Topologie générale, IV, p. 55
Bourbaki marks this one as harder than the rest.
a) Pour tout intervalle I⊂R, on désigne par G(I) le groupe des homéomorphismes de I sur lui-même. Montrer que pour deux intervalles I,J de R non réduits à un point, G(I) et G(J) sont isomorphes. Dans G(I), l’ensemble F(I) des homéomorphismes croissants est un sous-groupe distingué d’indice 2.
b) On pose G=G(R),F=F(R). Pour tout f∈G, et tout x∈R, on pose
σ(x;f)=sgn(f(x)−x). Soit
T+ (resp.
T−) l’ensemble des
f∈F tels que
σ(x;f) soit constant et égal à 1 (resp.
−1) dans
R; montrer que tout élément de
T+ (resp.
T−) est conjugué dans
F de la translation
x↦x+1 (resp.
x↦x−1). (Si
f∈T+, considérer la suite des
fn(0) pour
n∈Z.)
c) On pose T=T+∪T−; montrer que tout élément f∈F n’appartenant pas à T est produit dans F de deux éléments de T. (Écrire f=f1f2 dans F, avec f1(x)=sup(x,f(x)) et f2(x)=inf(x,f(x)); si g est la translation x↦x+1,f1g et g−1f2 appartiennent à T.)
d) Pour que deux éléments f,g soient conjugués dans F, il faut et il suffit qu’il existe s∈F tel que σ(x;f)=σ(s(x);g) pour tout x∈R. (Considérer les composantes connexes In de l’ensemble ouvert des x tels que σ(x;f)=0, observer que d’après a), F(In) et F sont isomorphes et utiliser b).) En particulier, si [a,b] est un intervalle de R tel que
σ(a;f)=σ(b;f)=0 pour un
f∈F, l’élément
f′ de
F égal à
f pour
x≤a ou
x≥b, et tel que
f′(x)=x+ε(f(x)−x) pour
a<x<b, où
0<ε<1, est conjugué de
f dans
F.
e) Soient f un élément de F, a,b,c,d quatre nombres réels tels que a<c<b<d et f(x)−x=0 pour x=a,x=b,x=c,x=d, σ(x;f)=1 pour a<x<c et pour b<x<d. Soient a′,b′ deux nombres tels que a≤a′<c,b<b′≤d; on pose J=(a,b), J′=(a′,b′), et on désigne par f1 la restriction de f à J, qui est un élément de F(J). Montrer qu’il existe un homéomorphisme croissant s de J sur J′ tel que l’élément f2=sf1s−1 de F(J′) soit tel que f2(x)>f−1(x) pour a′<x<b′ (utiliser d)).
f) Soient f un élément de F, [a,b] un intervalle de R tel que f(x)−x=0 pour x=a et x=b, σ(x;f)=−1 pour x<a et σ(x;f)=+1 pour x>b. Montrer qu’il existe un élément g de F, conjugué de f dans F et tel que g(x)>f(x) pour tout x∈R (même méthode).
g) On désigne par H+ (resp. H−) le sous-groupe distingué de F formé des f∈F tels que f(x)=x dans un voisinage de +∞ (resp. de −∞). Montrer que H+,H− et H=H+∩H− sont les seuls sous-groupes distingués de F distincts de F et de {e}. (Si N est un sous-groupe distingué de F distinct de F et si f∈N n’appartient pas à H+, montrer qu’il existe dans N un élément g tel que l’ensemble des x∈R tels que σ(x;g)=+1 soit un intervalle ]a,+∞] et que l’on ait g(x)=x pour x≤a. On utilisera pour cela les constructions de e) et f), ainsi que b) et c). Pour prouver que H ne contient aucun sous-groupe distingué dans F et distinct de H et de {e}, considérer un élément f∈H distinct de e; soient a et b les bornes inférieure et supérieure (finies par hypothèse) de l’ensemble des x∈R tels que σ(x;f)=0. Observer alors que F ([a,b]) est isomorphe à F et utiliser le résultat précédent.)
h) Montrer que le groupe H est simple. (Même méthode que pour prouver que H ne contient pas de sous-groupes distingués non triviaux de F.)