Bourbaki

§ 5. Théorème de van kampen

1. Coégalisateur des projections d’un carré fibré

Soient X et Y des espaces topologiques et soit ff une application continue de X dans Y. On note Z le carré fibré X×YXX\times_YX et p1,p2p_1,p_2 les deux projections de Z dans X. On note W le produit fibré X×YX×YXX\times_YX\times_YX ; pour tout couple (s,t)(s, t) d’entiers égaux à 1, 2 ou 3, on note qst:W→Zq_{st}: W\rightarrow Z l’application définie par qst(x1,x2,x3)=(xs,xt)q_{st}(x_1, x_2, x_3) = (x_s, x_t).

Notons Coeg(ff) le groupoïde Coeg(ϖ(p1),ϖ(p2)\varpi (p_1), \varpi (p_2)), coégalisateur des deux morphismes ϖ(p1),ϖ(p2)\varpi (p_1),\varpi (p_2) du groupoïde de Poincaré ϖ(Z)\varpi (Z) dans le groupoïde de Poincaré ϖ(X)\varpi (X). Notons γ:ϖ(X)→\gamma :\varpi (X)\rightarrow Coeg(ff) le morphisme de groupoïdes canonique. Comme f∘p1f\circ p_1 = f∘p2f\circ p_2, les morphismes de groupoïdes ϖ(f)∘ϖ(p1)\varpi (f)\circ \varpi (p_1) et ϖ(f)∘ϖ(p2)\varpi (f)\circ \varpi (p_2) de ϖ(Z)\varpi (Z) dans ϖ(Y)\varpi (Y) sont égaux ; il existe ainsi un unique morphisme de groupoïdes ϖ′(f):\varpi '(f): Coeg(ff)→ϖ(Y)\rightarrow \varpi (Y) tel que ϖ′(f)∘γ=ϖ(f)\varpi '(f)\circ \gamma =\varpi (f).

Définition 1 0230

On dit que l’application ff vérifie la propriété (VK) si elle est stricte, surjective et si le morphisme ϖ′(f)\varpi '(f) est un isomorphisme.

Exemple 1 0231

Cette propriété est vérifiée sous l’une des hypothèses suivantes :

(i) Les espaces X et Y sont délaçables, l’espace X×YXX\times_YX est localement connexe par arcs, l’application ff est surjective, propre, séparée, à fibres localement connexes ;

(ii) Les espaces X et Y sont délaçables, l’application ff est surjective, propre, séparée, à fibres finies, la diagonale ΔX\Delta_X de X×YXX\times_YX est ouverte et son complémentaire est localement connexe ;

(iii) Les espaces X et Y sont délaçables, l’application ff est surjective, ouverte et possède la propriété de relèvement des chemins ;

(iv) Tout point de Y possède un voisinage au-dessus duquel il existe une section continue de l’application ff.

En effet, sous chacune de ces hypothèses, l’application ff est surjective ; elle est aussi stricte en vertu de I, p. 18, exemple 2. Enfin, le morphisme ϖ′(f)\varpi '(f) est un isomorphisme, tant sous les hypothèses (i), (ii) ou (iii) d’après IV, p. 398, th. 1, que sous l’hypothèse (iv) ( IV, p. 400, th. 2).

La prop. 5 de II, p. 208 décrit les groupes d’isotropie du groupoïde Coeg(ff). Le but de ce no^o est d’expliciter, lorsque ff vérifie la propriété (VK), la description des groupes de Poincaré de Y qui s’en déduit par composition avec l’isomorphisme de groupoïdes ϖ′(f)\varpi '(f). Les nos^{os} suivants seront consacrés à des cas particuliers importants.

Supposons que l’application ff satisfasse la propriété (VK).

Posons I=π0(X),J=π0(Z),K=π0(W)\mathsf{I}=\pi_0(X),\mathsf{J}=\pi_0(Z),\mathsf{K}=\pi_0(W); pour j∈Jj\in \mathsf{J} et s∈{1,2}s\in \{1,2\}, on pose is(j)=π0(ps)(j)i_s(j) =\pi_0(p_s)(j) ; pour k∈Kk\in \mathsf{K} et s,t∈{1,2,3}s,t\in \{1,2,3\}, on pose jst(k)=π0(qst)(k)j_{st}(k) =\pi_0(q_{st})(k). Notons Γ\mathsf{\Gamma} l’armature du couple (ϖ(p1),ϖ(p2))(\varpi (p_1), \varpi (p_2)) de morphismes de groupoïdes de ϖ(Z)\varpi (Z) dans ϖ(X)\varpi (X) (II, p. 185, déf. 3). C’est le carquois (I,J,π0(p1),π0(p2))(\mathsf{I},\mathsf{J}, \pi_0(p_1), \pi_0(p_2)), car les orbites du groupoïde de Poincaré d’un espace topologique sont les composantes connexes par arcs de cet espace.

Supposons de plus que Y soit connexe par arcs et non vide. D’après II, p. 200, remarque 2, π0(Γ)\pi_0(\mathsf{\Gamma}) est alors en bijection avec l’ensemble des orbites du groupoïde Coeg(ff) ; puisque l’application ff satisfait à la propriété (VK), le groupoïde Coeg(ff) est isomorphe au groupoïde ϖ(Y)\varpi (Y). Le graphe Γ\mathsf{\Gamma} est ainsi connexe et non vide.

Appelons donnée de van Kampen de ff la donnée des éléments suivants :

(i) pour tout i∈Ii\in \mathsf{I}, un point a(i)\mathsf{a}(i) de la composante connexe par arcs ii de X ;

(ii) pour tout j∈Jj\in \mathsf{J}, un point b(j)=(b1(j),b2(j))\mathsf{b}(j) = (\mathsf{b}_1(j),\mathsf{b}_2(j)) de la composante connexe par arcs jj de Z ;

(iii) pour tout k∈Kk\in \mathsf{K}, un point c(k)=(c1(k),c2(k),c3(k))\mathsf{c}(k) = (\mathsf{c}_1(k),\mathsf{c}_2(k),\mathsf{c}_3(k)) de la composante connexe par arcs kk de W;

(iv) pour tout j∈Jj\in \mathsf{J}, la classe β1(j)\beta_1(j) d’un chemin dans X reliant b1(j)\mathsf{b}_1(j) à a(i1(j))\mathsf{a}(i_1(j)) et la classe β2(j)\beta_2(j) d’un chemin dans X reliant b2(j)\mathsf{b}_2(j) à a(i2(j))\mathsf{a}(i_2(j));

(v) pour tout k∈Kk\in \mathsf{K} et pour tout couple (s,t)(s, t) égal à (1,2)(1,2), (2,3)(2,3) ou (1,3)(1,3), la classe γst(k)\gamma_{st}(k) d’un chemin dans Z reliant (cs(k),ct(k))(\mathsf{c}_s(k),\mathsf{c}_t(k)) à b(jst(k))\mathsf{b}(j_{st}(k));

(vi) un sous-carquois T\mathsf{T} de Γ\mathsf{\Gamma} dont le graphe associé est un arbre maximal du graphe Γ~\widetilde{\mathsf{\Gamma }};

(vii) un élément i0i_0 de I\mathsf{I}.

Choisissons une donnée de van Kampen de ff. Alors, (a,b,β1,β2,T,i0)(\mathsf{a},\mathsf{b}, \beta_1, \beta_2,\mathsf{T}, i_0) est un équipement de base du couple (ϖ(p1),ϖ(p2))(\varpi (p_1), \varpi (p_2)) de morphismes de groupoïdes de ϖ(Z)\varpi (Z) dans ϖ(X)\varpi (X) (II, p. 192, déf. 4). Par ailleurs, les triplets

z=((q12(c(k)),1),(q23(c(k)),1),(q13(c(k)),−1)) \mathsf{z}= ((q_{12}(\mathsf{c}(k)),1),(q_{23}(\mathsf{c}(k)),1),(q_{13}(\mathsf{c}(k)),-1))

et les classes de chemins (γ1,2(k),γ2,3(k),γ1,3(k))(\gamma_{1,2}(k), \gamma_{2,3}(k), \gamma_{1,3}(k)), où kk décrit K\mathsf{K}, définissent un équipement complémentaire du couple (ϖ(p1),ϖ(p2))(\varpi (p_1), \varpi (p_2)) (II, p. 208, déf. 3 ; II, p. 205, exemple ; II, p. 205, remarque). Nous dirons que l’équipement complet du coégalisateur Coeg(ff) ainsi défini est déduit de la donnée de van Kampen de ff que nous avons choisie.

Pour tout j∈Jj\in \mathsf{J}, notons φj:π1(Z,b(j))→π1(X,a(i1(j)))\varphi_j:\pi_1(Z,\mathsf{b}(j))\rightarrow \pi_1(X,\mathsf{a}(i_1(j))) et ψj:π1(Z,b(j))→π1(X,a(i2(j)))\psi_j:\pi_1(Z,\mathsf{b}(j))\rightarrow \pi_1(X,\mathsf{a}(i_2(j))) les homomorphismes de groupes définis par

φj=\varphi_j= Int(β1(j)\beta_1(j))−1∘(p1)∗,v↦β1(j)−1((p1)∗(v))β1(j)^{-1}\circ (p_1)_*,v\mapsto \beta_1(j)^{-1}((p_1)_*(v))\beta_1(j)

(1)

ψj=\psi_j= Int(β2(j)\beta_2(j))−1∘(p2)∗,v↦β2(j)−1((p2)∗(v))β2(j)^{-1}\circ (p_2)_*,v\mapsto \beta_2(j)^{-1}((p_2)_*(v))\beta_2(j),

pour v∈π1(Z,b(j))v\in \pi_1(Z,\mathsf{b}(j)). Pour tout k∈Kk\in \mathsf{K} et tout s∈{1,2,3}s\in \{1,2,3\}, notons λs(k)\lambda_s(k) la classe de lacet au point a(is(k))\mathsf{a}(i_s(k)) dans X définie par

(2)

λ1(k)=β1(j13(k))−1⋅((p1)∗(γ13(k)))−1⋅((p1)∗(γ12(k)))⋅β1(j12(k)) \lambda_1(k) =\beta_1(j_{13}(k))^{-1}\cdot ((p_1)_*(\gamma_{13}(k)))^{-1}\cdot ((p_1)_*(\gamma_{12}(k)))\cdot \beta_1(j_{12}(k))

λ2(k)=β2(j12(k))−1⋅((p2)∗(γ12(k)))−1⋅((p1)∗(γ23(k)))⋅β1(j23(k))\lambda_2(k) =\beta_2(j_{12}(k))^{-1}\cdot ((p_2)_*(\gamma_{12}(k)))^{-1}\cdot ((p_1)_*(\gamma_{23}(k)))\cdot \beta_1(j_{23}(k)),

λ3(k)=β2(j23(k))−1⋅((p2)∗(γ23(k)))−1⋅((p2)∗(γ13(k)))⋅β2(j13(k)) \lambda_3(k) =\beta_2(j_{23}(k))^{-1}\cdot ((p_2)_*(\gamma_{23}(k)))^{-1}\cdot ((p_2)_*(\gamma_{13}(k)))\cdot \beta_2(j_{13}(k))

Notons τ\tau l’unique morphisme de groupoïdes de Grp(Γ\mathsf{\Gamma}) dans ϖ(Y)\varpi (Y) tel que l’application Som(τ\tau ) applique i∈Ii\in \mathsf{I} sur f(a(i))f(\mathsf{a}(i)) et Fl(τ\tau ) applique j∈Jj\in \mathsf{J} sur la classe de chemins f∗(β1(j))−1f∗(β2(j))f_*(\beta_1(j))^{-1}f_*(\beta_2(j)) reliant f(a(i1(j)))f(\mathsf{a}(i_1(j)))

a(i1(k)) \mathsf{a}(i_1(k))
λ1(k) \lambda_1(k)
b1(j12(k))b1(j13(k)) \mathsf{b}_1(j_{12}(k))\mathsf{b}_1(j_{13}(k))
b2(j12(k))b2(j13(k)) \mathsf{b}_2(j_{12}(k))\mathsf{b}_2(j_{13}(k))
c1(k) \mathsf{c}_1(k)
c2(k)c3(k) \mathsf{c}_2(k)\mathsf{c}_3(k)
λ2(k)λ3(k) \lambda_2(k)\lambda_3(k)
a(i2(k))b1(j23(k))b2(j23(k))a(i3(k)) \mathsf{a}(i_2(k))\mathsf{b}_1(j_{23}(k))\mathsf{b}_2(j_{23}(k))\mathsf{a}(i_3(k))

à f(a(i2(j)))f(\mathsf{a}(i_2(j))) dans Y. Pour i∈Ii\in \mathsf{I}, soit di∈d_i\in Grp(Γ\mathsf{\Gamma}) la classe de l’unique chemin sans aller-retour reliant i0i_0 à ii dans l’arbre T~\widetilde{\mathsf{T}} et posons δi=\delta_i= τ(di)\tau (d_i).

Si S est un ensemble, rappelons que F(S) désigne le groupe libre sur S ; l’image dans F(S) d’un élément s∈Ss\in S par l’application canonique est notée [s][s], voire ss s’il n’y a pas de confusion possible.

Théorème 1 0232

Supposons que Y soit connexe par arcs et que ff vérifie la propriété (VK). Avec les notations précédentes, il existe un unique homomorphisme de groupes

L:(i∗∈Iπ1(X,a(i)))∗F(J)→π1(Y,f(a(i0))) \mathsf{L}:(_i*_{\in\mathsf{I}}\pi_1(X,\mathsf{a}(i)))*F(\mathsf{J})\rightarrow \pi_1(Y, f(\mathsf{a}(i_0)))

tel que

L(v)=δif∗(v)δi−1\mathsf{L}(v) =\delta_if_*(v)\delta^{-1}_i pour i∈Ii\in \mathsf{I} et v∈π1(X,a(i))v\in \pi_1(X,\mathsf{a}(i)),

L(j)=δi1(j)τ(j)δi2(j)−1\mathsf{L}(j) =\delta_{i_1(j)}\tau (j)\delta^{-1}_{i_2(j)} pour j∈Jj\in \mathsf{J}.

De plus, l’homomorphisme L\mathsf{L} est surjectif et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué contenant les éléments suivants :

(R1R_1)r1(j)=j\mathsf{r}_1(j) =j pour jj dans Fl(T\mathsf{T}) ;

(R2R_2)r2(j,v)=φj(v)jψj(v)−1j−1\mathsf{r}_2(j, v) =\varphi_j(v)j\psi_j(v)^{-1}j^{-1} pour j∈Jj\in \mathsf{J} et v∈π1(Z,b(j))v\in \pi_1(Z,\mathsf{b}(j));

(R3R_3)r3(k)=λ1(k)j12(k)λ2(k)j23(k)λ3(k)j13(k)−1\mathsf{r}_3(k) =\lambda_1(k)j_{12}(k)\lambda_2(k)j_{23}(k)\lambda_3(k)j_{13}(k)^{-1}, pour k∈Kk\in \mathsf{K}.

L’existence et l’unicité de l’homomorphisme L\mathsf{L} résultent de la propriété universelle des produits libres et des groupes libres. Du reste, cet homomorphisme est le composé de l’homomorphisme ϖ′(f)γ(a(i0))\varpi '(f)_{\gamma(\mathsf{a}(i_0))} déduit de ϖ′(f)\varpi '(f) par passage aux groupes d’isotropie et de l’homomorphisme de groupes λ\lambda défini par la prop. 5 de II, p. 208, compte tenu de ce que la donnée de van Kampen choisie détermine un équipement complet du couple (ϖ(p1),ϖ(p2))(\varpi (p_1), \varpi (p_2)) de morphismes de groupoïdes de ϖ(Z)\varpi (Z) dans ϖ(X)\varpi (X). D’après cette proposition, l’homomorphisme λ\lambda a pour image le groupe Coeg(ff)γ(a(i0))_{\gamma(\mathsf{a}(i_0))} et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué contenant les éléments définis par les relations (R1R_1),(R2), (R_2) et (R3R_3). D’autre part, le morphisme de groupoïdes ϖ′(f):\varpi '(f): Coeg(ff)→ϖ(Y)\rightarrow \varpi (Y) est un isomorphisme, par définition de la propriété (VK). Le théorème est donc démontré.

2. Recouvrements

Soit Y un espace topologique connexe par arcs, non vide, et soit (Ai)i∈I(A_i)_{i\in I} un recouvrement de Y par des parties connexes par arcs non vides, indexé par un ensemble totalement ordonné I. Soit X=⨆i∈IAiX =\bigsqcup_{i\in I}A_i l’espace somme de la famille (Ai)(A_i) et soit f:X→Yf: X\rightarrow Y l’application déduite de la famille des injections canoniques de chaque AiA_i dans Y. Supposons que l’application ff satisfait à la propriété (VK). Cela a lieu notamment dans les deux cas suivants :

(i) les intérieurs des ensembles AiA_i, pour i∈Ii\in I, recouvrent Y (cf. IV, p. 402, exemple 2) ;

(ii) l’espace Y est délaçable, ainsi que les espaces AiA_i, pour i∈Ii\in I, la famille (Ai)i∈I(A_i)_{i\in I} est localement finie, les AiA_i sont fermés dans Y et leurs intersections deux à deux sont localement connexes par arcs (cf. IV, p. 399, exemple 1).

Soit J′J' l’ensemble des triplets (i,i′,V)(i, i',V), où ii et i′i' sont des éléments de I et où V est une composante connexe par arcs de Ai∩Ai′A_i\cap A_{i'}. Si j=(i,i′,V)∈J′j= (i, i',V)\in J', on pose i1(j)=i,i2(j)=i′i_1(j) =i,i_2(j) =i' et j‾=(i′,i,V)\overline{j}= (i', i,V). Soit J le sous-ensemble de J′J' formé des triplets tels que i<i′i < i'. On appelle armature du recouvrement le carquois Γ dont l’ensemble des sommets est I, dont l’ensemble des flèches est J et les applications origine et terme sont respectivement les applications j↦i1(j)j\mapsto i_1(j) et j↦i2(j)j\mapsto i_2(j). Nous identifierons le graphe associé à Γ au graphe Γ~\widetilde{\Gamma} dont l’ensemble des sommets est I, l’ensemble des flèches est J∪J‾J\cup \overline{J}, les applications origine et terme sont les applications j↦i1(j)j\mapsto i_1(j) et j↦i2(j)j\mapsto i_2(j) et l’involution est l’application j↦j‾j\mapsto \overline{j}.

Notons p1p_1 et p2p_2 les projections du carré fibré X×YXX\times_YX vers X ; soit Γ\mathsf{\Gamma} l’armature du couple (ϖ(p1),ϖ(p2))(\varpi (p_1), \varpi (p_2)) de morphismes de groupoïdes de ϖ(X×YX)\varpi (X\times_YX) dans ϖ(X)\varpi (X).

Lemme 1 0233

Le carquois Γ s’identifie à un sous-carquois de Γ\mathsf{\Gamma}; les carquois Γ et Γ\mathsf{\Gamma} sont connexes.

Les composantes connexes par arcs de X sont les AiA_i, pour i∈Ii\in I. Les composantes connexes par arcs de X×YXX\times_YX sont les (V×{i})×Y(V\times \{i\})\times_Y (V×{i′})(V\times \{i'\}), pour (i,i′,V)∈J′(i, i',V)\in J'. Par suite, l’armature Γ\mathsf{\Gamma} du couple (ϖ(p1),ϖ(p2))(\varpi (p_1), \varpi (p_2)) est isomorphe au carquois dont l’ensemble des sommets est I, l’ensemble des flèches est J′J', les applications origine et terme étant respectivement les applications j↦i1(j)j\mapsto i_1(j) et j↦i2(j)j\mapsto i_2(j). Le carquois Γ\mathsf{\Gamma} est connexe (IV, p. 406). En outre, cette description identifie Γ à un sous-carquois de Γ\mathsf{\Gamma}. Observons aussi que pour tout flèche jj de Γ\mathsf{\Gamma}, ou bien j∈j\in Fl(Γ~\widetilde{\Gamma}), ou bien il existe i∈Ii\in I tel que j=(i,i,Ai)j= (i, i,A_i). Il s’ensuit que l’application π0(Γ)→π0(Γ)\pi_0(\Gamma )\rightarrow \pi_0(\mathsf{\Gamma}) déduite de l’injection de Γ dans Γ\mathsf{\Gamma} est bijective, si bien que Γ est connexe.

Pour tout élément ii de I, choisissons un point a(i)a(i) de AiA_i.

Pour tout élément j=(i,i′,V)j= (i, i',V) de J, choisissons un point b(j)b(j) dans V, un chemin B1(j)B_1(j) reliant b(j)b(j) à a(i)a(i) dans AiA_i et un chemin B2(j)B_2(j)

reliantj‾=(i′,i,b(jV)\overline{j}= (i', i,b(jV)) àappartient àa(i′)a(i') dans AJi′J^{i'}. Soitet l’on posej=(i,ib(′,j‾V)j= (i, ib(',\overline{j}V)) =un élément deb(j)b(j), B1(j)=BJ‾2B_1(j) = B\overline{J}_2; alors(j‾)(\overline{j}) et B2(j)=B1(j‾)B_2(j) = B_1(\overline{j}). Pour j∈J′∪J′‾j\in J'\cup \overline{J'}, les chemins B1(j)‾\overline{B_1(j)} et B2(j)B_2(j) dans Y sont juxtaposables. Posons

B(j)=B1(j)∗B2(j)(3) B(j) = B_1(j)*B_2(j) \tag{3}

C’est un chemin qui relie a(i1(j))a(i_1(j)) à a(i2(j))a(i_2(j)) dans Y ; on a la relation B(j‾)=B(j)B(\overline{j}) = B(j).

Pour tout j=(i,i′,V)∈J′j= (i, i',V)\in J', notons pj,1:V→Aip_{j,1}: V\rightarrow A_i et pj,2:V→Ai′p_{j,2}: V\rightarrow A_{i'} les injections canoniques ; notons aussi φj:π1(V,b(j))→π1(Ai,a(i))\varphi_j:\pi_1(V, b(j))\rightarrow \pi_1(A_i, a(i)) et ψj:π1(V,b(j))→π1(Ai′,a(i′))\psi_j:\pi_1(V, b(j))\rightarrow \pi_1(A_{i'}, a(i')) les homomorphismes de groupes définis par

φj(v)=[B1(j)]−1(pj,1)∗(v)[B1(j)] \varphi_j(v) = [B_1(j)]^{-1}(p_{j,1})_*(v)[B_1(j)]

et

ψj(v)=[B2(j)]−1(pj,2)∗(v)[B2(j)] \psi_j(v) = [B_2(j)]^{-1}(p_{j,2})_*(v)[B_2(j)]

pour v∈π1(V,b(j))v\in \pi_1(V, b(j)) (cf. IV, p. 407).

Fixons un élément i0i_0 de I, ainsi qu’un sous-carquois T dans le carquois Γ dont le graphe associé T~\widetilde{T} est un arbre maximal du graphe Γ~\widetilde{\Gamma}.

Pour i∈Ii\in I, soit (i0,j1,i1,...,jn,i)(i_0, j_1, i_1, . . . , j_n, i) l’unique chemin sans aller-retour reliant i0i_0 à ii dans l’arbre T~\widetilde{T} et posons

δ(i)=[B(j1)][B(j2)]...[B(jn)] \delta (i) = [B(j_1)][B(j_2)]. . .[B(j_n)]

c’est la classe d’un chemin reliant a(i0)a(i_0) à a(i)a(i) dans Y. Notons αi\alpha_i l’homomorphisme de π1(Ai,a(i))\pi_1(A_i, a(i)) dans π1(Y,a(i))\pi_1(Y, a(i)) déduit de l’injection canonique et soit μi:π1(Ai,a(i))→π1(Y,a(i0))\mu_i:\pi_1(A_i, a(i))\rightarrow \pi_1(Y, a(i_0)) l’homomorphisme de groupes défini par

μi(v)=δ(i)αi(v)δ(i)−1 \mu_i(v) =\delta (i)\alpha_i(v)\delta (i)^{-1}

Soit enfin μ:F(J)→π1(Y,a(i0))\mu: F(J)\rightarrow \pi_1(Y, a(i_0)) l’unique homomorphisme de groupes tel que l’on ait

μ(j)=δ(i1(j))[B(j)]δ(i2(j))−1 \mu(j) =\delta (i_1(j))[B(j)]\delta (i_2(j))^{-1}

pour tout j∈Jj\in J. Il existe un unique homomorphisme de groupes

M:(i∗∈Iπ1(Ai,a(i)))∗F(J)→π1(Y,a(i0)) \mathsf{M}:(_i*_{\in I}\pi_1(A_i, a(i)))*F(J)\rightarrow \pi_1(Y, a(i_0))

qui coïncide avec μi\mu_i dans π1(Ai,a(i))\pi_1(A_i, a(i)), pour tout i∈i\in I, et avec μ\mu dans F(J).

Notons K′K' l’ensemble des quadruplets (i1,i2,i3,U)(i_1, i_2, i_3,U), où i1,i2,i3i_1, i_2, i_3 sont des éléments de I et où U est une composante connexe par arcs de Ai1∩Ai2∩Ai3A_{i_1}\cap A_{i_2}\cap A_{i_3}. Pour tout élément k=(i1,i2,i3,U)k= (i_1, i_2, i_3,U) de K′K' et tout couple (s,t)(s, t) d’éléments de {1,2,3}\{1,2,3\}, on pose jst(k)=(is,it,V)j_{st}(k) = (i_s, i_t,V), où V est la composante connexe par arcs de Ais∩AitA_{i_s}\cap A_{i_t} qui contient U ; c’est un élément de J′J'.

Notons K le sous-ensemble de K′K' formé des quadruplets (i1,i2,i3,U)(i_1, i_2, i_3,U) tels que i1<i2<i3i_1< i_2< i_3. Pour tout élément k=(i1,i2,i3,U)k= (i_1, i_2, i_3,U) de K, choisissons un point c(k)c(k) de U, ainsi que des chemins C12(k)C_{12}(k), C23(k)C_{23}(k) et C13(k)C_{13}(k), tels que Cst(k)C_{st}(k) relie c(k)c(k) à b(jst(k))b(j_{st}(k)) dans Ais∩AitA_{i_s}\cap A_{i_t} pour s,t∈{1,2,3}s, t\in \{1,2,3\} avec s<ts < t.

Posons alors, pour k∈Kk\in K,

L1(k)=B1(j13(k))∗C13(k)‾∗C12(k)∗B1(j12(k)) L_1(k) = B_1(j_{13}(k))*\overline{C_{13}(k)}*C_{12}(k)*B_1(j_{12}(k))

(4) LL32((kk)=B)=B22((jj2312((kk))))∗∗CC1223((kk))‾∗∗CC1323((kk))∗∗BB21((jj1323((kk))))L^2_3((kk) = B) = B^2_2((jj^{12}_{23}((kk))))**\overline{CC^{1223}((kk))}**CC^{23}_{13}((kk))**BB^1_2((jj^{23}_{13}((kk)))),.

Pour s∈{1,2,3}s\in \{1,2,3\}, on note λs(k)\lambda_s(k) la classe dans π1(Ais,a(is))\pi_1(A_{i_s}, a(i_s)) du lacet Ls(k)L_s(k).

Proposition 1 0234

Soit Y un espace topologique connexe par arcs et soit (Ai)i∈I(A_i)_{i\in I} un recouvrement de Y par des parties non vides, connexes par arcs, indexé par un ensemble totalement ordonné I. Supposons que l’application canonique de l’espace somme de la famille (Ai)i∈I(A_i)_{i\in I} vers Y satisfait à la propriété (VK). Alors, l’homomorphisme M\mathsf{M} introduit ci-dessus est surjectif et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué contenant les éléments suivants :

(R1R_1)r1(j)=jr_1(j) =j pour jj dans Fl(T);

(R2R_2)r2(j,v)=φj(v)jψj(v)−1j−1r_2(j, v) =\varphi_j(v)j\psi_j(v)^{-1}j^{-1}

pour j=(i,i′,V)∈Jj= (i, i',V)\in J et v∈π1(V,b(j))v\in \pi_1(V, b(j)) ;

(R3R_3)r3(k)=λ1(k)j12(k)λ2(k)j23(k)λ3(k)j13(k)−1r_3(k) =\lambda_1(k)j_{12}(k)\lambda_2(k)j_{23}(k)\lambda_3(k)j_{13}(k)^{-1}

pour k∈Kk\in K.

Soit X l’espace topologique somme de la famille (Ai)i∈I(A_i)_{i\in I} et soit f:X→Yf: X\rightarrow Y l’application déduite de la famille des injections canoniques de chaque AiA_i dans Y. L’application ff satisfait à la propriété (VK) par hypothèse ; nous allons ainsi lui appliquer le th. 1 du no1^o1. Nous reprenons donc les notations de ce no^o et commençons par définir une donnée de van Kampen de l’application ff.

Les composantes connexes par arcs de X sont les ensembles Xi=X_i= Ai×{i}A_i\times \{i\} pour i∈Ii\in I. On identifie ainsi π0(X)\pi_0(X) à l’ensemble I. Pour tout i∈Ii\in I, notons a(i)\mathsf{a}(i) le point (a(i),i)(a(i), i) de XiX_i.

Posons Z=X×YXZ = X\times_YX. Les composantes connexes par arcs de Z sont les ensembles Zj=(V×{i})×Y(V×{i′})Z_j= (V\times \{i\})\times_Y(V\times \{i'\}), où j=(i,i′,V)j= (i, i',V) parcourt J′J'. On identifie ainsi π0(Z)\pi_0(Z) à l’ensemble J′J'. Soit J0J_0 l’ensemble des éléments de J de la forme (i,i,Ai)(i, i,A_i), de sorte que la famille (J0,J,J)(J_0,J,J) est une partition de J′J'. Pour i∈Ii\in I et j=(i,i,Ai)∈J0j= (i, i,A_i)\in J_0, posons b(j)=(a(i),a(i))\mathsf{b}(j) = (\mathsf{a}(i),\mathsf{a}(i)) et prenons pour β1(j)\beta_1(j) et β2(j)\beta_2(j) la classe du chemin constant en a(i)\mathsf{a}(i). Pour j=(i,i′,V)∈J∪J‾j= (i, i',V)\in J\cup \overline{J}, notons b(j)\mathsf{b}(j) le point ((b(j),i),(b(j),i′))((b(j), i),(b(j), i')) de ZjZ_j et notons β1(j)\beta_1(j) et β2(j)\beta_2(j) les classes des chemins t↦(B1(j)(t),i)t\mapsto (B_1(j)(t), i) et t↦(B2(j)(t),i′)t\mapsto (B_2(j)(t), i') dans X.

Posons W=X×YX×YXW = X\times_YX\times_YX. Les composantes connexes par arcs de W sont les ensembles Wk=(U×{i1})×Y(U×{i2})×Y(U×{i3})W_k= (U\times \{i_1\})\times_Y(U\times \{i_2\})\times_Y(U\times \{i_3\}), où k=(i1,i2,i3,U)k= (i_1, i_2, i_3,U) parcourt K′K'. On identifie ainsi π0(W)\pi_0(W) à l’ensemble K′K'.

Notons K0K_0 l’ensemble des éléments de K′K' de la forme k=(i,i,i,Ai)k= (i, i, i,A_i), pour i∈Ii\in I. Pour un tel élément k∈K0k\in K_0, on pose c(k)=(a(i),a(i),a(i))\mathsf{c}(k) = (\mathsf{a}(i),\mathsf{a}(i),\mathsf{a}(i)) et on choisit pour γst(k)\gamma_{st}(k) la classe du chemin constant en (a(i),a(i))(\mathsf{a}(i),\mathsf{a}(i)).

Notons K1K_1 l’ensemble des éléments de K′K' de la forme kk = (i1,i2,i3,V)(i_1, i_2, i_3,V) pour lesquels l’ensemble {i1,i2,i3}\{i_1, i_2, i_3\} a deux éléments. Soit kk un élément de K′K' de la forme (i,i,i′,V)(i, i, i',V), de sorte que j=(i,i′,V)j= (i, i',V) appartient à J∪J‾J\cup \overline{J}. On pose alors

c(k)=((b(j),i),(b(j),i),(b(j),i′)),γ12(k)=(β1(j),β1(j)) \mathsf{c}(k) = ((b(j), i),(b(j), i),(b(j), i')),\gamma_{12}(k) = (\beta_1(j), \beta_1(j))

et l’on prend pour γ13(k)\gamma_{13}(k) et γ23(k)\gamma_{23}(k) la classe du chemin constant en b(j)\mathsf{b}(j). On définit de façon analogue c(k),γ12(k),γ13(k),γ23(k)c(k),\gamma_{12}(k),\gamma_{13}(k),\gamma_{23}(k) pour tout élément kk de K′K'.

Pour tout élément k=(i1,i2,i3,U)k= (i_1, i_2, i_3,U) de K, posons

c(k)=((c(k),i1),(c(k),i2),(c(k),i3)) \mathsf{c}(k) = ((c(k), i_1),(c(k), i_2),(c(k), i_3))

pour tout couple (s,t)(s, t) d’éléments distincts de {1,2,3}\{1,2,3\}, prenons pour γst(k)\gamma_{st}(k) l’image par l’application x↦((x,s),(x,t))x\mapsto ((x, s),(x, t)) de la classe du chemin Cst(k)C_{st}(k) dans Ais(k)∩Ait(k)A_{i_s(k)}\cap A_{i_t(k)}.

Pour tout point x=(x1,x2,x3)x= (x_1, x_2, x_3) de X×YX×YXX\times_YX\times_YX et toute permutation σ∈S3\sigma \in \mathfrak{S}_3, posons σ(x)=(xσ−1(1),xσ−1(2),xσ−1(3))\sigma (x) = (x_{\sigma^{-1}(1)}, x_{\sigma^{-1}(2)}, x_{\sigma^{-1}(3)}). On définit ainsi une opération du groupe S3\mathfrak{S}_3 sur W. Pour tout k=(i1,i2,i3,U)∈K′k= (i_1, i_2, i_3,U)\in K' et toute permutation σ∈S3\sigma \in \mathfrak{S}_3, posons de même σ(k)=(iσ−1(1),iσ−1(2),iσ−1(3),U)\sigma (k) = (i_{\sigma^{-1}(1)}, i_{\sigma^{-1}(2)}, i_{\sigma^{-1}(3)},U) ; on a

σ(Wk)=(U×{iσ−1(1)})×Y(U×{iσ−1(2)})×Y(U×{iσ−1(3)})=Wσ(k) \sigma (W_k) = (U\times \{i_{\sigma^{-1}(1)}\})\times_Y(U\times \{i_{\sigma^{-1}(2)}\})\times_Y(U\times \{i_{\sigma^{-1}(3)}\}) = W_{\sigma(k)}

Soit k=(i1,i2,i3,U)k= (i_1, i_2, i_3,U) un élément de K′K' tel que i1,i2,i3i_1, i_2, i_3 soient deux à deux distincts. Il existe une unique permutation σ∈\sigma \in S3\mathfrak{S}_3 telle que iσ−1(1)<iσ−1(2)<iσ−1(3)i_{\sigma^{-1}(1)}< i_{\sigma^{-1}(2)}< i_{\sigma^{-1}(3)}, de sorte que σ(k)=\sigma (k) = (iσ−1(1),iσ−1(2),iσ−1(3),U)(i_{\sigma^{-1}(1)}, i_{\sigma^{-1}(2)}, i_{\sigma^{-1}(3)},U) appartient à K. Pour s∈{1,2,3}s\in \{1,2,3\}, on pose alors cs(k)=cσ(s)(σ(k))c_s(k) =c_{\sigma(s)}(\sigma (k)) et c(k)=(c1(k),c2(k),c3(k))c(k) = (c_1(k), c_2(k), c_3(k)), de sorte que c(k)=σ−1(c(σ(k)))c(k) =\sigma^{-1}(c(\sigma (k))). Pour (s,t)∈{(1,2),(1,3),(2,3)}(s, t)\in \{(1,2),(1,3),(2,3)\}, on définit Cst(k)=Cσ−1(s)σ−1(t)(σ(k))C_{st}(k) = C_{\sigma^{-1}(s)\sigma^{-1}(t)}(\sigma (k)); c’est un chemin qui relie c(k)c(k) à b(jσ(s)σ(t)(σ(k)))=b(jst(k))b(j_{\sigma(s)\sigma(t)}(\sigma (k))) =b(j_{st}(k)).

Notons gg le morphisme de carquois de Γ dans Γ\mathsf{\Gamma} qui, à un sommet i∈Ii\in I de Γ, associe le sommet Xi=Ai×{i}X_i= A_i\times \{i\} de Γ\mathsf{\Gamma} et, à une flèche j=(i,i′,V)∈J′j= (i, i',V)\in J' de Γ, associe la flèche Zj=(V×{i})×Y(V×{i′})Z_j= (V\times \{i\})\times_Y(V\times \{i'\}) de Γ\mathsf{\Gamma}. L’application Som(gg) est bijective ; l’application Fl(gg) est injective et le graphe Γ est connexe (IV, p. 410, lemme 1) et l’image par gg du sous-carquois T est un sous-carquois T\mathsf{T} de Γ\mathsf{\Gamma} dont le graphe associé est un arbre maximal du graphe Γ~\widetilde{\mathsf{\Gamma }}.

Les points a(i)\mathsf{a}(i), pour i∈Ii\in I, les point b(j)\mathsf{b}(j), pour j∈J′j\in J', les points c(k)\mathsf{c}(k), pour k∈K′k\in K', les classes de chemins β1(j)\beta_1(j) et β2(j)\beta_2(j), pour j∈J′j\in J', les classes de chemins γst(k)\gamma_{st}(k), pour k∈K′k\in K', le sous-carquois g(T)g(T) de Γ\mathsf{\Gamma} et l’élément i0i_0 de I définissent une donnée de van Kampen de ff.

Notons ρ\rho l’unique homomorphisme de groupes

ρ:(i∗∈Iπ1(X,a(i)))∗F(J′)→(i∗∈Iπ1(Ai,a(i)))∗F(J) \rho :(_i*_{\in I}\pi_1(X,\mathsf{a}(i)))*F(J')\rightarrow (_i*_{\in I}\pi_1(A_i, a(i)))*F(J)

qui induit l’isomorphisme de π1(X,a(i))\pi_1(X,\mathsf{a}(i)) sur π1(Ai,a(i))\pi_1(A_i, a(i)) déduit de l’identification de Ai×{i}A_i\times \{i\} et AiA_i, pour tout i∈Ii\in I, et tel que l’on ait

ρ(j)=1\rho (j) = 1 pour j∈J0j\in J_0

ρ(j)=j,ρ(j‾)=j−1\rho (j) =j,\rho (\overline{j}) =j^{-1} pour j∈Jj\in J.

Soit L\mathsf{L} l’homomorphisme de groupes défini dans le th. 1 de IV, p. 408. Pour j=(i,i,Ai)∈J0j= (i, i,A_i)\in J_0, on a L(j)=1=M∘ρ(j)\mathsf{L}(j) = 1 =\mathsf{M}\circ \rho (j). Soit j=(i,i′,V)j= (i, i',V) un élément de J ; on a L(j)=(M∘ρ)(j)\mathsf{L}(j) = (\mathsf{M}\circ \rho )(j) par définition. Enfin, si j=j= (i,i′,V)(i, i',V) est un élément de J‾,j‾∈J\overline{J},\overline{j}\in J et l’on vérifie que

L(j)=L(j‾)−1=M(ρ(j‾))−1=M(ρ(j)) \mathsf{L}(j) =\mathsf{L}(\overline{j})^{-1}=\mathsf{M}(\rho (\overline{j}))^{-1}=\mathsf{M}(\rho (j))

Par conséquent, on a M∘ρ=L\mathsf{M}\circ \rho =\mathsf{L}.

L’homomorphisme L\mathsf{L} est surjectif (loc. cit.), donc l’homomorphisme M\mathsf{M} l’est aussi. Comme l’homomorphisme ρ\rho est surjectif, le noyau de M\mathsf{M} est le plus petit sous-groupe distingué de (i∗∈Iπ1(Ai,a(i)))∗F(J1)(_i*_{\in I}\pi_1(A_i, a(i)))*F(J_1) qui contient les images par ρ\rho des éléments définis par les relations (R1R_1), (R2R_2),(R3), (R_3) du théorème 1 (IV, p. 408). La démonstration sera terminée une fois que nous aurons vérifié que ces images sont, outre les éléments définis par les relations (R1R_1),(R2),(R3), (R_2), (R_3) de la prop. 1, des éléments qui leur sont conjugués, ou qui sont conjugués à leurs inverses, ainsi que l’élément neutre.

Éléments R1R_1. — Une flèche de l’arbre orienté T\mathsf{T} est de la forme ZjZ_j, avec j=(i,i′,V)∈Jj= (i, i',V)\in J ; son image est l’élément jj de F(J).

Éléments R2R_2. — Soit j=(i,i′,V)∈J′j= (i, i',V)\in J'. Si i=i′i=i', on a ρ(r2(j,v))=1\rho (\mathsf{r}_2(j, v)) = 1 pour tout v∈π1(Ai,a(i))v\in \pi_1(A_i,\mathsf{a}(i)). Si j∈Jj\in J, l’image de r2(j,v)\mathsf{r}_2(j, v) est l’élément r2(j,v)=φj(v)jψj(v)−1j−1r_2(j, v) =\varphi_j(v)j\psi_j(v)^{-1}j^{-1}, pour tout v∈π1(Z,b(j))v\in \pi_1(Z,\mathsf{b}(j)). Dans le cas restant, on a j‾∈J\overline{j}\in J et l’égalité

ρ(r2(j,v))=ρ(φj(v)jψj(v)−1j−1) \rho (\mathsf{r}_2(j, v)) =\rho (\varphi_j(v)j\psi_j(v)^{-1}j^{-1})
=[B1(j)]−1v[B1(j)]ρ(j)[B2(j)]−1v−1[B2(j)]ρ(j)−1 = [B_1(j)]^{-1}v[B_1(j)]\rho (j)[B_2(j)]^{-1}v^{-1}[B_2(j)]\rho (j)^{-1}
=[B2(j‾)]−1v[B2(j‾)]j‾−1[B1(j‾)]−1v−1[B1(j‾)]j‾ = [B_2(\overline{j})]^{-1}v[B_2(\overline{j})]\overline{j}^{-1}[B_1(\overline{j})]^{-1}v^{-1}[B_1(\overline{j})]\overline{j}

entraîne que ρ(r2(j,v))\rho (\mathsf{r}_2(j, v)) est conjugué à ρ(r2(j,v−1))\rho (\mathsf{r}_2(j, v^{-1})).

Éléments R3R_3. — Soit k=(i1,i2,i3,U)k= (i_1, i_2, i_3,U) un élément de K′K'.

Si k∈K0,i1k\in K_0,i_1 = i2i_2 = i3,λs(k)i_3,\lambda_s(k) est la classe du chemin trivial pour tout s∈{1,2,3},jst(k)∈J0s\in \{1,2,3\},j_{st}(k)\in J_0 pour tout couple (s,t)∈(s, t)\in {(1,2),(1,3),(2,3)}\{(1,2),(1,3),(2,3)\}. Alors, ρ(r3(k))\rho (\mathsf{r}_3(k)) est l’élément neutre.

Supposons k∈K1k\in K_1. Si i1=i2i_1=i_2, alors j=(i1,i3,U)∈J∪J‾j= (i_1, i_3,U)\in J\cup \overline{J} et l’on a

r3(k)=β1(j)−1j12β1(j)j23β2(j)−1β2(j)j13−1 \mathsf{r}_3(k) =\beta_1(j)^{-1}j_{12}\beta_1(j)j_{23}\beta_2(j)^{-1}\beta_2(j)j_{13}^{-1}

dont l’image par ρ\rho est l’élément neutre. Les autres cas se traitent de même.

Supposons que i1,i2,i3i_1, i_2, i_3 soient deux à deux distincts. Si i1<i2<i3i_1< i_2< i_3, k∈Kk\in K et l’image de ρ(r3(k))\rho (\mathsf{r}_3(k)) est l’élément r3(k)r_3(k).

Soit σ∈S3\sigma \in \mathfrak{S}_3 la permutation qui applique 1 sur 2 et 2 sur 3. On a

λ1(σ(k))=β1(j13(σ(k)))−1⋅p1,∗(γ13(σ(k)))−1⋅ \lambda_1(\sigma (k)) =\beta_1(j_{13}(\sigma (k)))^{-1}\cdot p_{1,*}(\gamma_{13}(\sigma (k)))^{-1}\cdot
⋅p1,∗(γ12(σ(k)))⋅β1(j12(σ(k))) \cdot p_{1,*}(\gamma_{12}(\sigma (k)))\cdot \beta_1(j_{12}(\sigma (k)))
=β1(j32(k))−1⋅p1,∗(γ32(k))−1⋅p1,∗(γ31(k))⋅β1(j31(k)) =\beta_1(j_{32}(k))^{-1}\cdot p_{1,*}(\gamma_{32}(k))^{-1}\cdot p_{1,*}(\gamma_{31}(k))\cdot \beta_1(j_{31}(k))
=β2(j23(k))−1⋅p2,∗(γ2,3(k))−1⋅p2,∗(γ13(k))⋅β2(j13(k)) =\beta_2(j_{23}(k))^{-1}\cdot p_{2,*}(\gamma_{2,3}(k))^{-1}\cdot p_{2,*}(\gamma_{13}(k))\cdot \beta_2(j_{13}(k))
=λ3(k) =\lambda_3(k)

On vérifie de même que l’on a λ2(σ(k))=λ1(k)\lambda_2(\sigma (k)) =\lambda_1(k) et λ3(σ(k))=λ2(k)\lambda_3(\sigma (k)) =\lambda_2(k). Par suite,

ρ(r3(σ(k)))=λ1(σ(k))ρ(j12(σ(k)))λ2(σ(k))⋅ \rho (\mathsf{r}_3(\sigma (k))) =\lambda_1(\sigma (k))\rho (j_{12}(\sigma (k)))\lambda_2(\sigma (k))\cdot
⋅ρ(j23(σ(k)))λ3(σ(k))ρ(j13(σ(k)))−1 \cdot \rho (j_{23}(\sigma (k)))\lambda_3(\sigma (k))\rho (j_{13}(\sigma (k)))^{-1}
=λ3(k)ρ(j31(k))λ1(k)ρ(j12(k))λ2(k)ρ(j32(k))−1 =\lambda_3(k)\rho (j_{31}(k))\lambda_1(k)\rho (j_{12}(k))\lambda_2(k)\rho (j_{32}(k))^{-1}
=λ3(k)j13(k)−1λ1(k)j12(k)λ2(k)j23(k) =\lambda_3(k)j_{13}(k)^{-1}\lambda_1(k)j_{12}(k)\lambda_2(k)j_{23}(k)

ce qui prouve que ρ(r3(σ(k)))\rho (\mathsf{r}_3(\sigma (k))) est conjugué à

λ1(k)j12(k)λ2(k)j23(k)λ3(k)j13(k)−1=ρ(r3(k)) \lambda_1(k)j_{12}(k)\lambda_2(k)j_{23}(k)\lambda_3(k)j_{13}(k)^{-1}=\rho (\mathsf{r}_3(k))

Soit τ∈S3\tau \in \mathfrak{S}_3 la transposition de support {1,2}\{1,2\}. On a

λ1(τ(k))=λ2(k)−1,λ2(τ(k))=λ1(k)−1\lambda_1(\tau (k)) =\lambda_2(k)^{-1},\lambda_2(\tau (k)) =\lambda_1(k)^{-1} et λ3(τ(k))=λ3(k)−1\lambda_3(\tau (k)) =\lambda_3(k)^{-1}. Les égalités

ρ(r3(τ(k)))=λ2(k)−1ρ(j21(k))λ1(k)−1ρ(j13(k))λ3(k)−1ρ(j23(k))−1 \rho (\mathsf{r}_3(\tau (k))) =\lambda_2(k)^{-1}\rho (j_{21}(k))\lambda_1(k)^{-1}\rho (j_{13}(k))\lambda_3(k)^{-1}\rho (j_{23}(k))^{-1}
=(ρ(j23(k))λ3(k)ρ(j13(k))−1λ1(k)ρ(j12(k))λ2(k))−1 =(\rho (j_{23}(k))\lambda_3(k)\rho (j_{13}(k))^{-1}\lambda_1(k)\rho (j_{12}(k))\lambda_2(k))^{-1}

montrent que ρ(r3(τ(k)))\rho (\mathsf{r}_3(\tau (k))) est conjugué à l’inverse de

λ1(k)ρ(j12(k))−1λ2(k)ρ(j23(k))λ3(k)ρ(j13(k))−1=ρ(r3(k)) \lambda_1(k)\rho (j_{12}(k))^{-1}\lambda_2(k)\rho (j_{23}(k))\lambda_3(k)\rho (j_{13}(k))^{-1}=\rho (\mathsf{r}_3(k))

Comme le groupe S3\mathfrak{S}_3 est engendré par les permutations τ\tau et σ\sigma, il s’ensuit que, pour tout k∈Kk\in K et tout σ∈S3,ρ(r3(σ(k)))\sigma \in \mathfrak{S}_3,\rho (\mathsf{r}_3(\sigma (k))) est conjugué à ρ(r3(k))\rho (\mathsf{r}_3(k)) ou à son inverse.

La proposition 1 est ainsi démontrée.

Corollaire 1 0235

Sous les hypothèses de la proposition 1, supposons de plus que, pour tout i∈i\in I, l’image de l’homomorphisme de π1(Ai,a(i))\pi_1(A_i, a(i)) dans π1(Y,a(i))\pi_1(Y, a(i)), déduit de l’injection canonique de AiA_i dans Y, soit triviale. L’homomorphisme M′:F(J)→π1(Y,a(i0))\mathsf{M}': F(J)\rightarrow \pi_1(Y, a(i_0)) déduit de M\mathsf{M} par restriction est alors surjectif et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué qui contient les éléments j∈j\in Fl(T) et les éléments j12(k)j23(k)j13(k)−1j_{12}(k)j_{23}(k)j_{13}(k)^{-1} pour k∈Kk\in K.

Soit π:(i∗∈Iπ1(Ai,a(i)))∗F(J)→F(J)\pi : (_i*_{\in I}\pi_1(A_i, a(i)))*F(J)\rightarrow F(J) l’unique homomorphisme qui induit l’homomorphisme trivial sur chaque π1(Ai,a(i))\pi_1(A_i, a(i)) et l’identité sur F(J); il est surjectif. Soit i∈Ii\in I. La définition de M\mathsf{M} et l’hypothèse que l’image de l’homomorphisme de π1(Ai,a(i))\pi_1(A_i, a(i)) dans π1(Y,a(i))\pi_1(Y, a(i)) déduit de l’injection canonique soit triviale entraînent que, pour tout v∈π1(Ai,a(i)),M(v)v\in \pi_1(A_i, a(i)),\mathsf{M}(v) est l’élément neutre de π1(Y,a(i0))\pi_1(Y, a(i_0)). On a donc M=M′∘π\mathsf{M}=\mathsf{M}'\circ \pi. Par suite, l’homomorphisme M′\mathsf{M}' est surjectif et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué contenant les images par π\pi des éléments r1(j),r2(j,v)r_1(j),r_2(j, v) et r3(k)r_3(k) définis dans la prop. 1. Pour j∈j\in Fl(T), on a π(r1(j))=j\pi (r_1(j)) =j. Pour tout j∈j\in J et tout v∈π1(V,b(j))v\in \pi_1(V, b(j)), on a π(r2(j,v))=e\pi (r_2(j, v)) =e. Enfin, pour tout k=(i1,i2,i3,U)∈Kk= (i_1, i_2, i_3,U)\in K et tout s∈s\in {1,2,3},λs(k)\{1,2,3\},\lambda_s(k) est la classe d’un lacet dans AisA_{i_s}; on a donc π(λs(k))=e\pi (\lambda_s(k)) =e, si bien que π(r3(k))=j12(k)j23(k)j13(k)−1\pi (r_3(k)) =j_{12}(k)j_{23}(k)j_{13}(k)^{-1}. Le corollaire en résulte.

Corollaire 2 0236

Sous les hypothèses de la proposition 1, supposons de plus que pour tout i∈Ii\in I, le groupe π1(Ai,a(i))\pi_1(A_i, a(i)) soit réduit à l’élément neutre et que, pour tout triplet (i1,i2,i3)(i_1, i_2, i_3) d’éléments de I deux à deux distincts, l’ensemble Ai1∩Ai2∩Ai3A_{i_1}\cap A_{i_2}\cap A_{i_3} soit vide. L’homomorphisme M′′:\mathsf{M}'': F(J-Fl(T)) →π1(Y,a(i0))\rightarrow \pi_1(Y, a(i_0)) déduit de M\mathsf{M} par restriction est alors un isomorphisme.

Soit π′:F(J)→\pi ': F(J)\rightarrow F(J - Fl(T)) l’homomorphisme qui applique [j][j] sur [j][j] si j∈j\in J-Fl(T) et qui applique [j][j] sur l’élément neutre si j∈j\in Fl(T) ; il est surjectif et l’on a M′′∘π′=M′\mathsf{M}''\circ \pi '=\mathsf{M}', où M′\mathsf{M}' est l’homomorphisme surjectif défini dans le corollaire 1. Il en résulte que M′′\mathsf{M}'' est surjectif et que son noyau est le plus petit sous-groupe distingué de F(J-Fl(T)) qui contient les images par π′\pi ' des éléments décrits dans loc. cit. Or, par construction, π′(j)=e\pi '(j) =e si j∈j\in Fl(T) et l’ensemble K est vide, par hypothèse. L’homomorphisme M′′\mathsf{M}'' est donc un isomorphisme.

Exemple 1 0237

Pour le cas d’un recouvrement formé de deux ensembles, voir le no3^o3.

Exemple 2 0238

Soit G un graphe (II, p. 155, définition 1) ; notons S l’ensemble des sommets de G, A l’ensemble de ses arêtes orientées, oo et tt les applications origine et terme de A dans S ; pour toute arête orientée a∈Aa\in A, on note a‾\overline{a} l’arête orientée opposée. Munissons les ensembles S et A de la topologie discrète ; soit X l’espace somme de l’espace S et de l’espace I×A\mathbf{I}\times A et soit ∼\sim la relation d’équivalence la plus fine dans X pour laquelle (u,a)∼(1−u,a)(u, a)\sim (1-u, a), (0,a)∼o(a)(0, a)\sim o(a) et (1,a)∼t(a)(1, a)\sim t(a) pour tout u∈Iu\in \mathbf{I} et toute arête orientée a∈Aa\in A. L’espace quotient ∣G∣=X/∼|G|= X/\sim est appelé la réalisation géométrique du graphe G. On note pp la projection canonique de X sur ∣G∣|G|.

Démontrons que ∣G∣|G| est localement contractile. Soit s∈Ss\in S. Notons XsX_s la réunion de {s}\{s\} et des parties [0,1[×{a}[0,1[\times \{a\} pour a∈o−1(s)a\in \overset{-1}{o}(s) et des

parties ]0,1]×{a}]0,1]\times \{a\} pour a∈t−1(s)a\in \overset{-1}{t}(s). Soit UsU_s l’image de XsX_s dans ∣G∣|G|; c’est un voisinage ouvert de p(s)p(s) dans ∣G∣|G| car XsX_s est un voisinage ouvert saturé de ss dans X. Soit ff l’application de Xs×IX_s\times \mathbf{I} dans XsX_s définie, pour u,v∈Iu, v\in \mathbf{I} et a∈Aa\in A, par les relations

f(s,v)=s f(s, v) =s

((1−v)u,a)((1-v)u, a) si 0⩽u<10\leqslant u <1 et o(a)=so(a) =s,

f((u,a),v)= f((u, a), v) =

(1−(1−v)(1−u),a)(1-(1-v)(1-u), a) si 0<u⩽10< u\leqslant 1 et t(a)=st(a) =s.

Elle est continue et compatible à la relation d’équivalence ∼\sim. Elle définit donc par passage au quotient une application φs:Us×I→Us\varphi_s: U_s\times \mathbf{I}\rightarrow U_s qui est continue, car I\mathbf{I} est localement compact (I, p. 19, prop. 10). C’est une contraction forte de UsU_s sur p(s)p(s) (III, p. 237, déf. 6).

Soit par ailleurs x=(τ,a)∈]0,1[×Ax= (\tau , a)\in ]0,1[\times A. Notons Xx=]0,1[×{a,a}X_x= ]0,1[\times \{a, a\} et soit UxU_x son image dans ∣G∣|G| par pp; c’est un voisinage de p(x)p(x) dans ∣G∣|G|, homéomorphe à ]0,1[]0,1[. L’application de Xx×IX_x\times \mathbf{I} dans XxX_x donnée par ((u,a),v)↦((1−v)u+vτ,a)((u, a), v)\mapsto ((1-v)u+v\tau , a) et ((u,a),t)↦((1−v)u+v(1−τ),a)((u, a), t)\mapsto ((1-v)u+v(1-\tau ), a) est continue. Elle définit par passage au quotient une application φx:Ux×\varphi_x: U_x\times I→Ux\mathbf{I}\rightarrow U_x qui est continue (loc. cit.) et est une contraction forte en xx.

Tout point de ∣G∣|G| est l’image d’un point s∈Ss\in S ou d’un point de I×A\mathbf{I}\times A de la forme (τ,a)(\tau , a) où 0<τ<10< \tau <1. Il en résulte que tout point de ∣G∣|G| possède un voisinage contractile en ce point. Autrement dit, ∣G∣|G| est localement contractile et, en particulier, délaçable (IV, p. 346, prop. 5).

Choisissons un ordre total sur S et considérons le recouvrement ouvert (Us)s∈S(U_s)_{s\in S} de ∣G∣|G|. Soient ss et s′s' des éléments distincts de S. L’intersection Us∩Us′U_s\cap U_{s'} est la réunion des p(]0,1[,a)p(]0,1[, a) où aa parcourt l’ensemble des arêtes orientées de G dont les extrémités sont ss et s′s'. Par suite, l’armature du recouvrement (Us)s∈S(U_s)_{s\in S} s’identifie au carquois G. En outre, pour tout s∈Ss\in S, UsU_s est contractile en ss, donc π1(Us,p(s))\pi_1(U_s, p(s)) est réduit à l’élément neutre. Il résulte alors du cor. 2 de IV, p. 416 que pour tout s∈S,π1(∣G∣,p(s))s\in S,\pi_1(|G|, p(s)) est un groupe libre (théorème de Nielsen-Schreier).

Corollaire 3 0239

Sous les hypothèses de la prop. 1, supposons de plus que l’armature du recouvrement (Ai)i∈I(A_i)_{i\in I} soit un arbre orienté. L’homomorphisme N:i∗∈Iπ1(Ai,a(i))→π1(Y,a(i0))\mathsf{N}:_i*_{\in I}\pi_1(A_i, a(i))\rightarrow \pi_1(Y, a(i_0)) déduit de M\mathsf{M} par restriction est alors surjectif ; son noyau est le plus petit sous-groupe distingué de i∗∈Iπ1(Ai,a(i))_i*_{\in I}\pi_1(A_i, a(i)) qui contient les éléments φj(v)ψj(v)−1\varphi_j(v)\psi_j(v)^{-1}, pour

tout j=(i1,i2,V)∈Jj= (i_1, i_2,V)\in J et tout v∈π1(V,b(j))v\in \pi_1(V, b(j)).

Si les composantes connexes par arcs des intersections Ai∩Ai′A_i\cap A_{i'}, pour i≠i′i=\not i' sont en outre simplement connexes par arcs, l’homomorphisme N\mathsf{N} est alors un isomorphisme.

Sous les hypothèses du corollaire, le graphe associé au carquois Γ est un arbre, d’où T = Γ. Il en résulte que l’image du groupe F(J) par l’homomorphisme M\mathsf{M} est réduite à l’élément neutre.

Soit

ρ:(i∗∈Iπ1(Ai,a(i)))∗F(J)→i∗∈Iπ1(Ai,a(i)) \rho :(_i*_{\in I}\pi_1(A_i, a(i)))*F(J)\rightarrow_i*_{\in I}\pi_1(A_i, a(i))

l’unique homomorphisme de groupes qui induit l’homomorphisme identique sur π1(Ai,a(i))\pi_1(A_i, a(i)) et dont le noyau contient F(J). On a M=N∘ρ\mathsf{M}=\mathsf{N}\circ \rho. Par conséquent, l’homomorphisme N\mathsf{N} est surjectif et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué de i∗∈Iπ1(Ai,a(i))_i*_{\in I}\pi_1(A_i, a(i)) qui

contient les images par ρ\rho des éléments définis par les relations (R1R_1), (R2R_2) et (R3R_3) de la prop. 1. On a ρ(j)=1\rho (j) = 1 pour tout j∈j\in Fl(Γ). Comme l’armature du recouvrement (Ai)i∈I(A_i)_{i\in I} est un arbre, on a Ai1∩Ai2∩Ai3=∅A_{i_1}\cap A_{i_2}\cap A_{i_3}=\emptyset pour tout triplet (i1,i2,i3)(i_1, i_2, i_3) d’éléments distincts de I. Il en résulte que le noyau de N\mathsf{N} est le plus petit sous-groupe distingué qui contient les éléments φj(v)ψj(v)−1\varphi_j(v)\psi_j(v)^{-1} pour tout j=(i1,i2,V)∈Jj= (i_1, i_2,V)\in J et tout v∈π1(V,b(j))v\in \pi_1(V, b(j)).

Exemple 3 (Plan privé de nn points) 023A

Le groupe fondamental de R2\mathbf{R}^2 {0}\{0\} est isomorphe à Z\mathbf{Z} et la classe du chemin t↦e2πitt\mapsto e^{2\pi it} en est un générateur (IV, p. 347, corollaire). Plus généralement, soit nn un entier naturel et soit A={z1,...,zn}A =\{z_1, . . . , z_n\} un ensemble de nn points de R2\mathbf{R}^2. Soit Y l’espace R2−\mathbf{R}^2- A ; nous allons prouver que le groupe fondamental de Y est isomorphe au groupe libre FnF_n à nn générateurs. Pour tout ii, posons zi=(ui,vi)z_i= (u_i, v_i). Quitte à remplacer ziz_i par f(zi)f(z_i), où f:R2→R2f:\mathbf{R}^2\rightarrow \mathbf{R}^2 est un homéomorphisme de la forme (u,v)↦(u+αv,v)(u, v)\mapsto (u+\alpha v, v), on peut supposer que les abscisses des ziz_i sont deux à deux distinctes. Il n’est pas non plus restrictif de supposer que l’on a u1<⋯<unu_1<\cdots < u_n.

Posons V1=]−∞,u2[×R,Vi=]ui−1,ui+1[×RV_1= ]-\infty , u_2[\times \mathbf{R},V_i= ]u_{i-1}, u_{i+1}[\times \mathbf{R} pour 2⩽i⩽n−12\leqslant i\leqslant n-1, Vn=]un−1,+∞[×RV_n= ]u_{n-1},+\infty [\times \mathbf{R}. Pour 1⩽i⩽n1\leqslant i\leqslant n, l’ensemble Ui=Vi−{zi}U_i= V_i-\{z_i\} est ouvert dans le plan et homéomorphe à R2−{0}\mathbf{R}^2-\{0\}. La famille (Ui)1⩽i⩽n(U_i)_{1\leqslant i\leqslant n} est un recouvrement ouvert de l’espace Y=R2−Y =\mathbf{R}^2- A. L’intersection Ui∩UjU_i\cap U_j est vide pour ∣i−j∣⩾2|i-j|\geqslant 2, homéomorphe à R2\mathbf{R}^2 pour ∣i−j∣=1|i-j|= 1. D’après le corollaire 3, le groupe fondamental de Y est isomorphe au groupe libre FnF_n.

Soit aa un point de Y. Pour tout entier i∈{1,...,n}i\in \{1, . . . , n\}, soir rir_i un nombre réel strictement positif et strictement inférieur aux distances de ziz_i aux points zjz_j, pour j=i̸j=\not i. Notons viv_i la classe du lacet t↦t\mapsto zi+rie2πitz_i+r_ie^{2\pi it} au point zi+riz_i+r_i de Y. Soit θi\theta_i la classe d’un chemin γi\gamma_i reliant le point aa au point zi+riz_i+r_i dans Y. Si les chemins γi\gamma_i sont injectifs et que leurs images ne se rencontrent qu’en aa, on peut démontrer que l’unique homomorphisme du groupe libre F(t1,...,tn)F(t_1, . . . , t_n) dans π1(Y,a)\pi_1(Y, a) tel que φ(ti)=θiviθi−1\varphi (t_i) =\theta_iv_i\theta^{-1}_i pour tout i∈{1,...,n}i\in \{1, . . . , n\} est un isomorphisme de groupes.

Un raisonnement analogue permet de démontrer que pour toute partie fermée discrète A du plan, le groupe fondamental de R2−\mathbf{R}^2- A est isomorphe à F(A) (IV, p. 463, exerc. 1).

Corollaire 4 023B

Sous les hypothèses de la proposition 1, supposons qu’il existe une partie A de Y, connexe par arcs et non vide, telle que l’intersection Ai∩Ai′A_i\cap A_{i'} soit égale à A pour tout couple (i,i′)(i, i') d’éléments distincts de I. Soit aa un point de A. Il existe un unique homomorphisme φ\varphi de la somme de la famille de groupes (π1(Ai,a))i∈I(\pi_1(A_i, a))_{i\in I} amalgamée par π1(A,a)\pi_1(A, a) dans π1(Y,a)\pi_1(Y, a) qui coïncide avec l’homomorphisme déduit de l’injection canonique de AiA_i dans Y, pour tout i∈Ii\in I. L’homomorphisme φ\varphi est un isomorphisme.

En particulier, si le groupe π1(A,a)\pi_1(A, a) est réduit à l’élément neutre, l’homomorphisme canonique du produit libre de la famille de groupes (π1(Ai,a))i∈I(\pi_1(A_i, a))_{i\in I} dans π1(Y,a)\pi_1(Y, a) est un isomorphisme.

Pour i∈i\in I, notons gi:π1(A,a)→π1(Ai,a)g_i:\pi_1(A, a)\rightarrow \pi_1(A_i, a) et fi:π1(Ai,a)→f_i:\pi_1(A_i, a)\rightarrow π1(Y,a)\pi_1(Y, a) les homomorphismes canoniques déduits des inclusions de A dans AiA_i et de AiA_i dans Y. Notons ∗π1(Ai,a)*\pi_1(A_i, a) la somme des groupes π1(Ai,a)\pi_1(A_i, a) amalgamée par π1(A,a)\pi_1(A, a). Soit aussiAp^Ap l’unique homomorphisme de i∗∈Iπ1(Ai,a)_i*_{\in I}\pi_1(A_i, a) dans ∗Aπ1(Ai,a)*_A\pi_1(A_i, a) qui induit l’identité sur π1(Ai,a)\pi_1(A_i, a) (A, I, p. 80, prop. 4). L’homomorphisme pp est surjectif et il découle de la définition du monoïde ∗π1(Ai,a)*\pi_1(A_i, a) que son noyau est le plus petit sous-groupe distingué deiA∗∈Iπ1(Ai,a)^A_i*_{\in I}\pi_1(A_i, a) qui contient les

éléments gi(v)gi′(v)−1g_i(v)g_{i'}(v)^{-1}, pour i,i′∈Ii, i'\in I et v∈π1(A,a)v\in \pi_1(A, a).

Les homomorphismes fi∘gi:π1(A,a)→π1(Y,a)f_i\circ g_i:\pi_1(A, a)\rightarrow \pi_1(Y, a), pour i∈Ii\in I, sont égaux. Il découle donc de la propriété universelle des sommes amalgamées de monoïdes (A, I, p. 80, prop. 4) qu’il existe un unique homomorphisme de groupes φ\varphi (resp. ff) de ∗Aπ1(Ai,a)*_A\pi_1(A_i, a) (resp. de i∗∈Iπ1(Ai,a)_i*_{\in I}\pi_1(A_i, a)) dans π1(Y,a)\pi_1(Y, a) qui induit l’homomorphisme fif_i sur π1(Ai,a)\pi_1(A_i, a). On a f=f= φ∘p\varphi \circ p.

Pour i∈i\in I, notons uiu_i l’injection canonique de A dans AiA_i et viv_i l’injection canonique de AiA_i dans Y. Notons aussi ww l’injection canonique de A dans Y. Pour tout i∈i\in I, on a vi∘uiv_i\circ u_i = ww, donc π1(vi,a)∘π1(ui,a)=π1(w,a)\pi_1(v_i, a)\circ \pi_1(u_i, a) =\pi_1(w, a). Il découle alors de la propriété universelle des sommes amalgamées de monoïdes (A, I, p. 80, prop. 4) qu’il existe un unique homomorphisme de groupes φ\varphi de ∗iπ1(Ai,a)*_i\pi_1(A_i, a) dans π1(Y,a)\pi_1(Y, a) qui induit l’homomorphisme π1(vi,a)\pi_1(v_i, a) sur π1(Ai,a)\pi_1(A_i, a). Il s’agit de démontrer que φ\varphi est un isomorphisme.

L’ensemble J s’identifie à l’ensemble des couples (i,i′)(i, i') d’éléments de I tels que i<i′i < i'. L’ensemble K s’identifie à l’ensemble des triplets (i1,i2,i3)(i_1, i_2, i_3) d’éléments de I tels que i1<i2<i3i_1< i_2< i_3. Choisissons tous les points-base a(i),b(j)a(i),b(j) et c(k)c(k) égaux à aa et tous les chemins B(j)B(j), Cst(k)C_{st}(k) égaux au chemin constant d’image aa. Fixons aussi un point i0∈Ii_0\in I.

Pour tout couple (i,i′)(i, i') de points distincts de I, l’armature Γ du recouvrement (Ai)(A_i) possède exactement une flèche d’extrémités ii et i′i'. Les flèches de Γ dont une des extrémités est égale à i0i_0 sont les flèches d’un sous-arbre orienté maximal T.

Pour tout élément k∈Kk\in K, on a r3(k)=j12(k)j23(k)j13(k)−1r_3(k) =j_{12}(k)j_{23}(k)j_{13}(k)^{-1}; soit R le sous-groupe distingué de F(J) engendré par les éléments j∈j\in Fl(T) et les éléments r3(k),k∈r_3(k),k\in K. Prouvons que R = F(J). Il suffit de montrer que tout élément j=(i1,i2)j= (i_1, i_2) de J appartient à R. C’est vrai, par hypothèse, si i1=i0i_1=i_0 ou i2=i0i_2=i_0. Supposons i0<i1i_0< i_1 et posons k=(i0,i1,i2)k= (i_0, i_1, i_2). C’est un élément de K tel que j=j23(k)=jj=j_{23}(k) =j. De plus, j12(k)j_{12}(k) et j13(k)j_{13}(k) appartiennent à Fl(T). Il en résulte que jj appartient à R. Les cas où i1<i0<i2i_1< i_0< i_2 ou i2<i0i_2< i_0 se traitent de manière analogue.

Il résulte alors de la prop. 1 (IV, p. 412) que l’homomorphisme ff est surjectif et que son noyau est le plus petit sous-groupe distingué qui contient les relateurs r2(j,v)=gi(v)gi′(v)−1r_2(j, v) =g_i(v)g_{i'}(v)^{-1}, pour j=(i,i′,A)∈Jj= (i, i',A)\in J et v∈π1(A,a)v\in \pi_1(A, a). Autrement dit, Ker(ff) == Ker(pp). Cela entraîne que φ\varphi est un isomorphisme, ainsi qu’il fallait démontrer.

Si π1(A,a)\pi_1(A, a) est réduit à l’élément neutre, pp est un isomorphisme, d’où la seconde assertion.

Exemple 4 023C

Soit ((Xi,xi))i∈I((X_i, x_i))_{i\in I} une famille d’espaces topologiques pointés. On appelle bouquet de la famille ((Xi,xi))i∈I((X_i, x_i))_{i\in I}, et on note ⋁i∈I(Xi,xi)\bigvee_{i\in I}(X_i, x_i) l’espace topologique quotient de l’espace somme de la famille (Xi)i∈I(X_i)_{i\in I} par la relation d’équivalence qui identifie entre eux tous les points (xi,i)(x_i, i), pour i∈Ii\in I. Notons X cet espace topologique et xx l’image commune des xix_i. Supposons que, pour tout i∈i\in I, le point xix_i soit fermé dans XiX_i et que les espaces XiX_i soient délaçables. Si I est fini, le corollaire 4 entraîne que l’homomorphisme canonique i∗∈Iπ1(Xi,xi)→π1(X,x)_i*_{\in I}\pi_1(X_i, x_i)\rightarrow \pi_1(X, x) est un isomorphisme.

La remarque 1 de IV, p. 429 et l’exercice 3, IV, p. 463 donnent des conditions moins restrictives sous lesquelles cet homomorphisme est un isomorphisme. Voir néanmoins l’exercice 4, IV, p. 464.

3. Cas particulier d’un recouvrement formé de deux parties

Soit X un espace topologique connexe par arcs, soient B et C des parties non vides et connexes par arcs de X. On fait en outre l’une des deux hypothèses suivantes :

(i) Les intérieurs des ensembles B et C recouvrent X ;

(ii) Les ensembles B et C sont fermés dans X, leur réunion est égale à X, les espaces X, B, C sont délaçables et l’espace B∩CB\cap C est localement connexe par arcs.

Sous ces hypothèses, l’application canonique de l’espace somme de la famille (B,C)(B,C) sur l’espace X vérifie la propriété (VK) (cf. IV, p. 409).

Posons A=B∩CA = B\cap C. Comme l’espace X est connexe, l’ensemble A n’est pas vide. Soit aa un point de A ; notons j0j_0 la composante connexe par arcs de aa dans A. Pour toute composante connexe par arcs jj de A distincte de j0j_0, choisissons un point aja_j de jj, la classe βj\beta_j d’un chemin dans B et la classe γj\gamma_j d’un chemin dans C, reliant tous deux aja_j à aa; notons φj:π1(A,aj)→π1(B,a)\varphi_j:\pi_1(A, a_j)\rightarrow \pi_1(B, a) et ψj:π1(A,aj)→π1(C,a)\psi_j:\pi_1(A, a_j)\rightarrow \pi_1(C, a) les homomorphismes de groupes définis par

φj(v)=βj−1vβj\varphi_j(v) =\beta_j^{-1}v\beta_j et ψj(v)=γj−1vγj\psi_j(v) =\gamma_j^{-1}v\gamma_j

pour v∈π1(A,aj)v\in \pi_1(A, a_j). Notons aussi φ0\varphi_0 et ψ0\psi_0 les homomorphismes de π1(A,a)\pi_1(A, a) dans π1(B,a)\pi_1(B, a) et π1(C,a)\pi_1(C, a) respectivement déduits des injections canoniques. Notons ιB\iota_B et ιC\iota_C les homomorphismes de π1(B,a)\pi_1(B, a) et π1(C,a)\pi_1(C, a) respectivement dans π1(X,a)\pi_1(X, a) déduits des injections canoniques. Soit enfin μ\mu l’unique homomorphisme du groupe libre F(π0(A)−{j0})F(\pi_0(A)-\{j_0\}) dans π1(X,a)\pi_1(X, a) tel que μ(j)=βj−1γj\mu(j) =\beta_j^{-1}\gamma_j pour tout j∈π0(A)−{j0}j\in \pi_0(A)-\{j_0\}.

Proposition 2 023D

Il existe un unique homomorphisme de groupes

M:π1(B,a)∗π1(C,a)∗F(π0(A)−{j0})→π1(X,a) \mathsf{M}:\pi_1(B, a)*\pi_1(C, a)*F(\pi_0(A)-\{j_0\})\rightarrow \pi_1(X, a)

qui coïncide avec ιB\iota_B dans π1(B,a),ιC\pi_1(B, a),\iota_C dans π1(C,a)\pi_1(C, a) et μ\mu dans F(π0(A)F(\pi_0(A) {j0})\{j_0\}). Cet homomorphisme est surjectif et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué contenant les éléments

φj(v)jψj(v)−1j−1 \varphi_j(v)j\psi_j(v)^{-1}j^{-1}

pour j∈π0(A)−{j0}j\in \pi_0(A)-\{j_0\} et v∈π1(A,aj)v\in \pi_1(A, a_j), et les éléments

φ0(v)ψ0(v)−1 \varphi_0(v)\psi_0(v)^{-1}

pour v∈π1(A,a)v\in \pi_1(A, a).

L’armature Γ du recouvrement de X défini par la famille (B,C)(B,C) a deux sommets bb et cc correspondant aux deux ensembles B et C. L’ensemble de ses flèches est égal à π0(A)\pi_0(A); elles relient le point bb au point cc. Le graphe associé au sous-carquois de Γ dont l’unique flèche est j0j_0 est un arbre maximal de Γ~\widetilde{\Gamma}. La proposition résulte alors de IV, p. 412, prop. 1.

Exemple 023E

Pour n⩾1n\geqslant 1, la sphère Sn\mathbf{S}_n est réunion de deux hémisphères fermés, homéomorphes à la boule fermée Bn−1\mathbf{B}_{n-1} (TG, VI, p. 12), et dont l’intersection s’identifie à la sphère Sn−1\mathbf{S}_{n-1}. Pour n⩾2n\geqslant 2, la sphère Sn−1\mathbf{S}_{n-1} est connexe par arcs ; on en déduit que le groupe de Poincaré de Sn\mathbf{S}_n est trivial (cf. I, p. 127, exemple 3).

La sphère S0\mathbf{S}_0 a deux composantes connexes par arcs ; on retrouve ainsi que le groupe de Poincaré du cercle S1\mathbf{S}_1 est isomorphe à un groupe libre à un générateur. Plus précisément, soient B et C les intersections de S1\mathbf{S}_1 avec les demi-plans d’équations y⩾0y\geqslant 0 et y⩽0y\leqslant 0 dans le plan R2\mathbf{R}^2. Posons a=(1,0),a′=(−1,0)a= (1,0),a'= (-1,0); on a B∩C={a,a′}B\cap C =\{a, a'\}; ses composantes connexes sont j0={a}j_0=\{a\} et j={a′}j=\{a'\}. Soit β\beta la classe du chemin t↦eπitt\mapsto e^{\pi it} dans C\mathbf{C}; si l’on identifie C\mathbf{C} à R2\mathbf{R}^2, il relie aa à a′a' dans B. De même, soit γ\gamma la classe du chemin t↦e−πitt\mapsto e^{-\pi it} reliant aa à a′a' dans C. Le chemin βγ−1\beta \gamma^{-1} est un lacet en aa, donné par t↦e2πitt\mapsto e^{2\pi it}. D’après la proposition 2, sa classe engendre le groupe π1(S1,a)\pi_1(\mathbf{S}_1, a).

Corollaire 1 023F

L’homomorphisme μ\mu est injectif. Plus précisément, il existe une rétraction associée à μ\mu qui est un homomorphisme de groupes.

Soit ρ\rho l’unique homomorphisme de π1(B,a)∗π1(C,a)∗F(π0(A)\pi_1(B, a)*\pi_1(C, a)*F(\pi_0(A) {j0})\{j_0\}) dans F(π0(A)F(\pi_0(A) - {j0})\{j_0\}) qui induit l’homomorphisme trivial dans π1(B,a)\pi_1(B, a) et π1(C,a)\pi_1(C, a) et l’identité dans F(π0(A)−{j0})F(\pi_0(A)-\{j_0\}). Soit N le noyau de l’homomorphisme M\mathsf{M}. D’après la proposition 2,ρ(N)2,\rho (N) est réduit à l’élément neutre. il existe donc un unique homomorphisme r\mathsf{r} de π1(X,a)\pi_1(X, a) dans F(π0(A)−{j0})F(\pi_0(A)-\{j_0\}) tel que ρ=r∘M\rho =\mathsf{r}\circ \mathsf{M}. Pour tout v∈F(π0(A)−{j0})v\in F(\pi_0(A)-\{j_0\}), on a M(v)=μ(v)\mathsf{M}(v) =\mu(v), donc r∘μ\mathsf{r}\circ \mu est l’homomorphisme identique. Le corollaire en résulte.

Corollaire 2 023G

Si le groupe π1(X,a)\pi_1(X, a) est trivial, l’ensemble A = B∩CB\cap C est connexe par arcs ; s’il est commutatif, l’ensemble A possède au plus deux composantes connexes par arcs.

En effet, si S est un ensemble, le groupe libre F(S) n’est trivial que si S est vide et n’est commutatif que si Card S⩽1S\leqslant 1.

Corollaire 3 023H

Si les groupes π1(X,a)\pi_1(X, a) et π1(A,a)\pi_1(A, a) sont triviaux, il en est de même des groupes π1(B,a)\pi_1(B, a) et π1(C,a)\pi_1(C, a).

D’après le corollaire 2, l’ensemble A est connexe par arcs. Le groupe π1(X,a)\pi_1(X, a) est donc isomorphe au produit libre des groupes π1(B,a)\pi_1(B, a) et π1(C,a)\pi_1(C, a). Il contient en particulier des sous-groupes isomorphes aux groupes π1(B,a)\pi_1(B, a) et π1(C,a)\pi_1(C, a) (A, I, p. 83). Ces deux groupes sont donc triviaux si π1(X,a)\pi_1(X, a) l’est.

4. Espaces quotients

Soit X un espace topologique connexe par arcs muni d’une opération (à droite) propre d’un groupe discret G. Posons Y=X/GY = X/G et notons f:X→Yf: X\rightarrow Y l’application canonique. Si g∈Gg\in G et c:I→Xc:\mathbf{I}\rightarrow X est un chemin dans X, on note g∗cg^*c le chemin t↦c(t)⋅gt\mapsto c(t)\cdot g et g∗[c]g^*[c] sa classe d’homotopie stricte.

Soit oo un point de X. Pour tout g∈Gg\in G, soit βg\beta_g la classe d’un chemin reliant o⋅go\cdot g à oo dans X. Pour tout g∈Gg\in G, soit XgX^g l’ensemble des points x∈Xx\in X tels que x⋅g=xx\cdot g=x; pour toute composante connexe par arcs jj de XgX^g, soit aja_j un point de jj et soit γj\gamma_j la classe d’un chemin dans X reliant aja_j à oo. Soit ν:F(G)→π1(Y,f(o))\nu : F(G)\rightarrow \pi_1(Y, f(o)) l’unique homomorphisme de groupes tel que ν(g)=f∗(βg)\nu (g) =f_*(\beta_g) pour g∈Gg\in G. Soit N:π1(X,o)∗F(G)→π1(Y,f(o))\mathsf{N}:\pi_1(X, o)*F(G)\rightarrow \pi_1(Y, f(o)) l’unique homomorphisme de groupes qui coïncide avec π1(f,o)\pi_1(f, o) dans π1(X,o)\pi_1(X, o) et avec ν\nu dans F(G).

Proposition 3 023I

Supposons que X soit délaçable. L’homomorphisme N\mathsf{N} est alors surjectif et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué de π1(X,o)∗F(G)\pi_1(X, o)*F(G) contenant les éléments

(R2R_2)r2(k,v)=[k]−1v[k](βk−1k∗(v)−1βk)r_2(k, v) = [k]^{-1}v[k](\beta_k^{-1}k^*(v)^{-1}\beta_k)

pour k∈Gk\in G et v∈π1(X,o)v\in \pi_1(X, o) ;

(R3′R'_3)r3′(k,j)=[k](βk−1k∗(γj)−1γj)r'_3(k, j) = [k](\beta_k^{-1}k^*(\gamma_j)^{-1}\gamma_j)

pour k∈Gk\in G et j∈π0(Xk)j\in \pi_0(X^k) ;

(R3′′R''_3)r3′′(k,h)=[kh]−1[k][h](βh−1h∗(βk−1)βkh)r''_3(k, h) = [kh]^{-1}[k][h](\beta_h^{-1}h^*(\beta_k^{-1})\beta_{kh})

pour kk et h∈Gh\in G.

Le morphisme de groupoïdes ϖ(f)\varpi (f) induit un morphisme

ϖ′′(f):ϖ(X)/G→ϖ(Y) \varpi ''(f):\varpi (X)/G\rightarrow \varpi (Y)

qui est un isomorphisme d’après le théorème 3 (IV, p. 403), car l’espace X est supposé délaçable. La proposition résulte alors de II, p. 211, prop. 6.

Les trois corollaires ci-dessous découlent des corollaires aussitôt correspondants de la prop. 6 de II, p. 211.

Corollaire 1 023J

Supposons que X soit délaçable et que le groupe G soit engendré par les fixateurs des points de X. Le morphisme canonique π1(f,o):π1(X,o)→π1(Y,f(o))\pi_1(f, o):\pi_1(X, o)\rightarrow \pi_1(Y, f(o)) est alors surjectif. En particulier, si X est simplement connexe par arcs, il en est de même de Y.

Remarque 023K

Si X est délaçable, Y l’est aussi (IV, p. 349, prop. 8). Comme un espace délaçable connexe est simplement connexe par arcs si et seulement si il est simplement connexe (IV, p. 344, corollaire 1 du théorème 1), on retrouve ainsi la prop. 11 de I, p. 137.

Exemple 1 023L

Soit X un espace topologique connexe par arcs, délaçable et séparé, et soit aa un point de X. Soit nn un entier ⩾2\geqslant 2 et soit Y le quotient de l’espace XnX^n par l’action du groupe Sn\mathfrak{S}_n opérant par permutation des facteurs ; notons f:Xn→Yf: X^n\rightarrow Y l’application canonique ; notons g:X→Yg: X\rightarrow Y l’application x↦f(x,a,...,a)x\mapsto f(x, a, . . . , a). Il découle de la proposition que, pour tout ii, l’homomorphisme π1(g,a)\pi_1(g, a) de π1(X,a)\pi_1(X, a) dans π1(Y,g(a))\pi_1(Y, g(a)) est surjectif et que son noyau est le sous-groupe dérivé de π1(X,a)\pi_1(X, a). En particulier, le groupe π1(Y,g(a))\pi_1(Y, g(a)) est abélien.

Corollaire 2 023M

Supposons que X soit délaçable et que le groupe G opère librement dans X. Il existe un unique homomorphisme de groupes p:π1(Y,f(o))→Gp:\pi_1(Y, f(o))\rightarrow G dont le noyau contient l’image de π1(X,o)\pi_1(X, o) et tel que p(N(g))=gp(\mathsf{N}(g)) =g pour tout g∈Gg\in G. De plus, π1(X,o)→π1(Y,f(o))−→pG\pi_1(X, o)\rightarrow \pi_1(Y, f(o))-\overset{p}{\rightarrow}G est une extension de G par π1(X,o)\pi_1(X, o).

Corollaire 3 023N

Supposons que X soit simplement connexe par arcs. L’application de G dans π1(Y,f(o))\pi_1(Y, f(o)) qui, à g∈g\in G, associe la classe de chemins f∗(βg)f_*(\beta_g) est un homomorphisme de groupes surjectif ; son noyau est le sous-groupe de G engendré par les fixateurs des points de X.

5. Cônes ; contraction d’un sous-espace

Soient X et Y des espaces topologiques non vides et soit f:X→Yf: X\rightarrow Y une application continue. Soit Côn(f)(f) le cône de l’application ff et soit ss son sommet. Notons αf′:X×I→\alpha '_f: X\times \mathbf{I}\rightarrow Côn(f)(f) et βf′:Y→\beta '_f: Y\rightarrow Côn(f)(f) les applications canoniques. La restriction de αf′\alpha '_f au sous-espace X×{0}X\times \{0\} de X×IX\times \mathbf{I} est l’application constante d’image {s}\{s\}. L’application βf′\beta '_f induit un homéomorphisme de Y sur la base du cône Côn(f)(f) par lequel nous identifierons ces deux espaces. Notons aussi

σf′:(\sigma '_f: (Côn(f)−{s})×I→(f)-\{s\})\times \mathbf{I}\rightarrow Côn(f)−{s}(f)-\{s\}

la contraction canonique et ρf′:\rho '_f: Côn(f)−{s}→Y(f)-\{s\} \rightarrow Y la rétraction canonique du cône privé de son sommet sur sa base.

Posons J=π0(X)J =\pi_0(X); pour tout élément jj de J, notons XjX_j la composante jj de X, soit bjb_j un point de XjX_j et notons γj\gamma_j la classe du chemin t↦αf′(bj,t)t\mapsto \alpha '_f(b_j, t) dans Côn(f)(f) qui relie ss à f(bj)f(b_j).

Soit I l’image de l’application π0(f)\pi_0(f) : c’est l’ensemble des composantes connexes par arcs de Y qui rencontrent f(X)f(X); notons φ:J→I\varphi : J\rightarrow I l’application déduite de ff par passage aux composantes connexes par arcs. Pour tout élément i∈Ii\in I, notons YiY_i la composante ii de Y et choisissons un point aia_i dans YiY_i.

Pour tout élément jj de J, choisissons un chemin BjB_j reliant le point f(bj)f(b_j) au point aφ(j)a_{\varphi(j)} dans Yφ(j)Y_{\varphi(j)} et notons βj\beta_j sa classe. Désignons par ψj\psi_j l’homomorphisme de π1(X,bj)\pi_1(X, b_j) dans π1(Y,aφ(j))\pi_1(Y, a_{\varphi(j)}) défini par

ψj(v)=βj−1f∗(v)βj \psi_j(v) =\beta_j^{-1}f_*(v)\beta_j

pour v∈π1(X,aj)v\in \pi_1(X, a_j).

Soit σ:I→J\sigma : I\rightarrow J une section de l’application φ\varphi. Posons T=σ(I)T =\sigma (I) et τ=σ∘φ\tau =\sigma \circ \varphi; observons que φ∘τ=φ\varphi \circ \tau =\varphi.

Proposition 4 023O

Supposons que les composantes connexes par arcs de Y soient ouvertes. Pour tout i∈i\in I, soit GiG_i le quotient du groupe π1(Yi,bi)\pi_1(Y_i, b_i) par le plus petit sous-groupe distingué contenant l’image des homomorphismes ψj\psi_j, pour j∈φ−1(i)j\in \overset{-1}{\varphi}(i) ; notons pip_i la surjection canonique de π1(Yi,bi)\pi_1(Y_i, b_i) sur GiG_i.

Il existe un unique homomorphisme de groupes

P:i∗∈IGi∗F(J−T)→π1(\mathsf{P}:_i*_{\in I}G_i*F(J-T)\rightarrow \pi_1(Côn(f),s)(f), s)

tel que

P(pi(v))=\mathsf{P}(p_i(v)) = Int(γσ(i)βσ(i)\gamma_{\sigma(i)}\beta_{\sigma(i)})(v)(v) pour i∈Ii\in I et v∈π1(Yi,bi)v\in \pi_1(Y_i, b_i),

P(j)=γjβjβτ(j)−1γτ(j)−1\mathsf{P}(j) =\gamma_j\beta_j\beta_{\tau(j)}^{-1}\gamma_{\tau(j)}^{-1} pour j∈J−Tj\in J-T.

L’homomorphisme P\mathsf{P} est un isomorphisme.

Notons Y′Y' la réunion des composantes connexes par arcs de Y qui rencontrent f(X)f(X) et soit f′:X→Y′f': X\rightarrow Y' l’application donnée par x↦f(x)x\mapsto f(x). L’ensemble Y′Y' est une partie ouverte de Y ; ses composantes connexes par arcs sont ouvertes. Le cône Côn(f′)(f') s’identifie à la composante connexe par arcs de ss dans Côn(f)(f). Cela permet de supposer que Y=Y′Y = Y', autrement dit que l’application π0(f)\pi_0(f) est surjective et I=π0(Y)I =\pi_0(Y).

Pour tout j∈Jj\in J, posons Vj=αf′(Xj×]0,1[)V_j=\alpha '_f(X_j\times ]0,1[). Par passage aux sous-espaces, l’application αf′\alpha '_f induit un homéomorphisme de X×]0,1[X\times ]0,1[ sur le complémentaire de Y∪{s}Y\cup \{s\} dans Côn(f)(f). Par suite, les ensembles VjV_j sont les composantes connexes par arcs de Côn(f)−(Y∪{s})(f)-(Y\cup \{s\}).

Pour tout i∈Ii\in I, posons Ui=(ρf′)−1(Yi)U_i= (\rho '_f)^{-1}(Y_i) ; c’est une partie ouverte de Côn(f)(f), car YiY_i est ouvert dans Y par hypothèse. Pour tout j∈φ−1(i)j\in \overset{-1}{\varphi}(i), on a f(Xj)⊂Yif(X_j)\subset Y_i et

Vj∪Yi=αf′(Xj×]0,1])∪Yi V_j\cup Y_i=\alpha '_f(X_j\times ]0,1])\cup Y_i

si bien que Vj∪YiV_j\cup Y_i est une partie connexe par arcs de Côn(f)(f) contenant YiY_i. Comme UiU_i est la réunion de YiY_i et des ensembles VjV_j, pour j∈φ−1(i)j\in \overset{-1}{\varphi}(i), il en résulte que UiU_i est connexe par arcs.

Enfin, l’ensemble C′(X)=C'(X) = Côn(f)(f) - Y est une partie ouverte de Côn(f)(f) ; elle est contractile en ss, donc connexe par arcs.

L’ensemble C′(X)C'(X) et les ensembles UiU_i, pour i∈Ii\in I, constituent un recouvrement de Côn(f)(f) par des parties ouvertes et connexes par arcs, recouvrement auquel nous allons appliquer la prop. 1 de IV, p. 412. Soit I′I' l’ensemble obtenu par adjonction de ss à I ; on le munit d’un ordre total pour lequel ss est son plus petit élément.

Pour des éléments i,i′i, i' de I distincts, on a Ui∩Ui′=∅U_i\cap U_{i'}=\emptyset. Pour i∈Ii\in I, C′(X)∩UiC'(X)\cap U_i est la réunion des ensembles VjV_j, pour j∈φ−1(i)j\in \overset{-1}{\varphi}(i) ; ils sont connexes et deux à deux disjoints. L’intersection de trois ensembles distincts quelconques de ce recouvrement est vide.

L’armature Γ du recouvrement considéré a pour sommets l’ensemble I′I'. Ses flèches sont les triplets (s,i,Vj)(s, i,V_j), pour j∈Jj\in J et i=φ(j)i=\varphi (j) ; on identifiera ainsi l’ensemble des flèches de Γ à l’ensemble J.

Pour i∈Ii\in I, on choisit comme point-base a(i)=ai∈Ui\mathsf{a}(i) =a_i\in U_i; on pose aussi a(s)=s∈C′(X)\mathsf{a}(s) =s\in C'(X).

Pour j∈j\in J, on pose b(j)=αf′(bj,12)\mathsf{b}(j) =\alpha '_f(b_j,\frac{1}{2}). On note B1(j)B_1(j) le chemin dans C′(X)C'(X) d’origine b(j)\mathsf{b}(j) et de terme a(s)\mathsf{a}(s) donné par t↦αf′(bj,(1−t)/2)t\mapsto \alpha '_f(b_j,(1-t)/2). On note B2(j)B_2(j) le chemin dans Uφ(j)U_{\varphi(j)} d’origine b(j)\mathsf{b}(j) et de terme a(φ(j))=aφ(j)\mathsf{a}(\varphi (j)) =a_{\varphi(j)}, juxtaposition du chemin t↦αf′(bj,(1+t)/2)t\mapsto \alpha '_f(b_j,(1 +t)/2) et du chemin BjB_j. Alors, la classe du chemin B(j)=B‾1(j)∗B2(j)B(j) =\overline{B}_1(j)*B_2(j) est égale à γjβj\gamma_j\beta_j.

On choisit i0=si_0=s.

On prend pour arbre orienté maximal T l’unique arbre orienté de Γ dont l’ensemble des flèches est σ(I)\sigma (I). On a δ(s)=e\delta (s) =e, tandis que pour i∈I,δ(i)=[B(σ(i))]=γσ(i)βσ(i)i\in I,\delta (i) = [B(\sigma (i))] =\gamma_{\sigma(i)}\beta_{\sigma(i)}.

Soit j∈Jj\in J et soit i=φ(j)i=\varphi (j).

L’homomorphisme φj\varphi_j de π1(Vj,b(j))\pi_1(V_j,\mathsf{b}(j)) dans π1(C′(X),s)\pi_1(C'(X), s) est l’homomorphisme trivial car C′(X)C'(X) est contractile en ss.

L’application αf′\alpha '_f induit un homéomorphisme de Xj×]0,1[X_j\times ]0,1[ sur VjV_j; cet homéomorphisme induit un isomorphisme du groupe π1(Vj,b(j))\pi_1(V_j,\mathsf{b}(j)) sur le groupe π1(Xj,bj)=π1(X,bj)\pi_1(X_j, b_j) =\pi_1(X, b_j). Par passage aux sous-espaces, l’application σf′\sigma '_f induit une contraction forte de UiU_i sur YiY_i, laquelle induit un isomorphisme du groupe π1(Ui,a(i))\pi_1(U_i,\mathsf{a}(i)) sur le groupe π1(Y,ai)\pi_1(Y, a_i). Par ces isomorphismes, l’homomorphisme

ψj:π1(Vj,b(j))→π1(Uφ(j),a(φ(j))) \psi_j:\pi_1(V_j,\mathsf{b}(j))\rightarrow \pi_1(U_{\varphi(j)},\mathsf{a}(\varphi (j)))

s’identifie à l’homomorphisme Int(βφ(j)−1\beta_{\varphi(j)}^{-1})∘f∗\circ f_* de π1(X,bj)\pi_1(X, b_j) dans π1(Y,ai)\pi_1(Y, a_i).

Comme C′(X)C'(X) est contractile en ss, l’homomorphisme μs\mu_s est l’homomorphisme trivial.

Soit i∈Ii\in I. L’homomorphisme μi\mu_i de π1(Ui,a(i))\pi_1(U_i,\mathsf{a}(i)) dans π1(\pi_1(Côn(f),s)(f), s) s’identifie à l’homomorphisme de π1(Y,ai)\pi_1(Y, a_i) dans π1(\pi_1(Côn(f),s)(f), s) composé de l’homomorphisme Int(δ(i)\delta (i)) et de l’homomorphisme de π1(Ui,s)\pi_1(U_i, s) dans π1(\pi_1(Côn(f),s)(f), s) déduit de l’injection canonique de UiU_i dans Côn(f)(f).

Enfin, l’homomorphisme μ:F(J)→π1(\mu: F(J)\rightarrow \pi_1(Côn(f),s)(f), s) est donné par

μ(j)=γjβjβτ(j)−1γτ(j)−1 \mu(j) =\gamma_j\beta_j\beta_{\tau(j)}^{-1}\gamma_{\tau(j)}^{-1}

Soit P′\mathsf{P}' l’unique homomorphisme de groupes

P′:i∗∈Iπ1(Yi,ai)∗F(J)→π1(\mathsf{P}':_i*_{\in I}\pi_1(Y_i, a_i)*F(J)\rightarrow \pi_1(Côn(f),s)(f), s)

qui coïncide avec l’homomorphisme Int(δ(i)−1\delta (i)^{-1}) dans π1(Yi,ai)\pi_1(Y_i, a_i) et avec l’homomorphisme μ\mu dans F(J). D’après la prop. 1 de IV, p. 412, l’homomorphisme P′\mathsf{P}' est surjectif et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué de ∗iπ1(Yi,ai)∗F(J)*_i\pi_1(Y_i, a_i)*F(J) qui contient les éléments r1(j)\mathsf{r}_1(j), pour j∈Tj\in T, et les éléments r2(j,v)\mathsf{r}_2(j, v), pour j∈Jj\in J et v∈π1(Vj,b(j))v\in \pi_1(V_j,\mathsf{b}(j)). (Il n’y a pas d’éléments r3(k)\mathsf{r}_3(k), car l’ensemble K est vide.)

Pour j∈Tj\in T, on a r1(j)=jr_1(j) =j. Soit j∈Jj\in J et soit v∈π1(Vj,b(j))v\in \pi_1(V_j,\mathsf{b}(j)). Compte tenu de l’identification de π1(Vj,b(j))\pi_1(V_j,\mathsf{b}(j)) avec π1(X,bj)\pi_1(X, b_j), on a r2(j,v)=jψj(v)j−1\mathsf{r}_2(j, v) =j\psi_j(v)j^{-1}. Notons pp l’homomorphisme surjectif canonique de ∗π1(Yi,ai)∗F(J)*\pi_1(Y_i, a_i)*F(J) sur ∗Gi∗F(J*G_i*F(J - T). Pour j∈Tj\in T, on a p(r1(j))=iep(\mathsf{r}_1(j)) =^ie; pour j∈Jj\in J et v∈π1(Xi,bj)v\in \pi_1(X^i, b_j), on a p(ψj(v))=ep(\psi_j(v)) =e. Par suite, il existe un unique homomorphisme de groupes P\mathsf{P} de ∗Gi∗F(J−T)*G_i*F(J-T) dans π1(\pi_1(Côn(f),s)(f), s) tel que P′∘p=P\mathsf{P}'\circ p=\mathsf{P}; c’est un isomorphisme.i^i

Corollaire 1 023P

Supposons de plus que les espaces X et Y soient connexes par arcs et soit aa un point de X. L’application canonique de π1(Y,f(a))\pi_1(Y, f(a)) dans π1(\pi_1(Côn(f),f(a))(f), f(a)) est surjective, son noyau est le plus petit sous-groupe distingué qui contient l’image de l’homomorphisme π1(f,a)\pi_1(f, a).

Corollaire 2 023Q

Supposons de plus que les composantes connexes par arcs de Y soient simplement connexes par arcs. L’homomorphisme μ:F(J−T)→π1(\mu: F(J-T)\rightarrow \pi_1(Côn(f),s)(f), s) est alors un isomorphisme.

Remarque 1 023R

Soit X un espace topologique dont les composantes connexes par arcs sont ouvertes. Soit A un sous-espace fermé de X ; notons ι:A→\iota : A\rightarrow X l’injection canonique, X/AX/A l’espace déduit de X par contraction de A sur un point oo et p:X→X/Ap: X\rightarrow X/A l’application canonique. Supposons en outre que le couple (X,A)(X,A) possède la propriété d’extension des homotopies. L’application canonique ρ‾:\overline{\rho}: Côn(ι)→X/A(\iota )\rightarrow X/A est alors une homéotopie (III, p. 255, remarque 1) et l’on déduit de la prop. 4 le calcul du groupe de Poincaré de X/AX/A en son point-base oo. En particulier, si les composantes connexes par arcs de X sont simplement connexes par arcs, le groupe π1(X/A,o)\pi_1(X/A, o) est un groupe libre.

6. Éclatement et recollement

Soit C un espace topologique et soit (Bℓ)ℓ∈L(B_{\ell})_{\ell\in L} une famille finie de parties fermées de C, deux à deux disjointes. Soit B un espace topologique et, pour tout ℓ∈L\ell \in L, soit hℓh_{\ell} un homéomorphisme de B sur BℓB_{\ell}. On note BLB_L la réunion de la famille (Bℓ)ℓ∈L(B_{\ell})_{\ell\in L}. Nous supposerons que B et L ne sont pas vides. Soit R la relation d’équivalence sur C définie de la manière suivante. La classe d’un élément xx de C−BLC-B_L est l’ensemble {x}\{x\}; si xx est un élément de BℓB_{\ell}, où ℓ∈L\ell \in L, la classe de xx est

l’ensemble des éléments hk(hℓ−1(x))h_k(\overset{-1}{h_{\ell}}(x)), où kk parcourt L. Notons A l’espace topologique quotient C/RC/R et f:C→Af: C\rightarrow A la surjection canonique. On dit que l’espace A est obtenu à partir de l’espace C par identification des ensembles BℓB_{\ell} au moyen des homéomorphismes hℓh_{\ell}.

L’application f∘hℓf\circ h_{\ell} de B dans A est indépendante de l’élément ℓ\ell de L ; elle est fermée et injective ; elle induit donc un homéomorphisme de B sur une partie fermée de A. Nous identifierons ainsi B à f∘hℓ(B)f\circ h_{\ell}(B) par l’homéomorphisme f∘hℓf\circ h_{\ell}; l’application ff induit un homéomorphisme de C−BLC-B_L sur A-B.

Supposons de plus qu’il existe une famille (Nℓ)ℓ∈L(N_{\ell})_{\ell\in L} de parties ouvertes de C, deux à deux disjointes, telles que NℓN_{\ell} contienne BℓB_{\ell} pour tout ℓ∈L\ell \in L. La réunion U de la famille (f(Nℓ))ℓ∈L(f(N_{\ell}))_{\ell\in L} est ouverte dans A et contient B. L’ensemble U-B est la réunion des ensembles ouverts deux à deux disjoints f(Nℓ−Bℓ)f(N_{\ell}-B_{\ell}), pour ℓ∈L\ell \in L.

Lemme 2 023S

L’application f:C→Af: C\rightarrow A est propre et séparée ; ses fibres sont finies.

Démontrons que ff est fermée. Soit X une partie fermée de C. Prouvons que son image est fermée dans A. Pour tout ℓ∈L\ell \in L, X∩BℓX\cap B_{\ell} est fermé dans BℓB_{\ell} donc l’espace Y=⋃ℓ∈Lhℓ−1(X∩Bℓ)Y =\bigcup_{\ell\in L}h^{-1}_{\ell}(X\cap B_{\ell}) est fermé dans B puisque L est fini. Le saturé X∗X^* de X pour la relation d’équivalence R est alors égal à X∪⋃ℓ∈Lhk(Y)X\cup \bigcup_{\ell\in L}h_k(Y), donc est fermé dans C. Par suite, f(X)=f(X∗)f(X) =f(X^*) est fermé dans A, ce qu’il fallait démontrer.

Les fibres de ff sont les classes d’équivalences de la relation R ; elles sont finies. Par suite, l’application ff est propre (TG, I, p. 75, théo-rème 1).

Montrons enfin que ff est séparée. Soient xx et yy des points distincts de C qui ont même image par ff. Il existe donc un point b∈Bb\in B et des éléments distincts ℓ\ell et m∈Lm\in L tels que x=hℓ(b)x=h_{\ell}(b) et y=hm(b)y=h_m(b). Par conséquent, NℓN_{\ell} et NmN_m sont des voisinages disjoints de xx et yy dans C, d’où l’assertion voulue en vertu de la prop. 1 de I, p. 25.

Faisons en outre les hypothèses suivantes :

– l’espace A est délaçable et connexe ;

– l’espace C est délaçable ;

– l’espace B est connexe et localement connexe par arcs.

Posons I=π0(C)I =\pi_0(C); si ii est un élément de I, désignons par CiC_i la composante connexe ii de C. Notons η:L→I\eta : L\rightarrow I l’application qui, à un élément ℓ∈L\ell \in L, associe la composante connexe de C qui contient BℓB_{\ell}. L’application η\eta est surjective. En effet, raisonnons par l’absurde et considérons une composante connexe X de C qui ne rencontre aucun ensemble BℓB_{\ell}. C’est une partie ouverte et fermée de C, saturée pour la relation d’équivalence R. Par suite, son image f(X)f(X) est une partie ouverte et fermée de A, disjointe de B. Puisque A est supposé connexe et B non vide, f(X)f(X) est vide, d’où une contradiction.

Soit σ:I→L\sigma : I\rightarrow L une section de l’application η\eta; on pose τ=σ∘η\tau =\sigma \circ \eta et T=σ(I)T =\sigma (I).

Choisissons un point bb de B. Pour tout ℓ∈L\ell \in L, posons bℓ=hℓ(b)b_{\ell}=h_{\ell}(b) et choisissons la classe βℓ\beta_{\ell} d’un chemin reliant bℓb_{\ell} à bτ(ℓ)b_{\tau(\ell)} dans C ; si ℓ=τ(ℓ)\ell =\tau (\ell ), on choisit pour βℓ\beta_{\ell} la classe du chemin constant d’image bℓb_{\ell}. Pour tout ℓ∈L\ell \in L, on note ϑℓ\vartheta_{\ell} l’homomorphisme de π1(B,b)\pi_1(B, b) dans π1(C,bτ(ℓ))\pi_1(C, b_{\tau(\ell)}) défini par

ϑℓ(v)=\vartheta_{\ell}(v) = Int(βℓ\beta_{\ell})−1((hℓ)∗(v))=βℓ−1(hℓ)∗(v)βℓ^{-1}((h_{\ell})_*(v)) =\beta_{\ell}^{-1}(h_{\ell})_*(v)\beta_{\ell},

pour tout v∈π1(B,b)v\in \pi_1(B, b). Fixons enfin un élément ℓ0\ell_0 de L tel que ℓ0=\ell_0= τ(ℓ0)\tau (\ell_0).

Soit Q\mathsf{Q} l’unique homomorphisme de groupes

Q:(i∗∈Iπ1(Ci,bσ(i)))∗F(L−T)→π1(A,b) \mathsf{Q}:(_i*_{\in I}\pi_1(C_i, b_{\sigma(i)}))*F(L-T)\rightarrow \pi_1(A, b)

tel que Q(ℓ)=f∗(βℓ)\mathsf{Q}(\ell ) =f_*(\beta_{\ell}) pour tout ℓ∈\ell \in L - T et qui coïncide avec π1(f,bσ(i))\pi_1(f, b_{\sigma(i)}) dans π1(Ci,bσ(i))\pi_1(C_i, b_{\sigma(i)}) pour tout i∈Ii\in I.

Proposition 5 (Van Kampen) 023T

L’homomorphisme Q\mathsf{Q} est surjectif ; son noyau est le plus petit sous-groupe distingué contenant les éléments

ϑℓ0(v)ϑℓ(v)−1\vartheta_{\ell_0}(v)\vartheta_{\ell}(v)^{-1} pour v∈π1(B,b)v\in \pi_1(B, b) et ℓ∈T\ell \in T,

ϑℓ0(v)ℓϑℓ(v)−1ℓ−1\vartheta_{\ell_0}(v)\ell \vartheta_{\ell}(v)^{-1}\ell^{-1} pour v∈π1(B,b)v\in \pi_1(B, b) et ℓ∈L−T\ell \in L-T.

L’application f:C→f: C\rightarrow A est propre, séparée, à fibres finies (IV, p. 430, lemme 2) ; les espaces A et C sont délaçables. En outre, C×ACC\times_AC est la réunion de la diagonale ΔC\Delta_C et des parties disjointes Bℓ×ABk=B_{\ell}\times_AB_k= (hℓ,hk)(B)(h_{\ell}, h_k)(B), pour (ℓ,k)∈L2(\ell , k)\in L^2 avec ℓ=k̸\ell =\not k. Pour un tel couple (ℓ,k)(\ell , k), on a Bℓ×ABk=Nℓ×ANkB_{\ell}\times_AB_k= N_{\ell}\times_AN_k; par suite, cette partie est ouverte et fermée dans C×ACC\times_AC. La diagonale ΔC\Delta_C est ainsi ouverte et son complémentaire dans C×ACC\times_AC, réunion finie de parties disjointes homéomorphes à B, est localement connexe. Cela prouve que l’application ff vérifie la propriété (VK) (cas (ii) de IV, p. 405). En vue d’appliquer le th. 1 de IV, p. 408, nous allons définir une donnée de van Kampen pour ff.

Pour tout i∈Ii\in I, choisissons pour point-base dans CiC_i le point a(i)=\mathsf{a}(i) = bσ(i)b_{\sigma(i)}.

Soit J l’ensemble des composantes connexes par arcs de C×ACC\times_AC. Les ensembles ΔCi\Delta_{C_i}, pour i∈Ii\in I, sont les composantes connexes de la diagonale ΔC\Delta_C, laquelle est ouverte et fermée dans C×ACC\times_AC, donc ces ensembles appartiennent à J. De même, les ensembles [ℓ1,ℓ2]=Bℓ1×A[\ell_1, \ell_2] = B_{\ell_1}\times_A Bℓ2B_{\ell_2} pour ℓ1\ell_1 et ℓ2\ell_2 dans L avec ℓ1≠ℓ2\ell_1=\not\ell_2, appartiennent à J. Comme ces ensembles forment une partition de C×ACC\times_AC, ils décrivent l’ensemble J.

Soit jj un élément de J de la forme ΔCi\Delta_{C_i}, pour i∈Ii\in I. Choisissons pour point-base b(j)\mathsf{b}(j) le point (a(i),a(i))=(bσ(i),bσ(i))(\mathsf{a}(i),\mathsf{a}(i)) = (b_{\sigma(i)}, b_{\sigma(i)}) et prenons pour classes de chemins β1(j)\beta_1(j) et β2(j)\beta_2(j) la classe du chemin constant en bσ(i)b_{\sigma(i)}. Soit jj un élément de J de la forme [ℓ1,ℓ2][\ell_1, \ell_2], où ℓ1\ell_1 et ℓ2\ell_2 sont des éléments de L, distincts. Posons alors b([ℓ1,ℓ2])=(bℓ1,bℓ2),β1([ℓ1,ℓ2])=βℓ1\mathsf{b}([\ell_1, \ell_2]) = (b_{\ell_1}, b_{\ell_2}),\beta_1([\ell_1, \ell_2]) =\beta_{\ell_1} et β2([ℓ1,ℓ2])=βℓ2\beta_2([\ell_1, \ell_2]) =\beta_{\ell_2}.

Soit K=π0(C×AC×AC)K =\pi_0(C\times_AC\times_AC).

Notons ΔC′\Delta '_C la diagonale de l’espace C×AC×ACC\times_AC\times_AC ; c’est une partie fermée de C×AC×ACC\times_AC\times_AC, car ff est séparée, elle est homéomorphe à C. Pour tout i∈i\in I, notons aussi ΔCi′\Delta '_{C_i} l’image de CiC_i par l’application diagonale de C dans C×AC×ACC\times_AC\times_AC ; ce sont des parties ouvertes et fermées dans ΔC′\Delta '_C. Pour tout triplet (ℓ1,ℓ2,ℓ3)(\ell_1, \ell_2, \ell_3) d’éléments de L, posons aussi [ℓ1,ℓ2,ℓ3]=Bℓ1×ABℓ2×ABℓ3[\ell_1, \ell_2, \ell_3] = B_{\ell_1}\times_AB_{\ell_2}\times_AB_{\ell_3}; ce sont des parties fermées de C×AC\times_A C×ACC\times_AC, homéomorphes à B. Si l’ensemble {ℓ1,ℓ2,ℓ3}\{\ell_1, \ell_2, \ell_3\} a au moins deux éléments, on a [ℓ1,ℓ2,ℓ3]=Nℓ1×ANℓ2×ANℓ3[\ell_1, \ell_2, \ell_3] = N_{\ell_1}\times_AN_{\ell_2}\times_AN_{\ell_3}, ce qui entraîne que [ℓ1,ℓ2,ℓ3][\ell_1, \ell_2, \ell_3] est aussi ouvert dans C×AC×ACC\times_AC\times_AC. En outre, C×AC×ACC\times_AC\times_AC est la réunion des parties deux à deux disjointes ΔC′\Delta '_C et [ℓ1,ℓ2,ℓ3][\ell_1, \ell_2, \ell_3], où (ℓ1,ℓ2,ℓ3)(\ell_1, \ell_2, \ell_3) parcourt l’ensemble des triplets d’éléments de L qui ne sont pas tous égaux à un même élément. Ainsi, ΔC′\Delta_{C'}, puis les ΔCi′\Delta '_{C_i}, pour i∈Ii\in I, sont ouvertes et fermées dans C×AC×ACC\times_AC\times_AC. Cela entraîne que l’ensemble K des composantes connexes de cet espace est la réunion des ensembles disjoints K0K_0 et K1K_1 suivants.

L’ensemble K0K_0 est l’ensemble des composantes de la forme ΔCi′\Delta '_{C_i}. Soit i∈Ii\in I et soit k=ΔCi′k= \Delta '_{C_i}. On pose c(k)=(bσ(i),bσ(i),bσ(i))\mathsf{c}(k) = (b_{\sigma(i)}, b_{\sigma(i)}, b_{\sigma(i)}). Pour (s,t)∈{(1,2),(2,3),(1,3)}(s, t)\in \{(1,2),(2,3),(1,3)\}, on choisit pour γst(k)\gamma_{st}(k) la classe du chemin constant en (bσ(i),bσ(i))(b_{\sigma(i)}, b_{\sigma(i)}).

L’ensemble K1K_1 est constitué des composantes de la forme kk = [ℓ1,ℓ2,ℓ3][\ell_1, \ell_2, \ell_3], où ℓ1,ℓ2,ℓ3\ell_1, \ell_2, \ell_3 sont trois éléments de B tels que l’ensemble {ℓ1,ℓ2,ℓ3}\{\ell_1, \ell_2, \ell_3\} soit de cardinal ⩾2\geqslant 2. On pose c(k)=(bℓ1,bℓ2,bℓ3)\mathsf{c}(k) = (b_{\ell_1}, b_{\ell_2}, b_{\ell_3}). Soit (s,t)∈{(1,2),(1,3),(2,3)}(s, t)\in \{(1,2),(1,3),(2,3)\}. Si ℓs=ℓt\ell_s=\ell_t, on prend pour γst(k)\gamma_{st}(k) la classe (βℓs,βℓt)(\beta_{\ell_s}, \beta_{\ell_t}) ; si ℓs≠ℓt\ell_s=\not\ell_t, on prend pour γst(k)\gamma_{st}(k) la classe du chemin constant en (bℓs,bℓt)(b_{\ell_s}, b_{\ell_t}).

On vérifie alors que, pour tout k∈Kk\in K et pour tout s∈{1,2,3}s\in \{1,2,3\}, la classe de lacets λs(k)\lambda_s(k) définie par la relation (2) de IV, p. 407, est triviale.

L’armature Γ\mathsf{\Gamma} du couple de morphismes de groupoïdes (ϖ(p1),ϖ(p2))(\varpi (p_1), \varpi (p_2)) de ϖ(C×AC)\varpi (C\times_AC) dans ϖ(C)\varpi (C) a pour sommets l’ensemble I et pour arêtes orientées l’ensemble J. Si i∈Ii\in I, la flèche j=ΔCij= \Delta_{C_i} a pour origine et terme ii; si (ℓ1,ℓ2)(\ell_1, \ell_2) est un couple d’éléments de L distincts, la flèche j=[ℓ1,ℓ2]j= [\ell_1, \ell_2] a pour origine η(ℓ1)\eta (\ell_1) et pour terme η(ℓ2)\eta (\ell_2).

Soit T\mathsf{T} le sous-carquois de Γ\mathsf{\Gamma} dont l’ensemble de sommets est I et dont les flèches sont celles de la forme [ℓ0,ℓ][\ell_0, \ell ], pour ℓ∈T−{ℓ0}\ell \in T-\{\ell_0\}. Le graphe associé à T\mathsf{T} est un arbre maximal de Γ~\widetilde{\mathsf{\Gamma }}.

Posons i0=η(ℓ0)i_0=\eta (\ell_0).

Si i∈I−{i0}i\in I-\{i_0\}, l’unique chemin de T\mathsf{T} reliant i0i_0 à ii est (i0,[ℓ0,σ(i)],i)(i_0,[\ell_0, \sigma (i)], i). Le morphisme de groupoïdes de Grp(Γ\mathsf{\Gamma}) dans ϖ(Y)\varpi (Y) défini p. 407 (et noté τ\tau en loc. cit.) applique jj sur l’élément neutre si j=ΔCij= \Delta_{C_i}, pour i∈Ii\in I, et applique j=[ℓ1,ℓ2]j= [\ell_1, \ell_2] sur f∗(βℓ1)−1f∗(βℓ2)f_*(\beta_{\ell_1})^{-1}f_*(\beta_{\ell_2}), si ℓ1\ell_1 et ℓ2\ell_2 sont des éléments de L distincts. Pour tout i∈Ii\in I, la classe de chemins δi\delta_i définie loc. cit. et reliant b=f(bσ(i0))b=f(b_{\sigma(i_0)}) à b=f(bσ(i))b=f(b_{\sigma(i)}) est donnée par

δi=f∗(βℓ0)−1f∗(βσ(i))=e \delta_i=f_*(\beta_{\ell_0})^{-1}f_*(\beta_{\sigma(i)}) =e

car βℓ=e\beta_{\ell}=e si ℓ∈T\ell \in T.

On a ainsi défini une donnée de van Kampen de l’application ff. Considérons alors l’unique homomorphisme de groupes

Q′:(i∗∈Iπ1(Ci,bσ(i)))∗F(J)→π1(A,b) \mathsf{Q}':(_i*_{\in I}\pi_1(C_i, b_{\sigma(i)}))*F(J)\rightarrow \pi_1(A, b)

qui coïncide avec π1(f,bσ(i))\pi_1(f, b_{\sigma(i)}) dans π1(C,bσ(i))\pi_1(C, b_{\sigma(i)}) et tel que

Q′(j)=f∗(β1(j))−1f∗(β2(j)) \mathsf{Q}'(j) =f_*(\beta_1(j))^{-1}f_*(\beta_2(j))

pour j∈Jj\in J. D’après IV, p. 408, th. 1, cet homomorphisme est surjectif et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué contenant les relateurs r1(j)\mathsf{r}_1(j) (pour j∈j\in Fl(T\mathsf{T})), r2(j,v)\mathsf{r}_2(j, v) (pour j∈j\in J et v∈v\in π1(C×AC,b(j))\pi_1(C\times_AC,\mathsf{b}(j))) et r3(k)\mathsf{r}_3(k) (pour k∈Kk\in K) définis, loc. cit., par les équations (R1R_1),(R2), (R_2) et (R3R_3).

Soit q′q' l’unique homomorphisme de F(L) dans F(L - T) tel que q′(ℓ)=ℓq'(\ell ) =\ell si ℓ∈L−T\ell \in L-T et q′(ℓ)=eq'(\ell ) =e sinon. Soit

q:(i∗∈Iπ1(Ci,bσ(i)))∗F(J)→(i∗∈Iπ1(Ci,bσ(i)))∗F(L−T) q:(_i*_{\in I}\pi_1(C_i, b_{\sigma(i)}))*F(J)\rightarrow (_i*_{\in I}\pi_1(C_i, b_{\sigma(i)}))*F(L-T)

l’unique homomorphisme de groupes qui coïncide avec l’identité sur π1(Ci,bσ(i))\pi_1(C_i, b_{\sigma(i)}), pour i∈i\in I et tel que l’on ait q(j)=eq(j) =e si j=ΔCij= \Delta_{C_i}, q([ℓ,ℓ′])=q′(ℓ)−1q′(ℓ′)q([\ell , \ell ']) =q'(\ell )^{-1}q'(\ell ') si ℓ\ell et ℓ′\ell ' sont des éléments de L, distincts. L’homomorphisme qq est surjectif.

Si i∈Ii\in I et j=ΔCij= \Delta_{C_i}, on a Q′(j)=eb=Q′(q(j))\mathsf{Q}'(j) =e_b=\mathsf{Q}'(q(j)). Si j=[ℓ,ℓ′]j= [\ell , \ell '], pour ℓ\ell et ℓ′\ell ' dans L, distincts, on a

Q′(j)=f∗(βℓ)−1f∗(βℓ′)=Q(q′(ℓ))−1Q(q′(ℓ′)) \mathsf{Q}'(j) =f_*(\beta_{\ell})^{-1}f_*(\beta_{\ell'}) =\mathsf{Q}(q'(\ell ))^{-1}\mathsf{Q}(q'(\ell '))
=Q(q′(ℓ)−1q′(ℓ′))=Q∘q([ℓ,ℓ′]) =\mathsf{Q}(q'(\ell )^{-1}q'(\ell ')) =\mathsf{Q}\circ q([\ell , \ell '])

Par suite, Q′\mathsf{Q}' = Q∘q\mathsf{Q}\circ q. Il en résulte que l’homomorphisme Q\mathsf{Q} est surjectif et que son noyau est le plus petit sous-groupe distingué de (i∗∈Iπ1(Ci,bσ(i)))∗F(L−T)(_i*_{\in I}\pi_1(C_i, b_{\sigma(i)}))*F(L-T) contenant les images par qq des relateurs r1(j)\mathsf{r}_1(j) (pour j∈j\in Fl(T\mathsf{T})),r2(j,v),\mathsf{r}_2(j, v) (pour j∈Jj\in J et v∈π1(C×AC,b(j))v\in \pi_1(C\times_AC,\mathsf{b}(j))) et r3(k)\mathsf{r}_3(k) (pour k∈Kk\in K).

Si ℓ∈T−{ℓ0}\ell \in T-\{\ell_0\} et j=[ℓ0,ℓ]j= [\ell_0, \ell ], on a r1(j)=j\mathsf{r}_1(j) =j et q(r1(j))=eq(\mathsf{r}_1(j)) =e.

Soit k∈Kk\in K. On a r3(k)=j12(k)j23(k)j13(k)−1\mathsf{r}_3(k) =j_{12}(k)j_{23}(k)j_{13}(k)^{-1}. Si k=ΔCi′k= \Delta '_{C_i}, pour i∈Ii\in I, posons j=ΔCij= \Delta_{C_i}; alors, on a

q(r3(k))=q(jjj−1)=q(j)=e q(\mathsf{r}_3(k)) =q(jjj^{-1}) =q(j) =e

Soient ℓ\ell et ℓ′\ell ' des éléments de L, distincts. Si k=[ℓ,ℓ,ℓ′]k= [\ell , \ell , \ell '], on a donc

q(r3(k))=q(ΔCη(ℓ)[ℓ,ℓ′][ℓ,ℓ′]−1)=q(ΔCη(ℓ))=e q(\mathsf{r}_3(k)) =q(\Delta_{C_{\eta(\ell)}}[\ell , \ell '][\ell , \ell ']^{-1}) =q(\Delta_{C_{\eta(\ell)}}) =e

Si k=[ℓ,ℓ′,ℓ]k= [\ell , \ell ', \ell ], il vient

q(r3(k))=q([ℓ,ℓ′][ℓ′,ℓ]ΔCη−1(ℓ)) q(\mathsf{r}_3(k)) =q([\ell , \ell '][\ell ', \ell ]\Delta^{-1_{(\ell)}}_{C_{\eta}})
=q′(ℓ)−1q′(ℓ′)q′(ℓ′)−1q′(ℓ)q(ΔCη(ℓ))−1=e =q'(\ell )^{-1}q'(\ell ')q'(\ell ')^{-1}q'(\ell )q(\Delta_{C_{\eta}(\ell)})^{-1}=e

En outre, si k=[ℓ′,ℓ,ℓ]k= [\ell ', \ell , \ell ], on a

q(r3(k))=q([ℓ′,ℓ]ΔCη(ℓ)[ℓ′,ℓ]−1) q(\mathsf{r}_3(k)) =q([\ell ', \ell ]\Delta_{C_{\eta(\ell)}}[\ell ', \ell ]^{-1})
=q(ℓ′)−1q(ℓ)q(ΔCη(ℓ))q(ℓ)−1q(ℓ′)=e =q(\ell ')^{-1}q(\ell )q(\Delta_{C_{\eta(\ell)}})q(\ell )^{-1}q(\ell ') =e

Enfin, si k=[ℓ1,ℓ2,ℓ3]k= [\ell_1, \ell_2, \ell_3], où ℓ1,ℓ2,ℓ3\ell_1, \ell_2, \ell_3 sont des éléments de L, deux à deux distincts, on a

q(r3(k))=q([ℓ1,ℓ2])q([ℓ2,ℓ3])q([ℓ1,ℓ3])−1=e q(\mathsf{r}_3(k)) =q([\ell_1, \ell_2])q([\ell_2, \ell_3])q([\ell_1, \ell_3])^{-1}=e

Soit i∈Ii\in I et posons j=ΔCij= \Delta_{C_i}. Les homomorphismes de groupes φj\varphi_j et ψj\psi_j, de π1(C×AC,b(j))=π1(Ci,a(i))\pi_1(C\times_AC,\mathsf{b}(j)) =\pi_1(C_i,\mathsf{a}(i)) dans π1(C,a(i))\pi_1(C,\mathsf{a}(i)) définis par les relations (1) de IV, p. 407, sont égaux respectivement à (p1)∗(p_1)_* et à (p2)∗(p_2)_*. On a alors, pour v∈π1(Ci,a(i)),r2(j,v)=vjv−1j−1v\in \pi_1(C_i,\mathsf{a}(i)),\mathsf{r}_2(j, v) =vjv^{-1}j^{-1}, d’où q(r2(j,v))=eq(\mathsf{r}_2(j, v)) =e.

Soit enfin j=[ℓ,ℓ′]j= [\ell , \ell '], où ℓ\ell et ℓ′\ell ' sont des éléments de L, distincts. L’homomorphisme de groupes φj:π1(Bℓ×ABℓ′,b(j))→π1(Cη(ℓ),bτ(ℓ))\varphi_j:\pi_1(B_{\ell}\times_AB_{\ell'},\mathsf{b}(j))\rightarrow \pi_1(C_{\eta(\ell)}, b_{\tau(\ell)}) défini loc. cit. est l’homomorphisme ϑℓ\vartheta_{\ell}, et l’homomorphisme ψj\psi_j est l’homomorphisme ϑℓ′\vartheta_{\ell'}. On a alors, pour v∈π1(Bℓ×ABℓ′,b(j))v\in \pi_1(B_{\ell}\times_AB_{\ell'},\mathsf{b}(j))

q(r2(j,v))=ϑℓ(v)q′(ℓ)−1q′(ℓ′)ϑℓ′(v)−1q′(ℓ′)−1q′(ℓ) q(\mathsf{r}_2(j, v)) =\vartheta_{\ell}(v)q'(\ell )^{-1}q'(\ell ')\vartheta_{\ell'}(v)^{-1}q'(\ell ')^{-1}q'(\ell )

Distinguons quatre cas. Si ℓ\ell et ℓ′\ell ' appartiennent tous deux à T, on a

q(r2(j,v))=(ϑℓ0(v)ϑℓ(v)−1)−1(ϑℓ0(v)ϑℓ′(v)−1) q(\mathsf{r}_2(j, v)) =(\vartheta_{\ell_0}(v)\vartheta_{\ell}(v)^{-1})^{-1}(\vartheta_{\ell_0}(v)\vartheta_{\ell'}(v)^{-1})

Lorsque ℓ′=ℓ0\ell '=\ell_0, on obtient l’inverse de l’élément ϑℓ0(v)ϑℓ(v)−1\vartheta_{\ell_0}(v)\vartheta_{\ell}(v)^{-1}. Si ℓ∈T\ell \in T mais ℓ′∉T\ell '\notin T, on a

q(r2(j,v))=ϑℓ(v)ℓ′ϑℓ′(v)−1(ℓ′)−1 q(\mathsf{r}_2(j, v)) =\vartheta_{\ell}(v)\ell '\vartheta_{\ell'}(v)^{-1}(\ell ')^{-1}
=(ϑℓ0(v)ϑℓ(v)−1)−1ϑℓ0(v)ℓ′ϑℓ′(v)−1(ℓ′)−1 =(\vartheta_{\ell_0}(v)\vartheta_{\ell}(v)^{-1})^{-1}\vartheta_{\ell_0}(v)\ell '\vartheta_{\ell'}(v)^{-1}(\ell ')^{-1}

De même, si ℓ∉T\ell \notin T et ℓ′∈T\ell '\in T, on a

q(r2(j,v))=ϑℓ(v)ℓ−1ϑℓ′(v)−1ℓ q(\mathsf{r}_2(j, v)) =\vartheta_{\ell}(v)\ell^{-1}\vartheta_{\ell'}(v)^{-1}\ell
=ℓ−1(ϑℓ0(v)ℓϑℓ(v)−1ℓ−1)−1(ϑℓ0(v)ϑℓ′(v)−1)ℓ =\ell^{-1}(\vartheta_{\ell_0}(v)\ell \vartheta_{\ell}(v)^{-1}\ell^{-1})^{-1}(\vartheta_{\ell_0}(v)\vartheta_{\ell'}(v)^{-1})\ell

En prenant ℓ′=ℓ0\ell '=\ell_0, on obtient un élément conjugué à l’inverse de ϑℓ0(v)ℓϑℓ(v)−1ℓ−1\vartheta_{\ell_0}(v)\ell \vartheta_{\ell}(v)^{-1}\ell^{-1}. Enfin, si ni ℓ\ell ni ℓ′\ell ' n’appartiennent à T, on a

q(r2(j,v))=(ϑℓ(v)ℓ−1ϑℓ0(v)−1ℓ)ℓ−1(ϑℓ0(v)ℓ′ϑℓ′(v)−1(ℓ′)−1)ℓ q(\mathsf{r}_2(j, v)) =(\vartheta_{\ell}(v)\ell^{-1}\vartheta_{\ell_0}(v)^{-1}\ell )\ell^{-1}(\vartheta_{\ell_0}(v)\ell '\vartheta_{\ell'}(v)^{-1}(\ell ')^{-1})\ell

Ces relations démontrent, d’une part, que les éléments annoncés dans la proposition appartiennent au noyau de l’homomorphisme Q\mathsf{Q}, et, d’autre part, que ces éléments q(r2(j,v))q(\mathsf{r}_2(j, v)) appartiennent tous au plus petit sous-groupe distingué contenant les éléments annoncés par l’énoncé. La proposition en résulte.

Remarque 023U

Soit A un espace topologique, soit B une partie fermée de A et soit U un voisinage ouvert de B dans A. On suppose que l’ensemble U-B est la réunion d’une famille finie (Mℓ)ℓ∈L(M_{\ell})_{\ell\in L} d’ensembles ouverts deux à deux disjoints. Pour tout ℓ∈L\ell \in L, on pose Nℓ′=Mℓ∪BN'_{\ell}= M_{\ell}\cup B. Notons C′C' l’espace topologique somme des espaces A-B et Nℓ′N'_{\ell}, pour ℓ∈L\ell \in L ; on note aussi φ:A−B→C′\varphi : A-B\rightarrow C' et φℓ:Nℓ′→C′\varphi_{\ell}: N'_{\ell}\rightarrow C', pour ℓ∈L\ell \in L, les injections canoniques. Soit C l’espace topologique quotient de C′C' par la relation d’équivalence S la plus fine pour laquelle les points φ(x)\varphi (x) et φℓ(x)\varphi_{\ell}(x) sont équivalents, pour tout ℓ∈L\ell \in L et tout x∈Mℓx\in M_{\ell}; soit ρ:C′→C\rho : C'\rightarrow C l’application canonique.

Démontrons que l’on retrouve l’espace A à partir de l’espace C par identification des ensembles BℓB_{\ell} au moyen des homéomorphismes ρ∘\rho \circ (φℓ∣B):B→Bℓ(\varphi_{\ell}|B): B\rightarrow B_{\ell}.

Pour tout ℓ∈L\ell \in L, l’ensemble MℓM_{\ell} est ouvert dans A-B et dans Nℓ′N'_{\ell}. Les applications ρ∘φ\rho \circ \varphi et ρ∘φℓ\rho \circ \varphi_{\ell} sont des des homéomorphismes des espaces A-B et Nℓ′N'_{\ell}, pour ℓ∈L\ell \in L, sur des parties ouvertes de C (TG, I, p. 17, prop. 9). Pour tout ℓ∈L\ell \in L, l’ensemble φℓ(B)\varphi_{\ell}(B) est fermé dans C′C' et saturé pour la relation d’équivalence S. Par suite, l’ensemble Bℓ=ρ(φℓ(B))B_{\ell}=\rho (\varphi_{\ell}(B)) est fermé dans C et l’application ρ∘φℓ\rho \circ \varphi_{\ell} induit un homéomorphisme de B sur Bℓ(B_{\ell}(loc. cit.). De même, pour tout ℓ∈L\ell \in L, l’ensemble Nℓ=ρ(φℓ(Nℓ′))N_{\ell}=\rho (\varphi_{\ell}(N'_{\ell})) est un voisinage ouvert de BℓB_{\ell}; les ensembles NℓN_{\ell} sont mutuellement disjoints.

Par passage au quotient, l’application f′:C′→Af': C'\rightarrow A déduite des injections canoniques dans A des espaces A-B et NℓN_{\ell}, pour ℓ∈L\ell \in L, induit une

application continue f:C→Af: C\rightarrow A. Si xx est un point de B, la fibre f−1(x)\overset{-1}{f}(x) est l’ensemble des points ρ(φℓ(x))\rho (\varphi_{\ell}(x)), pour ℓ∈L\ell \in L. La relation d’équivalence sur C associée à l’application ff est la relation R définie au début du numéro. Notons BLB_L la réunion de la famille (Bℓ)ℓ∈L(B_{\ell})_{\ell\in L}. Par construction, l’application ff induit un homéomorphisme de C−BLC-B_L sur A-B et, pour ℓ∈L\ell \in L, un homéomorphisme de Nℓ′N'_{\ell} sur NℓN_{\ell}. Nous allons démontrer que l’application ff est fermée ; la topologie de A sera donc la topologie quotient de C par la relation d’équivalence R (I, p. 18, exemple 2). Pour cela, démontrons que si F est une partie de A telle que F∩(A−B)F\cap (A-B) soit fermé dans A-B et telle que F∩Nℓ′F\cap N'_{\ell} soit fermé dans Nℓ′N'_{\ell}, pour ℓ∈L\ell \in L, l’ensemble F est fermé dans A. L’ensemble U, réunion de la famille (Nℓ′)ℓ∈L(N'_{\ell})_{\ell\in L} est ouvert dans A et les ensembles Nℓ′N'_{\ell}, pour ℓ∈L\ell \in L, en constituent un recouvrement fermé fini. Par suite, l’ensemble F∩UF\cap U est fermé dans U (TG, I, p. 18, prop. 3). Les ensembles U et A-B forment un recouvrement ouvert de A, l’ensemble F est donc fermé dans A (loc. cit.).

Exercices

See the exercises for § 5.

Transcribed from the printed volume. Not translated.