J, on a γi∈ΓC\gamma_i \in \Gamma_C. Soient en effet a∈Ca \in C et b=γi(a)b = \gamma_i(a).

n° 2.4.

Pour 1≤j≤l1 \leq j \leq l et j≠ij \neq i, on a :

(2)

⟨b,αj⟩=⟨ω‾i+wiw0(a),αj⟩=⟨w0(a),wi(αj)⟩>0 \langle b, \alpha_j \rangle = \langle \overline{\omega}_i + w_i w_0(a), \alpha_j \rangle \\ = \langle w_0(a), w_i(\alpha_j) \rangle > 0
puisque w0(a)∈−C′w_0(a) \in -\mathbf{C}' et que wi(αj)w_i(\alpha_j) est négative. D’autre part, on a : (3)
⟨b,αi⟩=1+⟨w0(a),wi(αi)⟩≥1+⟨w0(a),α~⟩>0 \langle b, \alpha_i \rangle = 1 + \langle w_0(a), w_i(\alpha_i) \rangle \geq 1 + \langle w_0(a), \tilde{\alpha} \rangle > 0
puisque w0(a)∈−C′w_0(a) \in -\mathbf{C}', que α~−wi(αi)\tilde{\alpha} - w_i(\alpha_i) prend des valeurs négatives sur −C′-\mathbf{C}' et que ⟨w0(a),α~⟩>−1\langle w_0(a), \tilde{\alpha} \rangle > -1. Enfin, on a : (4)
⟨b,α~⟩=ni+⟨w0(a),wi(α~)⟩=1+⟨w0(a),wi(α~)⟩<1 \langle b, \tilde{\alpha} \rangle = n_i + \langle w_0(a), w_i(\tilde{\alpha}) \rangle = 1 + \langle w_0(a), w_i(\tilde{\alpha}) \rangle < 1
puisque w0(a)∈−C′w_0(a) \in -\mathbf{C}' et que wi(α~)w_i(\tilde{\alpha}) est une racine positive. Les relations (2), (3) et (4) entraînent alors que b∈Cb \in \mathbf{C}, d’où γi∈ΓC\gamma_i \in \Gamma_C. Il est clair que l’application i↦γii \mapsto \gamma_i est injective, puisque γi(0)=ω‾i\gamma_i(0) = \overline{\omega}_i. Enfin, soit γ∈ΓC\gamma \in \Gamma_C, avec γ≠1\gamma \neq 1 et posons γ=tw\gamma = t w, avec t∈Pt \in \mathbf{P} et w∈Ww \in W. On a t≠1t \neq 1 puisque ΓC∩W={1}\Gamma_C \cap W = \{1\}. D’autre part, on a t(0)=γ(0)∈C‾∩P(R∨)t(0) = \gamma(0) \in \overline{\mathbf{C}} \cap \mathbf{P}(R^\vee) et la prop. 5 entraîne qu’il existe i∈Ji \in J tel que t(0)=ω‾it(0) = \overline{\omega}_i. On a alors γi−1γ(0)=0\gamma_i^{-1} \gamma(0) = 0, d’où γ=γi\gamma = \gamma_i puisque ΓC∩W={1}\Gamma_C \cap W = \{1\}. Ceci achève la démonstration.

Corollaire

Les (ω‾i)i∈J(\overline{\omega}_i)_{i \in J} forment un système de représentants dans P(R∨)\mathbf{P}(R^\vee) des éléments non nuls de P(R∨)/Q(R∨)\mathbf{P}(R^\vee)/\mathbf{Q}(R^\vee).

En effet, si l’on identifie ΓC\Gamma_C à P(R∨)/Q(R∨)\mathbf{P}(R^\vee)/\mathbf{Q}(R^\vee), l’élément γi\gamma_i est transformé en la classe de ω‾i\overline{\omega}_i mod. Q(R∨)\mathbf{Q}(R^\vee).

Remarque 1

L’application γ↦γ(0)\gamma \mapsto \gamma(0) est une bijection de ΓC\Gamma_C sur C‾∩P(R∨)\overline{\mathbf{C}} \cap \mathbf{P}(R^\vee).

Remarque 2

Le groupe GG est aussi le normalisateur de WaW_a dans le groupe des automorphismes de EE muni seulement de sa structure affine (cf. exerc. 3).

4. Application : ordre du groupe de Weyl

Lemme 1

Soient XX un espace localement compact dénombrable à l’infini, GG un groupe discret opérant continûment et proprement dans XX, μ\mu une mesure ≥0\geq 0 sur XX invariante par GG, G′G' un sous-groupe de GG, UU et U′U' deux parties ouvertes de XX de mesures finies ≠0\neq 0. On suppose que les sUsU pour s∈Gs \in G (resp. les s′U′s'U' pour s′∈G′s' \in G') sont deux à deux disjoints et que leur réunion est de complémentaire négligeable. Alors G′G' est d’indice fini dans GG et l’on a (G:G′)=μ(U′)/μ(U)(G : G') = \mu(U')/\mu(U).

Soit (sλ)λ∈Λ(s_\lambda)_{\lambda \in \Lambda} une famille de représentants des classes à droite de GG suivant G′G'. Soit U1U_1 la réunion des sλUs_\lambda U. Alors les s′U1s'U_1, pour s′∈G′s' \in G', sont deux à deux disjoints et de réunion M=⋃s∈GsUM = \bigcup_{s \in G} sU. Soit M′=⋃s′∈G′s′U′M' = \bigcup_{s' \in G'} s'U'. La réunion de U′U' (resp. U1U_1) et d’une partie convenable de X−M′X - M' (resp. X−MX - M) est un domaine fondamental, évidemment μ\mu-mesurable, pour G′G'. D’après Intégr., chap. VII, § 2, n° 10, cor. du th. 4, on a μ(U′)=μ(U1)\mu(U') = \mu(U_1). Ceci prouve que Card Λ=(G:G′)\Lambda = (G : G') est fini, et que μ(U′)=(Card Λ)μ(U)\mu(U') = (\text{Card } \Lambda)\mu(U).

Proposition 7

Supposons R irréductible. Soient B = \{ \alpha_1, \ldots, \alpha_l \} une base de R, f l’indice de connexion de R (§ 1, n° 9) et α~=n1α1+⋯+nlαl\tilde{\alpha} = n_1 \alpha_1 + \cdots + n_l \alpha_l la plus grande racine de R (pour l’ordre défini par B). Alors l’ordre de W est égal à

(l!)n1n2…nlf. (l!) n_1 n_2 \ldots n_l f.

Soit (ω‾1,…,ω‾l)(\overline{\omega}_1, \ldots, \overline{\omega}_l) la base de P(R∨)P(R^\vee) duale de B. D’après le cor. de la prop. 5, le simplexe ouvert C de sommets 0, n1−1ω‾1,…,nl−1ω‾ln_1^{-1} \overline{\omega}_1, \ldots, n_l^{-1} \overline{\omega}_l est une alcôve de E. Choisissons une mesure de Haar μ\mu sur le groupe additif V*. Soit A l’ensemble des éléments de V* de la forme ξ1ω‾1+⋯+ξlω‾l\xi_1 \overline{\omega}_1 + \cdots + \xi_l \overline{\omega}_l, avec 0<ξi<10 < \xi_i < 1 pour i=1,…,li = 1, \ldots, l. D’après le cor. 2 de la prop. 15 de Intégr., chap. VII, § 1, n° 10, on a:

(5)

μ(A)/μ(C)=(l!)n1n2…nl. \mu(A)/\mu(C) = (l!) n_1 n_2 \ldots n_l.

Soit d’autre part A′A' l’ensemble des éléments de V* de la forme

ξ1α1∨+⋯+ξlαl∨, \xi_1 \alpha_1^\vee + \cdots + \xi_l \alpha_l^\vee,

avec 0<ξi<10 < \xi_i < 1 pour i=1,…,li = 1, \ldots, l. Comme (α1∨,…,αl∨)(\alpha_1^\vee, \ldots, \alpha_l^\vee) est une base du Z\mathbf{Z}-module Q(R∨)Q(R^\vee), on peut appliquer le lemme 1 avec X=V∗X = V^*, G=WaG = W_a, G′=QG' = Q, U=CU = C et U′=A′U' = A'. On obtient:

(6)

μ(A′)/μ(C)=(Wa:Q)=Card W. \mu(A')/\mu(C) = (W_a : Q) = \text{Card } W.

Enfin, on peut appliquer une autre fois le lemme 1, en prenant X=V∗X = V^*, G=PG = P, G′=QG' = Q, U=AU = A et U′=A′U' = A'. On obtient:

(7)

μ(A′)/μ(A)=(P:Q)=(P(R∨):Q(R∨))=f. \mu(A')/\mu(A) = (P : Q) = (P(R^\vee) : Q(R^\vee)) = f.

La proposition résulte alors de la comparaison des formules (5), (6) et (7).

5. Systèmes de racines et groupes engendrés par des réflexions

Proposition 8

Soit F un espace hilbertien réel de dimension finie l. Soient H\mathscr{H} un ensemble d’hyperplans affines de F et G le groupe engendré par les réflexions orthogonales sHs_H par rapport aux hyperplans H∈HH \in \mathscr{H}. On suppose que les conditions du chap. V, § 3 sont vérifiées (i.e. que g(H)∈Hg(H) \in \mathscr{H} pour tout H∈HH \in \mathscr{H} et g∈Gg \in G, et que G opère proprement dans F). On suppose de plus que 0 est point spécial pour G et que le groupe T des translations appartenant à G est de rang l. Il existe alors un système de racines réduit R et un seul dans V=F∗V = F^* tel que l’isomorphisme canonique de F sur V∗V^* transforme G en le groupe de Weyl affine WaW_a de R.

Remarquons tout d’abord que l’hypothèse faite sur T entraîne que G est essentiel : sinon, l’espace affine F se décomposerait en produit F0×F1F_0 \times F_1, avec dim⁡F1<l\dim F_1 < l, le groupe G s’identifiant à un groupe de déplacements opérant proprement dans F1F_1 (chap. V, § 3, no 8, prop. 6), et T ne serait pas de rang ll.

Soit H0\mathfrak{H}_0 l’ensemble des H∈HH \in \mathfrak{H} tels que 0∈H0 \in H. Pour H∈H0H \in \mathfrak{H}_0, soit HH\mathfrak{H}_H l’ensemble des éléments de H\mathfrak{H} parallèles à H. Puisque 0 est point spécial, H\mathfrak{H} est la réunion des HH\mathfrak{H}_H pour H∈H0H \in \mathfrak{H}_0. Soit H∈H0H \in \mathfrak{H}_0. Puisque T est de rang ll, il existe un v∈Fv \in F tel que la translation de vecteur vv appartienne à T et que v∉Hv \notin H. Les hyperplans H+kvH + kv pour k∈Zk \in \mathbf{Z} sont deux à deux distincts et appartiennent à HH\mathfrak{H}_H. Soit alors aa un vecteur unitaire de F orthogonal à H : on a H+(v∣a)a∈HHH + (v|a)a \in \mathfrak{H}_H et comme H\mathfrak{H} est localement fini (chap. V, § 3, no 1, lemme 1), il existe un plus petit nombre réel λ>0\lambda > 0 tel que H+λa∈HHH + \lambda a \in \mathfrak{H}_H. Nous allons montrer que HH\mathfrak{H}_H est l’ensemble des hyperplans H+kλaH + k\lambda a pour k∈Zk \in \mathbf{Z}. En effet,

H′=H+λa∈HH H' = H + \lambda a \in \mathfrak{H}_H

et l’élément sH′∘sHs_{H'} \circ s_H de G est la translation de vecteur 2λa2\lambda a (chap. V, § 2, no 4, prop. 5). Par suite, H+2nλa=(sH′sH)n(H)H + 2n\lambda a = (s_{H'} s_H)^n(H) et H+(2n+1)λa=(sH′sH)n(H′)H + (2n+1)\lambda a = (s_{H'} s_H)^n(H') appartiennent à HH\mathfrak{H}_H. D’autre part, si L∈HHL \in \mathfrak{H}_H, il existe ξ∈R\xi \in \mathbf{R} tel que L=H+ξλaL = H + \xi \lambda a et il existe un entier nn tel que

ou bien 2n<ξ≤2n+12n < \xi \leq 2n + 1, ou bien 2n−1<ξ≤2n2n - 1 < \xi \leq 2n.

Dans le premier cas, on a (sHsH′)n(L)=H+(ξ−2n)λa(s_H s_{H'})^n(L) = H + (\xi - 2n)\lambda a avec

0<(ξ−2n)λ≤λ 0 < (\xi - 2n)\lambda \leq \lambda

et la définition de λ\lambda entraîne ξ=2n+1\xi = 2n + 1; dans le second cas, on a

sH(sHsH′)n(L)=H+(2n−ξ)λaavec0≤(2n−ξ)λ<λ s_H (s_H s_{H'})^n(L) = H + (2n - \xi)\lambda a \quad \text{avec} \quad 0 \leq (2n - \xi)\lambda < \lambda

et la définition de λ\lambda entraîne que ξ=2n\xi = 2n.

Il en résulte que si αH\alpha_H est la forme linéaire sur F telle que

H′={x∈F∣⟨αH,x⟩=1}, H' = \{ x \in F | \langle \alpha_H, x \rangle = 1 \},

l’ensemble HH\mathfrak{H}_H est l’ensemble des hyperplans LαH,k={x∈F∣⟨αH,x⟩=k}L_{\alpha_H, k} = \{ x \in F | \langle \alpha_H, x \rangle = k \} pour k∈Zk \in \mathbf{Z}, et les formes linéaires αH\alpha_H et −αH-\alpha_H sont les seules à posséder cette propriété.

Par suite, la proposition sera démontrée si nous montrons que l’ensemble R des éléments de V de la forme ±αH\pm \alpha_H est un système de racines réduit dans V.

a) Démontrons la condition (SR₁) : il est clair que R est fini (puisque H0\mathfrak{H}_0 est fini) et ne contient pas 0. De plus, R engendre V. En effet, si x∈Fx \in F est orthogonal à R, on a x∈Hx \in H pour tout H∈H0H \in \mathfrak{H}_0 et la translation de vecteur xx commute avec tout élément de G. Comme G est essentiel, ceci entraîne x=0x = 0.

b) Démontrons (SR_{II}). Pour v∈Vv \in V et r∈Rr \in \mathbf{R}, posons comme précédemment Lv,r={x∈F∣⟨v,x⟩=r}L_{v,r} = \{ x \in F | \langle v, x \rangle = r \}; si α∈R\alpha \in \mathbf{R}, posons Hα=Lα,0H_\alpha = L_{\alpha,0}, et soit sαs_\alpha le transposé de sHαs_{H_\alpha}. Il existe un élément α∨∈F\alpha^\vee \in F et un seul orthogonal à HαH_\alpha et tel que ⟨α∨,α⟩=2\langle \alpha^\vee, \alpha \rangle = 2. On a alors sHα=sα∨,αs_{H_\alpha} = s_{\alpha^\vee,\alpha} et sα=sα,α∨s_\alpha = s_{\alpha,\alpha^\vee}. Pour β∈R\beta \in \mathbf{R}, on a

Lsα(β),1=sHα(Lβ,1)∈H L_{s_{\alpha(\beta)},1} = s_{H_\alpha}(L_{\beta,1}) \in \mathfrak{H}
et il existe γ∈R\gamma \in \mathbf{R} et n∈N∗n \in \mathbf{N}^* tels que Lsα(β),1=Lγ,nL_{s_{\alpha(\beta)},1} = L_{\gamma,n}. On a alors
sHα(Lγ,1)=Lβ,1/n s_{H_\alpha}(L_{\gamma,1}) = L_{\beta,1/n}
et par suite 1/n∈Z1/n \in \mathbf{Z}. On a donc n=1n = 1 et sα(β)=γ∈Rs_\alpha(\beta) = \gamma \in \mathbf{R}. Ceci démontre (SR_{II}).

c) Démontrons (SR_{III}). Soit α∈R\alpha \in \mathbf{R} et posons Hα′=Lα,1H'_\alpha = L_{\alpha,1}. On a

Hα′=Hα+(1/2)α∨; H'_\alpha = H_\alpha + (1/2)\alpha^\vee;
comme la translation t(α∨)t(\alpha^\vee) de vecteur α∨\alpha^\vee est le produit sHα′sHαs_{H'_\alpha}s_{H_\alpha} (chap. V, § 2, no 4, prop. 5), elle appartient à T et α∨=t(α∨)(0)\alpha^\vee = t(\alpha^\vee)(0) est un point spécial pour G. Par suite, pour tout β∈R\beta \in \mathbf{R}, il existe un hyperplan Lβ,kL_{\beta,k} passant par α∨\alpha^\vee, avec kk entier, ce qui démontre que ⟨β,α∨⟩∈Z\langle \beta, \alpha^\vee \rangle \in \mathbf{Z}, c’est-à-dire (SR_{III}).

d) Enfin, il est évident que R est réduit, car si H,H′∈H0,H≠H′H, H' \in \mathfrak{H}_0, H \neq H', les formes linéaires αH\alpha_H et αH′\alpha_{H'} ne sont pas proportionnelles.

Remarque 1). — L’hypothèse que T est de rang l est en particulier vérifiée lorsque G est irréductible et infini. En effet l’espace vectoriel engendré par les vecteurs des translations de T est invariant par l’image canonique de G dans le groupe linéaire de F. Il est différent de {0}\{0\} si G est infini et est donc égal à F tout entier si G est infini et irréductible.

Un groupe fini engendré par des réflexions n’est pas toujours le groupe de Weyl d’un système de racines. Plus précisément :

Proposition 9

Soit V un espace vectoriel réel de dimension finie l, et soit G un sous-groupe fini de GL(V)\mathbf{GL}(V), engendré par des réflexions et essentiel. Munissons V d’un produit scalaire invariant par G. Les conditions suivantes sont équivalentes :

(i) Il existe un sous-groupe discret de rang l de V stable par G. (ii) Il existe une Q\mathbf{Q}-structure sur V (Alg., chap. II, 3e éd., § 8, no 1, déf. 1) invariante par G. (iii) Il existe un système de racines dans V dont le groupe de Weyl est G. (iv) Il existe un groupe discret G’ de déplacements de V, opérant proprement dans V, engendré par des réflexions, tel que G’ soit produit semi-direct de G et d’un groupe de translations de rang l.

(ii) ⟹\Longrightarrow (i) : soit V′⊂VV' \subset V une Q\mathbf{Q}-structure sur V invariante par G. Soit A une partie finie de V′V' engendrant le Q\mathbf{Q}-espace vectoriel V′V'. En remplaçant A par ⋃s∈Gs(A)\bigcup_{s \in G} s(A), on peut supposer A stable par G. Soit B le sous-groupe de V engendré par A. Alors B est stable par G, de type fini et sans torsion, donc admet une base sur Z\mathbf{Z} qui est en même temps une base de V′V' sur Q\mathbf{Q}, donc une base de VV sur R\mathbf{R}.

(iii) ⟹\Longrightarrow (ii) : ceci résulte par exemple de la prop. 1 du § 1, no 1.

(iv) ⟹\Longrightarrow (iii) : soit G′G' un groupe vérifiant la condition (iv). Le groupe des translations de G′G' est de rang ll, et 0 est point spécial pour G′G' d’après la prop. 9 du chap. V, § 3, no 10. La prop. 8 montre qu’il existe un système de racines réduit R0R_0 dans V∗V^* tel que G′G' s’identifie à Wa(R0)W_a(R_0); le groupe GG est alors le groupe de Weyl du système de racines inverse de R0R_0.

(i) ⟹\Longrightarrow (iv) : supposons que GG laisse stable un sous-groupe discret MM de VV, de rang ll. Munissons VV d’un produit scalaire invariant par GG. Pour toute réflexion s∈Gs \in G, on a s(x)—x∈Ms(x) — x \in M quel que soit x∈Mx \in M, donc la droite DsD_s orthogonale à HsH_s rencontre MM; soient αs,—αs\alpha_s, — \alpha_s les générateurs du groupe cyclique Ds∩MD_s \cap M. L’ensemble AA des αs\alpha_s et des —αs— \alpha_s est stable par GG, donc engendre un sous-groupe M′M' de MM stable par GG; le groupe discret M′M' est de rang ll parce que GG est essentiel. Soit G′G' le groupe de transformations affines de VV produit semi-direct de GG et du groupe des translations dont les vecteurs appartiennent à M′M'. Soit G1′G'_1 le sous-groupe de G′G' engendré par les réflexions de G′G'. On va montrer que G1′=G′G'_1 = G', ce qui achèvera la démonstration. D’abord, G1′⊇GG'_1 \supseteq G puisque GG est engendré par des réflexions. D’autre part, pour toute réflexion ss de GG, soit tst_s la translation de vecteur αs\alpha_s. La transformation s∘tss \circ t_s est une réflexion, et s∘ts∈G′s \circ t_s \in G'; donc tst_s est un produit de deux réflexions de G′G'; ceci étant vrai pour toute réflexion ss de GG, les translations dont le vecteur appartient à M′M' sont toutes dans G1′G'_1.

Définition 2

Un groupe GG vérifiant les conditions équivalentes de la prop. 9 est appelé un groupe cristallographique.

Remarque 2). — Soit GG un groupe fini engendré par des réflexions et essentiel. Pour que GG soit cristallographique, il faut et il suffit que tout élément de sa matrice de Coxeter soit l’un des entiers 1, 2, 3, 4, 6. En effet, cette condition est nécessaire d’après la Remarque 3) du § 1, no 5. Le fait qu’elle soit suffisante résultera de la classification des groupes de Coxeter finis donnée au § 4 (pour une démonstration directe, voir chap. V, § 4, exerc. 6).

Exercices

On désigne par R un système de racines réduit dans un espace vectoriel réel V.

See the exercises for § 2.

Transcribed from the printed volume. Not translated.