Bourbaki

Exercice 8, § 1

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Groupes et algèbres de Lie, VII

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

On suppose kk de caractéristique p>0p > 0. Soit gg une algèbre de Lie sur kk de base {e1,…,en}\{e_1, \ldots, e_n\}. On note UU l’algèbre enveloppante de gg et CC le centre de UU. Pour i=1,…,ni = 1, \ldots, n on choisit un pp-polynôme fif_i non nul, de degré did_i, tel que fi(ad ei)=0f_i(\mathrm{ad}\, e_i) = 0; on a alors fi(ei)∈Cf_i(e_i) \in C, cf. I, § 7, exerc. 5. On pose zi=fi(ei)z_i = f_i(e_i). a) Montrer que z1,…,znz_1, \ldots, z_n sont algébriquement indépendants. Si A=k[z1,…,zn]A = k[z_1, \ldots, z_n], montrer que UU est un AA-module libre de base les monômes e1α1…enαne_1^{\alpha_1} \ldots e_n^{\alpha_n}, où 0≤αi<di0 \leq \alpha_i < d_i. [Utiliser le théorème de Poincaré–Birkhoff–Witt]. Le rang [U:A][U:A] de UU sur AA est égal à d1…dnd_1 \ldots d_n; c’est une puissance de pp. En déduire que CC est un AA-module de type fini, donc une kk-algèbre de type fini et de dimension nn (AC, VIII). b) Soit KK le corps des fractions de AA, et soient

U(K)=U⊗AK,C(K)=C⊗AK. U_{(K)} = U \otimes_A K, \quad C_{(K)} = C \otimes_A K.
On a U(K)⊃C(K)⊃KU_{(K)} \supset C_{(K)} \supset K. Montrer que U(K)U_{(K)} est un corps de centre C(K)C_{(K)}, et que c’est le corps des quotients (à gauche comme à droite) de UU, cf. I, § 2, exerc. 10. En déduire que [U(K):C(K)][U_{(K)}:C_{(K)}] est de la forme q2q^2, où qq est une puissance de pp; on a [C(K):K]=qC[C_{(K)}:K] = q_C, où qCq_C est une puissance de pp, et [U:A]=qCq2[U:A] = q_C q^2. c) Soit dd un élément non nul de AA, et soit Λ\Lambda un sous-anneau de U(K)U_{(K)} tel que U⊂Λ⊂d−1UU \subset \Lambda \subset d^{-1}U. Montrer que Λ=U\Lambda = U. [Si x=b/a,a∈A−{0}x = b/a, a \in A - \{0\}, est un élément de Λ\Lambda, on montrera par récurrence sur mm que la relation b∈Ua+Umb \in U a + U_m entraîne b∈Ua+Um−1b \in U a + U_{m-1}, où {Um}\{U_m\} est la filtration canonique de UU. (Utiliser pour cela le fait que gr UU est intégralement clos, et raisonner comme dans la prop. 15 de AC, V, § 1, n° 4.) Pour m=0m = 0, cela donne b∈Uab \in U a, i.e. x∈Ux \in U.] En déduire que CC est intégralement clos.

¹ Pour plus de détails, cf. J. Dixmier, Cohomologie des algèbres de Lie nilpotentes, Acta Sci. Math. Szeged, t. XVI (1955), p. 246–250.

d) On suppose k algébriquement clos. Soient ρ:g→gl(V)\rho : g \to gl(V) une représentation linéaire irréductible de gg et ρU\rho_U la représentation correspondante de UU. La restriction de ρU\rho_U à CC est un homomorphisme γρ\gamma_\rho de CC dans kk (identifié aux homothéties de VV) ; soit αρ\alpha_\rho sa restriction à AA. Montrer que pour tout homomorphisme α\alpha (resp. γ\gamma) de la kk-algèbre AA (resp. CC) dans kk, il existe au moins une représentation irréductible ρ\rho de gg telle que αρ=α\alpha_\rho = \alpha (resp. γρ=γ\gamma_\rho = \gamma) et que ces représentations sont en nombre fini (à équivalence près). Montrer que dim⁡V≤q\dim V \leq q, avec les notations de bb.\footnote{Pour plus de détails, cf. H. Zassenhaus, The representations of Lie algebras of prime characteristic, Proc. Glasgow Math. Assoc., t. II (1954), p. 1–36.}

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