Topologie algébrique, IV, p. 471
On pose C=B2×[−1,1]. Soit K un sous-espace fermé de R3 et soit P son image par la projection donnée par (x,y,z)↦(x,y). On suppose qu’il existe un ensemble fini I, une famille (pi)i∈I de points de R2, une famille (ri)i∈I de nombres réels strictement positifs et une famille (mi)i∈I d’entiers naturels vérifiant les propriétés suivantes, où φi désigne l’application de R3 dans R3 donnée par x↦(pi,0)+rix et Ci=φi(C) :
– Les ensembles Ci sont deux à deux disjoints ;
– Pour tout i∈I, l’ensemble Li=φi−1(Ci∩K) est le sous-espace L défini dans l’exercice 23 si mi=0 et dans l’exercice 24 (où l’on pose m=mi) si mi⩾1.
– L’ensemble K′=K−⋃i(C˚i∩K) est la réunion d’une famille finie de segments fermés deux à deux disjoints dans le plan R2×{0}.
Soient N=(xN,yN,zN) et S=(xS,yS,zS) des points de R3 tels que zN> sup(ri)i∈I et zS<− sup(ri)i∈I.
a) On dit qu’un chemin c dans R3−K d’origine N et de terme S est franc s’il existe des chemins c1 et c2 dans R2, juxtaposables, tels que c soit le chemin juxtaposé des chemins donnés par t↦(c1(t),zN),t↦(c1(1),(1−t)zN+tzS), et t↦(c2(t),zS).
Démontrer qu’alors le point c1(1) n’appartient pas à P ; on note Ac la composante connexe par arcs de R2− P qui contient ce point. Démontrer que deux chemins francs c et c′ sont strictement homotopes si et seulement si Ac=Ac′.
Pour toute composante connexe par arcs α de R2− P, on fixe un chemin c(α) dans R2− K, d’origine N et de terme S qui est franc et tel que Ac(α)=α.
b) Soit i∈I tel que mi=0, de sorte que φi−1(K∩Ci) est l’ensemble L défini dans l’exercice 23, dont on reprend les notations ; on a φi−1(P×{0}∩ Ci)=Q×{0}. Pour tout j∈Z/4Z, notons αi,j la composante connexe par arcs de R2− P qui contient l’image par φi de la composante connexe Aj de B2− P. Démontrer que l’on a [c(αi,1)][c(αi,4)]−1=[c(αi,2)][c(αi,3)]−1 dans π1(R3−K,N).
c) Soit ω un élément de π0(R2− P). Soit λω:F(π0(R2−P))→π1(R3−K,N) l’unique homomorphisme de groupes qui, pour α∈π0(R2− P), applique l’élément xα sur [c(α)][c(ω)]−1.
Démontrer que l’homomorphisme λω est surjectif et que son noyau est le plus petit sous-groupe distingué de F(π0(R2− P)) qui contient l’élément xω et les éléments xαi,1−1xαi,2xαi,3−1xαi,4, pour i∈I tel que mi=0.
d) Pour tout segment s appartenant à π0(K′), on choisit des éléments αs et αs′ de π0(R2− P) tels que l’ensemble des composantes connexes de R2− P dont l’adhérence contient s soit égal à {αs,αs′}. Soit μ:F(π0(K′))→π1(R3 K,N) l’unique homomorphisme de groupes qui, pour s∈π0(K′), applique l’élément xs sur [c(αs)][c(αs′)]−1. Démontrer que μ est surjectif. Pour i∈I tel que mi=0 et j∈{1,2,3,4}, on note si,j l’unique segment de π0(K′) tel que φi(aj) rencontre si,j. Prouver qu’il existe des éléments ui,vi,wi de {−1,1} tels que μ(xsi,4)=μ(xsi,2wi) et μ(xsi,3)=μ(xsi,2−uixsi,1vixsi,2ui). Démontrer que le noyau de μ est le plus petit sous-groupe distingué de F(π0(K′)) qui contient les éléments xsi,3xsi,2−uixsi,1−vixsi,2ui et xsi,4xsi,2−wi pour i∈I.
e) On pose
1
k= Card(π0(K))− Card({i∈I∣mi>0}) +∑mi.
Prouver que k∈N. Démontrer que le quotient de π1(R3− K) par son sous-groupe dérivé est isomorphe à Zk.
Rien.
Rien.