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Théories spectrales, II, p. 288
On identifie T et l’intervalle [0,1[. Pour n∈Z, soit en le caractère unitaire de T défini par t↦ exp(2iπnt). Pour toute mesure μ∈M1(T) et tout entier m⩾1, on note
Sm(μ)=h=−m∑mμ(h)eh∈C(T)
la m-ème somme partielle symétrique de la série de Fourier de μ.
Une famille finie (y1,...,yk) de nombres réels est dite T-indépendante si (1,y1,...,yk) est Q-linéairement indépendante. Cela revient à dire que l’équation
j=1∑kmjyj=0
dans T, avec mj∈Z, a pour unique solution la famille nulle. Pour t∈R, on note t−(y1,...,yk) la famille (t−yj)j.
a) Soit n⩾106 un entier. Il existe des réels x1,...,xn dans [0,1] tels que
∣xj−j/n∣⩽10−4n−1
et tels que la famille En=(x1,...,xn) est T-indépendante.
On note
n
μn=n1∑εxj.
j=1
C’est une mesure de probabilité sur T.
b) Soit t∈R. On a
n1∑j=1n∣ sin(π(1t−xj))∣⩾51 log n.
c) Soit t∈R tel que la famille t−En est T-indépendante. Il existe m∈N∗ tel que
∣Sm(μn)(t)∣⩾152 log n.
(appliquer le théorème de Kronecker, cf. exercice 34).
d) Soit t∈R tel que la famille t−En n’est pas T-indépendante et soient m1,...,mn des entiers non tous nuls tels que
j=1∑nmj(t−xj)=0
dans T. Si deux des entiers mj sont non nuls, il existe m⩾0 tel que
∣Sm(μn)(t)∣⩾101 log n (soit j tel que mj=0 et ∣xj−t∣ est maximal ; noter que la famille t−(xi)i=j est T-indépendante et appliquer le théorème de Kronecker).
e) On garde l’hypothèse de la question précédente, mais on suppose que seul un des coefficients mj est non nul, et que t∈/En. Il existe m⩾0 tel que
∣Sm(μn)(t)∣⩾101 log n
(observer que la famille mj(t−xi)i=j est T-indépendante et appliquer le théorème de Kronecker).
f) On suppose que t∈En. Il existe m⩾0 tel que
∣Sm(μn)(t)∣⩾101 log n
(la famille (xi)xi=t est T-indépendante).
g) Il existe un entier M⩾0 tel que, pour tout t∈T, on a
sup0⩽m⩽M∣Sm(μn)(t)∣⩾201 log n.
h) Il existe une fonction fn∈C∞(T) et un entier M⩾0 tels que
Supp(fn)⊂⋃j=1n[nj−104n2,nj+104n2]
∫nj−104n2nj+104n2fn=n1,1⩽j⩽n
sup0⩽m⩽M∣Sm(fn)(t)∣⩾401 log n, pour tout t∈T.
i) Il existe M⩾1 et une famille finie (an)∣n∣⩽M de nombres complexes tels que la fonction
gM(t)=k=−M∑Makekn
vérifie
∫T∣gM(t)∣dt⩽2, inft∈T0sup⩽m⩽M∣Sm(gM)(t)∣⩾401 log n.
j) Il existe φ∈L1(T) telle que φ(h)=0 si h<0 et telle que la série
h⩾1∑φ(h)eh(t)
diverge pour tout t∈T (« théorème de Kolmogorov »).
(Il existe une suite Nk d’entiers et une suite de fonctions
gk=n=−Nk∑Nkak,nen
telles que ∥gk∥1⩽2 et
inft∈T0sup⩽m⩽Nk∣Sm(gk)(t)∣⩾22k.
Soit gk=eMkgk, où Mk est un entier assez grand ; poser φ=∑k⩾12−kgk.)