Soient X et Y des espaces topologiques et soit f une application continue de X dans Y. On note Z le carré fibré X×YX et p1,p2 les deux projections de Z dans X. On note W le produit fibré X×YX×YX ; pour tout couple (s,t) d’entiers égaux à 1, 2 ou 3, on note qst:W→Z l’application définie par qst(x1,x2,x3)=(xs,xt).
Notons Coeg(f) le groupoïde Coeg(ϖ(p1),ϖ(p2)), coégalisateur des deux morphismes ϖ(p1),ϖ(p2) du groupoïde de Poincaré ϖ(Z) dans le groupoïde de Poincaré ϖ(X). Notons γ:ϖ(X)→ Coeg(f) le morphisme de groupoïdes canonique. Comme f∘p1 = f∘p2, les morphismes de groupoïdes ϖ(f)∘ϖ(p1) et ϖ(f)∘ϖ(p2) de ϖ(Z) dans ϖ(Y) sont égaux ; il existe ainsi un unique morphisme de groupoïdes ϖ′(f): Coeg(f)→ϖ(Y) tel que ϖ′(f)∘γ=ϖ(f).
Cette propriété est vérifiée sous l’une des hypothèses suivantes :
(i) Les espaces X et Y sont délaçables, l’espace X×YX est localement connexe par arcs, l’application f est surjective, propre, séparée, à fibres localement connexes ;
(ii) Les espaces X et Y sont délaçables, l’application f est surjective, propre, séparée, à fibres finies, la diagonale ΔX de X×YX est ouverte et son complémentaire est localement connexe ;
(iii) Les espaces X et Y sont délaçables, l’application f est surjective, ouverte et possède la propriété de relèvement des chemins ;
(iv) Tout point de Y possède un voisinage au-dessus duquel il existe une section continue de l’application f.
En effet, sous chacune de ces hypothèses, l’application f est surjective ; elle est aussi stricte en vertu de I, p. 18, exemple 2. Enfin, le morphisme ϖ′(f) est un isomorphisme, tant sous les hypothèses (i), (ii) ou (iii) d’après IV, p. 398, th. 1, que sous l’hypothèse (iv) ( IV, p. 400, th. 2).
La prop. 5 de II, p. 208 décrit les groupes d’isotropie du groupoïde Coeg(f). Le but de ce no est d’expliciter, lorsque f vérifie la propriété (VK), la description des groupes de Poincaré de Y qui s’en déduit par composition avec l’isomorphisme de groupoïdes ϖ′(f). Les nos suivants seront consacrés à des cas particuliers importants.
Supposons que l’application f satisfasse la propriété (VK).
Posons I=π0(X),J=π0(Z),K=π0(W); pour j∈J et s∈{1,2}, on pose is(j)=π0(ps)(j) ; pour k∈K et s,t∈{1,2,3}, on pose jst(k)=π0(qst)(k). Notons Γ l’armature du couple (ϖ(p1),ϖ(p2)) de morphismes de groupoïdes de ϖ(Z) dans ϖ(X) (II, p. 185, déf. 3). C’est le carquois (I,J,π0(p1),π0(p2)), car les orbites du groupoïde de Poincaré d’un espace topologique sont les composantes connexes par arcs de cet espace.
Supposons de plus que Y soit connexe par arcs et non vide. D’après II, p. 200, remarque 2, π0(Γ) est alors en bijection avec l’ensemble des orbites du groupoïde Coeg(f) ; puisque l’application f satisfait à la propriété (VK), le groupoïde Coeg(f) est isomorphe au groupoïde ϖ(Y). Le graphe Γ est ainsi connexe et non vide.
Appelons donnée de van Kampen de f la donnée des éléments suivants :
(i) pour tout i∈I, un point a(i) de la composante connexe par arcs i de X ;
(ii) pour tout j∈J, un point b(j)=(b1(j),b2(j)) de la composante connexe par arcs j de Z ;
(iii) pour tout k∈K, un point c(k)=(c1(k),c2(k),c3(k)) de la composante connexe par arcs k de W;
(iv) pour tout j∈J, la classe β1(j) d’un chemin dans X reliant b1(j) à a(i1(j)) et la classe β2(j) d’un chemin dans X reliant b2(j) à a(i2(j));
(v) pour tout k∈K et pour tout couple (s,t) égal à (1,2), (2,3) ou (1,3), la classe γst(k) d’un chemin dans Z reliant (cs(k),ct(k)) à b(jst(k));
(vi) un sous-carquois T de Γ dont le graphe associé est un arbre maximal du graphe Γ;
(vii) un élément i0 de I.
Choisissons une donnée de van Kampen de f. Alors, (a,b,β1,β2,T,i0) est un équipement de base du couple (ϖ(p1),ϖ(p2)) de morphismes de groupoïdes de ϖ(Z) dans ϖ(X) (II, p. 192, déf. 4). Par ailleurs, les triplets
z=((q12(c(k)),1),(q23(c(k)),1),(q13(c(k)),−1))
et les classes de chemins (γ1,2(k),γ2,3(k),γ1,3(k)), où k décrit K, définissent un équipement complémentaire du couple (ϖ(p1),ϖ(p2)) (II, p. 208, déf. 3 ; II, p. 205, exemple ; II, p. 205, remarque). Nous dirons que l’équipement complet du coégalisateur Coeg(f) ainsi défini est déduit de la donnée de van Kampen de f que nous avons choisie.
Pour tout j∈J, notons φj:π1(Z,b(j))→π1(X,a(i1(j))) et ψj:π1(Z,b(j))→π1(X,a(i2(j))) les homomorphismes de groupes définis par
Notons τ l’unique morphisme de groupoïdes de Grp(Γ) dans ϖ(Y) tel que l’application Som(τ ) applique i∈I sur f(a(i)) et Fl(τ ) applique j∈J sur la classe de chemins f∗(β1(j))−1f∗(β2(j)) reliant f(a(i1(j)))
a(i1(k))
λ1(k)
b1(j12(k))b1(j13(k))
b2(j12(k))b2(j13(k))
c1(k)
c2(k)c3(k)
λ2(k)λ3(k)
a(i2(k))b1(j23(k))b2(j23(k))a(i3(k))
à f(a(i2(j))) dans Y. Pour i∈I, soit di∈ Grp(Γ) la classe de l’unique chemin sans aller-retour reliant i0 à i dans l’arbre T et posons δi=τ(di).
Si S est un ensemble, rappelons que F(S) désigne le groupe libre sur S ; l’image dans F(S) d’un élément s∈S par l’application canonique est notée [s], voire s s’il n’y a pas de confusion possible.
Supposons que Y soit connexe par arcs et que f vérifie la propriété (VK). Avec les notations précédentes, il existe un unique homomorphisme de groupes
L:(i∗∈Iπ1(X,a(i)))∗F(J)→π1(Y,f(a(i0)))
tel que
L(v)=δif∗(v)δi−1 pour i∈I et v∈π1(X,a(i)),
L(j)=δi1(j)τ(j)δi2(j)−1 pour j∈J.
De plus, l’homomorphisme L est surjectif et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué contenant les éléments suivants :
(R1)r1(j)=j pour j dans Fl(T) ;
(R2)r2(j,v)=φj(v)jψj(v)−1j−1 pour j∈J et v∈π1(Z,b(j));
(R3)r3(k)=λ1(k)j12(k)λ2(k)j23(k)λ3(k)j13(k)−1, pour k∈K.
L’existence et l’unicité de l’homomorphisme L résultent de la propriété universelle des produits libres et des groupes libres. Du reste, cet homomorphisme est le composé de l’homomorphisme ϖ′(f)γ(a(i0)) déduit de ϖ′(f) par passage aux groupes d’isotropie et de l’homomorphisme de groupes λ défini par la prop. 5 de II, p. 208, compte tenu de ce que la donnée de van Kampen choisie détermine un équipement complet du couple (ϖ(p1),ϖ(p2)) de morphismes de groupoïdes de ϖ(Z) dans ϖ(X). D’après cette proposition, l’homomorphisme λ a pour image le groupe Coeg(f)γ(a(i0)) et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué contenant les éléments définis par les relations (R1),(R2) et (R3). D’autre part, le morphisme de groupoïdes ϖ′(f): Coeg(f)→ϖ(Y) est un isomorphisme, par définition de la propriété (VK). Le théorème est donc démontré.
2. Recouvrements
Soit Y un espace topologique connexe par arcs, non vide, et soit (Ai)i∈I un recouvrement de Y par des parties connexes par arcs non vides, indexé par un ensemble totalement ordonné I. Soit X=⨆i∈IAi l’espace somme de la famille (Ai) et soit f:X→Y l’application déduite de la famille des injections canoniques de chaque Ai dans Y. Supposons que l’application f satisfait à la propriété (VK). Cela a lieu notamment dans les deux cas suivants :
(i) les intérieurs des ensembles Ai, pour i∈I, recouvrent Y (cf. IV, p. 402, exemple 2) ;
(ii) l’espace Y est délaçable, ainsi que les espaces Ai, pour i∈I, la famille (Ai)i∈I est localement finie, les Ai sont fermés dans Y et leurs intersections deux à deux sont localement connexes par arcs (cf. IV, p. 399, exemple 1).
Soit J′ l’ensemble des triplets (i,i′,V), où i et i′ sont des éléments de I et où V est une composante connexe par arcs de Ai∩Ai′. Si j=(i,i′,V)∈J′, on pose i1(j)=i,i2(j)=i′ et j=(i′,i,V). Soit J le sous-ensemble de J′ formé des triplets tels que i<i′. On appelle armature du recouvrement le carquois Γ dont l’ensemble des sommets est I, dont l’ensemble des flèches est J et les applications origine et terme sont respectivement les applications j↦i1(j) et j↦i2(j). Nous identifierons le graphe associé à Γ au graphe Γ dont l’ensemble des sommets est I, l’ensemble des flèches est J∪J, les applications origine et terme sont les applications j↦i1(j) et j↦i2(j) et l’involution est l’application j↦j.
Notons p1 et p2 les projections du carré fibré X×YX vers X ; soit Γ l’armature du couple (ϖ(p1),ϖ(p2)) de morphismes de groupoïdes de ϖ(X×YX) dans ϖ(X).
Le carquois Γ s’identifie à un sous-carquois de Γ; les carquois Γ et Γ sont connexes.
Les composantes connexes par arcs de X sont les Ai, pour i∈I. Les composantes connexes par arcs de X×YX sont les (V×{i})×Y(V×{i′}), pour (i,i′,V)∈J′. Par suite, l’armature Γ du couple (ϖ(p1),ϖ(p2)) est isomorphe au carquois dont l’ensemble des sommets est I, l’ensemble des flèches est J′, les applications origine et terme étant respectivement les applications j↦i1(j) et j↦i2(j). Le carquois Γ est connexe (IV, p. 406). En outre, cette description identifie Γ à un sous-carquois de Γ. Observons aussi que pour tout flèche j de Γ, ou bien j∈ Fl(Γ), ou bien il existe i∈I tel que j=(i,i,Ai). Il s’ensuit que l’application π0(Γ)→π0(Γ) déduite de l’injection de Γ dans Γ est bijective, si bien que Γ est connexe.
Pour tout élément i de I, choisissons un point a(i) de Ai.
Pour tout élément j=(i,i′,V) de J, choisissons un point b(j) dans V, un chemin B1(j) reliant b(j) à a(i) dans Ai et un chemin B2(j)
reliantj=(i′,i,b(jV)) àappartient àa(i′) dans AJi′. Soitet l’on posej=(i,ib(′,jV)) =un élément deb(j), B1(j)=BJ2; alors(j) et B2(j)=B1(j). Pour j∈J′∪J′, les chemins B1(j) et B2(j) dans Y sont juxtaposables. Posons
B(j)=B1(j)∗B2(j)(3)
C’est un chemin qui relie a(i1(j)) à a(i2(j)) dans Y ; on a la relation B(j)=B(j).
Pour tout j=(i,i′,V)∈J′, notons pj,1:V→Ai et pj,2:V→Ai′ les injections canoniques ; notons aussi φj:π1(V,b(j))→π1(Ai,a(i)) et ψj:π1(V,b(j))→π1(Ai′,a(i′)) les homomorphismes de groupes définis par
φj(v)=[B1(j)]−1(pj,1)∗(v)[B1(j)]
et
ψj(v)=[B2(j)]−1(pj,2)∗(v)[B2(j)]
pour v∈π1(V,b(j)) (cf. IV, p. 407).
Fixons un élément i0 de I, ainsi qu’un sous-carquois T dans le carquois Γ dont le graphe associé T est un arbre maximal du graphe Γ.
Pour i∈I, soit (i0,j1,i1,...,jn,i) l’unique chemin sans aller-retour reliant i0 à i dans l’arbre T et posons
δ(i)=[B(j1)][B(j2)]...[B(jn)]
c’est la classe d’un chemin reliant a(i0) à a(i) dans Y. Notons αi l’homomorphisme de π1(Ai,a(i)) dans π1(Y,a(i)) déduit de l’injection canonique et soit μi:π1(Ai,a(i))→π1(Y,a(i0)) l’homomorphisme de groupes défini par
μi(v)=δ(i)αi(v)δ(i)−1
Soit enfin μ:F(J)→π1(Y,a(i0)) l’unique homomorphisme de groupes tel que l’on ait
μ(j)=δ(i1(j))[B(j)]δ(i2(j))−1
pour tout j∈J. Il existe un unique homomorphisme de groupes
M:(i∗∈Iπ1(Ai,a(i)))∗F(J)→π1(Y,a(i0))
qui coïncide avec μi dans π1(Ai,a(i)), pour tout i∈ I, et avec μ dans F(J).
Notons K′ l’ensemble des quadruplets (i1,i2,i3,U), où i1,i2,i3 sont des éléments de I et où U est une composante connexe par arcs de Ai1∩Ai2∩Ai3. Pour tout élément k=(i1,i2,i3,U) de K′ et tout couple (s,t) d’éléments de {1,2,3}, on pose jst(k)=(is,it,V), où V est la composante connexe par arcs de Ais∩Ait qui contient U ; c’est un élément de J′.
Notons K le sous-ensemble de K′ formé des quadruplets (i1,i2,i3,U) tels que i1<i2<i3. Pour tout élément k=(i1,i2,i3,U) de K, choisissons un point c(k) de U, ainsi que des chemins C12(k), C23(k) et C13(k), tels que Cst(k) relie c(k) à b(jst(k)) dans Ais∩Ait pour s,t∈{1,2,3} avec s<t.
Soit Y un espace topologique connexe par arcs et soit (Ai)i∈I un recouvrement de Y par des parties non vides, connexes par arcs, indexé par un ensemble totalement ordonné I. Supposons que l’application canonique de l’espace somme de la famille (Ai)i∈I vers Y satisfait à la propriété (VK). Alors, l’homomorphisme M introduit ci-dessus est surjectif et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué contenant les éléments suivants :
Soit X l’espace topologique somme de la famille (Ai)i∈I et soit f:X→Y l’application déduite de la famille des injections canoniques de chaque Ai dans Y. L’application f satisfait à la propriété (VK) par hypothèse ; nous allons ainsi lui appliquer le th. 1 du no1. Nous reprenons donc les notations de ce no et commençons par définir une donnée de van Kampen de l’application f.
Les composantes connexes par arcs de X sont les ensembles Xi=Ai×{i} pour i∈I. On identifie ainsi π0(X) à l’ensemble I. Pour tout i∈I, notons a(i) le point (a(i),i) de Xi.
Posons Z=X×YX. Les composantes connexes par arcs de Z sont les ensembles Zj=(V×{i})×Y(V×{i′}), où j=(i,i′,V) parcourt J′. On identifie ainsi π0(Z) à l’ensemble J′. Soit J0 l’ensemble des éléments de J de la forme (i,i,Ai), de sorte que la famille (J0,J,J) est une partition de J′. Pour i∈I et j=(i,i,Ai)∈J0, posons b(j)=(a(i),a(i)) et prenons pour β1(j) et β2(j) la classe du chemin constant en a(i). Pour j=(i,i′,V)∈J∪J, notons b(j) le point ((b(j),i),(b(j),i′)) de Zj et notons β1(j) et β2(j) les classes des chemins t↦(B1(j)(t),i) et t↦(B2(j)(t),i′) dans X.
Posons W=X×YX×YX. Les composantes connexes par arcs de W sont les ensembles Wk=(U×{i1})×Y(U×{i2})×Y(U×{i3}), où k=(i1,i2,i3,U) parcourt K′. On identifie ainsi π0(W) à l’ensemble K′.
Notons K0 l’ensemble des éléments de K′ de la forme k=(i,i,i,Ai), pour i∈I. Pour un tel élément k∈K0, on pose c(k)=(a(i),a(i),a(i)) et on choisit pour γst(k) la classe du chemin constant en (a(i),a(i)).
Notons K1 l’ensemble des éléments de K′ de la forme k = (i1,i2,i3,V) pour lesquels l’ensemble {i1,i2,i3} a deux éléments. Soit k un élément de K′ de la forme (i,i,i′,V), de sorte que j=(i,i′,V) appartient à J∪J. On pose alors
et l’on prend pour γ13(k) et γ23(k) la classe du chemin constant en b(j). On définit de façon analogue c(k),γ12(k),γ13(k),γ23(k) pour tout élément k de K′.
Pour tout élément k=(i1,i2,i3,U) de K, posons
c(k)=((c(k),i1),(c(k),i2),(c(k),i3))
pour tout couple (s,t) d’éléments distincts de {1,2,3}, prenons pour γst(k) l’image par l’application x↦((x,s),(x,t)) de la classe du chemin Cst(k) dans Ais(k)∩Ait(k).
Pour tout point x=(x1,x2,x3) de X×YX×YX et toute permutation σ∈S3, posons σ(x)=(xσ−1(1),xσ−1(2),xσ−1(3)). On définit ainsi une opération du groupe S3 sur W. Pour tout k=(i1,i2,i3,U)∈K′ et toute permutation σ∈S3, posons de même σ(k)=(iσ−1(1),iσ−1(2),iσ−1(3),U) ; on a
Soit k=(i1,i2,i3,U) un élément de K′ tel que i1,i2,i3 soient deux à deux distincts. Il existe une unique permutation σ∈S3 telle que iσ−1(1)<iσ−1(2)<iσ−1(3), de sorte que σ(k)=(iσ−1(1),iσ−1(2),iσ−1(3),U) appartient à K. Pour s∈{1,2,3}, on pose alors cs(k)=cσ(s)(σ(k)) et c(k)=(c1(k),c2(k),c3(k)), de sorte que c(k)=σ−1(c(σ(k))). Pour (s,t)∈{(1,2),(1,3),(2,3)}, on définit Cst(k)=Cσ−1(s)σ−1(t)(σ(k)); c’est un chemin qui relie c(k) à b(jσ(s)σ(t)(σ(k)))=b(jst(k)).
Notons g le morphisme de carquois de Γ dans Γ qui, à un sommet i∈I de Γ, associe le sommet Xi=Ai×{i} de Γ et, à une flèche j=(i,i′,V)∈J′ de Γ, associe la flèche Zj=(V×{i})×Y(V×{i′}) de Γ. L’application Som(g) est bijective ; l’application Fl(g) est injective et le graphe Γ est connexe (IV, p. 410, lemme 1) et l’image par g du sous-carquois T est un sous-carquois T de Γ dont le graphe associé est un arbre maximal du graphe Γ.
Les points a(i), pour i∈I, les point b(j), pour j∈J′, les points c(k), pour k∈K′, les classes de chemins β1(j) et β2(j), pour j∈J′, les classes de chemins γst(k), pour k∈K′, le sous-carquois g(T) de Γ et l’élément i0 de I définissent une donnée de van Kampen de f.
qui induit l’isomorphisme de π1(X,a(i)) sur π1(Ai,a(i)) déduit de l’identification de Ai×{i} et Ai, pour tout i∈I, et tel que l’on ait
ρ(j)=1 pour j∈J0
ρ(j)=j,ρ(j)=j−1 pour j∈J.
Soit L l’homomorphisme de groupes défini dans le th. 1 de IV, p. 408. Pour j=(i,i,Ai)∈J0, on a L(j)=1=M∘ρ(j). Soit j=(i,i′,V) un élément de J ; on a L(j)=(M∘ρ)(j) par définition. Enfin, si j=(i,i′,V) est un élément de J,j∈J et l’on vérifie que
L(j)=L(j)−1=M(ρ(j))−1=M(ρ(j))
Par conséquent, on a M∘ρ=L.
L’homomorphisme L est surjectif (loc. cit.), donc l’homomorphisme M l’est aussi. Comme l’homomorphisme ρ est surjectif, le noyau de M est le plus petit sous-groupe distingué de (i∗∈Iπ1(Ai,a(i)))∗F(J1) qui contient les images par ρ des éléments définis par les relations (R1), (R2),(R3) du théorème 1 (IV, p. 408). La démonstration sera terminée une fois que nous aurons vérifié que ces images sont, outre les éléments définis par les relations (R1),(R2),(R3) de la prop. 1, des éléments qui leur sont conjugués, ou qui sont conjugués à leurs inverses, ainsi que l’élément neutre.
Éléments R1. — Une flèche de l’arbre orienté T est de la forme Zj, avec j=(i,i′,V)∈J ; son image est l’élément j de F(J).
Éléments R2. — Soit j=(i,i′,V)∈J′. Si i=i′, on a ρ(r2(j,v))=1 pour tout v∈π1(Ai,a(i)). Si j∈J, l’image de r2(j,v) est l’élément r2(j,v)=φj(v)jψj(v)−1j−1, pour tout v∈π1(Z,b(j)). Dans le cas restant, on a j∈J et l’égalité
entraîne que ρ(r2(j,v)) est conjugué à ρ(r2(j,v−1)).
Éléments R3. — Soit k=(i1,i2,i3,U) un élément de K′.
Si k∈K0,i1 = i2 = i3,λs(k) est la classe du chemin trivial pour tout s∈{1,2,3},jst(k)∈J0 pour tout couple (s,t)∈{(1,2),(1,3),(2,3)}. Alors, ρ(r3(k)) est l’élément neutre.
Supposons k∈K1. Si i1=i2, alors j=(i1,i3,U)∈J∪J et l’on a
r3(k)=β1(j)−1j12β1(j)j23β2(j)−1β2(j)j13−1
dont l’image par ρ est l’élément neutre. Les autres cas se traitent de même.
Supposons que i1,i2,i3 soient deux à deux distincts. Si i1<i2<i3, k∈K et l’image de ρ(r3(k)) est l’élément r3(k).
Soit σ∈S3 la permutation qui applique 1 sur 2 et 2 sur 3. On a
Comme le groupe S3 est engendré par les permutations τ et σ, il s’ensuit que, pour tout k∈K et tout σ∈S3,ρ(r3(σ(k))) est conjugué à ρ(r3(k)) ou à son inverse.
Sous les hypothèses de la proposition 1, supposons de plus que, pour tout i∈ I, l’image de l’homomorphisme de π1(Ai,a(i)) dans π1(Y,a(i)), déduit de l’injection canonique de Ai dans Y, soit triviale. L’homomorphisme M′:F(J)→π1(Y,a(i0)) déduit de M par restriction est alors surjectif et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué qui contient les éléments j∈ Fl(T) et les éléments j12(k)j23(k)j13(k)−1 pour k∈K.
Soit π:(i∗∈Iπ1(Ai,a(i)))∗F(J)→F(J) l’unique homomorphisme qui induit l’homomorphisme trivial sur chaque π1(Ai,a(i)) et l’identité sur F(J); il est surjectif. Soit i∈I. La définition de M et l’hypothèse que l’image de l’homomorphisme de π1(Ai,a(i)) dans π1(Y,a(i)) déduit de l’injection canonique soit triviale entraînent que, pour tout v∈π1(Ai,a(i)),M(v) est l’élément neutre de π1(Y,a(i0)). On a donc M=M′∘π. Par suite, l’homomorphisme M′ est surjectif et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué contenant les images par π des éléments r1(j),r2(j,v) et r3(k) définis dans la prop. 1. Pour j∈ Fl(T), on a π(r1(j))=j. Pour tout j∈ J et tout v∈π1(V,b(j)), on a π(r2(j,v))=e. Enfin, pour tout k=(i1,i2,i3,U)∈K et tout s∈{1,2,3},λs(k) est la classe d’un lacet dans Ais; on a donc π(λs(k))=e, si bien que π(r3(k))=j12(k)j23(k)j13(k)−1. Le corollaire en résulte.
Sous les hypothèses de la proposition 1, supposons de plus que pour tout i∈I, le groupe π1(Ai,a(i)) soit réduit à l’élément neutre et que, pour tout triplet (i1,i2,i3) d’éléments de I deux à deux distincts, l’ensemble Ai1∩Ai2∩Ai3 soit vide. L’homomorphisme M′′: F(J-Fl(T)) →π1(Y,a(i0)) déduit de M par restriction est alors un isomorphisme.
Soit π′:F(J)→ F(J - Fl(T)) l’homomorphisme qui applique [j] sur [j] si j∈ J-Fl(T) et qui applique [j] sur l’élément neutre si j∈ Fl(T) ; il est surjectif et l’on a M′′∘π′=M′, où M′ est l’homomorphisme surjectif défini dans le corollaire 1. Il en résulte que M′′ est surjectif et que son noyau est le plus petit sous-groupe distingué de F(J-Fl(T)) qui contient les images par π′ des éléments décrits dans loc. cit. Or, par construction, π′(j)=e si j∈ Fl(T) et l’ensemble K est vide, par hypothèse. L’homomorphisme M′′ est donc un isomorphisme.
Soit G un graphe (II, p. 155, définition 1) ; notons S l’ensemble des sommets de G, A l’ensemble de ses arêtes orientées, o et t les applications origine et terme de A dans S ; pour toute arête orientée a∈A, on note a l’arête orientée opposée. Munissons les ensembles S et A de la topologie discrète ; soit X l’espace somme de l’espace S et de l’espace I×A et soit ∼ la relation d’équivalence la plus fine dans X pour laquelle (u,a)∼(1−u,a), (0,a)∼o(a) et (1,a)∼t(a) pour tout u∈I et toute arête orientée a∈A. L’espace quotient ∣G∣=X/∼ est appelé la réalisation géométrique du graphe G. On note p la projection canonique de X sur ∣G∣.
Démontrons que ∣G∣ est localement contractile. Soit s∈S. Notons Xs la réunion de {s} et des parties [0,1[×{a} pour a∈o−1(s) et des
parties ]0,1]×{a} pour a∈t−1(s). Soit Us l’image de Xs dans ∣G∣; c’est un voisinage ouvert de p(s) dans ∣G∣ car Xs est un voisinage ouvert saturé de s dans X. Soit f l’application de Xs×I dans Xs définie, pour u,v∈I et a∈A, par les relations
f(s,v)=s
((1−v)u,a) si 0⩽u<1 et o(a)=s,
f((u,a),v)=
(1−(1−v)(1−u),a) si 0<u⩽1 et t(a)=s.
Elle est continue et compatible à la relation d’équivalence ∼. Elle définit donc par passage au quotient une application φs:Us×I→Us qui est continue, car I est localement compact (I, p. 19, prop. 10). C’est une contraction forte de Us sur p(s) (III, p. 237, déf. 6).
Soit par ailleurs x=(τ,a)∈]0,1[×A. Notons Xx=]0,1[×{a,a} et soit Ux son image dans ∣G∣ par p; c’est un voisinage de p(x) dans ∣G∣, homéomorphe à ]0,1[. L’application de Xx×I dans Xx donnée par ((u,a),v)↦((1−v)u+vτ,a) et ((u,a),t)↦((1−v)u+v(1−τ),a) est continue. Elle définit par passage au quotient une application φx:Ux×I→Ux qui est continue (loc. cit.) et est une contraction forte en x.
Tout point de ∣G∣ est l’image d’un point s∈S ou d’un point de I×A de la forme (τ,a) où 0<τ<1. Il en résulte que tout point de ∣G∣ possède un voisinage contractile en ce point. Autrement dit, ∣G∣ est localement contractile et, en particulier, délaçable (IV, p. 346, prop. 5).
Choisissons un ordre total sur S et considérons le recouvrement ouvert (Us)s∈S de ∣G∣. Soient s et s′ des éléments distincts de S. L’intersection Us∩Us′ est la réunion des p(]0,1[,a) où a parcourt l’ensemble des arêtes orientées de G dont les extrémités sont s et s′. Par suite, l’armature du recouvrement (Us)s∈S s’identifie au carquois G. En outre, pour tout s∈S, Us est contractile en s, donc π1(Us,p(s)) est réduit à l’élément neutre. Il résulte alors du cor. 2 de IV, p. 416 que pour tout s∈S,π1(∣G∣,p(s)) est un groupe libre (théorème de Nielsen-Schreier).
Sous les hypothèses de la prop. 1, supposons de plus que l’armature du recouvrement (Ai)i∈I soit un arbre orienté. L’homomorphisme N:i∗∈Iπ1(Ai,a(i))→π1(Y,a(i0)) déduit de M par restriction est alors surjectif ; son noyau est le plus petit sous-groupe distingué de i∗∈Iπ1(Ai,a(i)) qui contient les éléments φj(v)ψj(v)−1, pour
tout j=(i1,i2,V)∈J et tout v∈π1(V,b(j)).
Si les composantes connexes par arcs des intersections Ai∩Ai′, pour i=i′ sont en outre simplement connexes par arcs, l’homomorphisme N est alors un isomorphisme.
Sous les hypothèses du corollaire, le graphe associé au carquois Γ est un arbre, d’où T = Γ. Il en résulte que l’image du groupe F(J) par l’homomorphisme M est réduite à l’élément neutre.
Soit
ρ:(i∗∈Iπ1(Ai,a(i)))∗F(J)→i∗∈Iπ1(Ai,a(i))
l’unique homomorphisme de groupes qui induit l’homomorphisme identique sur π1(Ai,a(i)) et dont le noyau contient F(J). On a M=N∘ρ. Par conséquent, l’homomorphisme N est surjectif et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué de i∗∈Iπ1(Ai,a(i)) qui
contient les images par ρ des éléments définis par les relations (R1), (R2) et (R3) de la prop. 1. On a ρ(j)=1 pour tout j∈ Fl(Γ). Comme l’armature du recouvrement (Ai)i∈I est un arbre, on a Ai1∩Ai2∩Ai3=∅ pour tout triplet (i1,i2,i3) d’éléments distincts de I. Il en résulte que le noyau de N est le plus petit sous-groupe distingué qui contient les éléments φj(v)ψj(v)−1 pour tout j=(i1,i2,V)∈J et tout v∈π1(V,b(j)).
Le groupe fondamental de R2{0} est isomorphe à Z et la classe du chemin t↦e2πit en est un générateur (IV, p. 347, corollaire). Plus généralement, soit n un entier naturel et soit A={z1,...,zn} un ensemble de n points de R2. Soit Y l’espace R2− A ; nous allons prouver que le groupe fondamental de Y est isomorphe au groupe libre Fn à n générateurs. Pour tout i, posons zi=(ui,vi). Quitte à remplacer zi par f(zi), où f:R2→R2 est un homéomorphisme de la forme (u,v)↦(u+αv,v), on peut supposer que les abscisses des zi sont deux à deux distinctes. Il n’est pas non plus restrictif de supposer que l’on a u1<⋯<un.
Posons V1=]−∞,u2[×R,Vi=]ui−1,ui+1[×R pour 2⩽i⩽n−1, Vn=]un−1,+∞[×R. Pour 1⩽i⩽n, l’ensemble Ui=Vi−{zi} est ouvert dans le plan et homéomorphe à R2−{0}. La famille (Ui)1⩽i⩽n est un recouvrement ouvert de l’espace Y=R2− A. L’intersection Ui∩Uj est vide pour ∣i−j∣⩾2, homéomorphe à R2 pour ∣i−j∣=1. D’après le corollaire 3, le groupe fondamental de Y est isomorphe au groupe libre Fn.
Soit a un point de Y. Pour tout entier i∈{1,...,n}, soir ri un nombre réel strictement positif et strictement inférieur aux distances de zi aux points zj, pour j=i. Notons vi la classe du lacet t↦zi+rie2πit au point zi+ri de Y. Soit θi la classe d’un chemin γi reliant le point a au point zi+ri dans Y. Si les chemins γi sont injectifs et que leurs images ne se rencontrent qu’en a, on peut démontrer que l’unique homomorphisme du groupe libre F(t1,...,tn) dans π1(Y,a) tel que φ(ti)=θiviθi−1 pour tout i∈{1,...,n} est un isomorphisme de groupes.
Un raisonnement analogue permet de démontrer que pour toute partie fermée discrète A du plan, le groupe fondamental de R2− A est isomorphe à F(A) (IV, p. 463, exerc. 1).
Sous les hypothèses de la proposition 1, supposons qu’il existe une partie A de Y, connexe par arcs et non vide, telle que l’intersection Ai∩Ai′ soit égale à A pour tout couple (i,i′) d’éléments distincts de I. Soit a un point de A. Il existe un unique homomorphisme φ de la somme de la famille de groupes (π1(Ai,a))i∈I amalgamée par π1(A,a) dans π1(Y,a) qui coïncide avec l’homomorphisme déduit de l’injection canonique de Ai dans Y, pour tout i∈I. L’homomorphisme φ est un isomorphisme.
En particulier, si le groupe π1(A,a) est réduit à l’élément neutre, l’homomorphisme canonique du produit libre de la famille de groupes (π1(Ai,a))i∈I dans π1(Y,a) est un isomorphisme.
Pour i∈ I, notons gi:π1(A,a)→π1(Ai,a) et fi:π1(Ai,a)→π1(Y,a) les homomorphismes canoniques déduits des inclusions de A dans Ai et de Ai dans Y. Notons ∗π1(Ai,a) la somme des groupes π1(Ai,a) amalgamée par π1(A,a). Soit aussiAp l’unique homomorphisme de i∗∈Iπ1(Ai,a) dans ∗Aπ1(Ai,a) qui induit l’identité sur π1(Ai,a) (A, I, p. 80, prop. 4). L’homomorphisme p est surjectif et il découle de la définition du monoïde ∗π1(Ai,a) que son noyau est le plus petit sous-groupe distingué deiA∗∈Iπ1(Ai,a) qui contient les
éléments gi(v)gi′(v)−1, pour i,i′∈I et v∈π1(A,a).
Les homomorphismes fi∘gi:π1(A,a)→π1(Y,a), pour i∈I, sont égaux. Il découle donc de la propriété universelle des sommes amalgamées de monoïdes (A, I, p. 80, prop. 4) qu’il existe un unique homomorphisme de groupes φ (resp. f) de ∗Aπ1(Ai,a) (resp. de i∗∈Iπ1(Ai,a)) dans π1(Y,a) qui induit l’homomorphisme fi sur π1(Ai,a). On a f=φ∘p.
Pour i∈ I, notons ui l’injection canonique de A dans Ai et vi l’injection canonique de Ai dans Y. Notons aussi w l’injection canonique de A dans Y. Pour tout i∈ I, on a vi∘ui = w, donc π1(vi,a)∘π1(ui,a)=π1(w,a). Il découle alors de la propriété universelle des sommes amalgamées de monoïdes (A, I, p. 80, prop. 4) qu’il existe un unique homomorphisme de groupes φ de ∗iπ1(Ai,a) dans π1(Y,a) qui induit l’homomorphisme π1(vi,a) sur π1(Ai,a). Il s’agit de démontrer que φ est un isomorphisme.
L’ensemble J s’identifie à l’ensemble des couples (i,i′) d’éléments de I tels que i<i′. L’ensemble K s’identifie à l’ensemble des triplets (i1,i2,i3) d’éléments de I tels que i1<i2<i3. Choisissons tous les points-base a(i),b(j) et c(k) égaux à a et tous les chemins B(j), Cst(k) égaux au chemin constant d’image a. Fixons aussi un point i0∈I.
Pour tout couple (i,i′) de points distincts de I, l’armature Γ du recouvrement (Ai) possède exactement une flèche d’extrémités i et i′. Les flèches de Γ dont une des extrémités est égale à i0 sont les flèches d’un sous-arbre orienté maximal T.
Pour tout élément k∈K, on a r3(k)=j12(k)j23(k)j13(k)−1; soit R le sous-groupe distingué de F(J) engendré par les éléments j∈ Fl(T) et les éléments r3(k),k∈ K. Prouvons que R = F(J). Il suffit de montrer que tout élément j=(i1,i2) de J appartient à R. C’est vrai, par hypothèse, si i1=i0 ou i2=i0. Supposons i0<i1 et posons k=(i0,i1,i2). C’est un élément de K tel que j=j23(k)=j. De plus, j12(k) et j13(k) appartiennent à Fl(T). Il en résulte que j appartient à R. Les cas où i1<i0<i2 ou i2<i0 se traitent de manière analogue.
Il résulte alors de la prop. 1 (IV, p. 412) que l’homomorphisme f est surjectif et que son noyau est le plus petit sous-groupe distingué qui contient les relateurs r2(j,v)=gi(v)gi′(v)−1, pour j=(i,i′,A)∈J et v∈π1(A,a). Autrement dit, Ker(f) = Ker(p). Cela entraîne que φ est un isomorphisme, ainsi qu’il fallait démontrer.
Si π1(A,a) est réduit à l’élément neutre, p est un isomorphisme, d’où la seconde assertion.
Soit ((Xi,xi))i∈I une famille d’espaces topologiques pointés. On appelle bouquet de la famille ((Xi,xi))i∈I, et on note ⋁i∈I(Xi,xi) l’espace topologique quotient de l’espace somme de la famille (Xi)i∈I par la relation d’équivalence qui identifie entre eux tous les points (xi,i), pour i∈I. Notons X cet espace topologique et x l’image commune des xi. Supposons que, pour tout i∈ I, le point xi soit fermé dans Xi et que les espaces Xi soient délaçables. Si I est fini, le corollaire 4 entraîne que l’homomorphisme canonique i∗∈Iπ1(Xi,xi)→π1(X,x) est un isomorphisme.
La remarque 1 de IV, p. 429 et l’exercice 3, IV, p. 463 donnent des conditions moins restrictives sous lesquelles cet homomorphisme est un isomorphisme. Voir néanmoins l’exercice 4, IV, p. 464.
3. Cas particulier d’un recouvrement formé de deux parties
Soit X un espace topologique connexe par arcs, soient B et C des parties non vides et connexes par arcs de X. On fait en outre l’une des deux hypothèses suivantes :
(i) Les intérieurs des ensembles B et C recouvrent X ;
(ii) Les ensembles B et C sont fermés dans X, leur réunion est égale à X, les espaces X, B, C sont délaçables et l’espace B∩C est localement connexe par arcs.
Sous ces hypothèses, l’application canonique de l’espace somme de la famille (B,C) sur l’espace X vérifie la propriété (VK) (cf. IV, p. 409).
Posons A=B∩C. Comme l’espace X est connexe, l’ensemble A n’est pas vide. Soit a un point de A ; notons j0 la composante connexe par arcs de a dans A. Pour toute composante connexe par arcs j de A distincte de j0, choisissons un point aj de j, la classe βj d’un chemin dans B et la classe γj d’un chemin dans C, reliant tous deux aj à a; notons φj:π1(A,aj)→π1(B,a) et ψj:π1(A,aj)→π1(C,a) les homomorphismes de groupes définis par
φj(v)=βj−1vβj et ψj(v)=γj−1vγj
pour v∈π1(A,aj). Notons aussi φ0 et ψ0 les homomorphismes de π1(A,a) dans π1(B,a) et π1(C,a) respectivement déduits des injections canoniques. Notons ιB et ιC les homomorphismes de π1(B,a) et π1(C,a) respectivement dans π1(X,a) déduits des injections canoniques. Soit enfin μ l’unique homomorphisme du groupe libre F(π0(A)−{j0}) dans π1(X,a) tel que μ(j)=βj−1γj pour tout j∈π0(A)−{j0}.
qui coïncide avec ιB dans π1(B,a),ιC dans π1(C,a) et μ dans F(π0(A){j0}). Cet homomorphisme est surjectif et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué contenant les éléments
φj(v)jψj(v)−1j−1
pour j∈π0(A)−{j0} et v∈π1(A,aj), et les éléments
φ0(v)ψ0(v)−1
pour v∈π1(A,a).
L’armature Γ du recouvrement de X défini par la famille (B,C) a deux sommets b et c correspondant aux deux ensembles B et C. L’ensemble de ses flèches est égal à π0(A); elles relient le point b au point c. Le graphe associé au sous-carquois de Γ dont l’unique flèche est j0 est un arbre maximal de Γ. La proposition résulte alors de IV, p. 412, prop. 1.
Pour n⩾1, la sphère Sn est réunion de deux hémisphères fermés, homéomorphes à la boule fermée Bn−1 (TG, VI, p. 12), et dont l’intersection s’identifie à la sphère Sn−1. Pour n⩾2, la sphère Sn−1 est connexe par arcs ; on en déduit que le groupe de Poincaré de Sn est trivial (cf. I, p. 127, exemple 3).
La sphère S0 a deux composantes connexes par arcs ; on retrouve ainsi que le groupe de Poincaré du cercle S1 est isomorphe à un groupe libre à un générateur. Plus précisément, soient B et C les intersections de S1 avec les demi-plans d’équations y⩾0 et y⩽0 dans le plan R2. Posons a=(1,0),a′=(−1,0); on a B∩C={a,a′}; ses composantes connexes sont j0={a} et j={a′}. Soit β la classe du chemin t↦eπit dans C; si l’on identifie C à R2, il relie a à a′ dans B. De même, soit γ la classe du chemin t↦e−πit reliant a à a′ dans C. Le chemin βγ−1 est un lacet en a, donné par t↦e2πit. D’après la proposition 2, sa classe engendre le groupe π1(S1,a).
L’homomorphisme μ est injectif. Plus précisément, il existe une rétraction associée à μ qui est un homomorphisme de groupes.
Soit ρ l’unique homomorphisme de π1(B,a)∗π1(C,a)∗F(π0(A){j0}) dans F(π0(A) - {j0}) qui induit l’homomorphisme trivial dans π1(B,a) et π1(C,a) et l’identité dans F(π0(A)−{j0}). Soit N le noyau de l’homomorphisme M. D’après la proposition 2,ρ(N) est réduit à l’élément neutre. il existe donc un unique homomorphisme r de π1(X,a) dans F(π0(A)−{j0}) tel que ρ=r∘M. Pour tout v∈F(π0(A)−{j0}), on a M(v)=μ(v), donc r∘μ est l’homomorphisme identique. Le corollaire en résulte.
Si le groupe π1(X,a) est trivial, l’ensemble A = B∩C est connexe par arcs ; s’il est commutatif, l’ensemble A possède au plus deux composantes connexes par arcs.
En effet, si S est un ensemble, le groupe libre F(S) n’est trivial que si S est vide et n’est commutatif que si Card S⩽1.
Si les groupes π1(X,a) et π1(A,a) sont triviaux, il en est de même des groupes π1(B,a) et π1(C,a).
D’après le corollaire 2, l’ensemble A est connexe par arcs. Le groupe π1(X,a) est donc isomorphe au produit libre des groupes π1(B,a) et π1(C,a). Il contient en particulier des sous-groupes isomorphes aux groupes π1(B,a) et π1(C,a) (A, I, p. 83). Ces deux groupes sont donc triviaux si π1(X,a) l’est.
4. Espaces quotients
Soit X un espace topologique connexe par arcs muni d’une opération (à droite) propre d’un groupe discret G. Posons Y=X/G et notons f:X→Y l’application canonique. Si g∈G et c:I→X est un chemin dans X, on note g∗c le chemin t↦c(t)⋅g et g∗[c] sa classe d’homotopie stricte.
Soit o un point de X. Pour tout g∈G, soit βg la classe d’un chemin reliant o⋅g à o dans X. Pour tout g∈G, soit Xg l’ensemble des points x∈X tels que x⋅g=x; pour toute composante connexe par arcs j de Xg, soit aj un point de j et soit γj la classe d’un chemin dans X reliant aj à o. Soit ν:F(G)→π1(Y,f(o)) l’unique homomorphisme de groupes tel que ν(g)=f∗(βg) pour g∈G. Soit N:π1(X,o)∗F(G)→π1(Y,f(o)) l’unique homomorphisme de groupes qui coïncide avec π1(f,o) dans π1(X,o) et avec ν dans F(G).
Supposons que X soit délaçable. L’homomorphisme N est alors surjectif et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué de π1(X,o)∗F(G) contenant les éléments
Supposons que X soit délaçable et que le groupe G soit engendré par les fixateurs des points de X. Le morphisme canonique π1(f,o):π1(X,o)→π1(Y,f(o)) est alors surjectif. En particulier, si X est simplement connexe par arcs, il en est de même de Y.
Si X est délaçable, Y l’est aussi (IV, p. 349, prop. 8). Comme un espace délaçable connexe est simplement connexe par arcs si et seulement si il est simplement connexe (IV, p. 344, corollaire 1 du théorème 1), on retrouve ainsi la prop. 11 de I, p. 137.
Soit X un espace topologique connexe par arcs, délaçable et séparé, et soit a un point de X. Soit n un entier ⩾2 et soit Y le quotient de l’espace Xn par l’action du groupe Sn opérant par permutation des facteurs ; notons f:Xn→Y l’application canonique ; notons g:X→Y l’application x↦f(x,a,...,a). Il découle de la proposition que, pour tout i, l’homomorphisme π1(g,a) de π1(X,a) dans π1(Y,g(a)) est surjectif et que son noyau est le sous-groupe dérivé de π1(X,a). En particulier, le groupe π1(Y,g(a)) est abélien.
Supposons que X soit délaçable et que le groupe G opère librement dans X. Il existe un unique homomorphisme de groupes p:π1(Y,f(o))→G dont le noyau contient l’image de π1(X,o) et tel que p(N(g))=g pour tout g∈G. De plus, π1(X,o)→π1(Y,f(o))−→pG est une extension de G par π1(X,o).
Supposons que X soit simplement connexe par arcs. L’application de G dans π1(Y,f(o)) qui, à g∈ G, associe la classe de chemins f∗(βg) est un homomorphisme de groupes surjectif ; son noyau est le sous-groupe de G engendré par les fixateurs des points de X.
5. Cônes ; contraction d’un sous-espace
Soient X et Y des espaces topologiques non vides et soit f:X→Y une application continue. Soit Côn(f) le cône de l’application f et soit s son sommet. Notons αf′:X×I→ Côn(f) et βf′:Y→ Côn(f) les applications canoniques. La restriction de αf′ au sous-espace X×{0} de X×I est l’application constante d’image {s}. L’application βf′ induit un homéomorphisme de Y sur la base du cône Côn(f) par lequel nous identifierons ces deux espaces. Notons aussi
σf′:(Côn(f)−{s})×I→ Côn(f)−{s}
la contraction canonique et ρf′: Côn(f)−{s}→Y la rétraction canonique du cône privé de son sommet sur sa base.
Posons J=π0(X); pour tout élément j de J, notons Xj la composante j de X, soit bj un point de Xj et notons γj la classe du chemin t↦αf′(bj,t) dans Côn(f) qui relie s à f(bj).
Soit I l’image de l’application π0(f) : c’est l’ensemble des composantes connexes par arcs de Y qui rencontrent f(X); notons φ:J→I l’application déduite de f par passage aux composantes connexes par arcs. Pour tout élément i∈I, notons Yi la composante i de Y et choisissons un point ai dans Yi.
Pour tout élément j de J, choisissons un chemin Bj reliant le point f(bj) au point aφ(j) dans Yφ(j) et notons βj sa classe. Désignons par ψj l’homomorphisme de π1(X,bj) dans π1(Y,aφ(j)) défini par
ψj(v)=βj−1f∗(v)βj
pour v∈π1(X,aj).
Soit σ:I→J une section de l’application φ. Posons T=σ(I) et τ=σ∘φ; observons que φ∘τ=φ.
Supposons que les composantes connexes par arcs de Y soient ouvertes. Pour tout i∈ I, soit Gi le quotient du groupe π1(Yi,bi) par le plus petit sous-groupe distingué contenant l’image des homomorphismes ψj, pour j∈φ−1(i) ; notons pi la surjection canonique de π1(Yi,bi) sur Gi.
Il existe un unique homomorphisme de groupes
P:i∗∈IGi∗F(J−T)→π1(Côn(f),s)
tel que
P(pi(v))= Int(γσ(i)βσ(i))(v) pour i∈I et v∈π1(Yi,bi),
P(j)=γjβjβτ(j)−1γτ(j)−1 pour j∈J−T.
L’homomorphisme P est un isomorphisme.
Notons Y′ la réunion des composantes connexes par arcs de Y qui rencontrent f(X) et soit f′:X→Y′ l’application donnée par x↦f(x). L’ensemble Y′ est une partie ouverte de Y ; ses composantes connexes par arcs sont ouvertes. Le cône Côn(f′) s’identifie à la composante connexe par arcs de s dans Côn(f). Cela permet de supposer que Y=Y′, autrement dit que l’application π0(f) est surjective et I=π0(Y).
Pour tout j∈J, posons Vj=αf′(Xj×]0,1[). Par passage aux sous-espaces, l’application αf′ induit un homéomorphisme de X×]0,1[ sur le complémentaire de Y∪{s} dans Côn(f). Par suite, les ensembles Vj sont les composantes connexes par arcs de Côn(f)−(Y∪{s}).
Pour tout i∈I, posons Ui=(ρf′)−1(Yi) ; c’est une partie ouverte de Côn(f), car Yi est ouvert dans Y par hypothèse. Pour tout j∈φ−1(i), on a f(Xj)⊂Yi et
Vj∪Yi=αf′(Xj×]0,1])∪Yi
si bien que Vj∪Yi est une partie connexe par arcs de Côn(f) contenant Yi. Comme Ui est la réunion de Yi et des ensembles Vj, pour j∈φ−1(i), il en résulte que Ui est connexe par arcs.
Enfin, l’ensemble C′(X)= Côn(f) - Y est une partie ouverte de Côn(f) ; elle est contractile en s, donc connexe par arcs.
L’ensemble C′(X) et les ensembles Ui, pour i∈I, constituent un recouvrement de Côn(f) par des parties ouvertes et connexes par arcs, recouvrement auquel nous allons appliquer la prop. 1 de IV, p. 412. Soit I′ l’ensemble obtenu par adjonction de s à I ; on le munit d’un ordre total pour lequel s est son plus petit élément.
Pour des éléments i,i′ de I distincts, on a Ui∩Ui′=∅. Pour i∈I, C′(X)∩Ui est la réunion des ensembles Vj, pour j∈φ−1(i) ; ils sont connexes et deux à deux disjoints. L’intersection de trois ensembles distincts quelconques de ce recouvrement est vide.
L’armature Γ du recouvrement considéré a pour sommets l’ensemble I′. Ses flèches sont les triplets (s,i,Vj), pour j∈J et i=φ(j) ; on identifiera ainsi l’ensemble des flèches de Γ à l’ensemble J.
Pour i∈I, on choisit comme point-base a(i)=ai∈Ui; on pose aussi a(s)=s∈C′(X).
Pour j∈ J, on pose b(j)=αf′(bj,21). On note B1(j) le chemin dans C′(X) d’origine b(j) et de terme a(s) donné par t↦αf′(bj,(1−t)/2). On note B2(j) le chemin dans Uφ(j) d’origine b(j) et de terme a(φ(j))=aφ(j), juxtaposition du chemin t↦αf′(bj,(1+t)/2) et du chemin Bj. Alors, la classe du chemin B(j)=B1(j)∗B2(j) est égale à γjβj.
On choisit i0=s.
On prend pour arbre orienté maximal T l’unique arbre orienté de Γ dont l’ensemble des flèches est σ(I). On a δ(s)=e, tandis que pour i∈I,δ(i)=[B(σ(i))]=γσ(i)βσ(i).
Soit j∈J et soit i=φ(j).
L’homomorphisme φj de π1(Vj,b(j)) dans π1(C′(X),s) est l’homomorphisme trivial car C′(X) est contractile en s.
L’application αf′ induit un homéomorphisme de Xj×]0,1[ sur Vj; cet homéomorphisme induit un isomorphisme du groupe π1(Vj,b(j)) sur le groupe π1(Xj,bj)=π1(X,bj). Par passage aux sous-espaces, l’application σf′ induit une contraction forte de Ui sur Yi, laquelle induit un isomorphisme du groupe π1(Ui,a(i)) sur le groupe π1(Y,ai). Par ces isomorphismes, l’homomorphisme
ψj:π1(Vj,b(j))→π1(Uφ(j),a(φ(j)))
s’identifie à l’homomorphisme Int(βφ(j)−1)∘f∗ de π1(X,bj) dans π1(Y,ai).
Comme C′(X) est contractile en s, l’homomorphisme μs est l’homomorphisme trivial.
Soit i∈I. L’homomorphisme μi de π1(Ui,a(i)) dans π1(Côn(f),s) s’identifie à l’homomorphisme de π1(Y,ai) dans π1(Côn(f),s) composé de l’homomorphisme Int(δ(i)) et de l’homomorphisme de π1(Ui,s) dans π1(Côn(f),s) déduit de l’injection canonique de Ui dans Côn(f).
Enfin, l’homomorphisme μ:F(J)→π1(Côn(f),s) est donné par
μ(j)=γjβjβτ(j)−1γτ(j)−1
Soit P′ l’unique homomorphisme de groupes
P′:i∗∈Iπ1(Yi,ai)∗F(J)→π1(Côn(f),s)
qui coïncide avec l’homomorphisme Int(δ(i)−1) dans π1(Yi,ai) et avec l’homomorphisme μ dans F(J). D’après la prop. 1 de IV, p. 412, l’homomorphisme P′ est surjectif et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué de ∗iπ1(Yi,ai)∗F(J) qui contient les éléments r1(j), pour j∈T, et les éléments r2(j,v), pour j∈J et v∈π1(Vj,b(j)). (Il n’y a pas d’éléments r3(k), car l’ensemble K est vide.)
Pour j∈T, on a r1(j)=j. Soit j∈J et soit v∈π1(Vj,b(j)). Compte tenu de l’identification de π1(Vj,b(j)) avec π1(X,bj), on a r2(j,v)=jψj(v)j−1. Notons p l’homomorphisme surjectif canonique de ∗π1(Yi,ai)∗F(J) sur ∗Gi∗F(J - T). Pour j∈T, on a p(r1(j))=ie; pour j∈J et v∈π1(Xi,bj), on a p(ψj(v))=e. Par suite, il existe un unique homomorphisme de groupes P de ∗Gi∗F(J−T) dans π1(Côn(f),s) tel que P′∘p=P; c’est un isomorphisme.i
Supposons de plus que les espaces X et Y soient connexes par arcs et soit a un point de X. L’application canonique de π1(Y,f(a)) dans π1(Côn(f),f(a)) est surjective, son noyau est le plus petit sous-groupe distingué qui contient l’image de l’homomorphisme π1(f,a).
Supposons de plus que les composantes connexes par arcs de Y soient simplement connexes par arcs. L’homomorphisme μ:F(J−T)→π1(Côn(f),s) est alors un isomorphisme.
Soit X un espace topologique dont les composantes connexes par arcs sont ouvertes. Soit A un sous-espace fermé de X ; notons ι:A→ X l’injection canonique, X/A l’espace déduit de X par contraction de A sur un point o et p:X→X/A l’application canonique. Supposons en outre que le couple (X,A) possède la propriété d’extension des homotopies. L’application canonique ρ: Côn(ι)→X/A est alors une homéotopie (III, p. 255, remarque 1) et l’on déduit de la prop. 4 le calcul du groupe de Poincaré de X/A en son point-base o. En particulier, si les composantes connexes par arcs de X sont simplement connexes par arcs, le groupe π1(X/A,o) est un groupe libre.
6. Éclatement et recollement
Soit C un espace topologique et soit (Bℓ)ℓ∈L une famille finie de parties fermées de C, deux à deux disjointes. Soit B un espace topologique et, pour tout ℓ∈L, soit hℓ un homéomorphisme de B sur Bℓ. On note BL la réunion de la famille (Bℓ)ℓ∈L. Nous supposerons que B et L ne sont pas vides. Soit R la relation d’équivalence sur C définie de la manière suivante. La classe d’un élément x de C−BL est l’ensemble {x}; si x est un élément de Bℓ, où ℓ∈L, la classe de x est
l’ensemble des éléments hk(hℓ−1(x)), où k parcourt L. Notons A l’espace topologique quotient C/R et f:C→A la surjection canonique. On dit que l’espace A est obtenu à partir de l’espace C par identification des ensembles Bℓ au moyen des homéomorphismes hℓ.
L’application f∘hℓ de B dans A est indépendante de l’élément ℓ de L ; elle est fermée et injective ; elle induit donc un homéomorphisme de B sur une partie fermée de A. Nous identifierons ainsi B à f∘hℓ(B) par l’homéomorphisme f∘hℓ; l’application f induit un homéomorphisme de C−BL sur A-B.
Supposons de plus qu’il existe une famille (Nℓ)ℓ∈L de parties ouvertes de C, deux à deux disjointes, telles que Nℓ contienne Bℓ pour tout ℓ∈L. La réunion U de la famille (f(Nℓ))ℓ∈L est ouverte dans A et contient B. L’ensemble U-B est la réunion des ensembles ouverts deux à deux disjoints f(Nℓ−Bℓ), pour ℓ∈L.
L’application f:C→A est propre et séparée ; ses fibres sont finies.
Démontrons que f est fermée. Soit X une partie fermée de C. Prouvons que son image est fermée dans A. Pour tout ℓ∈L, X∩Bℓ est fermé dans Bℓ donc l’espace Y=⋃ℓ∈Lhℓ−1(X∩Bℓ) est fermé dans B puisque L est fini. Le saturé X∗ de X pour la relation d’équivalence R est alors égal à X∪⋃ℓ∈Lhk(Y), donc est fermé dans C. Par suite, f(X)=f(X∗) est fermé dans A, ce qu’il fallait démontrer.
Les fibres de f sont les classes d’équivalences de la relation R ; elles sont finies. Par suite, l’application f est propre (TG, I, p. 75, théo-rème 1).
Montrons enfin que f est séparée. Soient x et y des points distincts de C qui ont même image par f. Il existe donc un point b∈B et des éléments distincts ℓ et m∈L tels que x=hℓ(b) et y=hm(b). Par conséquent, Nℓ et Nm sont des voisinages disjoints de x et y dans C, d’où l’assertion voulue en vertu de la prop. 1 de I, p. 25.
Faisons en outre les hypothèses suivantes :
– l’espace A est délaçable et connexe ;
– l’espace C est délaçable ;
– l’espace B est connexe et localement connexe par arcs.
Posons I=π0(C); si i est un élément de I, désignons par Ci la composante connexe i de C. Notons η:L→I l’application qui, à un élément ℓ∈L, associe la composante connexe de C qui contient Bℓ. L’application η est surjective. En effet, raisonnons par l’absurde et considérons une composante connexe X de C qui ne rencontre aucun ensemble Bℓ. C’est une partie ouverte et fermée de C, saturée pour la relation d’équivalence R. Par suite, son image f(X) est une partie ouverte et fermée de A, disjointe de B. Puisque A est supposé connexe et B non vide, f(X) est vide, d’où une contradiction.
Soit σ:I→L une section de l’application η; on pose τ=σ∘η et T=σ(I).
Choisissons un point b de B. Pour tout ℓ∈L, posons bℓ=hℓ(b) et choisissons la classe βℓ d’un chemin reliant bℓ à bτ(ℓ) dans C ; si ℓ=τ(ℓ), on choisit pour βℓ la classe du chemin constant d’image bℓ. Pour tout ℓ∈L, on note ϑℓ l’homomorphisme de π1(B,b) dans π1(C,bτ(ℓ)) défini par
L’homomorphisme Q est surjectif ; son noyau est le plus petit sous-groupe distingué contenant les éléments
ϑℓ0(v)ϑℓ(v)−1 pour v∈π1(B,b) et ℓ∈T,
ϑℓ0(v)ℓϑℓ(v)−1ℓ−1 pour v∈π1(B,b) et ℓ∈L−T.
L’application f:C→ A est propre, séparée, à fibres finies (IV, p. 430, lemme 2) ; les espaces A et C sont délaçables. En outre, C×AC est la réunion de la diagonale ΔC et des parties disjointes Bℓ×ABk=(hℓ,hk)(B), pour (ℓ,k)∈L2 avec ℓ=k. Pour un tel couple (ℓ,k), on a Bℓ×ABk=Nℓ×ANk; par suite, cette partie est ouverte et fermée dans C×AC. La diagonale ΔC est ainsi ouverte et son complémentaire dans C×AC, réunion finie de parties disjointes homéomorphes à B, est localement connexe. Cela prouve que l’application f vérifie la propriété (VK) (cas (ii) de IV, p. 405). En vue d’appliquer le th. 1 de IV, p. 408, nous allons définir une donnée de van Kampen pour f.
Pour tout i∈I, choisissons pour point-base dans Ci le point a(i)=bσ(i).
Soit J l’ensemble des composantes connexes par arcs de C×AC. Les ensembles ΔCi, pour i∈I, sont les composantes connexes de la diagonale ΔC, laquelle est ouverte et fermée dans C×AC, donc ces ensembles appartiennent à J. De même, les ensembles [ℓ1,ℓ2]=Bℓ1×ABℓ2 pour ℓ1 et ℓ2 dans L avec ℓ1=ℓ2, appartiennent à J. Comme ces ensembles forment une partition de C×AC, ils décrivent l’ensemble J.
Soit j un élément de J de la forme ΔCi, pour i∈I. Choisissons pour point-base b(j) le point (a(i),a(i))=(bσ(i),bσ(i)) et prenons pour classes de chemins β1(j) et β2(j) la classe du chemin constant en bσ(i). Soit j un élément de J de la forme [ℓ1,ℓ2], où ℓ1 et ℓ2 sont des éléments de L, distincts. Posons alors b([ℓ1,ℓ2])=(bℓ1,bℓ2),β1([ℓ1,ℓ2])=βℓ1 et β2([ℓ1,ℓ2])=βℓ2.
Soit K=π0(C×AC×AC).
Notons ΔC′ la diagonale de l’espace C×AC×AC ; c’est une partie fermée de C×AC×AC, car f est séparée, elle est homéomorphe à C. Pour tout i∈ I, notons aussi ΔCi′ l’image de Ci par l’application diagonale de C dans C×AC×AC ; ce sont des parties ouvertes et fermées dans ΔC′. Pour tout triplet (ℓ1,ℓ2,ℓ3) d’éléments de L, posons aussi [ℓ1,ℓ2,ℓ3]=Bℓ1×ABℓ2×ABℓ3; ce sont des parties fermées de C×AC×AC, homéomorphes à B. Si l’ensemble {ℓ1,ℓ2,ℓ3} a au moins deux éléments, on a [ℓ1,ℓ2,ℓ3]=Nℓ1×ANℓ2×ANℓ3, ce qui entraîne que [ℓ1,ℓ2,ℓ3] est aussi ouvert dans C×AC×AC. En outre, C×AC×AC est la réunion des parties deux à deux disjointes ΔC′ et [ℓ1,ℓ2,ℓ3], où (ℓ1,ℓ2,ℓ3) parcourt l’ensemble des triplets d’éléments de L qui ne sont pas tous égaux à un même élément. Ainsi, ΔC′, puis les ΔCi′, pour i∈I, sont ouvertes et fermées dans C×AC×AC. Cela entraîne que l’ensemble K des composantes connexes de cet espace est la réunion des ensembles disjoints K0 et K1 suivants.
L’ensemble K0 est l’ensemble des composantes de la forme ΔCi′. Soit i∈I et soit k=ΔCi′. On pose c(k)=(bσ(i),bσ(i),bσ(i)). Pour (s,t)∈{(1,2),(2,3),(1,3)}, on choisit pour γst(k) la classe du chemin constant en (bσ(i),bσ(i)).
L’ensemble K1 est constitué des composantes de la forme k = [ℓ1,ℓ2,ℓ3], où ℓ1,ℓ2,ℓ3 sont trois éléments de B tels que l’ensemble {ℓ1,ℓ2,ℓ3} soit de cardinal ⩾2. On pose c(k)=(bℓ1,bℓ2,bℓ3). Soit (s,t)∈{(1,2),(1,3),(2,3)}. Si ℓs=ℓt, on prend pour γst(k) la classe (βℓs,βℓt) ; si ℓs=ℓt, on prend pour γst(k) la classe du chemin constant en (bℓs,bℓt).
On vérifie alors que, pour tout k∈K et pour tout s∈{1,2,3}, la classe de lacets λs(k) définie par la relation (2) de IV, p. 407, est triviale.
L’armature Γ du couple de morphismes de groupoïdes (ϖ(p1),ϖ(p2)) de ϖ(C×AC) dans ϖ(C) a pour sommets l’ensemble I et pour arêtes orientées l’ensemble J. Si i∈I, la flèche j=ΔCi a pour origine et terme i; si (ℓ1,ℓ2) est un couple d’éléments de L distincts, la flèche j=[ℓ1,ℓ2] a pour origine η(ℓ1) et pour terme η(ℓ2).
Soit T le sous-carquois de Γ dont l’ensemble de sommets est I et dont les flèches sont celles de la forme [ℓ0,ℓ], pour ℓ∈T−{ℓ0}. Le graphe associé à T est un arbre maximal de Γ.
Posons i0=η(ℓ0).
Si i∈I−{i0}, l’unique chemin de T reliant i0 à i est (i0,[ℓ0,σ(i)],i). Le morphisme de groupoïdes de Grp(Γ) dans ϖ(Y) défini p. 407 (et noté τ en loc. cit.) applique j sur l’élément neutre si j=ΔCi, pour i∈I, et applique j=[ℓ1,ℓ2] sur f∗(βℓ1)−1f∗(βℓ2), si ℓ1 et ℓ2 sont des éléments de L distincts. Pour tout i∈I, la classe de chemins δi définie loc. cit. et reliant b=f(bσ(i0)) à b=f(bσ(i)) est donnée par
δi=f∗(βℓ0)−1f∗(βσ(i))=e
car βℓ=e si ℓ∈T.
On a ainsi défini une donnée de van Kampen de l’application f. Considérons alors l’unique homomorphisme de groupes
Q′:(i∗∈Iπ1(Ci,bσ(i)))∗F(J)→π1(A,b)
qui coïncide avec π1(f,bσ(i)) dans π1(C,bσ(i)) et tel que
Q′(j)=f∗(β1(j))−1f∗(β2(j))
pour j∈J. D’après IV, p. 408, th. 1, cet homomorphisme est surjectif et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué contenant les relateurs r1(j) (pour j∈ Fl(T)), r2(j,v) (pour j∈ J et v∈π1(C×AC,b(j))) et r3(k) (pour k∈K) définis, loc. cit., par les équations (R1),(R2) et (R3).
Soit q′ l’unique homomorphisme de F(L) dans F(L - T) tel que q′(ℓ)=ℓ si ℓ∈L−T et q′(ℓ)=e sinon. Soit
l’unique homomorphisme de groupes qui coïncide avec l’identité sur π1(Ci,bσ(i)), pour i∈ I et tel que l’on ait q(j)=e si j=ΔCi, q([ℓ,ℓ′])=q′(ℓ)−1q′(ℓ′) si ℓ et ℓ′ sont des éléments de L, distincts. L’homomorphisme q est surjectif.
Si i∈I et j=ΔCi, on a Q′(j)=eb=Q′(q(j)). Si j=[ℓ,ℓ′], pour ℓ et ℓ′ dans L, distincts, on a
Q′(j)=f∗(βℓ)−1f∗(βℓ′)=Q(q′(ℓ))−1Q(q′(ℓ′))
=Q(q′(ℓ)−1q′(ℓ′))=Q∘q([ℓ,ℓ′])
Par suite, Q′ = Q∘q. Il en résulte que l’homomorphisme Q est surjectif et que son noyau est le plus petit sous-groupe distingué de (i∗∈Iπ1(Ci,bσ(i)))∗F(L−T) contenant les images par q des relateurs r1(j) (pour j∈ Fl(T)),r2(j,v) (pour j∈J et v∈π1(C×AC,b(j))) et r3(k) (pour k∈K).
Si ℓ∈T−{ℓ0} et j=[ℓ0,ℓ], on a r1(j)=j et q(r1(j))=e.
Soit k∈K. On a r3(k)=j12(k)j23(k)j13(k)−1. Si k=ΔCi′, pour i∈I, posons j=ΔCi; alors, on a
q(r3(k))=q(jjj−1)=q(j)=e
Soient ℓ et ℓ′ des éléments de L, distincts. Si k=[ℓ,ℓ,ℓ′], on a donc
q(r3(k))=q(ΔCη(ℓ)[ℓ,ℓ′][ℓ,ℓ′]−1)=q(ΔCη(ℓ))=e
Si k=[ℓ,ℓ′,ℓ], il vient
q(r3(k))=q([ℓ,ℓ′][ℓ′,ℓ]ΔCη−1(ℓ))
=q′(ℓ)−1q′(ℓ′)q′(ℓ′)−1q′(ℓ)q(ΔCη(ℓ))−1=e
En outre, si k=[ℓ′,ℓ,ℓ], on a
q(r3(k))=q([ℓ′,ℓ]ΔCη(ℓ)[ℓ′,ℓ]−1)
=q(ℓ′)−1q(ℓ)q(ΔCη(ℓ))q(ℓ)−1q(ℓ′)=e
Enfin, si k=[ℓ1,ℓ2,ℓ3], où ℓ1,ℓ2,ℓ3 sont des éléments de L, deux à deux distincts, on a
Soit i∈I et posons j=ΔCi. Les homomorphismes de groupes φj et ψj, de π1(C×AC,b(j))=π1(Ci,a(i)) dans π1(C,a(i)) définis par les relations (1) de IV, p. 407, sont égaux respectivement à (p1)∗ et à (p2)∗. On a alors, pour v∈π1(Ci,a(i)),r2(j,v)=vjv−1j−1, d’où q(r2(j,v))=e.
Soit enfin j=[ℓ,ℓ′], où ℓ et ℓ′ sont des éléments de L, distincts. L’homomorphisme de groupes φj:π1(Bℓ×ABℓ′,b(j))→π1(Cη(ℓ),bτ(ℓ)) défini loc. cit. est l’homomorphisme ϑℓ, et l’homomorphisme ψj est l’homomorphisme ϑℓ′. On a alors, pour v∈π1(Bℓ×ABℓ′,b(j))
Ces relations démontrent, d’une part, que les éléments annoncés dans la proposition appartiennent au noyau de l’homomorphisme Q, et, d’autre part, que ces éléments q(r2(j,v)) appartiennent tous au plus petit sous-groupe distingué contenant les éléments annoncés par l’énoncé. La proposition en résulte.
Soit A un espace topologique, soit B une partie fermée de A et soit U un voisinage ouvert de B dans A. On suppose que l’ensemble U-B est la réunion d’une famille finie (Mℓ)ℓ∈L d’ensembles ouverts deux à deux disjoints. Pour tout ℓ∈L, on pose Nℓ′=Mℓ∪B. Notons C′ l’espace topologique somme des espaces A-B et Nℓ′, pour ℓ∈L ; on note aussi φ:A−B→C′ et φℓ:Nℓ′→C′, pour ℓ∈L, les injections canoniques. Soit C l’espace topologique quotient de C′ par la relation d’équivalence S la plus fine pour laquelle les points φ(x) et φℓ(x) sont équivalents, pour tout ℓ∈L et tout x∈Mℓ; soit ρ:C′→C l’application canonique.
Démontrons que l’on retrouve l’espace A à partir de l’espace C par identification des ensembles Bℓ au moyen des homéomorphismes ρ∘(φℓ∣B):B→Bℓ.
Pour tout ℓ∈L, l’ensemble Mℓ est ouvert dans A-B et dans Nℓ′. Les applications ρ∘φ et ρ∘φℓ sont des des homéomorphismes des espaces A-B et Nℓ′, pour ℓ∈L, sur des parties ouvertes de C (TG, I, p. 17, prop. 9). Pour tout ℓ∈L, l’ensemble φℓ(B) est fermé dans C′ et saturé pour la relation d’équivalence S. Par suite, l’ensemble Bℓ=ρ(φℓ(B)) est fermé dans C et l’application ρ∘φℓ induit un homéomorphisme de B sur Bℓ(loc. cit.). De même, pour tout ℓ∈L, l’ensemble Nℓ=ρ(φℓ(Nℓ′)) est un voisinage ouvert de Bℓ; les ensembles Nℓ sont mutuellement disjoints.
Par passage au quotient, l’application f′:C′→A déduite des injections canoniques dans A des espaces A-B et Nℓ, pour ℓ∈L, induit une
application continue f:C→A. Si x est un point de B, la fibre f−1(x) est l’ensemble des points ρ(φℓ(x)), pour ℓ∈L. La relation d’équivalence sur C associée à l’application f est la relation R définie au début du numéro. Notons BL la réunion de la famille (Bℓ)ℓ∈L. Par construction, l’application f induit un homéomorphisme de C−BL sur A-B et, pour ℓ∈L, un homéomorphisme de Nℓ′ sur Nℓ. Nous allons démontrer que l’application f est fermée ; la topologie de A sera donc la topologie quotient de C par la relation d’équivalence R (I, p. 18, exemple 2). Pour cela, démontrons que si F est une partie de A telle que F∩(A−B) soit fermé dans A-B et telle que F∩Nℓ′ soit fermé dans Nℓ′, pour ℓ∈L, l’ensemble F est fermé dans A. L’ensemble U, réunion de la famille (Nℓ′)ℓ∈L est ouvert dans A et les ensembles Nℓ′, pour ℓ∈L, en constituent un recouvrement fermé fini. Par suite, l’ensemble F∩U est fermé dans U (TG, I, p. 18, prop. 3). Les ensembles U et A-B forment un recouvrement ouvert de A, l’ensemble F est donc fermé dans A (loc. cit.).