§ 1. Sous-groupes et groupes quotients de
Sur l’ensemble , nous aurons à considérer, dans ce paragraphe, d’une part sa structure de groupe topologique (additif), d’autre part sa structure d’*espace vectoriel* par rapport au corps (VI, p. 2). Étant donnée une partie A de , nous envisagerons, tantôt le sous-groupe de engendré par A (ensemble des combinaisons linéaires de points de A, à coefficients entiers), tantôt le sous-espace vectoriel engendré par A (ensemble des combinaisons linéaires de points de A, à coefficients réels) ; on aura soin de ne pas confondre ces deux notions. Conformément aux définitions données en Algèbre (A, II, p. 97), nous appellerons rang de A la dimension du sous-espace vectoriel V engendré par A ; dire que A est de rang équivaut donc à dire qu’il existe points , formant un système libre par rapport au corps (autrement dit, la relation , où les sont réels, entraîne pour tout ), et engendrant le -espace vectoriel V (ce qui veut dire que tout point de V est combinaison linéaire à coefficients réels des ).
Dans ce qui suit interviendra aussi la notion de système de points de libre par rapport au corps des nombres rationnels ; un tel système est une partie finie de telle que la relation , où les sont rationnels (ou entiers, ce qui revient au même), entraîne pour tout . On aura soin de ne pas confondre cette notion et celle de système libre par rapport à ; tout système libre par rapport à est libre par rapport à , mais la réciproque est inexacte ; par exemple, les nombres 1 et forment dans un système libre par rapport à , mais non un système libre par rapport à ; lorsque nous parlerons de système libre sans préciser, il s’agira toujours de système libre par rapport à . Il faut donc bien distinguer, sur , la structure d’espace vectoriel par rapport à de la structure d’espace vectoriel par rapport à ; en particulier, le sous-espace vectoriel par rapport à engendré par une partie A de , est l’ensemble U des combinaisons linéaires de points de , à coefficients rationnels; il est contenu dans le sous-espace vectoriel (par rapport à ) engendré par , mais en est en général distinct. La dimension de (par rapport à ) est appelé le rang rationnel de ; il est au moins égal au rang de défini ci-dessus (dimension de par rapport à ); il peut être infini si est un ensemble infini, alors que le rang d’une partie non vide de est toujours ; en particulier, le rang rationnel d’une partie non dénombrable de est toujours infini, puisqu’un espace vectoriel de dimension finie sur le corps est dénombrable.
Nous allons, dans ce paragraphe, déterminer tout d’abord la structure des sous-groupes fermés du groupe additif .
1. Sous-groupes discrets de
On a vu (V, p. 1, prop. 1) que les seuls sous-groupes fermés de , distincts de , sont les sous-groupes discrets de , engendrés par un seul élément. Nous allons commencer par étudier les sous-groupes discrets de .
Tout d’abord, le sous-groupe de engendré par vecteurs () de la base canonique (VI, p. 3) de , est un groupe discret isomorphe au groupe produit de groupes identiques à . Plus généralement, considérons le sous-groupe engendré par points () formant un système libre; il existe une application linéaire bijective de sur lui-même transformant en (); une telle application étant un automorphisme du groupe topologique , est un groupe topologique isomorphe au sous-groupe engendré par les (), et c’est par suite un sous-groupe discret de rang isomorphe à .
La structure du groupe , et par suite du groupe , a été étudiée en Algèbre (A, VII, §§ 3 et 4); rappelons les principaux résultats de cette étude. Les bases de par rapport à l’anneau sont les systèmes de points , où les sont des entiers tels que le déterminant soit égal à ou à . Tout sous-groupe de est discret et de rang ; en outre, pour un sous-groupe donné de rang , il existe un système libre de points () engendrant , et un système de points () engendrant , tels que, pour , on ait , où les sont des entiers (les facteurs invariants de par rapport à ) tels que (mod. ) pour . Le groupe quotient est un groupe discret, isomorphe au produit , où est un groupe abélien fini, produit direct de groupes cycliques d’ordres respectifs .
Nous allons maintenant montrer que les sous-groupes discrets de que nous venons de considérer sont les seuls.
Proposition 1
Soient* un sous-groupe discret de , de rang , un système libre de points de , le parallélétope fermé de centre , construit sur les vecteurs (VI, p. 3); alors l’ensemble est fini et engendre , et tout point de est une combinaison linéaire des à coefficients rationnels.
En effet, est compact et discret, donc fini. Soit un point quelconque de ; il est égal à une combinaison linéaire à coefficients réels des . Pour tout entier , considérons le point
il appartient à , et comme , il est contenu dans . On en déduit tout d’abord que , donc est engendré par . D’autre part, comme est fini, il existe deux entiers distincts tels que , ce qui entraîne pour ; donc les sont rationnels.
Corollaire
Soient un système libre de points de et une combinaison linéaire à coefficients réels des . Pour que le sous-groupe de engendré par les points () et soit discret, il faut et il suffit que les nombres soient rationnels.
La prop. 1 montre que la condition est nécessaire. Elle est suffisante, car si elle est remplie, on peut écrire , où et les sont entiers (); est donc combinaison linéaire à coefficients entiers des points , d’où résulte que est un sous-groupe du groupe discret engendré par ces points, et par suite est lui-même discret.
On peut encore exprimer le résultat de la prop. 1 de la façon suivante: si points () d’un sous-groupe discret de forment un système lié par rapport à , ils forment aussi un système lié par rapport à . On en conclut aussitôt que le rang rationnel d’un sous-groupe discret de est égal à son rang.
Le corollaire de la prop. 1, appliqué au cas où les sont les vecteurs de la base canonique, donne la proposition suivante:
Proposition 2 (Kronecker)
Soient des nombres réels. Les conditions suivantes sont équivalentes: a) pour tout , il existe un entier et entiers () tels que
1 On rappelle (IV, p. 41) que pour tout nombre réel , est la partie entière de , c’est-à-dire le plus grand entier rationnel qui soit .
Théorème 1
Tout sous-groupe discret* G de , de rang égal à p, est engendré par un système libre de p points.
D’après les propriétés des groupes isomorphes à rappelées plus haut, il suffira de montrer que G est sous-groupe d’un groupe discret engendré par un système libre de p points. Or, comme G est de rang p, il existe un système libre de p points () de G tel que tout soit égal à une combinaison linéaire à coefficients réels des ; G étant discret, la prop. 1 (VII, p. 2) montre que les sont rationnels et que G est engendré par un nombre fini de points; ces points étant combinaisons linéaires des à coefficients rationnels, il existe un entier d tel qu’ils soient combinaisons linéaires à coefficients entiers des p points ; il en résulte que G est un sous-groupe du groupe engendré par les .
On peut démontrer le th. 1 sans faire appel à la théorie des facteurs invariants (cf. VII, p. 19, exerc. 1). Les sous-groupes discrets de qui sont de rang n sont encore appelés des réseaux dans .
2. Sous-groupes fermés de
Nous connaissons déjà deux sortes de sous-groupes fermés de ; d’une part, les sous-espaces vectoriels de , qui sont isomorphes aux groupes (); d’autre part, les sous-groupes discrets (III, p. 7, prop. 5), qui sont isomorphes aux groupes () comme nous venons de le voir. Nous allons déterminer la structure d’un sous-groupe fermé quelconque de en montrant qu’un tel sous-groupe est isomorphe à un produit de la forme ().
Nous nous appuierons sur la proposition suivante:
Proposition 3
Tout sous-groupe fermé non discret de* contient une droite passant par 0.
En effet, soit une suite infinie de points de G, tels que et ; une telle suite existe d’après l’hypothèse. Soit P un cube ouvert de centre 0 contenant les . Désignons par le plus grand les entiers tels que (comme P est un pavé borné et , l’existence de résulte de l’axiome d’Archimède). Les points appartiennent à l’ensemble compact ; la suite a donc une valeur d’adhérence . D’ailleurs, si , on a , et comme , est aussi valeur d’adhérence de la suite , dont les points appartiennent à l’ensemble fermé , d’après la définition de ; on a donc (frontière de P, fig. 5), ce qui entraîne ; en outre, comme G est fermé, . Soit alors t un nombre réel quelconque; comme la relation entraîne ; comme , est valeur d’adhérence de la suite ; les points de cette suite appartenant à , on a , puisque est fermé. La proposition est ainsi démontrée.
!Figure 5 Figure 5
!Figure 6 Figure 6
Théorème 2
Soit un sous-groupe fermé de , de rang (); il existe un plus grand sous-espace vectoriel contenu dans ; pour tout espace vectoriel supplémentaire de , est discret, et est somme directe de et de .
Démontrons d’abord l’existence de en prouvant que la réunion des droites contenues dans et passant par est un sous-espace vectoriel: en effet, le sous-espace vectoriel engendré par la réunion de ces droites est identique au sous-groupe engendré par cette réunion. Le groupe est somme directe de et de , car pour tout , on a , avec , ; comme , on a , donc . Reste à prouver que est discret; cela résulte de la prop. 3 (VII, p. 4), car est un sous-groupe fermé, et ne contient aucune droite, en vertu de la définition de .
D’une manière imagée, lorsque , on peut dire que est la réunion d’une infinité dénombrable de variétés linéaires parallèles à , passant par les points du groupe discret (fig. 6).
Si est la dimension du sous-espace vectoriel , on a , et est un sous-groupe discret de rang .
Corollaire 1
Il existe une base de , telle que pour , pour , et que soit identique à l’ensemble des points*
Corollaire 2
Il existe un automorphisme de qui applique sur le groupe , isomorphe à , somme directe du sous-espace vectoriel engendré par et du sous-groupe additif (discret) engendré par .
C’est une conséquence immédiate du cor. 1.
Le cor. 2 du th. 2 montre qu’un sous-groupe fermé de est entièrement déterminé, à isomorphisme près, par la donnée de deux entiers : son rang que nous noterons , et la dimension du plus grand sous-espace vectoriel contenu dans , nombre que nous noterons et appellerons dimension du sous-groupe ; les seules conditions que doivent remplir ces deux entiers sont les inégalités .
3. Sous-groupes associés
Soit un sous-groupe quelconque (fermé ou non) de . Considérons l’ensemble des points de tels que, pour tout point , le nombre soit un entier. Il est immédiat que est un sous-groupe de ; on dit que c’est le sous-groupe associé à . Si et sont deux sous-groupes de tels que , il est clair que .
Proposition 4
Le sous-groupe* associé à un sous-groupe de est fermé, et on a .
En effet, si pour tout , on pose , est une forme linéaire, donc continue; comme est l’intersection des ensembles lorsque parcourt , et que chacun de ces ensembles est fermé, est fermé. D’autre part, si , on a pour tout , donc, puisque est fermé dans , pour tout point adhérent à ; autrement dit, ; comme d’autre part , on a .
Étudions la structure de lorsque est fermé. D’après VII, p. 5, cor. 1, il existe une base de , telle que soit identique à l’ensemble des points , où les prennent toutes les valeurs réelles, les toutes les valeurs entières. Pour que soit entier pour tous ces points , il faut et il suffit que pour , et que soit entier pour . Désignons par la base de telle que pour , pour tout (A, IX, §1, n° 6); si l’on pose , on voit que les points sont caractérisés par les conditions: pour , et entier pour ; donc est somme directe du sous-espace vectoriel ayant pour base les d’indice tel que , et du sous-groupe discret engendré par les d’indice tel que .
Autrement dit: Proposition 5. — *Pour tout sous-groupe fermé G de , on a , et .
Appliquons le même raisonnement à ; en remarquant que la base duale de est , on voit que:
Proposition 6
Pour tout sous-groupe G de , on a .
Corollaire
Pour qu’un point soit adhérent à un sous-groupe G de , il faut et il suffit que soit entier pour tout tel que soit entier pour tout .
Appliquons cette caractérisation des points adhérents à un sous-groupe G, au cas du sous-groupe G engendré par les vecteurs de la base canonique , et par un nombre quelconque de points de . Dire que est entier pour signifie que les coordonnées de sont entières; donc:
Proposition 7 (Kronecker). — Soient m points de , un point de . Afin que, pour tout , il existe m entiers et n entiers tels que
Corollaire 1
Afin que, pour tout et tout , il existe m entiers et n entiers tels que*
En effet, si G est dense dans , c’est-à-dire si , est réduit à 0, et réciproquement.
En particulier, pour :
Corollaire 2
Soient n nombres réels. Afin que, quels que soient les n nombres réels et le nombre , il existe un entier q et n entiers tels que*
On peut interpréter ce résultat de la façon suivante: pour tout entier , désignons par le point de coordonnées (); alors le cor. 2 donne une condition nécessaire et suffisante pour que l’ensemble des soit dense dans le cube produit des intervalles des espaces facteurs de .
Proposition 8
Quels que soient les sous-groupes fermés* de , on a
En effet, pour que soit entier quels que soient et , il faut et il suffit que soit entier pour tout et que soit entier pour tout , en raison de la relation ; on a donc pour tout couple de sous-groupes de . Si maintenant on suppose et fermés, on a d’après la prop. 6 (VII, p. 7), d’où, en prenant les groupes associés, et appliquant de nouveau la prop. 6, .
Remarque
Soient deux réseaux de (n° 1) tels que ; alors (VII, p. 7, prop. 5) et sont des réseaux de tels que . On a vu (VII, p. 2, prop. 1) qu’il existe un entier tel que . Pour et , on a donc , donc . En outre, si et , ou si et , on a par définition . On en déduit que, par passage aux quotients, l’application -bilinéaire de dans définit une application -bilinéaire B de dans . En outre, il est clair que si (resp. ) est tel que, pour tout (resp. pour tout ), on ait (resp. ) on a nécessairement (resp. ). On en conclut qu’il existe une bijection -linéaire de sur (avec les notations de A, VII, § 4, n° 8) telle que pour et (loc. cit.); en particulier, les groupes finis et sont isomorphes.
4. Groupes quotients séparés de
Tout groupe quotient séparé de est de la forme , où est un sous-groupe fermé de (III, p. 13, prop. 18). D’après le cor. 2 de VII, p. 6, il existe un automorphisme de transformant en un sous-groupe , somme directe d’un sous-espace vectoriel engendré par des vecteurs de la base canonique, et du groupe discret engendré par des vecteurs restants (). Par passage aux quotients, donne un isomorphisme de sur (III, p. 17, Remarque 3); or, est isomorphe à (III, p. 18, corollaire). Donc:
Proposition 9
Tout groupe quotient séparé de* est isomorphe à un groupe produit ().
L’espace produit (et, par abus de langage, le groupe topologique ) est appelé tore à n dimensions; d’après la prop. 4 de V, p. 2, c’est un espace compact, connexe et localement connexe.
En outre, si on désigne par C un cube fermé de côté 1 dans , est homéomorphe à l’espace quotient de C par la relation d’équivalence: « quel que soit i, » entre les points et de C. De façon plus imagée on dit que provient du cube C par « identification des faces opposées ».
Proposition 10
Le groupe topologique est localement isomorphe à .* En effet, est isomorphe à (III, p. 18, corollaire) et est un sous-groupe discret de d’où la conclusion (III, p. 13, prop. 19).
Il en résulte que les groupes sont localement isomorphes à pour ; nous verrons dans VII, p. 13, que ce sont les seuls groupes connexes ayant cette propriété.
Proposition 11
Tout sous-groupe fermé de , distinct de , est un groupe cyclique fini. Pour tout entier , contient un sous-groupe d’ordre et un seul, qui est l’ensemble des éléments de dont l’ordre divise . Tout groupe quotient séparé de , non réduit à l’élément neutre, est isomorphe à .
Soit l’homomorphisme canonique. Les sous-groupes fermés de sont les , où H est un sous-groupe fermé de contenant . D’après VII, p. 5, cor. 1 du th. 2, on a soit , c’est-à-dire , soit , où est un entier , auquel cas est cyclique d’ordre et est l’ensemble des éléments de dont l’ordre divise . La dernière assertion résulte de l’existence d’un isomorphisme de sur .
Il résulte notamment de ce qui précède que et ne peuvent être algébriquement isomorphes que si . En effet, possède points d’ordre 2 et si .
Tout groupe quotient séparé de est compact; il est donc isomorphe à un groupe quotient compact de , donc à un groupe , (VII, p. 8, prop. 9).
5. Sous-groupes et groupes quotients de
Identifions et , et soit l’homomorphisme canonique de sur ; tout sous-groupe de est de la forme , H étant un sous-groupe de contenant (A, I, p. 37), et est isomorphe à (III, p. 14, prop. 20); pour que G soit fermé dans , il faut et il suffit que H soit fermé dans (I, p. 21). Pour chercher les sous-groupes fermés de , nous sommes donc ramenés à déterminer les sous-groupes fermés H de tels que ; nous allons utiliser la prop. 6 de VII, p. 7, et déterminer d’abord le sous-groupe associé à un tel sous-groupe. Comme est son propre associé, on a ; par suite (VII, p. 2), il existe une base () de engendrant , et une base de (par rapport à l’anneau ) formée de points () tels que pour , les étant des entiers qui satisfont à (mod. ) pour . Soit la base duale de ; pour que appartienne à , il faut et il suffit que soit entier pour ; autrement dit, est somme directe du sous-espace vectoriel engendré par , et du sous-groupe discret engendré par les points (); d’autre part, est somme directe de et de , puisque les () engendrent . Le groupe quotient est donc isomorphe à (III, p. 18, corollaire); est isomorphe à , et est un groupe fini, somme directe de groupes cycliques d’ordres respectifs () (VII, p. 2).
En résumé:
Proposition 12
Soient T un groupe topologique isomorphe à et G un sous-groupe fermé de T. Il existe un isomorphisme de groupes topologiques f de T sur et des sous-groupes fermés de T tels que .
Remarque
Il résulte notamment des prop. 11 et 12 qu’un sous-groupe fermé de est le produit direct de sa composante neutre , qui est isomorphe à un groupe (), et d’un sous-groupe fini (qui est produit de sous-groupes cycliques, éventuellement réduits à l’élément neutre).
6. Fonctions périodiques
Définition 1
On dit qu’une fonction f, définie dans , et prenant ses valeurs dans un ensemble quelconque E, est périodique s’il existe un point de tel que
quel que soit . Si f est périodique, tout point pour lequel la relation (1) est une identité en , est appelé une période de f.
L’ensemble G des périodes d’une fonction périodique f est évidemment un sous-groupe (non réduit à 0 par hypothèse) du groupe additif . Lorsque f est une application périodique continue de dans un espace topologique séparé E, son groupe des périodes G est fermé. En effet, si désigne l’ensemble des tels que pour un point donné , G est l’intersection des lorsque parcourt , et chacun des est fermé (I, p. 53, prop. 2). Soit alors V le plus grand sous-espace vectoriel contenu dans G (VII, p. 5, th. 2); la fonction f est constante dans toute classe mod. V; si W désigne un sous-espace vectoriel supplémentaire de V, f est déterminée par sa restriction à W. Autrement dit (W étant un groupe topologique isomorphe à un ), l’étude des fonctions périodiques continues dans se ramène à l’étude de celles de ces fonctions dont le groupe des périodes est discret; si ce groupe est de rang , on dit que est une fonction fois périodique, et tout système libre de points engendrant est appelé un système principal de périodes de .
Si et sont deux systèmes principaux de périodes de , on a vu (VII, p. 2) que chacun d’eux se déduit de l’autre par une transformation linéaire à coefficients entiers, de déterminant ou .
Soit l’application canonique de sur ; à toute application de dans un ensemble correspond la fonction , qui est une application périodique de dans , ayant un groupe de périodes qui contient ; et réciproquement, toute application de dans , admettant un groupe de périodes qui contient , est de cette forme, puisqu’elle est compatible avec la relation (mod. ) (E, II, p. 44). On définit ainsi une application bijective de l’ensemble des applications de dans , sur l’ensemble des applications de dans dont le groupe de périodes contient . Pour que soit continue (lorsque est un espace topologique) il faut et il suffit que le soit (I, p. 21, prop. 6).
Exercices
See the exercises for § 1.