Topologie générale, VI, p. 22
Bourbaki marks this one as harder than the rest.
a) Soit M un ensemble fini, R{x,y} une relation symétrique entre éléments de M. On suppose qu’il existe deux éléments distincts a,b de M ayant les propriétés suivantes: il existe x=a et y=b tel que x (resp. y) soit le seul élément z∈M tel que R{a,z} (resp. R{b,z}) soit vraie; en outre, pour tout t∈M distinct de a et de b, l’ensemble des z∈M tel que R{t,z} soit vraie est un ensemble à deux éléments, distincts de t. Montrer que dans ces conditions, il existe une bijection i↦xi d’un intervalle [0,n] de N sur M telle que x0=a, xn=b et que l’on ait la relation R{xi−1,xi} pour 1≤i≤n (définir xi par récurrence sur i).
b) Dans Rn (pour n≥2), identifié à Rn−1×R, soient L et L′ deux lignes brisées, définies respectivement par deux suites (xi)0≤i≤p, (xj′)0≤j≤q, et ayant les propriétés suivants: 1° si on pose xi=(yi,zi), xj′=(yj′,zj′), on a z0=z0′=0, zp=zq′=1, 0<zi<1, 0<zj′<1 pour 1≤i≤p−1 et 1≤j≤q−1; 2° les p+q−2 nombres zi,zj′ pour 1≤i≤p−1, 1≤j≤q−1 sont tous distincts; 3° deux côtés distincts de L (resp. L′) ont au plus un point commun (qui peut ou non être un des xi (resp. xj′)). Montrer qu’il existe deux applications surjectives linéaires par morceaux (VI, p. 21, exerc. 6) u:I→L, u′:I→L′, où I est l’intervalle (0,1) de R, telles que, si l’on pose u(t)=(v(t),ζ(t)), u′(t)=(v′(t),ζ′(t)) pour t∈I, on ait ζ(t)=ζ′(t) pour tout t∈I, ζ(0)=ζ′(0)=0, ζ(1)=ζ′(1)=1. (Soit (ak)1≤k≤p+q−2 la suite strictement croissante des zi et des zj′ distincts de 0 et de 1; on pose en outre a0=0, ap+q−1=1, et on désigne par Bi l’ensemble des x=(y,z)∈Rn tels que ai−1≤z≤ai, pour 1≤i≤p+q−1. Soit M l’ensemble des couples γ=(C,C′), où C (resp. C′) est l’intersection d’un même Bi avec un côté de L (resp. L′) tel que ni C ni C′ ne soient réduits à un point. On désigne par R{α,β} la relation suivante entre éléments de M: « α=β; si α=(C1,C1′),β=(C2,C2′), C1∩C2 et C1′∩C2′ sont non vides, l’un d’eux est réduit à un point, et si ce point n’est pas un des xi (resp. xj′), C1 et C2 (resp. C1′ et C2′) sont contenus tous deux dans un même côté de L (resp. L′ ». Montrer qu’on peut appliquer a) à la relation R.
c) Dans Rn, identifié à Rn−1×R, soit K un ensemble compact connexe tel que K∩(Rn−1×{0}) ne soit pas vide ni réduit à un point. Montrer que si on pose K′=K−K (ensembles des x−y, où x,y parcourent K), K′∩(Rn−1×{0}) contient un ensemble connexe non réduit à un point. (Utiliser b), en appliquant II, p. 32, prop. 6 et II, p. 38, exerc. 15.)