Bourbaki

§ 8. Espaces séparés et espaces réguliers

1. Espaces séparés

(H) Quels que soient les points distincts x, y de X, il existe un voisinage de x et un voisinage de y sans point commun.

(Hi) L’intersection des voisinages fermés d’un point quelconque de X est l’ensemble réduit à ce point.

(Hii) La diagonale Δ de l’espace produit X × X est un ensemble fermé.

(Hiii) Pour tout ensemble I, la diagonale Δ de l’espace produit Y = XI est fermée dans Y.

(Hiv) Un filtre sur X ne peut avoir plus d’un point limite.

(Hv) Si un filtre F sur X admet un point limite x, x est le seul point adhérent à F.

Nous démontrerons les implications

H⇒Hi⇒Hv⇒Hiv⇒H H \Rightarrow Hi \Rightarrow Hv \Rightarrow Hiv \Rightarrow H

et

H⇒Hiii⇒Hii⇒H. H \Rightarrow Hiii \Rightarrow Hii \Rightarrow H.

(H) ⇒ (Hi): En effet, si x ≠ y, il y a alors un voisinage ouvert U de x et un voisinage ouvert V de y tels que U ∩ V = ∅ ; par suite y ∉ \overline{U}.

(Hi) ⇒ (Hv): Soit y ≠ x ; il y a un voisinage fermé V de x tel que y ∉ V, et par hypothèse il existe M ∈ F tel que M ⊂ V ; on en conclut que M ∩ CV = ∅ , et comme CV est un voisinage de y, y n’est pas adhérent à F.

(Hv) ⇒ (Hiv): C’est immédiat, puisque tout point limite d’un filtre est adhérent à ce filtre.

(Hiv) ⇒ (H): Si tout voisinage V de x et tout voisinage W de y se rencontrent, les ensembles V ∩ W forment une base de filtre, qui admet à la fois x et y comme points limites dans X. D’où la conclusion.

(H) ⇒ (Hiii): Soit x = (x_i) un point de XI n’appartenant pas à Δ. Il y a donc au moins deux indices λ, μ tels que x_λ ≠ x_μ. Soit V_λ (resp. V_μ) un voisinage de x_λ (resp. x_μ) dans X, tels que V_λ ∩ V_μ = ∅ ; alors l’ensemble

W=Vλ×Vμ×∏i≠λ,μXi W = V_\lambda \times V_\mu \times \prod_{i \neq \lambda, \mu} X_i

(avec X_i = X pour i ≠ λ, μ) est un voisinage de x dans XI (I, p. 24) ne rencontrant pas Δ, ce qui prouve que Δ est fermé dans XI.

(Hiii) ⇒ (Hii): C’est évident.

(Hii) ⇒ (H): Si x ≠ y, le point (x, y) ∈ X × X n’appartient pas à la diagonale Δ, donc (I, p. 24) il existe un voisinage V de x et un voisinage W de y tels que (V × W) ∩ Δ = ∅ , ce qui signifie que V ∩ W = ∅ .

Définition 1

On dit qu’un espace topologique X qui vérifie les conditions de la prop. 1 est un espace séparé (ou un espace de Hausdorff); la topologie d’un tel espace est dite séparée (ou de Hausdorff).

Cite 1

Cite Proposition 1

L’axiome (H) est appelé axiome de Hausdorff.

Exemple

Tout espace discret est séparé. La droite rationnelle Q\mathbf{Q} est séparée, car si x,yx, y sont deux nombres rationnels tels que x<yx < y, et zz un nombre rationnel tel que x<z<yx < z < y, les voisinages respectifs ]←,z[]\leftarrow, z[ et ]z,→[]z, \rightarrow[ de xx et yy ne se rencontrent pas. Un ensemble XX ayant au moins deux points et muni de la topologie la moins fine (I, p. 11) n’est pas un espace séparé.

Soit f:X→Yf : X \to Y une application d’un ensemble XX dans un espace séparé YY; il résulte aussitôt de la prop. 1 que ff ne peut avoir qu’une seule limite suivant un filtre F\mathfrak{F} sur XX, et que si ff a une limite yy suivant F\mathfrak{F}, yy est la seule valeur d’adhérence de ff suivant F\mathfrak{F}.

Cite 2

Cite I § 2. Fonctions continues, Proposition 1

Proposition 2

Soient f,gf, g deux applications continues d’un espace topologique XX dans un espace séparé YY; alors l’ensemble des x∈Xx \in X tels que f(x)=g(x)f(x) = g(x) est fermé dans XX. En effet, cet ensemble est l’image réciproque de la diagonale de Y×YY \times Y par l’application x↦(f(x),g(x))x \mapsto (f(x), g(x)) de XX dans Y×YY \times Y, qui est continue (I, p. 25, prop. 1); la conclusion résulte donc de (Hii) et de I, p. 9, th. 1.

Cite 2 · Cité par 16

Cite Théorème 1, I § 2, Proposition 1, I § 4

Cité par Proposition 5, I § 10, Proposition 8, I § 11, Proposition 10, Corollaire 2, Théorème 1, Théorème 3, II § 3, Proposition 2, III § 2, Proposition 3, III § 2, Proposition 6, III § 3, Remarque 2, III § 6, Proposition 9, IX § 6, V § 4. Exponentielles et logarithmes, VII § 1. Sous-groupes et groupes quotients de $\mathbf{R}^n$, Exercice 7, § 1, Proposition 7, X § 1, Proposition 4, X § 3

Corollaire 1 (Principe de prolongement des identités)

Soient f,gf, g deux applications continues d’un espace topologique XX dans un espace séparé YY. Si f(x)=g(x)f(x) = g(x) en tous les points d’une partie partout dense de XX, on a f=gf = g.

Cité par 10

Cité par Proposition 8, I § 11, Théorème 1, Corollaire, II § 3, Théorème 3, II § 3, Proposition 2, III § 2, Proposition 5, III § 3, Proposition 6, III § 3, Théorème 1, III § 6, V § 4. Exponentielles et logarithmes, Proposition 7, X § 1

En d’autres termes, une application continue de XX dans YY (séparé) est entièrement déterminée par ses valeurs aux points d’une partie partout dense de XX.

Corollaire 2

Si ff est une application continue d’un espace topologique XX dans un espace séparé YY, le graphe de ff est fermé dans X×YX \times Y. En effet, ce graphe est l’ensemble des points (x,y)∈X×Y(x, y) \in X \times Y tels que f(x)=yf(x) = y, et les deux applications (x,y)↦y(x, y) \mapsto y et (x,y)↦f(x)(x, y) \mapsto f(x) de X×YX \times Y dans YY sont continues.

Cité par 4

Cité par Proposition 5, I § 10, Proposition 7, III § 4, Proposition 9, IX § 6, Exercice 7, § 1

Proposition 3

Dans un espace séparé XX, soit (xi)1≤i≤n(x_i)_{1 \leq i \leq n} une famille finie de points distincts; il existe alors pour chaque indice ii un voisinage ViV_i de xix_i dans XX tel que les ViV_i (1≤i≤n1 \leq i \leq n) soient deux à deux disjoints. On raisonne par récurrence sur nn, la proposition n’étant autre que l’axiome (H) pour n=2n = 2. Soit donc WiW_i (1≤i≤n−11 \leq i \leq n - 1) un voisinage de xix_i tel que les WiW_i soient deux à deux disjoints. Pour 1≤i≤n−11 \leq i \leq n - 1, il existe d’autre part un voisinage TiT_i de xix_i et un voisinage UiU_i de xnx_n sans point commun. En prenant Vi=Wi∩TiV_i = W_i \cap T_i pour 1≤i≤n−11 \leq i \leq n - 1 et Vn=⋂i=1n−1UiV_n = \bigcap_{i=1}^{n-1} U_i, on répond à la question.

Corollaire

Tout espace fini séparé est discret.

Proposition 4

Dans un espace séparé, tout ensemble fini est fermé.

Cité par 1

Cité par § 8. Espaces séparés et espaces réguliers

Il suffit en effet de remarquer que tout ensemble réduit à un point est fermé en vertu de l’axiome (H^i).

Proposition 5

Si, pour tout couple de points distincts x, y d’un espace topologique X, il existe une application continue f de X dans un espace séparé X' telle que f(x) ≠ f(y), alors X est séparé.

Cité par 5

Cité par § 8. Espaces séparés et espaces réguliers, Proposition 7, Corollaire 1, Proposition 8, Remarque 1, X § 3

En effet, soient V' et W' des voisinages disjoints de f(x) et f(y) respectivement dans X'; f−1(V′)f^{-1}(V') et f−1(W′)f^{-1}(W') sont des voisinages disjoints de x et y respectivement, d’où la conclusion.

Corollaire

Toute topologie plus fine qu’une topologie séparée est séparée.

2. Sous-espaces et espaces produits d’espaces séparés

Un sous-espace A d’un espace séparé X est séparé : il suffit en effet d’appliquer la prop. 5 à l’injection canonique A → X.

Inversement :

Proposition 6

Si, dans un espace topologique X, tout point possède un voisinage fermé qui soit un sous-espace séparé de X, X est séparé.

Cite 2 · Cité par 2

Cite I § 3. Sous-espaces; espaces quotients, Exercice 7, § 8

Cité par Proposition 13, Proposition 8

En effet, soit x un point de X, et soit V un voisinage fermé de x dans X qui soit un sous-espace séparé de X. Les voisinages fermés de x relativement à V ont pour intersection {x} par hypothèse (axiome (H^i)); comme ce sont des voisinages fermés de x dans X (I, p. 18), l’intersection de tous les voisinages fermés de x dans X est a fortiori réduite à x; donc X vérifie (H^i).

On peut donner des exemples d’espaces non séparés dans lesquels tout point admet un voisinage séparé (I, p. 101, exerc. 7).

Proposition 7

Tout produit d’espaces séparés est séparé. Réciproquement, si un produit d’espaces non vides est séparé, chacun des espaces facteurs est séparé.

Cite 2 · Cité par 5

Cite Proposition 4, I § 4, Proposition 5

Cité par Corollaire 1, Corollaire 2, Proposition 8, I § 9, Théorème 3 (Tychonoff), I § 9, III § 7. Limites projectives de groupes et d’anneaux topologiques

En effet, soit X = ∏i∈IXi\prod_{i \in I} X_i un produit d’espaces topologiques ; pour deux points distincts x, y de X, il existe i tel que pr_i x ≠ pr_i y, et la prop. 5 montre que X est séparé si les X_i le sont. Inversement, si X est séparé et les X_i non vides, chacun des X_i est homéomorphe à un sous-espace de X (I, p. 26, prop. 4), donc est séparé.

Corollaire 1

Soient X un ensemble, (Yi)i∈I(Y_i)_{i \in I} une famille d’espaces topologiques séparés, et pour chaque i ∈ I, soit f_i une application de X dans Y_i. On munit X de la topologie T\mathscr{T} la moins fine rendant continues les f_i. Pour que X soit séparé, il faut et il suffit que pour tout couple (x, y) de points distincts de X, il existe i ∈ I tel que f_i(x) ≠ f_i(y).

Cite 3

Cite Proposition 3, I § 4, Proposition 5, Proposition 7

La condition est suffisante en vertu de la prop. 5 de I, p. 54. Inversement, pour prouver que la condition est nécessaire, on peut, en vertu de la prop. 7 de I, p. 54 et de la prop. 3 de I, p. 26, se ramener au cas où I est réduit à un seul élément, autrement dit au cas où T\mathscr{T} est l’image réciproque par f:X→Yf : X \to Y d’une topologie séparée. Mais si f(x)=f(y)f(x) = f(y) pour deux points distincts x,yx, y de XX, il est clair que tout ensemble ouvert (pour T\mathscr{T}) qui contient xx contient aussi yy, d’où notre assertion.

Corollaire 2

Soit (Xα,fαβ)(X_\alpha, f_{\alpha\beta}) un système projectif d’espaces topologiques. Si les XαX_\alpha sont séparés, X=lim⁡←XαX = \lim_{\leftarrow} X_\alpha est séparé et est un sous-espace fermé de ∏αXα\prod_\alpha X_\alpha.

Cite 2 · Cité par 3

Cite Proposition 2, Proposition 7

Cité par Proposition 8, I § 9, Corollaire, II § 3, III § 7. Limites projectives de groupes et d’anneaux topologiques

La première assertion résulte aussitôt de ce que XX est un sous-espace de l’espace séparé ∏αXα\prod_\alpha X_\alpha (I, p. 54, prop. 7). D’autre part, pour α≤β\alpha \leq \beta, soit FαβF_{\alpha\beta} la partie de ∏αXα\prod_\alpha X_\alpha formée des xx tels que prαx=fαβ(prβx)\mathrm{pr}_\alpha x = f_{\alpha\beta}(\mathrm{pr}_\beta x); les FαβF_{\alpha\beta} sont fermés dans ∏αXα\prod_\alpha X_\alpha (I, p. 53, prop. 2), donc aussi leur intersection XX.

Il est immédiat que tout espace somme d’espaces séparés (I, p. 15, Exemple III) est séparé.

3. Séparation d’un espace quotient

Cherchons des conditions pour qu’un espace quotient X/RX/R soit séparé (auquel cas on dit que la relation d’équivalence RR est séparée). En premier lieu, si X/RX/R est séparé, les ensembles réduits à un point dans X/RX/R sont fermés (I, p. 54, prop. 4), donc toute classe d’équivalence suivant RR est fermée dans XX. Cette condition nécessaire n’est pas suffisante; la définition des ensembles ouverts dans X/RX/R donne la condition nécessaire et suffisante suivante: pour que X/RX/R soit séparé, il faut et il suffit que deux classes d’équivalence distinctes dans XX soient respectivement contenues dans deux ensembles ouverts saturés sans point commun. Nous allons donner d’autres conditions plus maniables.

Proposition 8

Pour qu’un espace quotient X/RX/R soit séparé, il est nécessaire que le graphe CC de RR soit fermé dans X×XX \times X. Cette condition est suffisante lorsque la relation RR est ouverte.

Cite 4 · Cité par 7

Cite Théorème 1, I § 2, Proposition 10, Proposition 5, Proposition 6

Cité par Proposition 8, I § 10, Corollaire, Proposition 13, III § 2, Proposition 3, III § 4, Exercice 14, § 4, Proposition 1, VI § 3, Proposition 6, VI § 3

Soit φ:X→X/R\varphi : X \to X/R l’application canonique; CC est l’image réciproque par φ×φ:X×X→(X/R)×(X/R)\varphi \times \varphi : X \times X \to (X/R) \times (X/R) de la diagonale Δ\Delta de (X/R)×(X/R)(X/R) \times (X/R), donc la première assertion résulte de la continuité de φ×φ\varphi \times \varphi, de (Hii)(\mathrm{H}^{ii}) et de I, p. 9, th.1. Si RR est ouverte, (X/R)×(X/R)(X/R) \times (X/R) s’identifie à l’espace quotient (X×X)/(R×R)(X \times X)/(R \times R) (I, p. 34, cor. de la prop. 8), et Δ\Delta s’identifie donc à l’image canonique dans (X×X)/(R×R)(X \times X)/(R \times R) de l’ensemble CC saturé pour R×RR \times R; d’où la seconde assertion.

Lorsque RR n’est pas ouverte, on peut donner des exemples où CC est fermé et RR non séparée (I, p. 101, exerc. 10 et I, p. 105, exerc. 28).

Pour démontrer que X/RX/R est séparé, on peut aussi faire usage de la prop. 5 de I, p. 54 : M et N étant deux classes d’équivalence distinctes suivant R il suffira de connaître une application continue ff d’une partie ouverte A de X, saturée pour R et contenant M et N, dans un espace séparé X′X', de sorte que : 1° ff soit constante sur toute classe d’équivalence suivant R, contenue dans A ; 2° ff prenne des valeurs distinctes sur M et N. Comme A/RAA/R_A peut être identifié à une partie ouverte de X/RX/R (I, p. 23, cor. 1), on pourra appliquer la prop. 5 de I, p. 54 à l’application g:A/R→X′g : A/R \to X' deduite de ff par passage aux quotients, puisque cette application est continue (I, p. 21, prop. 6).

En particulier :

Proposition 9

Si ff est une application continue d’un espace topologique XX dans un espace séparé X′X', et RR la relation d’équivalence f(x)=f(y)f(x) = f(y), l’espace quotient X/RX/R est séparé.

Proposition 10

Si XX est un espace séparé, et s’il existe une section continue s de XX pour la relation RR, X/RX/R est séparé et s(X/R)s(X/R) est fermé dans XX.

Cite 1 · Cité par 1

Cite Proposition 2

Cité par Proposition 8

En effet (I, p. 22) X/RX/R est homéomorphe au sous-espace s(X/R)s(X/R) de XX, qui est séparé. En outre s(X/R)s(X/R) est l’ensemble des x∈Xx \in X tels que s(φ(x))=xs(\varphi(x)) = x, où φ:X→X/R\varphi : X \to X/R est l’application canonique ; la seconde assertion résulte donc de I, p. 53, prop. 2.

4. Espaces réguliers

Proposition 11

Dans un espace topologique XX, les propriétés suivantes sont équivalentes :

(O_{III}) *L’ensemble des voisinages fermés d’un point quelconque de XX est un système fondamental de voisinages de ce point.

(O’_{III}) Pour toute partie fermée F de XX et tout point x∉Fx \notin F, il existe un voisinage de xx et un voisinage de FF sans point commun.

(O_{III}) ⇒\Rightarrow (O’_{III}) : En effet, si F est fermé et x∉Fx \notin F, il existe un voisinage fermé V de xx contenu dans le voisinage ∁F\complement F de xx; V et ∁V\complement V sont alors des voisinages de xx et F respectivement, sans point commun.

(O’_{III}) ⇒\Rightarrow (O_{III}) : En effet, si W est un voisinage ouvert d’un point x∈Xx \in X, il existe alors un voisinage U de xx et un voisinage V de ∁W\complement W sans point commun, ce qui montre que U‾⊂W\overline{U} \subset W.

Définition 2

On dit qu’un espace topologique est régulier s’il est séparé et vérifie l’axiome (O_{III}) ; sa topologie est alors dite régulière.

Un espace discret est régulier. Nous verrons au § 9 que tout espace localement compact (en particulier la droite numérique R\mathbf{R}) est un espace régulier.

Proposition 12

Tout sous-espace d’un espace régulier est régulier.

En effet, soit A un sous-espace d’un espace régulier X. Comme X est séparé, A est séparé (I, p. 54) ; d’autre part, tout voisinage d’un point x∈Ax \in A par rapport à A est de la forme V ∩ A, où V est un voisinage de x dans X. Comme X est régulier, il existe un voisinage W de x dans X, fermé dans X et tel que W ⊂ V; W ∩ A est alors un voisinage de x dans A, fermé dans A et tel que W ∩ A ⊂ V ∩ A, d’où la proposition.

Inversement:

Proposition 13

Si, dans un espace topologique X, tout point possède un voisinage fermé qui soit un sous-espace régulier de X, X est régulier.

Cite 1 · Cité par 2

Cite Proposition 6

Cité par Corollaire 1, I § 11, Proposition 9, I § 9

En effet, X est séparé (I, p. 54, prop. 6). D’autre part, soit x un point quelconque de X et soit V un voisinage fermé de x dans X, qui soit un sous-espace régulier de X. Pour tout voisinage U de x dans X tel que U ⊂ V, U est un voisinage de x dans V, donc il existe par hypothèse un voisinage W de x dans V, fermé dans V et contenu dans U. Mais W est aussi un voisinage de x dans X puisque V est un voisinage de x dans X, et W est fermé dans X puisque V est fermé dans X.

Remarque 1

On peut donner des exemples d’espaces non séparés, dont tout point admet un voisinage régulier (I, p. 101, exerc. 7).

Cite 1

Cite Exercice 7, § 8

Remarque 2

On peut donner des exemples d’espaces séparés non réguliers (I, p. 103, exerc. 20).

Cite 1

Cite Exercice 20, § 8

Remarque 3

Une topologie plus fine qu’une topologie régulière n’est pas nécessairement régulière (I, p. 103, exerc. 20).

Cite 1

Cite Exercice 20, § 8

5. Prolongement par continuité. Double limite

Théorème 1

Soient X un espace topologique, A une partie partout dense de X, f : A → Y une application de A dans un espace régulier Y. Pour qu’il existe une application continue f~:X→Y\tilde{f} : X \to Y prolongeant f, il faut et il suffit que pour tout x∈X,f(y)x \in X, f(y) tende vers une limite dans Y lorsque y tend vers x en restant dans A. Le prolongement continu f~\tilde{f} de f à X est alors unique.

Cite 4 · Cité par 3

Cite Proposition 2, Corollaire 1 (Principe de prolongement des identités), I § 7. Limites, Exercice 19, § 8

Cité par Corollaire, II § 3. Espaces complets, VI § 3. Espaces projectifs réels

L’unicité de f~\tilde{f} résulte du principe de prolongement des identités (I, p. 53, cor. 1). La nécessité de la condition est évidente, car si f~\tilde{f} est continue dans X, on a, pour tout x∈X,f~(x)=lim⁡y→x,y∈Af~(y)=lim⁡y→x,y∈Af(y)x \in X, \tilde{f}(x) = \lim_{y \to x, y \in A} \tilde{f}(y) = \lim_{y \to x, y \in A} f(y) (I, p. 50). Inversement, supposons vérifiée la condition de l’énoncé et posons, pour tout x∈X,f~(x)=lim⁡y→x,y∈Af(y)x \in X, \tilde{f}(x) = \lim_{y \to x, y \in A} f(y), élément bien déterminé de Y, puisque Y est séparé. Il reste à prouver que f~\tilde{f} est continue en tout point x∈Xx \in X. Soit V′V' un voisinage fermé de f~(x)\tilde{f}(x) dans Y ; par hypothèse, il existe un voisinage V de x dans X, ouvert dans X et tel que f(V∩A)⊂V′f(V \cap A) \subset V'; comme V est un voisinage de chacun de ses points, pour tout z∈Vz \in V, on a f~(z)=lim⁡y→z,y∈V∩Af(y)\tilde{f}(z) = \lim_{y \to z, y \in V \cap A} f(y), ce qui entraîne f~(z)∈f(V∩A)‾⊂V′\tilde{f}(z) \in \overline{f(V \cap A)} \subset V', puisque V′V' est fermé. La conclusion résulte donc de ce que les voisinages fermés de f(x)f(x) forment un système fondamental de voisinages de f(x)f(x) dans Y.

On dit que l’application f~\tilde{f} s’obtient en prolongeant f par continuité à X.

On ne peut, dans l’énoncé du th. 1, remplacer l’hypothèse que Y est régulier par une condition moins restrictive, sans faire d’hypothèse supplémentaire sur X, A ou f (I, p. 102, exerc. 19).

Corollaire

Soit F1×F2\mathfrak{F}_1 \times \mathfrak{F}_2 le filtre produit (I, p. 42), sur un ensemble X=X1×X2X = X_1 \times X_2, d’un filtre F1\mathfrak{F}_1 sur X1X_1 et d’un filtre F2\mathfrak{F}_2 sur X2X_2. Soit ff une application de XX dans un espace régulier YY. On suppose que: a) lim⁡F1×F2f\lim_{\mathfrak{F}_1 \times \mathfrak{F}_2} f existe; b) lim⁡x2,F2f(x1,x2)=g(x1)\lim_{x_2, \mathfrak{F}_2} f(x_1, x_2) = g(x_1) existe quel que soit x1∈X1x_1 \in X_1. Dans ces conditions, lim⁡x1,F1g(x1)\lim_{x_1, \mathfrak{F}_1} g(x_1) existe et est égale à lim⁡F1×F2f\lim_{\mathfrak{F}_1 \times \mathfrak{F}_2} f.

Cite 3

Cite I § 6. Filtres, I § 7. Limites, Théorème 1

Soit X1′=X1∪{ω1}X'_1 = X_1 \cup \{\omega_1\} (resp. X2′=X2∪{ω2}X'_2 = X_2 \cup \{\omega_2\}) l’espace topologique associé au filtre F1\mathfrak{F}_1 (resp. F2\mathfrak{F}_2) (I, p. 40, Exemple). Dans l’espace produit X′=X1′×X2′X' = X'_1 \times X'_2, soit X′′X'' la réunion des sous-espaces X1×X2′X_1 \times X'_2 et {(ω1,ω2)}\{(\omega_1, \omega_2)\}; XX est évidemment un sous-espace partout dense de X′′X'', et les hypothèses signifient que f(y1,y2)f(y_1, y_2) tend vers une limite lorsque (y1,y2)(y_1, y_2) tend vers un point quelconque (x1,x2)(x_1, x_2) de X′′X'' en restant dans XX. L’existence du prolongement par continuité de ff à X′′X'' résulte donc du th. 1. Comme en outre (ω1,ω2)(\omega_1, \omega_2) est adhérent dans X′′X'' à l’ensemble (X1×{ω2})(X_1 \times \{\omega_2\}), la conclusion du corollaire en résulte aussitôt (I, p. 50).

6. Relations d’équivalence dans un espace régulier

Proposition 14

Soient XX un espace régulier, RR une relation d’équivalence fermée dans XX; alors le graphe CC de RR dans X×XX \times X est fermé.

Cité par 2

Cité par Exercice 20, § 10, Corollaire

Soit (a,b)(a, b) un point de X×XX \times X adhérent à CC, et soit VV (resp. WW) un voisinage fermé de aa (resp. un voisinage de bb) dans XX; par hypothèse, il existe (x,y)∈C∩(V×W)(x, y) \in C \cap (V \times W). Comme x∈Vx \in V, yy appartient au saturé SS de VV pour RR; donc W∩S≠∅W \cap S \neq \varnothing pour tout voisinage WW de bb, et comme SS est fermé par hypothèse, on a b∈Sb \in S. Soit alors BB le saturé de {b}\{b\} pour RR; on a V∩B≠∅V \cap B \neq \varnothing pour tout voisinage fermé VV de aa; comme par hypothèse BB est fermé et XX régulier, on a a∈Ba \in B, donc (a,b)∈C(a, b) \in C, ce qui achève la démonstration.

Corollaire

Dans un espace régulier, toute relation d’équivalence à la fois ouverte et fermée est séparée.

Cite 2

Cite Proposition 14, Proposition 8

Cela résulte de la prop. 14 et de I, p. 55, prop. 8.

Proposition 15

Soient XX un espace régulier, FF une partie fermée non vide de XX, RR la relation d’équivalence obtenue en identifiant entre eux tous les points de FF (autrement dit, la relation d’équivalence dont les classes sont FF et les ensembles {x}\{x\} pour x∈CFx \in CF). Alors l’espace quotient X/RX/R est séparé.

Cite 1 · Cité par 2

Cite Exercice 14, § 4

Cité par Corollaire 1, VI § 2, Proposition 4, X § 4

En effet, soient MM et NN deux classes d’équivalence distinctes dans XX. Si chacune d’elles se réduit à un point dans CFCF, il existe dans le sous-espace séparé CFCF deux voisinage ouverts de MM et NN respectivement sans point commun, et ces voisinages sont des voisinages de MM et NN dans XX, saturés pour RR et sans point commun. Si M=FM = F et N={b}N = \{b\} où b∉Fb \notin F, il existe par hypothèse un voisinage ouvert de bb et un voisinage ouvert de FF sans point commun, et ces voisinages sont saturés pour RR, ce qui achève la démonstration.

On notera que l’espace quotient X/R n’est pas nécessairement régulier (IX, §4, exerc. 18).

Exercices

See the exercises for § 8.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.