Bourbaki

Exercice 3, § 6

Topologie générale, IV, p. 55

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

a) Pour tout intervalle I⊂RI \subset \mathbf{R}, on désigne par G(I)G(I) le groupe des homéomorphismes de II sur lui-même. Montrer que pour deux intervalles I,JI, J de R\mathbf{R} non réduits à un point, G(I)G(I) et G(J)G(J) sont isomorphes. Dans G(I)G(I), l’ensemble F(I)F(I) des homéomorphismes croissants est un sous-groupe distingué d’indice 2.

b) On pose G=G(R),F=F(R)G = G(\mathbf{R}), F = F(\mathbf{R}). Pour tout f∈Gf \in G, et tout x∈Rx \in \mathbf{R}, on pose

σ(x;f)=sgn⁡(f(x)−x). \sigma(x;f) = \operatorname{sgn}(f(x) - x).
Soit T+T^+ (resp. T−T^-) l’ensemble des f∈Ff \in F tels que σ(x;f)\sigma(x;f) soit constant et égal à 1 (resp. −1-1) dans R\mathbf{R}; montrer que tout élément de T+T^+ (resp. T−T^-) est conjugué dans FF de la translation x↦x+1x \mapsto x + 1 (resp. x↦x−1x \mapsto x - 1). (Si f∈T+f \in T^+, considérer la suite des fn(0)f^n(0) pour n∈Zn \in \mathbf{Z}.)

c) On pose T=T+∪T−T = T^+ \cup T^-; montrer que tout élément f∈Ff \in F n’appartenant pas à TT est produit dans FF de deux éléments de TT. (Écrire f=f1f2f = f_1 f_2 dans FF, avec f1(x)=sup⁡(x,f(x))f_1(x) = \sup(x, f(x)) et f2(x)=inf⁡(x,f(x))f_2(x) = \inf(x, f(x)); si gg est la translation x↦x+1,f1gx \mapsto x + 1, f_1 g et g−1f2g^{-1} f_2 appartiennent à TT.)

d) Pour que deux éléments f,gf, g soient conjugués dans FF, il faut et il suffit qu’il existe s∈Fs \in F tel que σ(x;f)=σ(s(x);g)\sigma(x;f) = \sigma(s(x);g) pour tout x∈Rx \in \mathbf{R}. (Considérer les composantes connexes InI_n de l’ensemble ouvert des xx tels que σ(x;f)≠0\sigma(x;f) \neq 0, observer que d’après a), F(In)F(I_n) et FF sont isomorphes et utiliser b).) En particulier, si [a,b][a, b] est un intervalle de R\mathbf{R} tel que

σ(a;f)=σ(b;f)=0 \sigma(a;f) = \sigma(b;f) = 0
pour un f∈Ff \in F, l’élément f′f' de FF égal à ff pour x≤ax \leq a ou x≥bx \geq b, et tel que
f′(x)=x+ε(f(x)−x) f'(x) = x + \varepsilon(f(x) - x)
pour a<x<ba < x < b, où 0<ε<10 < \varepsilon < 1, est conjugué de ff dans FF.

e) Soient ff un élément de FF, a,b,c,da, b, c, d quatre nombres réels tels que a<c<b<da < c < b < d et f(x)−x=0f(x) - x = 0 pour x=a,x=b,x=c,x=dx = a, x = b, x = c, x = d, σ(x;f)=1\sigma(x;f) = 1 pour a<x<ca < x < c et pour b<x<db < x < d. Soient a′,b′a', b' deux nombres tels que a≤a′<c,b<b′≤da \leq a' < c, b < b' \leq d; on pose J=(a,b)J = (a, b), J′=(a′,b′)J' = (a', b'), et on désigne par f1f_1 la restriction de ff à JJ, qui est un élément de F(J)F(J). Montrer qu’il existe un homéomorphisme croissant ss de JJ sur J′J' tel que l’élément f2=sf1s−1f_2 = s f_1 s^{-1} de F(J′)F(J') soit tel que f2(x)>f−1(x)f_2(x) > f^{-1}(x) pour a′<x<b′a' < x < b' (utiliser d)).

f) Soient ff un élément de FF, [a,b][a, b] un intervalle de R\mathbf{R} tel que f(x)−x=0f(x) - x = 0 pour x=ax = a et x=bx = b, σ(x;f)=−1\sigma(x;f) = -1 pour x<ax < a et σ(x;f)=+1\sigma(x;f) = +1 pour x>bx > b. Montrer qu’il existe un élément gg de FF, conjugué de ff dans FF et tel que g(x)>f(x)g(x) > f(x) pour tout x∈Rx \in \mathbf{R} (même méthode).

g) On désigne par H+H^+ (resp. H−H^-) le sous-groupe distingué de FF formé des f∈Ff \in F tels que f(x)=xf(x) = x dans un voisinage de +∞+\infty (resp. de −∞-\infty). Montrer que H+,H−H^+, H^- et H=H+∩H−H = H^+ \cap H^- sont les seuls sous-groupes distingués de FF distincts de FF et de {e}\{e\}. (Si NN est un sous-groupe distingué de FF distinct de FF et si f∈Nf \in N n’appartient pas à H+H^+, montrer qu’il existe dans NN un élément gg tel que l’ensemble des x∈Rx \in \mathbf{R} tels que σ(x;g)=+1\sigma(x;g) = +1 soit un intervalle ]a,+∞]]a, +\infty] et que l’on ait g(x)=xg(x) = x pour x≤ax \leq a. On utilisera pour cela les constructions de e) et f), ainsi que b) et c). Pour prouver que HH ne contient aucun sous-groupe distingué dans FF et distinct de HH et de {e}\{e\}, considérer un élément f∈Hf \in H distinct de ee; soient aa et bb les bornes inférieure et supérieure (finies par hypothèse) de l’ensemble des x∈Rx \in \mathbf{R} tels que σ(x;f)≠0\sigma(x;f) \neq 0. Observer alors que FF ([a,b][a, b]) est isomorphe à FF et utiliser le résultat précédent.)

h) Montrer que le groupe HH est simple. (Même méthode que pour prouver que HH ne contient pas de sous-groupes distingués non triviaux de FF.)

Solution

Aucune solution n’a encore été écrite.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.