Bourbaki

§ 7. Limites projectives de groupes et d’anneaux topologiques

Dans tout ce paragraphe, on désigne par I un ensemble préordonné filtrant à droite¹ et non vide, par α≤β\alpha \leq \beta la relation de préordre dans I. Sauf mention expresse du contraire, tous les systèmes projectifs considérés ont pour ensemble d’indices I.

1. Limites projectives de groupes topologiques et d’espaces à l’opérateurs

Nous dirons qu’un système projectif (Gα,fαβ)(G_\alpha, f_{\alpha\beta}) est un système projectif de groupes topologiques si les GαG_\alpha sont des groupes topologiques et les fαβf_{\alpha\beta} des homomorphismes continus. Alors G=lim⁡←GαG = \lim_{\leftarrow} G_\alpha est un sous-groupe du groupe produit ∏αGα\prod_\alpha G_\alpha (A, I, p. 113); lorsqu’on le munit de la structure de groupe topologique induite par celle de ∏αGα\prod_\alpha G_\alpha, on dit que le groupe topologique ainsi obtenu est limite projective du système projectif de groupes topologiques (Gα,fαβ)(G_\alpha, f_{\alpha\beta}). Si les GαG_\alpha sont séparés (resp. séparés et complets), G est séparé et fermé dans ∏αGα\prod_\alpha G_\alpha (resp. séparé et complet) (I, p. 55, cor. 2 et II, p. 17, corollaire).

Si (Gα′,fαβ′)(G'_\alpha, f'_{\alpha\beta}) est un second système projectif de groupes topologiques et si, pour tout α\alpha, uα:Gα→Gα′u_\alpha : G_\alpha \to G'_\alpha est un homomorphisme continu, tel que les uαu_\alpha forment un système projectif d’applications, alors u=lim⁡←uαu = \lim_{\leftarrow} u_\alpha est un homomorphisme continu de G dans G′=lim⁡←Gα′G' = \lim_{\leftarrow} G'_\alpha (I, p. 28). Les mêmes résultats sont valables lorsqu’on remplace « groupe topologique » par « anneau topologique »; on laisse au lecteur le soin d’énoncer les résultats analogues pour les modules topologiques (III, p. 52).

Soient (Eα,gαβ)(E_\alpha, g_{\alpha\beta}) un système projectif d’espaces topologiques, (Gα,fαβ)(G_\alpha, f_{\alpha\beta}) un système projectif de groupes topologiques; supposons que chaque GαG_\alpha opère continûment dans EαE_\alpha (III, p. 9) et que l’on ait les relations

(1)

gαβ(sβ⋅xβ)=fαβ(sβ)⋅gαβ(xβ) g_{\alpha\beta}(s_\beta \cdot x_\beta) = f_{\alpha\beta}(s_\beta) \cdot g_{\alpha\beta}(x_\beta)
pour xβ∈Eβ,sβ∈Gβ,α≤βx_\beta \in E_\beta, s_\beta \in G_\beta, \alpha \leq \beta. On sait (A, I, p. 114) que le groupe G=lim⁡←GαG = \lim_{\leftarrow} G_\alpha opère dans E=lim⁡←EαE = \lim_{\leftarrow} E_\alpha; en outre G opère continûment dans E. En effet, si gαg_\alpha (resp. fαf_\alpha) est l’application canonique E→EαE \to E_\alpha (resp. G→GαG \to G_\alpha), on a par définition
gα(s⋅x)=fα(s)⋅gα(x) g_\alpha(s \cdot x) = f_\alpha(s) \cdot g_\alpha(x)

¹ On notera que la définition de la limite projective d’un système projectif d’ensembles (Eα,fαβ)(E_\alpha, f_{\alpha\beta}) ne suppose pas que l’ensemble préordonné d’indices I soit filtrant (E, III, p. 52); le lecteur vérifiera sans peine que cette hypothèse n’intervient pas non plus dans la plupart des définitions et résultats de ce paragraphe, avant la prop. 1.

donc les applications (s,x)↦gα(s.x)(s, x) \mapsto g_\alpha(s.x) sont continues dans E×GE \times G, ce qui prouve la continuité de (s,x)↦s.x(s, x) \mapsto s.x (I, p. 28).

L’application hα:E/G→Eα/Gαh_\alpha : E/G \to E_\alpha/G_\alpha déduite de fαf_\alpha et gαg_\alpha est donc continue (III, p. 10), et il en est de même de l’application h:E/G→lim⁡←Eα/Gαh : E/G \to \lim_{\leftarrow} E_\alpha/G_\alpha déduite des hαh_\alpha (I, p. 28).

Proposition 1

Les EαE_\alpha et GαG_\alpha étant supposés vérifier les hypothèses précédentes*:

a) Si, pour tout α∈I\alpha \in I, le stabilisateur de tout point de EαE_\alpha est un sous-groupe compact de GαG_\alpha, alors le stabilisateur de tout point x=(xα)x = (x_\alpha) de EE est un sous-groupe compact de GG, l’orbite de xx (pour GG) est canoniquement homéomorphe à la limite projective des orbites des xαx_\alpha (pour les GαG_\alpha), et l’application canonique h:E/G→lim⁡←Eα/Gαh : E/G \to \lim_{\leftarrow} E_\alpha/G_\alpha est injective.

b) Si, pour tout α∈I\alpha \in I, toute orbite d’un point de EαE_\alpha (pour GαG_\alpha) est compacte, alors toute orbite d’un point de EE (pour GG) est relativement compacte, et hh est surjective. Si en outre hh est bijective, toute orbite d’un point de EE est compacte.

Soit x=(xα)∈Ex = (x_\alpha) \in E, et pour tout α∈I\alpha \in I, soit Eα′=Gα.xαE'_\alpha = G_\alpha.x_\alpha l’orbite de xαx_\alpha. Pour α≤β\alpha \leq \beta, il résulte de (1) et de la relation gαβ(xβ)=xαg_{\alpha\beta}(x_\beta) = x_\alpha que l’on a gαβ(Eβ′)⊂Eα′g_{\alpha\beta}(E'_\beta) \subset E'_\alpha, autrement dit, (Eα′)(E'_\alpha) est un système projectif de parties des EαE_\alpha. Pour tout α∈I\alpha \in I, soit uα:Gα→Eα′u_\alpha : G_\alpha \to E'_\alpha l’application continue sα↦sα.xαs_\alpha \mapsto s_\alpha.x_\alpha; les uαu_\alpha forment un système projectif d’applications, et u=lim⁡←uαu = \lim_{\leftarrow} u_\alpha est l’application continue s↦s.xs \mapsto s.x de GG dans le sous-espace E′=lim⁡←Eα′E' = \lim_{\leftarrow} E'_\alpha de EE. L’hypothèse de a) entraîne que uα−1‾(yα)\overline{u_\alpha^{-1}}(y_\alpha) est compact pour tout yα∈Eα′y_\alpha \in E'_\alpha. Comme en outre uαu_\alpha est surjectif, les conditions de I, p. 65, cor. 2, a) sont vérifiées, donc on en déduit les deux premières assertions de a). Ceci entraîne que si x=(xα)x = (x_\alpha) et y=(yα)y = (y_\alpha) sont tels que, pour tout α\alpha, xαx_\alpha et yαy_\alpha appartiennent à la même orbite pour GαG_\alpha, alors xx et yy appartiennent à la même orbite pour GG, ce qui prouve que hh est injective.

De même, l’hypothèse de b) entraîne que le système projectif des applications canoniques vα:Eα→Eα/Gαv_\alpha : E_\alpha \to E_\alpha/G_\alpha vérifie les conditions de I, p. 65, cor. 2, a), donc sa limite projective v=lim⁡←vα:E→lim⁡←Eα/Gαv = \lim_{\leftarrow} v_\alpha : E \to \lim_{\leftarrow} E_\alpha/G_\alpha est surjective et l’image réciproque par vv de tout point de lim⁡←Eα/Gα\lim_{\leftarrow} E_\alpha/G_\alpha est compacte. Comme vv se factorise en E→ψE/G→hlim⁡←Eα/GαE \xrightarrow{\psi} E/G \xrightarrow{h} \lim_{\leftarrow} E_\alpha/G_\alpha, où ψ\psi est l’application canonique, on en déduit les assertions de b).

Corollaire 1

Si les GαG_\alpha sont compacts et les EαE_\alpha séparés, les conclusions de a) et de b) sont valables*.

En effet, les hypothèses de a) et b) sont vérifiées, tout sous-groupe fermé de GαG_\alpha étant compact et uα:sα↦sα.xαu_\alpha : s_\alpha \mapsto s_\alpha.x_\alpha étant une application continue d’un espace compact dans un espace séparé.

Corollaire 2

Si, pour tout α∈I\alpha \in I, le groupe GαG_\alpha opère transitivement dans l’espace EαE_\alpha, et si le stabilisateur de tout point de EαE_\alpha est un sous-groupe compact de GαG_\alpha, alors GG opère transitivement dans EE et le stabilisateur de tout point de EE est un sous-groupe compact de GG*.

En effet, l’hypothèse de la prop. 1, a) est vérifiée, et Eα′=EαE'_\alpha = E_\alpha pour tout α\alpha.

Corollaire 3

On suppose les GαG_\alpha séparés. Pour tout α∈I\alpha \in I, soit KαK_\alpha un sous-groupe compact de GαG_\alpha et supposons que l’on ait fαβ(Kβ)⊂Kαf_{\alpha \beta}(K_\beta) \subset K_\alpha pour α≤β\alpha \leq \beta. Alors, si K=lim⁡←KαK = \lim_{\leftarrow} K_\alpha, l’application canonique hh de l’espace homogène G/KG/K dans lim⁡←Gα/Kα\lim_{\leftarrow} G_\alpha / K_\alpha est un homéomorphisme.

Avec les notations de la prop. 1, le fait que hh est bijective résulte du cor. 1 appliqué en remplaçant EαE_\alpha par GαG_\alpha et GαG_\alpha par KαK_\alpha opérant à droite par les translations (III, p. 11). Soit φ\varphi l’application canonique G→G/KG \to G/K, et pour tout α\alpha, soit fαf_\alpha l’application canonique G→GαG \to G_\alpha; lorsque, pour chaque α\alpha, les VαV_\alpha parcourent un système fondamental de voisinages ouverts de l’élément neutre eαe_\alpha de GαG_\alpha, les ensembles V=fα−1(Vα)V = f^{-1}_\alpha(V_\alpha) (α\alpha et VαV_\alpha variables) forment un système fondamental de voisinages de ee dans GG (I, p. 29, prop. 9), et les φ(V.K)\varphi(V.K) un système fondamental de voisinages de φ(e)\varphi(e) dans G/KG/K. Il s’agit de prouver que l’image par hh de φ(V.K)\varphi(V.K) contient un voisinage de h(φ(e))h(\varphi(e)), c’est-à-dire qu’il existe un β≥α\beta \geq \alpha et un voisinage WβW_\beta de eβe_\beta dans GβG_\beta tels que fβ−1(Wβ.Kβ)⊂V.Kf^{-1}_\beta(W_\beta.K_\beta) \subset V.K. Or, la relation x∈V.Kx \in V.K équivaut à l’existence d’un y∈Ky \in K tel que fα(xy−1)∈Vαf_\alpha(xy^{-1}) \in V_\alpha, ou encore fα(x)∈Vα.fα(K)f_\alpha(x) \in V_\alpha.f_\alpha(K), autrement dit, on a V.K=fα−1(Vα.fα(K))V.K = f^{-1}_\alpha(V_\alpha.f_\alpha(K)). Soit Uα=Vα.fα(K)U_\alpha = V_\alpha.f_\alpha(K); nous allons voir qu’il existe β≥α\beta \geq \alpha tel que si on pose Uβ=fαβ−1(Uα)U_\beta = f^{-1}_{\alpha \beta}(U_\alpha), on ait Kβ⊂UβK_\beta \subset U_\beta; il en résultera bien qu’il existe un voisinage WβW_\beta de eβe_\beta dans GβG_\beta tel que Wβ.Kβ⊂UβW_\beta.K_\beta \subset U_\beta (II, p. 31, corollaire), ce qui établira la relation cherchée fβ−1(Wβ.Kβ)⊂fβ−1(Uβ)=V.Kf^{-1}_\beta(W_\beta.K_\beta) \subset f^{-1}_\beta(U_\beta) = V.K. Raisonnons par l’absurde, et posons, pour tout β≥α\beta \geq \alpha, Mβ=Kβ∩GUβM_\beta = K_\beta \cap G U_\beta; comme fβγ−1(Uβ)=Uγf^{-1}_{\beta \gamma}(U_\beta) = U_\gamma pour α≤β≤γ\alpha \leq \beta \leq \gamma, les MβM_\beta forment un système projectif de parties compactes des GβG_\beta (pour β≥α\beta \geq \alpha); s’ils étaient tous non vides, il en serait de même de leur limite projective MM (I, p. 64, prop. 8). Il est clair que l’on a M⊂KM \subset K et fα(M)⊂Mαf_\alpha(M) \subset M_\alpha; mais cela est absurde puisque fα(K)⊂Uαf_\alpha(K) \subset U_\alpha, ce qui achève la démonstration.

2. Approximation des groupes topologiques

Soit GG un groupe et soit (Hα)α∈I(H_\alpha)_{\alpha \in I} une famille filtrante décroissante de sous-groupes distingués de GG. Pour tout α∈I\alpha \in I, soit Gα=G/HαG_\alpha = G/H_\alpha, et pour α≤β\alpha \leq \beta, soit fαβf_{\alpha \beta} l’homomorphisme canonique G/Hβ→G/HαG/H_\beta \to G/H_\alpha, qui fait donc correspondre à toute classe TT de GG mod. HβH_\beta la classe THαTH_\alpha de GG mod. HαH_\alpha qui contient TT. Il est clair que (Gα,fαβ)(G_\alpha, f_{\alpha \beta}) est un système projectif de groupes, les éléments de G~=lim⁡←Gα\tilde{G} = \lim_{\leftarrow} G_\alpha étant les familles décroissantes (Tα)α∈I(T_\alpha)_{\alpha \in I}, où TαT_\alpha est une classe de GG mod. HαH_\alpha pour tout α\alpha. L’application i:s↦(sHα)i : s \mapsto (sH_\alpha) de GG dans G~\tilde{G}, limite projective des homomorphismes canoniques G→G/HαG \to G/H_\alpha, est un homomorphisme de GG dans G~\tilde{G}, et l’image réciproque par ii d’un élément (Tα)∈G~(T_\alpha) \in \tilde{G} est égale à ⋂α∈ITα\bigcap_{\alpha \in I} T_\alpha. Le noyau de ii est donc ⋂α∈IHα\bigcap_{\alpha \in I} H_\alpha, et l’image de ii se compose des familles (Tα)∈G~(T_\alpha) \in \tilde{G} dont l’intersection est non vide.

Supposons maintenant que GG soit un groupe topologique ; si on munit Gα=G/HαG_\alpha = G / H_\alpha de la topologie quotient, il est clair que (Gα,fαβ)(G_\alpha, f_{\alpha \beta}) est un système projectif de groupes topologiques, et que i:G→G~i : G \to \tilde{G} est un homomorphisme continu.

Proposition 2

Soient G un groupe topologique, (Hα)α∈I(H_\alpha)_{\alpha \in I} une famille filtrante décroissante de sous-groupes distingués de G vérifiant la condition suivante :

(AP) Pour tout α∈I\alpha \in I, HαH_\alpha est fermé dans GG et tout voisinage de ee dans GG contient un des HαH_\alpha (autrement dit, la base de filtre formée des HαH_\alpha converge vers ee).

Alors l’application i:G→G~=lim⁡←G/Hαi : G \to \tilde{G} = \lim_{\leftarrow} G / H_\alpha est un morphisme strict de GG sur i(G)i(G) ; G~\tilde{G} est séparé et i(G)i(G) est dense dans G~\tilde{G} ; enfin le noyau de ii est l’adhérence de {e}\{e\} dans GG. Si en outre un des HαH_\alpha est complet, alors ii est surjective.

Il est clair que les Gα=G/HαG_\alpha = G / H_\alpha sont séparés (III, p. 13, prop. 18), donc il en est de même de G~\tilde{G}, sous-espace de ∏α∈IGα\prod_{\alpha \in I} G_\alpha. Le noyau HH de ii est l’intersection des HαH_\alpha, et est donc un sous-groupe fermé de GG ; comme tout voisinage de ee contient l’un des HαH_\alpha, il contient HH, et par suite (III, p. 20, formule (1)) HH est l’adhérence de {e}\{e\}. Montrons ensuite que i(G)i(G) est dense dans G~\tilde{G}. Soit fαf_\alpha l’application canonique G~→Gα\tilde{G} \to G_\alpha, restriction à G~\tilde{G} de la projection prαpr_\alpha ; φα=fα∘i\varphi_\alpha = f_\alpha \circ i est l’application canonique G→G/HαG \to G / H_\alpha. Pour tout ensemble ouvert non vide UU de G~\tilde{G}, il existe un α∈I\alpha \in I et un ensemble ouvert non vide UαU_\alpha dans GαG_\alpha tels que fα−1(Uα)⊂Uf_\alpha^{-1}(U_\alpha) \subset U (I, p. 29, prop. 9), donc i(U)⊃φα−1(Uα)i(U) \supset \varphi_\alpha^{-1}(U_\alpha) ; mais comme φα\varphi_\alpha est surjective, i(U)i(U) n’est pas vide, ce qui prouve qui i(G)∩U≠∅i(G) \cap U \neq \varnothing.

Pour voir que ii est un morphisme strict sur i(G)i(G), considérons un voisinage VV de ee dans GG ; il existe un voisinage WW de ee dans GG tel que W2⊂VW^2 \subset V, et un α∈I\alpha \in I tel que Hα⊂WH_\alpha \subset W ; on en déduit que VV contient WHα=φα−1(φα(W))=i(fα(φα(W)))WH_\alpha = \varphi_\alpha^{-1}(\varphi_\alpha(W)) = i(f_\alpha(\varphi_\alpha(W))) ; comme fα(φα(W))f_\alpha(\varphi_\alpha(W)) est un voisinage de l’élément neutre dans G~\tilde{G}, cela prouve notre assertion (III, p. 16, prop. 24).

Enfin, supposons qu’il existe un γ∈I\gamma \in I tel que HγH_\gamma soit complet ; pour voir que ii est surjective, il suffit de prouver que toute famille décroissante (Tα)∈G~(T_\alpha) \in \tilde{G} a une intersection non vide. Comme TγT_\gamma se déduit par translation de HγH_\gamma, c’est un sous-espace complet de GG (pour la structure uniforme droite et la structure uniforme gauche). De plus, comme tout voisinage UU de ee dans GG contient l’un des HαH_\alpha, l’ensemble TαT_\alpha correspondant est petit d’ordre UdU_d (ou UsU_s), autrement dit l’ensemble des TαT_\alpha contenus dans TγT_\gamma est une base de filtre de Cauchy ; elle converge donc dans TγT_\gamma, et comme les TαT_\alpha sont fermés dans GG (étant déduits par translation des HαH_\alpha), leur intersection est non vide.

C.Q.F.D.

Corollaire 1

Si la condition (AP) est vérifiée et si en outre les groupes (séparés) G/HαG/H_\alpha sont complets, le groupe GG admet un groupe séparé complété, qui s’identifie à G~\tilde{G}, l’application i:G→G~i : G \to \tilde{G} s’identifiant à l’application canonique (III, p. 25).

En effet, G~\tilde{G} est alors complet (III, p. 57) et la prop. 2 montre que i(G)i(G) est isomorphe au groupe séparé associé à GG; comme il est dense dans G~\tilde{G}, on en déduit le corollaire (III, p. 25).

En particulier:

Corollaire 2

Soient GG un groupe, (Hα)(H_\alpha) une famille filtrante décroissante de sous-groupes distingués de GG. Si l’on munit GG de la topologie de groupe pour laquelle les HαH_\alpha forment un système fondamental de voisinages de ee (III, p. 5, Exemple), le groupe séparé associé à GG est isomorphe à G/(⋂αHα)=G1G/(\bigcap_\alpha H_\alpha) = G_1, G1G_1 admet un groupe complété et l’application canonique G1→G~=lim⁡←G/HαG_1 \to \tilde{G} = \lim_{\leftarrow} G/H_\alpha se prolonge en un isomorphisme de G^=G^1\hat{G} = \hat{G}_1 sur G~\tilde{G}.

En effet, le sous-groupe HαH_\alpha de GG étant ouvert, est aussi fermé (III, p. 7, corollaire) et G/HαG/H_\alpha est discret (III, p. 13, prop. 18), donc les conditions du cor. 1 sont satisfaites.

Corollaire 3

Soient GG un groupe, G0G_0 un sous-groupe de GG, (Hα)(H_\alpha) une famille filtrante décroissante de sous-groupes distingués de G0G_0. On suppose que les HαH_\alpha forment un système fondamental de voisinages de ee pour une topologie séparée sur GG, compatible avec la structure de groupe de GG. Alors le groupe topologique GG ainsi défini admet un groupe complété G^\hat{G}, et l’adhérence G0‾\overline{G_0} de G0G_0 dans G^\hat{G} est canoniquement isomorphe à lim⁡←G0/Hα\lim_{\leftarrow} G_0/H_\alpha.

En effet, G0G_0 est un sous-groupe ouvert de GG; l’application x↦x−1x \mapsto x^{-1} de G0G_0 dans GG est uniformément continue pour la structure uniforme droite de GG, car les relations x∈G0, y∈G0, xy−1∈Hαx \in G_0,\ y \in G_0,\ xy^{-1} \in H_\alpha entraînent yx−1∈Hαyx^{-1} \in H_\alpha, puis x−1y=x−1(yx−1)x∈Hαx^{-1}y = x^{-1}(yx^{-1})x \in H_\alpha puisque HαH_\alpha est un sous-groupe distingué de G0G_0. L’existence du groupe complété G^\hat{G} résulte donc de III, p. 25, prop. 9; comme alors G0‾\overline{G_0} s’identifie au groupe complété de G0G_0 (II, p. 26, cor. 1), la seconde assertion résulte du cor. 2.

Dans toute la fin de ce numéro, nous supposerons que GG est séparé et que (Hα)(H_\alpha) est une famille décroissante filtrante de sous-groupes distingués compacts vérifiant la condition (AP); en vertu de la prop. 2 (III, p. 60), l’application i:G→G~=lim⁡←G/Hαi : G \to \tilde{G} = \lim_{\leftarrow} G/H_\alpha est alors un isomorphisme de groupes topologiques, permettant d’identifier GG et G~\tilde{G}; nous noterons fαf_\alpha l’application canonique G→G/HαG \to G/H_\alpha.

Lemme 1

Sous les hypothèses de la prop. 2 (III, p. 60), pour toute partie fermée EE de GG, on a E=⋂αEHαE = \bigcap_\alpha EH_\alpha.

En effet, EE est l’intersection des ensembles EVEV, où VV parcourt le filtre des voisinages de ee (III, p. 20, formule (1)), et tout voisinage de ee contient un HαH_\alpha; d’où la conclusion puisque E⊂EHαE \subset EH_\alpha.

Proposition 3

On suppose G séparé, les H_α compacts et vérifiant (AP).

a) Soit L un sous-groupe fermé de G ; alors, pour tout α ∈ I, le sous-groupe L_α = f_α(L) de G_α = G/H_α est fermé, et l’isomorphisme i de G sur lim ← G_α donne par restriction un isomorphisme de L sur lim ← L_α. Si de plus L est distingué dans G, alors L_α est distingué dans G_α pour tout α ∈ A, et par passage aux quotients, i donne un isomorphisme de G/L sur lim ← G_α/L_α.

b) Inversement, pour tout α ∈ I, soit L_α un sous-groupe fermé de G_α, et supposons que l’on ait L_α = f_{αβ}(L_β) pour α ≤ β. Il existe alors un sous-groupe fermé L de G et un seul tel que L_α = f_α(L) pour tout α ∈ I ; en outre, si pour tout α ∈ I, L_α est distingué dans G_α, alors L est distingué dans G.

a) Comme H_α est compact, LH_α est fermé dans G (III, p. 28, cor. 1), donc L_α est fermé dans G_α. Puisque i identifie les groupes topologiques G et lim ← G_α et que lim ← L_α s’identifie à un sous-groupe (topologique) de lim ← G_α, i identifie à lim ← L_α le sous-groupe ∩_α LH_α de G, et pour démontrer la première assertion, il suffit de remarquer que L = ∩_α LH_α en vertu du lemme 1. D’autre part, si L est distingué, alors, pour tout α ∈ I, l’application f_α′ : G/L → G_α/L_α déduite de f_α par passage aux quotients est un morphisme strict surjectif (III, p. 17, Remarque 3), dont le noyau est le sous-groupe distingué compact H_αL/L de G/L, image canonique du sous-groupe compact H_α de G. Comme les sous-groupes H_αL/L de G/L vérifient la condition (AP) (III, p. 16, prop. 24) et que G/L est séparé, la dernière assertion de a) résulte de la prop. 2 de III, p. 60.

b) Soit f_{αβ}′ la restriction de f_{αβ} à L_β pour α ≤ β ; (L_α, f_{αβ}′) est alors un système projectif de groupes topologiques, dont la limite projective L s’identifie au sous-groupe G ∩ ∏_α L_α de G. Par hypothèse f_{αβ}′ est surjective et son noyau est le sous-groupe compact f_β(H_α) ∩ L_β de L_β ; par suite (I, p. 64, cor. 1) on a L_α = f_α(L) pour tout α ∈ I. Si L′ est un second sous-groupe fermé de G tel que f_α(L′) = L_α pour tout α ∈ I, on a L′H_α = f_α^{-1}(L_α), d’où (lemme 1)

L′=⋂αL′Hα=⋂αfα−1(Lα)=L. L' = \bigcap_\alpha L'H_\alpha = \bigcap_\alpha f_\alpha^{-1}(L_\alpha) = L.

Enfin, la dernière assertion de b) résulte de la formule L = ∩_α f_α^{-1}(L_α), les f_α^{-1}(L_α) étant alors distingués dans G.

Proposition 4

On suppose G séparé, les H_α compacts et vérifiant (AP). Si C_α est la composante neutre de G_α = G/H_α, la composante neutre C de G s’identifie à lim ← C_α et on a f_α(C) = C_α.

La proposition résultera du lemme suivant:

Lemme 2

Soient G un groupe topologique séparé, H un sous-groupe distingué compact de G, φ l’application canonique G → G/H. Si C est la composante neutre de G, φ(C) est la composante neutre de G' = G/H.

En effet, une fois ce lemme établi, on aura fα(C)=Cαf_\alpha(C) = C_\alpha pour tout α∈I\alpha \in I, et comme C est un sous-groupe fermé de G (III, p. 8, prop. 8), il suffira d’appliquer la prop. 3 a) de III, p. 62.

Pour démontrer le lemme 2, observons d’abord que si C’ est la composante connexe de l’élément neutre e′e' dans G’, on a φ(C)⊂C′\varphi(C) \subset C' puisque φ(C)\varphi(C) est connexe. Supposons que φ(C)≠C′\varphi(C) \neq C'. Comme C est un sous-groupe distingué fermé de G (III, p. 8, prop. 8), φ(C)\varphi(C) est un sous-groupe distingué de G’; si ψ\psi est l’application canonique G′→G′/φ(C)G' \to G'/\varphi(C), ψ(C′)\psi(C') serait connexe et non réduit à l’élément neutre, donc la composante connexe de G′/φ(C)G'/\varphi(C) serait distincte de l’élément neutre. Mais G′/φ(C)G'/\varphi(C) est isomorphe à (G/H)/(HC/H)(G/H)/(HC/H), donc à G/HCG/HC, et par suite aussi à (G/C)/(HC/C)(G/C)/(HC/C) (III, p. 15, corollaire et III, p. 14, prop. 20). Or, G/C est séparé et totalement discontinu (I, p. 84, prop. 9), et HC/C, image canonique du sous-groupe distingué compact H de G, est un sous-groupe compact de G/C. On est donc ramené à démontrer le lemme 2 lorsque G est en outre supposé totalement discontinu, soit C={e}C = \{e\}.

Supposons alors que C′≠{e′}C' \neq \{e'\}; en remplaçant G par son sous-groupe φ‾−1(C′)\overline{\varphi}^{-1}(C'), qui est totalement discontinu et contient H, on peut supposer que G’ est connexe et non réduit à un point.

Soit M\mathfrak{M} l’ensemble des sous-groupes fermés L de G tels que LH = G; montrons que l’ensemble M\mathfrak{M}, ordonné par la relation ⊃\supset, est inductif. En effet, si S\mathfrak{S} est une partie totalement ordonnée de M\mathfrak{M}, alors, pour tout x∈Gx \in G, l’ensemble des xH∩LxH \cap L pour L∈SL \in \mathfrak{S} est une base de filtre composée d’ensembles fermés dans l’espace compact xHxH; l’intersection de ces ensembles est donc non vide, ce qui prouve que l’intersection des sous-groupes L∈SL \in \mathfrak{S} appartient encore à M\mathfrak{M}. Appliquant le th. de Zorn, on voit donc qu’il existe dans M\mathfrak{M} un élément minimal L0L_0. Comme H est compact, G/H=L0H/HG/H = L_0H/H est isomorphe à L0/(L0∩H)L_0/(L_0 \cap H) (III, p. 28, cor. 3); comme L0L_0 est totalement discontinu et L0∩HL_0 \cap H compact, on voit qu’on peut remplacer G par L0L_0; autrement dit, on peut supposer en outre qu’il n’existe aucun sous-groupe fermé L≠GL \neq G tel que LH = G.

Or, soit F l’intersection des voisinages à la fois ouverts et fermés de e dans G; montrons que F est un sous-groupe fermé de G. En effet, comme il est évident que F est fermé, il suffit de montrer que F−1.F⊂FF^{-1}.F \subset F. Mais si x∈Fx \in F et si V est un voisinage ouvert et fermé de e dans G, il en est de même de xVxV: sans quoi, e appartiendrait au complémentaire W de xVxV dans G, qui est encore ouvert et fermé, et on aurait x∉Wx \notin W, donc par définition x∉Fx \notin F contrairement à l’hypothèse. On en conclut que xFxF, intersection des xVxV pour les voisinages ouverts et fermés V de e, contient F, autrement dit x−1F⊂Fx^{-1}F \subset F, ce qui prouve notre assertion. Puisque G est totalement discontinu et non réduit à e, on a F≠GF \neq G. Mais si V est un voisinage à la fois ouvert et fermé de e dans G, VH est aussi à la fois ouvert et fermé dans G (III, p. 28, cor. 1), donc φ(V)\varphi(V) est à la fois ouvert et fermé dans G/HG/H, ce qui implique φ(V)=G/H\varphi(V) = G/H en vertu de l’hypothèse. On va en conclure que FH=GFH = G, ce qui impliquera contradiction, et démontrera donc le lemme. En effet, pour tout x∈Gx \in G, xHxH rencontre tout voisinage VV de ee à la fois ouvert et fermé, donc aussi l’intersection FF de ces voisinages, puisque les ensembles V∩xHV \cap xH forment une base de filtre composée d’ensembles fermés dans l’espace compact xHxH.

Remarque

Si le sous-groupe HαH_\alpha est compact pour un α∈I\alpha \in I, alors HβH_\beta est compact pour β≥α\beta \geq \alpha, puisque c’est un sous-groupe fermé de HαH_\alpha. Comme l’ensemble des β∈I\beta \in I tels que β≥α\beta \geq \alpha est cofinal à II, il revient essentiellement au même, pour l’étude du groupe GG, de supposer un des HαH_\alpha compact ou tous les HαH_\alpha compacts.

3. Application aux limites projectives

Proposition 5

Soit (Gα,fαβ)(G_\alpha, f_{\alpha\beta}) un système projectif de groupes topologiques séparés, tel que les fαβf_{\alpha\beta} soient des morphismes stricts surjectifs, de noyaux compacts. Alors, pour tout α∈I\alpha \in I, l’application canonique fαf_\alpha de G=lim⁡←GαG = \lim_{\leftarrow} G_\alpha dans GαG_\alpha est un morphisme strict surjectif, de noyau compact.

Le fait que fαf_\alpha soit surjectif et de noyau compact est conséquence de I, p. 64, cor. 1. Reste à voir que fαf_\alpha est un morphisme strict. Désignons par ee (resp. eαe_\alpha) l’élément neutre de GG (resp. GαG_\alpha). Tout voisinage VV de ee dans GG contient un ensemble de la forme fβ−1(Vβ)f_\beta^{-1}(V_\beta), où VβV_\beta est un voisinage de eβe_\beta dans GβG_\beta, et où l’on peut supposer β≥α\beta \geq \alpha; comme fαβf_{\alpha\beta} est un morphisme strict surjectif, fαβ(Vβ)f_{\alpha\beta}(V_\beta) est un voisinage de eαe_\alpha dans GαG_\alpha, et comme fβf_\beta est surjectif, on a Vβ⊂fβ(V)V_\beta \subset f_\beta(V), d’où

fα(V)=fαβ(fβ(V))⊃fαβ(Vβ), f_\alpha(V) = f_{\alpha\beta}(f_\beta(V)) \supset f_{\alpha\beta}(V_\beta),

ce qui prouve que fα(V)f_\alpha(V) est un voisinage de eαe_\alpha dans GαG_\alpha.

Si Hα=fα−1(eα)H_\alpha = f_\alpha^{-1}(e_\alpha), les sous-groupes distingués compacts HαH_\alpha de GG vérifient évidemment la condition (AP) de III, p. 60 et GαG_\alpha s’identifie à G/HαG/H_\alpha. En particulier les prop. 3 (III, p. 62) et 4 (III, p. 62) s’appliquent à GG et aux HαH_\alpha.

Corollaire 1

Soient (Gα,fβα)(G_\alpha, f_{\beta\alpha}) un système projectif de groupes topologiques vérifiant les hypothèses de la prop. 5, (Gα′,fαβ′)(G'_\alpha, f'_{\alpha\beta}) un système projectif de groupes topologiques, et pour chaque α\alpha, soit uα:Gα→Gα′u_\alpha : G_\alpha \to G'_\alpha un morphisme strict surjectif, de noyau compact, les uαu_\alpha formant un système projectif d’applications. Alors u=lim⁡←uαu = \lim_{\leftarrow} u_\alpha est un morphisme strict de G=lim⁡←GαG = \lim_{\leftarrow} G_\alpha sur G′=lim⁡←Gα′G' = \lim_{\leftarrow} G'_\alpha, de noyau compact.

Soit NαN_\alpha le noyau de uαu_\alpha; Lα=fα−1(Nα)L_\alpha = f_\alpha^{-1}(N_\alpha) est alors le noyau du morphisme strict surjectif vα=uα∘fα:G→Gα′v_\alpha = u_\alpha \circ f_\alpha : G \to G'_\alpha; comme Lα/HαL_\alpha / H_\alpha est isomorphe à NαN_\alpha (III, p. 14, prop. 20), LαL_\alpha est un sous-groupe distingué compact de GG (III, p. 28, cor. 2). Le noyau LL de uu est l’intersection des LαL_\alpha; désignons par φ\varphi l’application canonique

G → G/L; on peut écrire vα=wα∘φv_\alpha = w_\alpha \circ \varphi, où wαw_\alpha est un morphisme strict de G/LG/L sur Gα′G'_\alpha, de noyau Lα/LL_\alpha / L. Comme l’intersection des Lα/LL_\alpha / L est l’élément neutre de G/LG/L et que les Lα/LL_\alpha / L forment une base de filtre et sont compacts, cette base de filtre converge vers l’élément neutre de G/LG/L (I, p. 60, corollaire). La prop. 2 de III, p. 60 montre alors que w=lim⁡←wαw = \lim_{\leftarrow} w_\alpha est un isomorphisme de G/LG/L sur G′G'; on en conclut que w∘φw \circ \varphi est un morphisme strict de GG sur G′G', de noyau LL; mais il est clair que u=w∘φu = w \circ \varphi, ce qui démontre le corollaire.

Corollaire 2

Soit (Gα,fαβ)(G_\alpha, f_{\alpha\beta}) un système projectif de groupes topologiques vérifiant les conditions de la prop. 5, et soit G′G' un groupe topologique dans lequel il existe un voisinage V′V' de l’élément neutre e′e' ne contenant aucun sous-groupe de G′G' distinct de {e′}\{e'\}. Alors, pour tout homomorphisme continu v:G→G′v : G \to G', il existe un indice α∈I\alpha \in I et un homomorphisme continu vα:Gα→G′v_\alpha : G_\alpha \to G' tels que v=vα∘fαv = v_\alpha \circ f_\alpha.

En effet, comme v(V′)v(V') est un voisinage de ee dans GG, il existe un indice α\alpha et un voisinage VαV_\alpha de eαe_\alpha dans GαG_\alpha tels que fα−1(Vα)⊂v−1(V′)f_\alpha^{-1}(V_\alpha) \subset v^{-1}(V'). On a donc v(Hα)⊂V′v(H_\alpha) \subset V', et comme v(Hα)v(H_\alpha) est un sous-groupe de G′G', v(Hα)={e′}v(H_\alpha) = \{e'\}. Comme fαf_\alpha s’identifie à l’application canonique G→G/HαG \to G/H_\alpha, le corollaire résulte de la factorisation canonique d’un homomorphisme continu (III, p. 16).

Exercises

Exercices

See the exercises for § 7.

Transcribed from the printed volume. Not translated.