Bourbaki

§ 1. Génération d’une structure uniforme par une famille d’écarts. Espaces uniformisables

1. Écarts

Définition 1

Étant donné un ensemble XX, on appelle écart sur XX toute application ff de X×XX \times X dans l’intervalle [0,+∞)[0, +\infty) de la droite achevée R‾\overline{\mathbf{R}}, satisfaisant aux conditions suivantes :

(EC_I) Quel que soit x∈Xx \in X, f(x,x)=0f(x, x) = 0. (EC_{II}) Quels que soient x∈X,y∈Xx \in X, y \in X, f(x,y)=f(y,x)f(x, y) = f(y, x) (symétrie). (EC_{III}) Quels que soient x∈X,y∈X,z∈Xx \in X, y \in X, z \in X,

f(x,y)≤f(x,z)+f(z,y) f(x, y) \leq f(x, z) + f(z, y)
(inégalité du triangle).

Exemple 1

Sur l’espace numérique Rn\mathbf{R}^n, la distance euclidienne (VI, p. 7) est un écart.

Exemple 2

Étant donné un ensemble quelconque XX, la fonction ff définie sur X×XX \times X par les conditions : f(x,x)=0f(x, x) = 0 pour tout x∈Xx \in X, f(x,y)=+∞f(x, y) = +\infty si x≠yx \neq y, est un écart sur XX.

Exemple 3

Étant donnée une fonction numérique finie gg définie dans un ensemble quelconque XX, la fonction ff définie dans X×XX \times X par f(x,y)=∣g(x)−g(y)∣f(x, y) = |g(x) - g(y)| est un écart sur XX.

Exemple 4

Soit XX l’ensemble des applications continues de l’intervalle [0,1][0, 1] de R\mathbf{R} dans R\mathbf{R}. Si, pour tout couple d’éléments x,yx, y de XX, on pose f(x,y)=∫01∣x(t)−y(t)∣ dtf(x, y) = \int_0^1 |x(t) - y(t)| \, dt, ff est un écart sur XX.

Remarque 1

L’exemple 2 ci-dessus montre qu’un écart peut prendre la valeur +∞+\infty pour certains couples d’éléments de XX.

Remarque 2

Si ff est un écart sur XX, on peut en général avoir f(x,y)=0f(x, y) = 0 pour des couples (x,y)(x, y) tels que x≠yx \neq y; c’est ce que montre l’exemple 3 ci-dessus (cf. IX, p. 1).

De l’inégalité du triangle, on déduit que, si f(x,z)f(x, z) et f(y,z)f(y, z) sont finis, il en est de même de f(x,y)f(x, y); en outre, dans ce cas, on a

f(x,z)≤f(y,z)+f(x,y)etf(y,z)≤f(x,z)+f(x,y), f(x, z) \leq f(y, z) + f(x, y) \quad \text{et} \quad f(y, z) \leq f(x, z) + f(x, y),

et par suite

(1)

∣f(x,z)−f(y,z)∣≤f(x,y). |f(x, z) - f(y, z)| \leq f(x, y).

Si ff est un écart sur XX, il en est de même de λf\lambda f, quel que soit le nombre fini λ>1\lambda > 1. Si (fi)i∈I(f_i)_{i \in I} est une famille quelconque d’écarts sur XX, la somme ∑i∈Ifi(x,y)\sum_{i \in I} f_i(x, y) est définie pour tout couple (x,y)∈X×X(x, y) \in X \times X; si on désigne sa valeur par f(x,y)f(x, y), ff est un écart sur XX. De même, l’enveloppe supérieure gg de la famille (fi)(f_i) (IV, p. 21) est un écart sur XX, car des relations fi(x,y)≤fi(x,z)+fi(z,y)f_i(x, y) \leq f_i(x, z) + f_i(z, y), on déduit

sup⁡i∈Ifi(x,y)≤sup⁡i∈I(fi(x,z)+fi(z,y))≤sup⁡i∈Ifi(x,z)+sup⁡i∈Ifi(z,y) \sup_{i \in I} f_i(x, y) \leq \sup_{i \in I} (f_i(x, z) + f_i(z, y)) \leq \sup_{i \in I} f_i(x, z) + \sup_{i \in I} f_i(z, y)

(IV, p. 25, formule (17)).

2. Définition d’une structure uniforme par une famille d’écarts

Dans l’espace numérique Rn\mathbf{R}^n, on a vu (VI, p. 9) que si, pour tout nombre a>0a > 0, on désigne par UaU_a l’ensemble des couples (x,y)(x, y) de points de Rn\mathbf{R}^n dont la distance euclidienne est ≤a\leq a, les UaU_a forment un système fondamental d’entourages de la structure uniforme de Rn\mathbf{R}^n lorsque aa parcourt l’ensemble des nombres >0> 0.

Plus généralement, soit ff un écart sur un ensemble XX; pour tout a>0a > 0, posons Ua=f−1([0,a])U_a = f^{-1}([0, a]); montrons que, lorsque aa parcourt l’ensemble des nombres >0> 0, les UaU_a forment un système fondamental d’entourages d’une structure uniforme sur XX. En effet, l’axiome (UI′)(U'_I) (II, p. 2) est vérifié en vertu de (ECI)(EC_I) (IX, p. 1); si a≤ba \leq b, on a Ua⊂UbU_a \subset U_b, donc les UaU_a forment une base de filtre; d’après (ECII)(EC_{II}), on a Ua−1=UaU_a^{-1} = U_a, donc (UII′)(U'_{II}) est vérifié; enfin, d’après (ECIII)(EC_{III}), on a Ua2⊂U2aU_a^2 \subset U_{2a}, donc (UIII′)(U'_{III}) est vérifié. On peut par suite poser la définition suivante:

Définition 2

Étant donné un écart ff sur un ensemble XX, on appelle structure uniforme définie par ff la structure uniforme sur XX ayant pour système fondamental d’entourages la famille des ensembles f−1([0,a])f^{-1}([0, a]), où aa parcourt l’ensemble des nombres >0> 0.

On dit que deux écarts sur XX sont équivalents s’ils définissent la même structure uniforme.

Remarque 1

Pour toute suite (an)(a_n) de nombres >0> 0 tendant vers 00, les UanU_{a_n} forment un système fondamental d’entourages de la structure uniforme définie par ff.

Remarque 2

La définition d’une structure uniforme par un écart ff revient à prendre comme système fondamental d’entourages de cette structure, l’image réciproque par ff du filtre des voisinages de 0 dans le sous-espaces [0,+∞)[0, +\infty) de R‾\overline{\mathbf{R}}. On notera que ce procédé est tout à fait analogue à celui qui nous a permis de définir les structures uniformes d’un groupe topologique (III, p. 19).

Soient ff et gg deux écarts sur XX; d’après la déf. 2, pour que la structure uniforme définie par ff soit moins fine que la structure uniforme définie par gg, il faut et il suffit que, pour tout a>0a > 0, il existe b>0b > 0 tel que la relation g(x,y)≤bg(x, y) \leq b entraîne f(x,y)≤af(x, y) \leq a. Pour que ff et gg soient deux écarts équivalents, il faut et il suffit que, pour tout a>0a > 0, il existe b>0b > 0 tel que g(x,y)≤bg(x, y) \leq b entraîne f(x,y)≤af(x, y) \leq a, et que f(x,y)≤bf(x, y) \leq b entraîne g(x,y)≤ag(x, y) \leq a.

En particulier, s’il existe une constante k>0k > 0 telle que f≤kgf \leq kg, la structure uniforme définie par ff est moins fine que celle définie par gg.

Soit φ\varphi une application de l’intervalle [0,+∞)[0, +\infty) dans lui-même, satisfaisant aux conditions suivantes : 1∘φ(0)=01^\circ \varphi(0) = 0, et φ\varphi est continue au point 0 ; 2∘φ2^\circ \varphi est croissante dans [0,+∞)[0, +\infty) et strictement croissante dans un voisinage de 0 ; 3∘3^\circ quels que soient u≥0u \geq 0 et v≥0v \geq 0, φ(u+v)≤φ(u)+φ(v)\varphi(u + v) \leq \varphi(u) + \varphi(v). D’après les déf. 1 (IX, p. 1) et 2 (IX, p. 1), pour tout écart ff sur un ensemble XX, la fonction composée g=φ∘fg = \varphi \circ f est un écart équivalent à ff.

Le lecteur vérifiera aisément qu’on peut par exemple prendre pour φ\varphi l’une des fonctions suivantes :

u,log⁡(1+u),u1+u,inf⁡(u,1). \sqrt{u}, \quad \log(1 + u), \quad \frac{u}{1 + u}, \quad \inf(u, 1).

Les deux derniers exemples prouvent qu’il existe toujours des écarts bornés équivalents à un écart quelconque donné (fini ou non).

Définition 3

Étant donnée une famille (fi)i∈I(f_i)_{i \in I} d’écarts sur un ensemble XX, on appelle structure uniforme définie par la famille (fi)(f_i) sur l’ensemble XX, la borne supérieure de l’ensemble des structures uniformes définies sur XX par chacun des écarts fif_i.

On dit que deux familles d’écarts sur XX sont équivalentes si elles définissent la même structure uniforme sur XX.

D’après la définition de la borne supérieure d’un ensemble de structures uniformes (II, p. 10), le filtre d’entourages de la structure uniforme UU définie sur XX par une famille d’écarts (fi)i∈I(f_i)_{i \in I} est le filtre engendré (I, p. 37) par la famille des ensembles fi−1([0,a])f_i^{-1}([0, a]), où ii parcourt II et aa l’ensemble des nombres >0> 0. En d’autres termes, on obtient un système fondamental d’entourages de UU, en procédant de la manière suivante : on prend arbitrairement un nombre fini d’indices i1,i2,…,ini_1, i_2, \ldots, i_n et, pour chacun des iki_k, un nombre ak>0a_k > 0, puis on considère l’ensemble des couples (x,y)∈X×X(x, y) \in X \times X tels que fik(x,y)≤akf_{i_k}(x, y) \leq a_k pour 1≤k≤n1 \leq k \leq n; ces ensembles (pour tous les choix possibles de nn, des iki_k et des aka_k) forment un système fondamental d’entourages de UU. On peut d’ailleurs se borner au cas où tous les aka_k sont égaux à un même nombre a>0a > 0, l’entourage formé des (x,y)(x, y) tels que

sup⁡1≤k≤n(fik(x,y))≤inf⁡1≤k≤nak \sup_{1 \leq k \leq n} (f_{i_k}(x, y)) \leq \inf_{1 \leq k \leq n} a_k

étant évidemment contenu dans le précédent.

Pour toute partie finie HH de II, soit gHg_H l’enveloppe supérieure de la famille (fi)i∈H(f_i)_{i \in H}; lorsque HH parcourt l’ensemble des parties finies de II et aa l’ensemble des nombres >0> 0, on voit que les ensembles gH−1((0,a])g_H^{-1}((0, a]) forment un système fondamental d’entourages de la structure U\mathscr{U}. Or, les gHg_H sont des écarts sur XX (IX, p. 2) et l’enveloppe supérieure d’un nombre fini de fonctions de la famille (gH)(g_H) appartient encore par définition à cette famille; on exprimera cette propriété en disant que la famille d’écarts (gH)(g_H) est saturée. La famille d’écarts (gH)(g_H) est donc équivalente à la famille (fi)(f_i); on dit que c’est la famille d’écarts obtenue en saturant (fi)(f_i); ce qui précède prouve qu’on peut toujours se borner à considérer les structures uniformes définies par des familles d’écarts saturées.

Dans le cas particulier où II est un ensemble fini, ce raisonnement montre que la structure uniforme définie par la famille d’écarts (fi)i∈I(f_i)_{i \in I} est aussi définie par le seul écart g=sup⁡i∈Ifig = \sup_{i \in I} f_i.

Soient U\mathscr{U}, U′\mathscr{U}' deux structures uniformes sur XX, définies respectivement par deux familles d’écarts saturées (fi)i∈I(f_i)_{i \in I}, (gK)K∈K(g_K)_{K \in K}; pour que U\mathscr{U} soit moins fine que U′\mathscr{U}', il faut et il suffit que, pour tout indice i∈Ii \in I et tout nombre a>0a > 0, il existe un indice k∈Kk \in K et un nombre b>0b > 0 tels que la relation gK(x,y)≤bg_K(x, y) \leq b entraîne fi(x,y)≤af_i(x, y) \leq a.

Exemple de structure uniforme définie par une famille d’écarts. Soit (fi)i∈I(f_i)_{i \in I} une famille quelconque de fonctions numériques (finies) définies dans un ensemble XX. Soit U\mathscr{U} la structure uniforme la moins fine sur XX rendant uniformément continues les fif_i (II, p. 8); il résulte de la définition des entourages de U\mathscr{U} (II, p. 8), que U\mathscr{U} est identique à la structure uniforme définie sur XX par les écarts

gi(x,y)=∣fi(x)−fi(y)∣. g_i(x, y) = |f_i(x) - f_i(y)|.

3. Propriétés des structures uniformes définies par des familles d’écarts

Soit U\mathscr{U} une structure uniforme définie sur un ensemble XX par une famille d’écarts finis (fi)(f_i); si on munit X×XX \times X de la structure uniforme produit de U\mathscr{U} par elle-même, chacune des fonctions numériques fif_i est uniformément continue dans X×XX \times X; on a en effet, d’après (1)

∣fi(x,y)−fi(x′,y′)∣≤fi(x,x′)+fi(y,y′) |f_i(x, y) - f_i(x', y')| \leq f_i(x, x') + f_i(y, y')
donc les relations fi(x,x′)≤ε/2,fi(y,y′)≤ε/2f_i(x, x') \leq \varepsilon/2, f_i(y, y') \leq \varepsilon/2 entraînent
∣fi(x,y)−fi(x′,y′)∣≤ε. |f_i(x, y) - f_i(x', y')| \leq \varepsilon.
Pour que U\mathscr{U} soit séparée, il faut et il suffit, d’après la définition des entourages de U\mathscr{U}, que pour tout couple de points distincts x,yx, y de XX, il existe un indice ii tel que fi(x,y)≠0f_i(x, y) \neq 0.

En particulier, si U\mathscr{U} est définie par un seul écart ff, pour que U\mathscr{U} soit séparée, il faut et il suffit que la relation f(x,y)=0f(x, y) = 0 entraîne x=yx = y (cf. IX, p. 11).

Lorsque U\mathscr{U} n’est pas séparée, l’intersection de tous les entourages de U\mathscr{U} est la partie de X×XX \times X formée des couples (x,y)(x, y) tels que fi(x,y)=0f_i(x, y) = 0 pour tout ii; cette partie est le graphe d’une relation d’équivalence R sur X, et la structure uniforme séparée associée à U\mathscr{U} est définie sur X/RX/R (cf. II, p. 25). On voit alors aisément que les fonctions fif_i sont compatibles (en xx et en yy) avec la relation R (E, II, p. 44) et que les fonctions f~i\tilde{f}_i obtenues par passage au quotient (pour xx et yy) à partir des fif_i, sont des écarts sur X/RX/R définissant la structure uniforme séparée associée à U\mathscr{U} (cf. IX, p. 11).

Si Y est une partie non vide de X, la restriction à Y×YY \times Y d’un écart sur X est évidemment un écart sur Y ; il est clair que la structure uniforme induite par U\mathscr{U} sur Y est définie par la famille des restrictions à Y×YY \times Y des écarts fif_i.

Étudions maintenant le complété de l’espace uniforme X, lorsque U\mathscr{U} est séparée.

Proposition 1

Soit X un espace uniforme séparé, dont la structure uniforme U\mathscr{U} est définie par une famille d’écarts finis (fif_i); soit X^\hat{X} le complété de X. Les fonctions fif_i se prolongent par continuité à X^×X^\hat{X} \times \hat{X}; les fonctions prolongées f~i\tilde{f}_i sont des écarts finis sur X^\hat{X}, et la structure uniforme de X^\hat{X} est identique à la structure uniforme définie par la famille (f~i\tilde{f}_i).

Tout d’abord, les fif_i peuvent être prolongées par continuité à X^×X^\hat{X} \times \hat{X}, puisqu’elles sont uniformément continues dans X×XX \times X, et les fonctions prolongées f~i\tilde{f}_i sont uniformément continues dans X^×X^\hat{X} \times \hat{X} (II, p. 20, th. 2); en outre, ce sont des écarts sur X^\hat{X}, en vertu du principe de prolongement des inégalités (IV, p. 18, th. 1). Désignons par U1\mathscr{U}_1 la structure uniforme sur X^\hat{X} obtenue par complétion, par U2\mathscr{U}_2 la structure uniforme définie par la famille d’écarts (f~i\tilde{f}_i). La structure U2\mathscr{U}_2 est moins fine que U1\mathscr{U}_1; en effet chacune des f~i\tilde{f}_i est uniformément continue dans X^×X^\hat{X} \times \hat{X}, quand on munit X^\hat{X} de la structure U1\mathscr{U}_1; pour tout a>0a > 0, il existe donc un entourage V de la structure U1\mathscr{U}_1 tel que, pour tout couple (x,y)∈V(x, y) \in V, on ait

∣f~i(x,y)−f~i(x,x)∣≤a, c’est-aˋ-dire (puisque f~i(x,x)=0) V⊂1f~i((0,a)); |\tilde{f}_i(x, y) - \tilde{f}_i(x, x)| \leq a,\text{ c’est-à-dire (puisque } \tilde{f}_i(x, x) = 0\text{)}\ V \subset \frac{1}{\tilde{f}_i}((0, a)) ;

tout entourage de la structure U2\mathscr{U}_2 est donc un entourage de la structure U1\mathscr{U}_1. D’autre part, U1\mathscr{U}_1 et U2\mathscr{U}_2 induisent sur X la même structure uniforme U\mathscr{U}. Comme X^\hat{X} est complet pour U1\mathscr{U}_1, il s’ensuit que U1\mathscr{U}_1 et U2\mathscr{U}_2 sont identiques, en vertu de II, p. 23, prop. 14.

4. Construction d’une famille d’écarts définissant une structure uniforme

L’intérêt du mode de définition d’une structure uniforme par une famille d’écarts réside dans le fait qu’il permet d’obtenir toutes les structures uniformes. De façon précise:

Théorème 1

Étant donnée une structure uniforme U\mathscr{U} sur un ensemble X, il existe une famille d’écarts sur X telle que la structure uniforme définie par cette famille soit identique à U\mathscr{U}.

Pour tout entourage V de la structure uniforme U\mathscr{U}, définissons par récurrence une suite d’entourages symétriques (Un)(\mathbf{U}_n) telle que U1⊂V\mathbf{U}_1 \subset V, et Un+12⊂Un\mathbf{U}_{n+1}^2 \subset \mathbf{U}_n quel que soit n⩾1n \geqslant 1; la suite (Un)(\mathbf{U}_n) est un système fondamental d’entourages d’une structure uniforme UV\mathscr{U}_V moins fine que U\mathscr{U}; en outre, il est clair que U\mathscr{U} est la borne supérieure de toutes les structures UV\mathscr{U}_V, lorsque V parcourt le filtre des entourages de U\mathscr{U}. Le th. 1 sera donc une conséquence de la proposition suivante:

Proposition 2

Si une structure uniforme U\mathscr{U} sur XX possède un système fondamental dénombrable d’entourages, il existe un écart ff sur XX tel que U\mathscr{U} soit identique à la structure uniforme définie par ff.

Soit (Vn)(V_n) un système fondamental dénombrable d’entourages de U\mathscr{U}; définissons par récurrence une suite (Un)(\mathbf{U}_n) d’entourages symétriques de la structure U\mathscr{U} tels que U1⊂V1\mathbf{U}_1 \subset V_1, et

Un+13⊂Un∩Vnpour n⩾1. \mathbf{U}_{n+1}^3 \subset \mathbf{U}_n \cap V_n \quad \text{pour } n \geqslant 1.
Il est clair que (Un)(\mathbf{U}_n) est encore un système fondamental d’entourages de U\mathscr{U}, et on a en particulier Un+13⊂Un\mathbf{U}_{n+1}^3 \subset \mathbf{U}_n pour n⩾1n \geqslant 1. Définissons comme suit une fonction numérique gg dans X×XX \times X: g(x,y)=0g(x, y) = 0 si (x,y)∈Un(x, y) \in \mathbf{U}_n pour tout nn; g(x,y)=2−kg(x, y) = 2^{-k} si (x,y)∈Un(x, y) \in \mathbf{U}_n pour 1⩽n⩽k1 \leqslant n \leqslant k, mais (x,y)∉Uk+1(x, y) \notin \mathbf{U}_{k+1}; g(x,y)=1g(x, y) = 1 si (x,y)∉U1(x, y) \notin \mathbf{U}_1. La fonction gg est symétrique, positive, et on a g(x,x)=0g(x, x) = 0 pour tout x∈Xx \in X. Posons
f(x,y)=inf⁡∑i=0p−1g(zi,zi+1) f(x, y) = \inf \sum_{i=0}^{p-1} g(z_i, z_{i+1})
la borne inférieure étant prise sur l’ensemble de toutes les suites finies (zi)0⩽i⩽p(z_i)_{0 \leqslant i \leqslant p} (pp arbitraire) telles que z0=xz_0 = x et zp=yz_p = y. Nous allons montrer que ff est un écart qui satisfait aux inégalités
12g(x,y)⩽f(x,y)⩽g(x,y). \frac{1}{2} g(x, y) \leqslant f(x, y) \leqslant g(x, y).
En effet, de la définition de ff résulte aussitôt que ff satisfait à l’inégalité du triangle, et est symétrique et positive; la seconde inégalité (2) étant évidente, prouve que f(x,x)=0f(x, x) = 0 pour tout x∈Xx \in X, donc que ff est un écart. Pour démontrer la première inégalité (2), montrons, par récurrence sur pp, que pour toute suite finie (zi)0⩽i⩽p(z_i)_{0 \leqslant i \leqslant p} de p+1p + 1 points de XX, on a
∑i=0p−1g(zi,zi+1)⩾12g(z0,zp). \sum_{i=0}^{p-1} g(z_i, z_{i+1}) \geqslant \frac{1}{2} g(z_0, z_p).
L’inégalité est évidente si p=1p = 1. Posons a=∑i=0p−1g(zi,zi+1)a = \sum_{i=0}^{p-1} g(z_i, z_{i+1}); l’inégalité (3) est vraie si a⩾12a \geqslant \frac{1}{2}, puisque g(z0,zp)⩽1g(z_0, z_p) \leqslant 1. Supposons donc a<12a < \frac{1}{2}; soit hh le plus grand des indices qq tels que
∑i<qg(zi,zi+1)⩽a2; \sum_{i<q} g(z_i, z_{i+1}) \leqslant \frac{a}{2};

on a donc

∑i<hg(zi,zi+1)≤a2et∑i<h+1g(zi,zi+1)>a2, \sum_{i<h} g(z_i, z_{i+1}) \leq \frac{a}{2} \quad \text{et} \quad \sum_{i<h+1} g(z_i, z_{i+1}) > \frac{a}{2},

d’où

∑i>hg(zi,zi+1)≤a2. \sum_{i>h} g(z_i, z_{i+1}) \leq \frac{a}{2}.

Par l’hypothèse de récurrence, on a g(z0,zh)≤a,g(zh+1,zp)≤ag(z_0, z_h) \leq a, g(z_{h+1}, z_p) \leq a; d’autre part, on a évidemment g(zh,zh+1)≤ag(z_h, z_{h+1}) \leq a. Soit kk le plus petit entier >0> 0 tel que 2−k≤a2^{-k} \leq a; on a k≥2k \geq 2, et (z0,zh)∈Uk,(zh,zh+1)∈Uk,(z_0, z_h) \in U_k, (z_h, z_{h+1}) \in U_k, et (zh+1,z0)∈Uk(z_{h+1}, z_0) \in U_k d’après la définition de gg; donc (z0,zp)∈Uk⊂Uk−1(z_0, z_p) \in U_k \subset U_{k-1}, ce qui entraîne g(z0,zp)≤21−k≤2ag(z_0, z_p) \leq 2^{1-k} \leq 2a.

Cela étant, les inégalités (2) montrent que, pour tout a>0a > 0, l’ensemble f−1([0,a])f^{-1}([0, a]) contient UkU_k pour tout indice kk tel que 2−k<a2^{-k} < a, et inversement que tout UkU_k contient l’ensemble f−1([0,2−k−1])f^{-1}([0, 2^{-k-1}]); les ensembles f−1([0,a])f^{-1}([0, a]) forment donc un système fondamental d’entourages de la structure U\mathscr{U}.

C.Q.F.D.

Remarque

Une structure uniforme U\mathscr{U} sur XX est définie par la famille Φ\Phi de tous les écarts sur XX qui sont uniformément continus dans X×XX \times X. En effet, il est clair que la structure uniforme définie par la famille Φ\Phi est moins fine que U\mathscr{U}; d’autre part, le th. 1 prouve qu’il existe une sous-famille de Φ\Phi qui définit la structure uniforme U\mathscr{U}, donc la structure uniforme définie par Φ\Phi est plus fine que U\mathscr{U}, ce qui achève de montrer qu’elle est identique à U\mathscr{U}.

5. Espaces uniformisables

Dans II, p. 27, nous avons posé le problème de la caractérisation des espaces topologiques uniformisables; la solution en est donnée par le th. suivant:

Théorème 2

Pour qu’un espace topologique XX soit uniformisable, il faut et il suffit qu’il vérifie l’axiome suivant: (OIV) Quels que soient le point x0∈Xx_0 \in X et le voisinage VV de x0x_0, il existe une fonction numérique continue dans XX, prenant ses valeurs dans [0,1][0, 1], égale à 0 au point x0x_0 et à 1 dans CVCV.

La condition est nécessaire. En effet, s’il existe une structure uniforme compatible avec la topologie de XX, cette structure peut, d’après le th. 1 (IX, p. 5), être définie par une famille (fi)(f_i) d’écarts sur XX et on peut toujours supposer que cette famille est saturée (IX, p. 4). D’après la définition des entourages de la structure uniforme définie par une telle famille d’écarts, il existe un écart fαf_\alpha de la famille (fi)(f_i), et un nombre a>0a > 0, tels que fα(x0,x)≥af_\alpha(x_0, x) \geq a pour tout x∈CVx \in CV; il en résulte que la fonction g(x)=inf⁡(1,(1/a)fα(x0,x))g(x) = \inf(1, (1/a)f_\alpha(x_0, x)) remplit toutes les conditions énoncées dans (OIV).

La condition est suffisante. En effet, soit Φ\Phi l’ensemble des applications continues de XX dans [0,1][0, 1]. L’axiome (OIV) prouve que la structure uniforme la moins fine rendant uniformément continues les fonctions appartenant à Φ\Phi est compatible avec la topologie de XX (II, p. 8, corollaire).

Définition 4

On dit qu’un espace topologique est complètement régulier s’il est uniformisable et séparé.

Il revient au même, d’après le th. 2, de dire qu’un espace est complètement régulier s’il satisfait aux axiomes (H) et (O_{IV}).

Remarque

L’axiome (O_{IV}) entraîne (O_{III}) (cf. I, p. 56, car si V est un voisinage de x0x_0, et ff une fonction numérique continue dans XX, à valeurs dans (0,1)(0, 1), telle que f(x0)=0,f(x)=1f(x_0) = 0, f(x) = 1 pour tout x∈Vx \in \mathscr{V}, l’ensemble f−1([0,12])f^{-1}([0, \frac{1}{2}]) est un voisinage fermé de x0x_0 contenu dans V. En particulier, tout espace complètement régulier est régulier (ce qui justifie la terminologie). On peut par contre donner des exemples d’espaces réguliers qui ne sont pas complètement réguliers (IX, p. 85, exerc. 8), ce qui montre que (O_{III}) n’entraîne pas (O_{IV}).

On sait (II, p. 27, th. 1) que tout espace compact est complètement régulier, et par suite aussi tout sous-espace d’un espace compact. Nous pouvons maintenant compléter cette proposition en démontrant sa réciproque ; autrement dit :

Proposition 3

Pour qu’un espace topologique XX soit complètement régulier, il faut et il suffit qu’il soit homéomorphe à un sous-espace d’un espace compact.

Reprenons en effet la structure uniforme la moins fine sur XX rendant uniformément continues toutes les applications continues de XX dans (0,1)(0, 1); nous avons utilisé cette structure dans la démonstration du th. 2, et vu qu’elle est compatible avec la topologie de XX si XX est uniformisable. Si en outre XX est séparé, cette structure uniforme est une structure d’espace précompact, en vertu de la compacité de l’intervalle (0,1)(0, 1) et de la prop. 3 de II, p. 31. Le complété de XX pour cette structure est donc compact, d’où la proposition.

On peut encore dire qu’un espace complètement régulier peut être plongé dans un espace compact; il est souvent commode de présenter ce résultat de la façon suivante :

Appelons, de façon générale, cube un espace topologique ILI^L, produit d’une famille d’espaces topologiques identiques à un intervalle compact I de R\mathbf{R}, et ayant pour ensemble d’indices un ensemble L quelconque (si L est fini et a nn éléments, on retrouve la notion de cube fermé à nn dimensions définie dans VI, p. 1); un cube est un espace compact (I, p. 63, th. 3).

Proposition 4

Si un espace topologique XX est complètement régulier, il est homéomorphe à un sous-espace d’un cube.

Désignons en effet par (fλ)λ∈L(f_\lambda)_{\lambda \in L} la famille de toutes les applications continues de XX dans I=(0,1)I = (0, 1), et considérons l’application x↦(fλ(x))x \mapsto (f_\lambda(x)) de XX dans ILI^L, que nous désignerons par g. D’après les axiomes (H) et (O_{IV}), pour tout couple de points distincts x,yx, y de XX, il existe un indice λ\lambda tel que fλ(x)≠fλ(y)f_\lambda(x) \neq f_\lambda(y), donc g est une application injective de XX dans ILI^L. En outre, il est immédiat que g est un isomorphisme de la structure uniforme la moins fine rendant uniformément continues les f_\lambda, sur la structure uniforme induite sur g(X) par la structure uniforme (produit) de I^L; a fortiori, g est un homéomorphisme de X sur g(X).

Définition 5

Étant donné un ensemble X, on dit qu’un ensemble H d’applications de X dans un ensemble Y sépare les éléments d’une partie A de X (ou est un ensemble séparant pour les éléments de A) si, quels que soient les éléments distincts x, y de A, il existe une fonction f \in H telle que f(x) \neq f(y).

Proposition 5

Soient X un espace compact, H un ensemble de fonctions numériques continues dans X et séparant les points de X. Pour toute partie finie K de H et tout réel ε>0\varepsilon > 0, soit UK,εU_{K,\varepsilon} l’ensemble des couples (x,y)∈X×X(x, y) \in X \times X tels que ∣f(x)−f(y)∣≤ε|f(x) - f(y)| \leq \varepsilon pour toute application f∈Kf \in K. Les ensembles UK,εU_{K,\varepsilon} forment un système fondamental d’entourages de la structure uniforme de X.

En effet, soit φ:X→RH\varphi : X \to \mathbf{R}^H l’application x↦(f(x))f∈Hx \mapsto (f(x))_{f \in H}; elle est évidemment continue; elle est injective par hypothèse, et comme RH\mathbf{R}^H est séparé, φ\varphi est un homéomorphisme de X sur un sous-espace compact de RH\mathbf{R}^H, et par suite aussi un isomorphisme pour les structures uniformes de X et de φ(X)\varphi(X) (II, p. 27, th. 1). L’assertion résulte alors de la définition des entourages dans l’espace produit RH\mathbf{R}^H (II, p. 8).

6. Compactifié de Stone-Čech

Proposition 6

Soit X un espace topologique; il existe un espace compact Z et une application continue f:X→Zf : X \to Z ayant la propriété suivante: pour toute application continue g de X dans un espace compact Y, il existe une application continue et une seule h:Z→Yh : Z \to Y telle que g=h∘fg = h \circ f. En outre, si Z1Z_1 est un espace compact et f1f_1 une application continue de X dans Z1Z_1 ayant les mêmes propriétés que Z et f, il existe un homéomorphisme unique u de Z sur Z1Z_1 tel que f1=u∘ff_1 = u \circ f.

En d’autres termes, le couple (Z,f)(Z, f) est solution du problème d’application universelle (E, IV, p. 22) où Σ\Sigma est la structure d’espace compact, les morphismes étant les applications continues, ainsi que les α\alpha-applications.

En effet, considérons la famille (fλ)λ∈L(f_\lambda)_{\lambda \in L} de toutes les applications continues de X dans I=[0,1]I = [0, 1], et soit φ\varphi l’application continue x↦(fλ(x))λ∈Lx \mapsto (f_\lambda(x))_{\lambda \in L} de X dans ILI^L; alors l’adhérence Z=φ(X)‾Z = \overline{\varphi(X)} dans ILI^L est compacte; notons ff l’application continue de X dans Z déduite de φ\varphi, et montrons que Z et f répondent à la question. Il suffit de prouver l’existence de h lorsque Y=IY = I; en effet, tout espace compact Y peut être identifié à un sous-espace fermé de IAI^A pour un ensemble A convenable (IX, p. 8, prop. 4); si, pour tout α∈A\alpha \in A, il existe une application continue hαh_\alpha de Z dans I telle que prα∘g=hα∘f\mathrm{pr}_\alpha \circ g = h_\alpha \circ f, on aura donc

(hα(f(x)))=(prα(g(x)))=g(x)∈Y (h_\alpha(f(x))) = (\mathrm{pr}_\alpha(g(x))) = g(x) \in Y
pour tout x∈Xx \in X; l’application h=(hα)h = (h_\alpha) de Z dans IAI^A est donc telle que h(z)∈Yh(z) \in Y pour tout z∈φ(X)z \in \varphi(X); comme hh est continue et φ(X)\varphi(X) partout dense dans ZZ, on aura bien h(Z)⊂Yh(Z) \subset Y (I, p. 9, th. 1) donc la factorisation g=f∘hg = f \circ h aura la propriété voulue.

Supposons donc Y=IY = I; alors par définition, si g:X→Ig : X \to I est continue, il existe un indice λ∈L\lambda \in L tel que g=fλg = f_\lambda, et on a donc la factorisation g=(prλ∣Z)∘fg = (\mathrm{pr}_\lambda | Z) \circ f. L’unicité de hh résulte de ce que YY est séparé et de ce que hh est déterminé de façon unique dans φ(X)\varphi(X), qui est partout dense dans ZZ. L’unicité du couple (Z,f)(Z, f) à isomorphisme unique près est un résultat général sur les problèmes d’application universelle (E, IV, p. 23).

Corollaire

Pour que ff soit injective, il faut et il suffit que l’ensemble des applications continues de XX dans I=(0,1)I = (0, 1) sépare les points de XX. Pour que ff soit un homéomorphisme de XX sur f(X)f(X), il faut et il suffit que XX soit complètement régulier.

La première assertion résulte aussitôt de la façon dont ff a été définie dans la démonstration de la prop. 6. La seconde résulte des prop. 3 et 4 (IX, p. 8).

L’espace compact ZZ défini dans la prop. 6 est appelé compactifié de Stone-Čech de XX et noté parfois βX\beta X.

7. Fonctions semi-continues sur un espace uniformisable

Dans IV, p. 31, corollaire, on a vu que, dans un espace topologique, l’enveloppe supérieure d’une famille de fonctions numériques continues est une fonction semi-continue inférieurement. Dans un espace uniformisable, on a en outre une réciproque de cette proposition:

Proposition 7

Pour que toute fonction numérique ff (finie ou non) semi-continue inférieurement dans un espace topologique XX, soit l’enveloppe supérieure des fonctions numériques (finies ou non) continues dans XX et ≤f\leq f, il faut et il suffit que XX soit uniformisable.

La condition est nécessaire: en effet, soient x0x_0 un point quelconque de XX, et VV un voisinage ouvert quelconque de x0x_0; la fonction caractéristique φV\varphi_V de l’ensemble VV est semi-continue inférieurement (IV, p. 29, corollaire); par hypothèse, il existe donc une fonction numérique gg continue dans XX, telle que g≤φVg \leq \varphi_V et g(x0)=a>0g(x_0) = a > 0; la fonction continue inf⁡(1,(1/a)g+)\inf(1, (1/a)g^+) prend ses valeurs dans (0,1)(0, 1), est égale à 0 dans CV\mathbf{C}V et à 1 au point x0x_0; donc (IX, p. 7, th. 2), XX est uniformisable.

La condition est suffisante. Considérons d’abord le cas où ff prend ses valeurs dans (−1,+1)(-1, +1). Il faut montrer que, pour tout x0∈Xx_0 \in X et tout nombre a<f(x0)a < f(x_0), il existe une fonction numérique gg, continue dans XX, telle que g≤fg \leq f et g(x0)≥ag(x_0) \geq a. Si a≤−1a \leq -1, il suffit de prendre pour gg la constante −1-1. Si −1<a<f(x0)-1 < a < f(x_0), il existe un voisinage VV de x0x_0 tel que f(x)≥af(x) \geq a pour tout x∈Vx \in V. Comme XX est uniformisable, il existe une fonction numérique hh, continue dans XX, à valeurs dans (0, 1), et telle que h(x0)=0h(x_0) = 0 et h(x)=1h(x) = 1 pour x∈CVx \in \mathbf{C}V. Il suffit alors de prendre g(x)=a−(a+1)h(x)g(x) = a - (a + 1)h(x) pour avoir une fonction continue répondant aux conditions posées. On notera que cette fonction prend ses valeurs dans (−1,+1)(-1, +1).

Le cas général se déduit du cas précédent par transport de structure : il existe en effet un homéomorphisme strictement croissant de (−1,+1)(-1, +1) sur R‾\overline{\mathbf{R}} (IV, p. 14, prop. 2).

Remarque

Dans la démonstration précédente, on voit que la fonction gg ne prend pas la valeur +1+1. Par transport de structure, on en déduit que toute fonction numérique ff, semi-continue inférieurement dans l’espace uniformisable E, est enveloppe supérieure des fonctions numériques g≤fg \leq f, continues dans E et ne prenant pas la valeur +∞+\infty.

Exercices

See the exercises for § 1.

Transcribed from the printed volume. Not translated.