Bourbaki

§ 7. Limites

1. Limite d’un filtre

Définition 1

Soient XX un espace topologique, F\mathfrak{F} un filtre sur XX. On dit qu’un point x∈Xx \in X est point limite (ou simplement limite) de F\mathfrak{F}, si F\mathfrak{F} est plus fin que le filtre V(x)\mathfrak{V}(x) des voisinages de xx; on dit aussi alors que F\mathfrak{F} converge (ou est convergent) vers xx. On dit que xx est limite d’une base de filtre B\mathfrak{B} sur XX (ou que B\mathfrak{B} converge vers xx) si le filtre de base B\mathfrak{B} converge vers xx.

Cette définition et la prop. 4 de I, p. 38, donnent le critère suivant:

Proposition 1

Pour qu’une base de filtre B\mathfrak{B} sur un espace topologique XX converge vers x∈Xx \in X, il faut et il suffit que tout ensemble d’un système fondamental de voisinages de xx contienne un ensemble de B\mathfrak{B}.

En accord avec la terminologie introduite dans I, p. 3, on peut énoncer la prop. 1 de la façon suivante: pour que B\mathfrak{B} converge vers xx, il faut et il suffit qu’il existe des ensembles des B\mathfrak{B} aussi voisins qu’on veut de xx.

Si un filtre F\mathfrak{F} converge vers xx, tout filtre plus fin que F\mathfrak{F} converge aussi vers xx, en vertu de la déf. 1. De même, si on remplace la topologie de XX par une topologie moins fine, le filtre des voisinages de xx est remplacé par un filtre moins fin (I, p. 11, prop. 3), donc F\mathfrak{F} converge encore vers xx pour cette nouvelle topologie.

De façon imagée, on peut donc dire que, plus une topologie est fine, moins il y a de filtres convergents pour cette topologie. En particulier, pour la topologie discrète, les seuls filtres convergents sont les filtres de voisinages, car ces derniers sont les ultrafiltres triviaux sur XX (I, p. 40).

Soit Φ\Phi un ensemble de filtres sur XX, qui convergent tous vers un même point xx; le filtre des voisinages V(x)\mathfrak{V}(x) est moins fin que tous les filtres de Φ\Phi, donc aussi moins fin que le filtre intersection J\mathfrak{J} des filtres de Φ\Phi; autrement dit, J\mathfrak{J} converge aussi vers xx.

LIMITES

Proposition 2

Pour qu’un filtre F\mathfrak{F} sur un espace topologique XX converge vers un point xx, il faut et il suffit que tout ultrafiltre plus fin que F\mathfrak{F} converge vers xx.

Cela résulte aussitôt de ce qui précède et de la prop. 7 de I, p. 39.

On notera qu’en général un filtre peut avoir plusieurs points limites distincts ; nous reviendrons sur cette question dans I, p. 52.

2. Point adhérent à une base de filtre

Définition 2

Dans un espace topologique XX, on dit qu’un point xx est adhérent à une base de filtre B\mathfrak{B} sur XX, s’il est adhérent à tous les ensembles de B\mathfrak{B}.

Si xx est adhérent à une base de filtre B\mathfrak{B}, il est aussi adhérent à toute base de filtre équivalente à B\mathfrak{B} en vertu de I, p. 38, corollaire, et en particulier au filtre de base B\mathfrak{B}.

Proposition 3

Pour qu’un point xx soit adhérent à une base de filtre B\mathfrak{B}, il faut et il suffit que tout ensemble d’un système fondamental de voisinages de xx rencontre chacun des ensembles de B\mathfrak{B}.

Cela résulte immédiatement des définitions.

Cette proposition et le cor. 1 de I, p. 37 montrent que la propriété « xx est adhérent au filtre F\mathfrak{F} » est équivalente à la propriété « il existe un filtre plus fin que F\mathfrak{F} et que le filtre des voisinages de xx ». Autrement dit : PROPOSITION 4. — Pour qu’un point xx soit adhérent à un filtre F\mathfrak{F}, il faut et il suffit qu’il existe un filtre plus fin que F\mathfrak{F} et qui converge vers xx.

En particulier, tout point limite d’un filtre F\mathfrak{F} est un point adhérent à F\mathfrak{F}.

Corollaire

Pour qu’un ultrafiltre U\mathfrak{U} soit convergent vers un point xx, il faut et il suffit que xx soit adhérent à U\mathfrak{U}.

Si xx est adhérent à un filtre F\mathfrak{F}, il est aussi adhérent à tout filtre moins fin que F\mathfrak{F}; de même, si on remplace la topologie de XX par une topologie moins fine, xx reste adhérent à F\mathfrak{F} pour cette topologie.

L’ensemble des points adhérents à une base de filtre B\mathfrak{B} sur XX est par définition l’ensemble ⋂M∈BM‾\bigcap_{M \in \mathfrak{B}} \overline{M}; d’où :

Proposition 5

L’ensemble des points adhérents à une base de filtre sur un espace topologique XX est fermé dans XX.

Proposition 6

Soit B\mathfrak{B} une base de filtre sur une partie AA d’un espace topologique XX. Tout point adhérent à B\mathfrak{B} dans XX appartient à A‾\overline{A}. Inversement, tout point de A‾\overline{A} est limite dans XX d’un filtre sur AA.

La première assertion est évidente. D’autre part, si x∈A‾x \in \overline{A}, la trace sur AA du filtre des voisinages de xx dans XX est un filtre sur AA qui converge évidemment vers xx.

Remarque

Un filtre sur un espace topologique n’a pas nécessairement de point adhérent (ni a fortiori de point limite) : par exemple, sur un espace discret infini, le filtre des complémentaires des parties finies n’a pas de point adhérent. Les espaces dans lesquels tout filtre admet un point adhérent jouent un rôle très important en Mathématique ; nous les étudierons au § 9.

3. Valeur limite et valeur d’adhérence d’une fonction

Définition 3

Soit ff une application d’un ensemble XX dans un espace topologique YY, et soit F\mathfrak{F} un filtre sur XX; on dit qu’un point y∈Yy \in Y est valeur limite (ou simplement limite) de ff suivant le filtre F\mathfrak{F} si la base de filtre f(F)f(\mathfrak{F}) converge vers yy. On dit que yy est valeur d’adhérence de ff suivant le filtre F\mathfrak{F} si yy est un point adhérent à la base de filtre f(F)f(\mathfrak{F}).

La relation « yy est limite de ff suivant le filtre F\mathfrak{F} » s’écrit aussi lim⁡Ff=y\lim_{\mathfrak{F}} f = y, ou lim⁡x,Ff(x)=y\lim_{x, \mathfrak{F}} f(x) = y, ou même lim⁡xf(x)=y\lim_x f(x) = y lorsqu’aucune confusion n’en résulte.

De la déf. 3 et des prop. 1 (I, p. 46) et 3 (I, p. 47) on déduit les critères suivants :

Proposition 7

Pour que y∈Yy \in Y soit limite de ff suivant le filtre F\mathfrak{F}, il faut et il suffit que, pour tout voisinage VV de yy dans YY, il existe un ensemble M∈FM \in \mathfrak{F} tel que f(M)⊂Vf(M) \subset V (ou encore, que f−1(V)∈F\overset{-1}{f}(V) \in \mathfrak{F} pour tout voisinage VV de yy).

Pour que yy soit valeur d’adhérence de ff suivant F\mathfrak{F}, il faut et il suffit que pour tout voisinage VV de yy et tout ensemble M∈FM \in \mathfrak{F}, il existe x∈Mx \in M tel que f(x)∈Vf(x) \in V.

Exemple 1

Une suite de points (xn)n∈N(x_n)_{n \in \mathbf{N}} d’un espace topologique X est une application n↦xnn \mapsto x_n de N\mathbf{N} dans X. On a souvent à considérer, en Analyse, la notion de valeur limite ou de valeur d’adhérence d’une telle application suivant le filtre de Fréchet (I, p. 36) sur N\mathbf{N}; si y est limite de n↦xnn \mapsto x_n suivant le filtre de Fréchet, on dit que y est limite de la suite (xn)(x_n) lorsque n croît indéfiniment (ou que xnx_n tend vers y lorsque n croît indéfiniment) et l’on écrit lim⁡n→∞xn=y\lim_{n \to \infty} x_n = y. On appelle de même valeur d’adhérence de la suite (xn)(x_n) toute valeur d’adhérence de l’application n↦xnn \mapsto x_n suivant le filtre de Fréchet.

On peut encore dire que y∈Xy \in X est valeur limite (resp. valeur d’adhérence) d’une suite (xn)(x_n) de points de X s’il est point limite du filtre élémentaire associé à (xn)(x_n) (I, p. 42) (resp. point adhérent à ce filtre).

Pour que y soit limite d’une suite (xn)(x_n) dans X, il faut et il suffit que, pour tout voisinage V de y dans X, tous les termes de la suite (xn)(x_n) à l’exception d’un nombre fini appartiennent à V, autrement dit qu’il existe un entier n0n_0 tel que xn∈Vx_n \in V pour n≥n0n \geq n_0. De même pour que y soit valeur d’adhérence de la suite (xn)(x_n), il faut et il suffit que pour tout voisinage V de y et tout entier n0n_0, il existe un entier n≥n0n \geq n_0 tel que xn∈Vx_n \in V.

Il importe de distinguer soigneusement la notion de valeur d’adhérence d’une suite de celle de point adhérent à l’ensemble des points de la suite ; toute valeur d’adhérence est un point adhérent à l’ensemble des points de la suite, mais la réciproque est inexacte.

Exemple 2

Plus généralement, soit ff une application d’un ensemble filtrant AA dans un espace topologique XX. Si x∈Xx \in X est valeur limite (resp. valeur d’adhérence) de ff suivant le filtre des sections de AA (I, p. 38), on dit que xx est limite (resp. valeur d’adhérence) de ff suivant l’ensemble filtrant AA, et on écrit x=lim⁡z∈Af(z)x = \lim_{z \in A} f(z).

Si yy est valeur limite (resp. valeur d’adhérence) d’une application f:X→Yf : X \to Y suivant un filtre F\mathfrak{F} sur XX, yy reste valeur limite (resp. valeur d’adhérence) de ff suivant F\mathfrak{F} quand on remplace la topologie de YY par une topologie moins fine.

De même, si yy est limite (resp. valeur d’adhérence) de ff suivant le filtre F\mathfrak{F}, yy est encore limite (resp. valeur d’adhérence) de ff suivant tout filtre plus fin (resp. moins fin) que F\mathfrak{F}.

Proposition 8

Soit ff une application d’un ensemble XX dans un espace topologique YY; pour que y∈Yy \in Y soit valeur d’adhérence de ff suivant F\mathfrak{F}, il faut et il suffit qu’il existe sur XX un filtre G\mathfrak{G} plus fin que F\mathfrak{F} et tel que yy soit limite de ff suivant G\mathfrak{G}.

En effet, si yy est valeur d’adhérence de ff suivant F\mathfrak{F}, et si V\mathfrak{V} est le filtre des voisinages de yy, f−1(V)f^{-1}(\mathfrak{V}) est une base de filtre sur XX puisque tout ensemble de f−1(V)f^{-1}(\mathfrak{V}) rencontre tout ensemble de F\mathfrak{F} (I, p. 41). Cette remarque montre en outre qu’il existe sur XX un filtre G\mathfrak{G} plus fin que F\mathfrak{F} et que le filtre de base f−1(V)f^{-1}(\mathfrak{V}) (I, p. 37, cor. 1), donc yy est valeur limite de ff suivant G\mathfrak{G}.

Notons enfin que si ff est une application d’un ensemble XX dans un espace topologique YY, l’ensemble des valeurs d’adhérence de ff suivant un filtre F\mathfrak{F} sur XX est fermé dans YY (I, p. 47, prop. 5) (et éventuellement vide).

Remarque

Si y∈Yy \in Y est limite (resp. valeur d’adhérence) d’une application f:X→Yf : X \to Y suivant un filtre F\mathfrak{F} sur XX, yy est aussi limite (resp. valeur d’adhérence) de toute fonction g:X→Yg : X \to Y ayant même germe suivant F\mathfrak{F} (I, p. 44); on dit aussi que yy est limite (resp. valeur d’adhérence) du germe f~\tilde{f} de ff suivant F\mathfrak{F}.

4. Limites et continuité

Soient X,YX, Y deux espaces topologiques, ff une application de XX dans YY, V\mathfrak{V} le filtre des voisinages dans XX d’un point a∈Xa \in X. Au lieu de dire que y∈Yy \in Y est limite de ff suivant le filtre V\mathfrak{V} et d’écrire y=lim⁡Vfy = \lim_{\mathfrak{V}} f, on utilise la notation particulière

y=lim⁡x→af(x) y = \lim_{x \to a} f(x)

et on dit que yy est limite de ff au point aa ou que f(x)f(x) tend vers yy lorsque xx tend vers aa. De même, au lieu de dire que yy est valeur d’adhérence de ff suivant V\mathfrak{V}, on dit que yy est valeur d’adhérence de ff au point aa.

Compte tenu de la définition de la continuité (I, p. 8, déf. 1), la prop. 7 de I, p. 48 montre que: Proposition 9. — Pour qu’une application f d’un espace topologique X dans un espace topologique Y soit continue en un point a ∈ X, il faut et il suffit que lim⁡x→af(x)=f(a)\lim_{x \to a} f(x) = f(a).

Corollaire 1

Soient X, Y deux espaces topologiques, f une application de X dans Y. Supposons f continue en un point a ∈ X; alors, pour toute base de filtre B sur X qui converge vers a, la base de filtre f(B) converge vers f(a). Inversement, si, pour tout ultrafiltre U sur X qui converge vers a, la base d’ultrafiltre f(U) converge vers f(a), f est continue au point a.

La première assertion est une conséquence immédiate de la prop. 9. Pour démontrer la seconde, supposons que f ne soit pas continue au point a; il existe alors un voisinage W de f(a) dans Y tel que f−1(W)f^{-1}(W) n’appartienne pas au filtre V\mathfrak{V} des voisinages de a dans X. Alors (I, p. 39, prop. 7) il existe un ultrafiltre U plus fin que V\mathfrak{V} et ne contenant pas f−1(W)f^{-1}(W), donc contenant son complémentaire A=X−f−1(W)A = X - f^{-1}(W) (I, p. 39, prop. 5); comme f(A)∩W=∅,f(U)f(A) \cap W = \varnothing, f(U) ne converge pas vers f(a)f(a).

Corollaire 2

Soit g une application d’un ensemble Z dans un espace topologique X, admettant une limite a suivant un filtre F\mathfrak{F} sur Z; si l’application f : X → Y est continue au point a, la fonction composée f ∘ g admet la limite f(a) suivant le filtre F\mathfrak{F}.

5. Limites relativement à un sous-espace

Soient X, Y deux espaces topologiques, A une partie de X, a un point de X adhérent à A (mais n’appartenant pas nécessairement à A). Soit F\mathfrak{F} la trace sur A du filtre des voisinages de a dans X. Si f est une application de A dans Y, au lieu de dire que y∈Yy \in Y est limite de f suivant F\mathfrak{F} et d’écrire y=lim⁡Ffy = \lim_{\mathfrak{F}} f, on écrit

y=lim⁡x→a,x∈Af(x) y = \lim_{x \to a, x \in A} f(x)

et on dit que y est limite de f au point a, relativement au sous-espace A, ou que f(x)f(x) tend vers y lorsque x tend vers a en restant dans A. On remarquera que l’on a alors y∈f(A)‾y \in \overline{f(A)}.

Lorsque A=C{a}A = \mathbf{C}\{a\}, où a est un point non isolé de X, au lieu d’écrire y=lim⁡x→a,x∈Af(x)y = \lim_{x \to a, x \in A} f(x), on écrit aussi y=lim⁡x→a,x≠af(x)y = \lim_{x \to a, x \neq a} f(x).

On a des définitions analogues pour les valeurs d’adhérence.

Si f est la restriction à A d’une application g : X → Y, on dit que g a une limite (resp. valeur d’adhérence) y, relativement à A, en un point a∈A‾a \in \overline{A}, si y est limite (resp. valeur d’adhérence) de f au point a, relativement à A.

Soient B une partie de A, a∈Xa \in X un point adhérent à B; si y est limite au point a, relativement à A, d’une application f:A→Yf : A \to Y, y est aussi limite de f au point a, relativement à B; la réciproque est inexacte. Mais si V est un voisinage dans X d’un point a∈A‾a \in \overline{A}, et si ff a une limite yy au point aa, relativement à V∩AV \cap A, yy est encore limite de ff au point aa, relativement à AA.

Soit aa un point de XX non isolé, donc adhérent à C{a}C\{a\}. Pour qu’une application f:X→Yf : X \to Y soit continue au point aa, il faut et il suffit que l’on ait f(a)=lim⁡x→a,x≠af(x)f(a) = \lim_{x \to a, x \neq a} f(x), comme il résulte aussitôt des définitions.

6. Limites dans les espaces produits et les espaces quotients

Proposition 10

Soient XX un ensemble, (Yi)i∈I(Y_i)_{i \in I} une famille d’espaces topologiques, et pour chaque i∈Ii \in I, soit fif_i une application de XX dans YiY_i. On munit XX de la topologie T\mathscr{T} la moins fine rendant continues les fif_i. Pour qu’un filtre F\mathfrak{F} sur XX converge vers a∈Xa \in X, il faut et il suffit que pour tout i∈Ii \in I, la base de filtre fi(F)f_i(\mathfrak{F}) converge vers fi(a)f_i(a) dans YiY_i.

La condition est nécessaire puisque les fif_i sont continues (I, p. 50, cor. 1). Inversement, supposons-la vérifiée, et soit VV un voisinage ouvert de aa dans XX. Par définition de T\mathscr{T} (I, p. 12, prop. 4), il existe une partie finie JJ de II et, pour chaque i∈Ji \in J, une partie ouverte UiU_i de YiY_i, telle que fi(a)∈Uif_i(a) \in U_i pour i∈Ji \in J et que VV contienne l’ensemble ⋂i∈Jfi−1(Ui)\bigcap_{i \in J} f_i^{-1}(U_i). L’hypothèse entraîne que fi−1(Ui)∈Ff_i^{-1}(U_i) \in \mathfrak{F} (I, p. 48, prop. 7); comme JJ est fini, M=⋂i∈Jfi−1(Ui)M = \bigcap_{i \in J} f_i^{-1}(U_i) appartient à F\mathfrak{F}, et on a M⊂VM \subset V, ce qui achève la démonstration.

Corollaire 1

Pour qu’un filtre F\mathfrak{F} sur un espace produit X=∏i∈IXiX = \prod_{i \in I} X_i converge vers un point xx, il faut et il suffit que, pour tout i∈Ii \in I, la base de filtre pr⁡i(F)\operatorname{pr}_i(\mathfrak{F}) converge vers pr⁡ix\operatorname{pr}_i x.

Corollaire 2

Soit f=(fi)f = (f_i) une application d’un ensemble XX dans un espace produit Y=∏i∈IYiY = \prod_{i \in I} Y_i. Pour que ff ait une limite y=(yi)y = (y_i) suivant un filtre F\mathfrak{F} sur XX, il faut et il suffit que, pour tout i∈Ii \in I, fif_i ait pour limite yiy_i suivant F\mathfrak{F}.

Proposition 11

Soient RR une relation d’équivalence ouverte dans un espace topologique XX, φ\varphi l’application canonique X→X/RX \to X/R. Pour tout x∈Xx \in X et toute base de filtre B′\mathfrak{B}' sur X/RX/R qui converge vers φ(x)\varphi(x), il existe une base de filtre B\mathfrak{B} sur XX qui converge vers xx et est telle que φ(B)\varphi(\mathfrak{B}) soit équivalente à B′\mathfrak{B}'.

En effet, pour tout voisinage UU de xx dans XX, φ(U)\varphi(U) est un voisinage de φ(x)\varphi(x) dans X/RX/R (I, p. 33, prop. 5), donc il existe un ensemble M′∈B′M' \in \mathfrak{B}' tel que M′⊂φ(U)M' \subset \varphi(U); si on pose M=U∩φ−1(M′)M = U \cap \varphi^{-1}(M'), on a M′=φ(M)M' = \varphi(M). Cela montre que lorsque M′M' parcourt B′\mathfrak{B}' et UU le filtre des voisinages de xx, les ensembles U∩φ−1(M′)U \cap \varphi^{-1}(M') forment une base de filtre B\mathfrak{B} sur XX, qui converge évidemment vers xx et est telle que φ(B)\varphi(\mathfrak{B}) soit équivalente à B′\mathfrak{B}'.

Exercices

See the exercises for § 7.

Transcribed from the printed volume. Not translated.