Bourbaki

Exercice 10, § 8

Étiquette 02HO, permanente. À citer comme [Bourbaki, Tag 02HO].

Théories spectrales, I, p. 195

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soient X un espace topologique compact et A une sous-algèbre de Banach unifère de C(X)\mathscr{C}(X) pour la norme induite.

a) Une partie K de X est dite antisymétrique (relativement à A) si toute fonction f∈Af\in A qui est réelle sur K est constante sur K. Toute partie antisymétrique est contenue dans une partie antisymétrique maximale. Une partie antisymétrique maximale est fermée. L’ensemble R\mathfrak{R} des parties antisymétriques maximales est une partition de X.

b) Soit A⊥A^{\bot} l’orthogonal de A dans l’espace de Banach des mesures complexes sur X. Soit μ\mu un point extrémal de la boule unité de A⊥A^{\bot}. Montrer que le support de μ\mu est antisymétrique.

c) Soit f∈C(X)f\in \mathscr{C}(X). Si f∣K∈A∣Kf|K\in A|K pour tout K∈RK\in \mathfrak{R}, alors f∈Af\in A. (Appliquer b) et le théorème de Krein–Milman.) Retrouver à partir de là le théorème de Weierstrass–Stone (TG, X, p. 36, th. 3).

d) Une partie non vide E de X est appelée un pic (relativement à A) s’il existe f∈Af\in A telle que ∥f∥=1\|f\|= 1 et que E soit l’ensemble des x∈Xx\in X pour lesquels f(x)=1f(x) = 1. On peut alors supposer ∣f(x)∣<1|f(x)|<1 pour x∉Ex\notin E (remplacer ff par 12(1+f)\frac{1}{2}(1 +f)). Toute intersection dénombrable non vide de pics est un pic. Si E1,E2E_1,E_2 sont des pics, alors E1∪E2E_1\cup E_2 est un pic. (Soient f1,f2∈Af_1, f_2\in A avec fi=1f_i= 1 sur Ei,∣fi∣<1E_i,|f_i|<1 sur X - EiE_i; soit gi=14(1−fi)1/3∈Ag_i=\frac{1}{4}(1-f_i)^{1/3}\in A; alors 1−g1g2=11-g_1g_2= 1 sur E1∪E2,∣1−g1g2∣<1E_1\cup E_2,|1-g_1g_2|<1 sur X - (E1∪E2)(E_1\cup E_2).)

e) Soit E une intersection de pics. Soit I l’ensemble des f∈Af\in A nulles sur E. Alors f↦f∣Ef\mapsto f|E définit une isométrie de A/IA/I sur l’algèbre A∣EA|E des restrictions à E de fonctions dans A.

f) Soit E un pic. Soit E′⊂EE'\subset E un pic relativement à A∣EA|E. Alors E′E' est un pic relativement à A.

g) Toute partie antisymétrique de X est une intersection de pics. (Utiliser d) et f).) h) Pour toute partie antisymétique K de X, l’algèbre A∣KA|K est une sous-algèbre fermée de C(K)\mathscr{C}(K). (Utiliser e) et g).)

i) Soit R l’ensemble des parties réelles des éléments de A. On suppose que X∈RX\in \mathfrak{R} et que R est stable par multiplication. Alors X est réduit à un point. (Soit x0∈Xx_0\in X. Pour u∈Ru\in R, il existe une unique f∈Af\in A telle que u=R(f)u=\mathscr{R}(f) et f(x0)∈Rf(x_0)\in \mathbf{R}; poser N(u)=∥f∥N(u) =\|f\|. Alors R est un espace de Banach réel pour N; le théorème du graphe fermé prouve que la multiplication dans R est séparément continue donc continue. En déduire sur S=R+iRS = R +iR une structure d’algèbre de Banach. Soit p∈Rp\in R avec p(x)>0p(x)>0 pour tout x∈Xx\in X. Montrer que, pour tout caractère χ\chi de S, on a R(χ(p))>0\mathscr{R}(\chi (p))>0, et en déduire que log(pp)∈R\in R. Supposant X≠{x0}X\not=\{x_0\}, on peut construire une f∈Af\in A telle que 0<R(f)⩽10<\mathscr{R}(f)\leqslant 1 sur X,f(x0)∈R,f(x_0)\in \mathbf{R} et telle que ∥f∥\|f\| soit arbitrairement grand. D’après ce qui précède, il existe V∈AV\in A avec ∣V∣2=R(f)|V|^2=\mathscr{R}(f). On a ∥V∥⩽1\|V\|\leqslant 1 donc N(R(V))⩽2N(\mathscr{R}(V))\leqslant 2, mais

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N(R(V)2)⩾(∥V2+f∥−∣I(V)(x0)2∣) N(\mathscr{R}(V)^2)\geqslant (\|V^2+f\| - |\mathscr{I}(V)(x_0)^2|)

2

est arbitrairement grand.)

j) Si R est stable par multiplication, alors A=C(X)A =\mathscr{C}(X). (Utiliser a), c), h), i).) Par suite, si A≠C(X)A\not=\mathscr{C}(X), il existe u∈Ru\in R telle que u2∉Ru^2\notin R.

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.